L'info du Moment

PdC ferme ses portes...
Nous vous invitons à nous rejoindre
sur Chemins de Traverse !


Poudre de Cheminette



 

Partagez|

Ap bhalâ, to jag bhalâ || Ezio & Pothos

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas
AuteurMessage
avatar

Invité
Invité


MessageSujet: Ap bhalâ, to jag bhalâ || Ezio & Pothos Jeu 29 Oct - 22:54

Le vent bruissait dans les feuilles des arbres en composant une mélodie douce et apaisante. À son contact, les branches entamaient leur ballet, faisant danser les corolles multicolores qu’elles portaient sur leur dos. Lynet, étendue sur une couverture un peu l’écart de la route, observait en somnolant cet agréable spectacle tandis que la brise responsable de ces divertissements caressait sa peau, chassant par la même la morsure chaude du soleil qui faisait rougir sa peau sensible. À quelques pas de là, l’eau d’un des lacs de Kerala clapotait sur la berge presque sans faire de bruit. Pour la rousse, le paradis pouvait ressembler à cet après-midi de juillet.

Deux semaines plus tôt, la jeune sorcière avait profité des vacances pour s’envoler à l’étranger. Au sens propre. Elle avait embarqué ses saris, ses fioles et autres effets personnels dans un sac sans fond, dépoussiéré son vieux Nimbus et ses lunettes de voyage, enfilé sa cape de voyage et avait décollé après être passée au sortilège de Désillusion. Elle avait mis cinq jours pour arriver dans la grande maison de campagne de son amie Lalita. Mais même si le voyage avait été épuisant, elle ne le regrettait absolument pas. Chaque nuit, la rousse avait dormi dans des villes différentes au cours de son voyage. Elle avait survolé une myriade de paysages sublimés par le soleil d’été et s’en estimait chanceuse. Si on avait inventé le balai volant, ce n’était pas pour qu’il prenne la poussière dans un placard en attendant qu’on ait besoin de lui pour faire un saut chez Mamie, chez l’apothicaire du coin ou pour déloger les araignées qui prenaient leurs aises dans le coin au-dessus de la cheminée ! Surtout les Nimbus qui étaient, à ses yeux, de fiers balais faits pour la vitesse et pour sentir le vent filer entre leurs brindilles. De toute manière, ils faisaient de très mauvais chasseurs d’araignées – ce n’était pas faute d’avoir essayé de trouver un bon angle d’attaque. De toute façon, Lynet était toujours barbouillée quand elle transplanait, surtout aussi loin, et avait des très mauvais souvenirs comprenant des portoloins.

Les membres raides, Lynet changea de position en glissant sur le flanc. Aussitôt, Lalita et son plus jeune fils apparurent dans son champ de vision. Tous les deux étaient affublés de lunettes en carton qui provenaient d'un vieux numéro du Chicaneur qu’elle avait ramené avec elle et observaient les alentours avec de grands sourires, sûrement à la recherche de joncheruines ou d’on ne sait quelle espèce de lutins imaginaires dont étaient friands les lecteurs du journal. Appuyée sur un coude, son regard passa un instant sur la cadette de son hôte, occupée à faire des couronnes de fleurs sous le regard de son aînée qui la surveillait par-dessus les pages de son livre. L’amie de Lynet et ses enfants disaient être curieux de ce qui se faisait chez elle, alors c’était toujours avec un grand plaisir qu’elle leur ramenait tout un tas de bricoles pour leur en faire cadeau, mais ils étaient bien en dessous de ce qu’ils lui offraient en la logeant quand elle venait. C’était quand même elle qui y gagnait le plus dans cet arrangement : elle était logée, blanchie, nourrie et en plus elle passait une partie de ses journées à aider Lalita à récupérer fleurs, graines et plantes en tout genre, ce qu’elle adorait ! La rousse aurait bien aimé pouvoir leur rendre la pareille en leur offrant de les loger s’ils désiraient un jour venir en Écosse, ne serait-ce que pour se dégager un peu de son impression d'avoir une dette envers eux, mais son appartement déjà trop petit pour elle et son crapaud Rudyard ne pouvait pas s’agrandir pour trouver de la place pour les cinq têtes à loger de la famille de Lalita.

Comme si elle avait capté les pensées de l'anglaise, cette dernière s’avança vers elle après avoir déposé un baiser sur le front de son fils. Lynet se redressa pour ajuster le grand chapeau qui l’aidait en partie à ne pas entrer en combustion spontanée sous le soleil de l’Inde et poussa son butin de la journée composé en grande partie de lotus roses pour lui faire de la place sur la couverture. Elle s’installa près d’elle avec un sourire pour lui demander dans un anglais maladroit si elle voulait rentrer pour dormir dans un vrai lit, ce qu’elle refusa en secouant la tête. Par-dessus tout, elle refusait de chambouler leurs routines et leurs activités. D’autant qu’elle préférait de loin somnoler sous la brise que dans un lit qui, bien qu’extrêmement moelleux, se retrouvait dans une chambre où il était rare qu’un courant d’air trouve son chemin jusque-là.

Finalement, Lynet s’étira et avec un dernier sourire à Lalita et la certitude que celle-ci garderait bien ses trouvailles du jour. Elle attrapa son matériel et s’éloigna vers la berge avec un nouvel objectif en tête. Ses livres de botanique faisaient mention d’une toute petite fleur, très rare, aux propriétés très puissantes qui poussait sur les rives des lacs de Backwaters et elle avait bien l’intention de mettre la main dessus. Deux heures et demie heure plus tard, la sorcière était enfoncée à quatre pattes dans les hautes herbes à crapahuter, le nez tout près du sol, à la recherche de sa fleur. Jusqu’ici, à part des racines communes et des bestioles, elle n’avait rien trouvé. Puis, un éclat coloré attira son attention. À quelques pas de là, un halo rose apparaissait et disparaissait derrière les herbes au gré du vent. Un sourire victorieux s’épanouit sur ses lèvres. Jusqu’à ce que des silhouettes apparaissent dans son champ de vision, arrivant irrémédiablement sur elle et la fleur. Des visages malmenés par le soleil, des mots en anglais. Lynet ne mit pas très longtemps à choisir la langue à utiliser quand elle s’écria :

— Attention !

Lentement, la rousse émergea des hautes herbes. Son grand chapeau apparut avant de laisser à la place à son visage rehaussé d’une paire de lunettes qui tenait plus d’un assemblage de loupes. Son regard était braqué sur la chaussure qui menaçait d’aplatir la petite fleur rose qu’elle était venue chercher et ses mains levées comme si elle pouvait empêcher la catastrophe imminente. Dans un souffle, elle commença à coordonner le sauvetage de la petite fleur :

— Surtout, pas de mouvement brusque…

Approchant à quatre pattes, Lynet sortit une fiole de sa poche et, prenant mille et unes précautions, la retira de la terre en essayant de garder les racines intactes pour la glisser dans le petit bocal de verre.

— Te voilà ma beauté.

Murmura t-elle aux pétales roses avant de relever les yeux avec un sourire.

— Désolée pour l’entrée en matière. Elle est très extrêmement rare et vous alliez marcher dessus…

À chaque fois qu’elle était venue ici, elle avait essayé de s’en procurer mais les prix atteignaient des sommets chez les apothicaires indiens pour cette petite merveille. Une somme bien trop importante à investir et qu’elle n’avait pas. Alors autant dire que cet échantillon serait traité avec autant de déférence et de délicatesse que possible. Lynet avait bien l’intention de le ramener en un morceau en Écosse et gare à celui ou celle qui s’en approcherait trop près…


Dernière édition par Lynet Hobbson le Lun 23 Nov - 14:41, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
avatar


Sexy Menestrel

Messages : 924
Âge du Personnage : 33 ans
Lieu de vie : Un peu partout... (Je te jure, j'ai pas mieux)

MessageSujet: Re: Ap bhalâ, to jag bhalâ || Ezio & Pothos Jeu 5 Nov - 22:23

« De peur que je n'apprenne à te connaître trop facilement, tu joues avec moi. Tu m'éblouis de tes éclats de rire pour cacher tes larmes. Je connais tes artifices. Jamais tu ne dis le mot que tu voudrais dire. De peur que je ne t'apprécie pas, tu m'échappes de cent façons. De peur que je te confonde avec la foule, tu te tiens seule à part. Je connais tes artifices. Jamais tu ne prends le chemin que tu voudrais prendre. Tu demandes plus que les autres, c'est pourquoi tu es silencieuse. Avec une folâtre insouciance, tu évites mes dons. Je connais tes artifices. Jamais tu ne prends ce que tu voudrais prendre.»


Rabindranath Tagore, Le Jardinier d'amour, XXXV



Le visage offert au vent chaud il referma avec précaution le petit carnet tout écorné et le glissa dans la poche de son sac de randonnée. Il avait 14 ans lorsqu'il avait découvert Tagore et il avait aussitôt été séduit, autant par les mots que par l'homme. Compositeur, écrivain, peintre, dramaturge, philosophe, le tout couronné d'une volonté à réformer le monde dans lequel il vivait. Il n'en fallait pas plus pour susciter chez le jeune Ezio un engouement et une admiration sans bornes.
Jusqu'à cette année, il n'avait pas eu l'occasion de fouler les terres indiennes. Par un heureux hasard, mêlé à une forte chance provoquée par son vieil ami et mentor Beltrov il avait pu réaliser un rêve d'adolescent.
Depuis quatre semaines maintenant, il parcourait l'Inde sans autre but que d'en voir le plus possible. Il aimait les voyages sans destinations préalables et se plaisait à se laisser porter jour après jour au gré de ses rencontres. L'Inde, si l'on ne se formalisait pas question hygiène, était un pays des plus accueillant. La population était particulièrement calme et sereine, les gens aimaient accueillir les étrangers et n'hésitaient pas à partager leur toit pour quelques nuits, ce qui n'était pas pour déplaire au jeune barde dont les yeux pétillaient un peu plus chaque jour.
Il sortit de cette même poche un petit parchemin soigneusement roulé dont il parcouru les lignes avec attention, suivant sa propre écriture en fronçant légèrement les sourcils.

« Saoirse,

Voilà quatre semaines maintenant que je me promets de t'écrire chaque soir, mais pour la première fois de mon existence, je manque de mots pour te décrire ce que je vis. Outre le récit touristique que je pourrais te faire de mes errances, je voudrais te faire toucher le temps qui ici, semble être suspendu à la beauté et la sérénité. Voici des jours que je me laisse porter au gré de rencontres toutes plus incroyables les unes que les autres. Les paysages sont à couper le souffle et il me semble leur porter préjudice en essayant de te les décrire comme on le ferait au détour d'une carte postale. J'emplis mes yeux et mon esprit de ces saveurs en espérant que tu sauras lire entre les lignes et imaginer à quel point tout est si remarquable. Je voudrais attraper une parcelle de l'ambiance pour te l'expédier avec cette lettre, te faire goûter aux épices du marché, t'envoyer l'accent chantant des femmes, la luminosité des champs de thé, le calme de la population si accueillante, te faire toucher à tout ce que je ne parviens pas à te décrire.

Les gens m'accueillent chaque soir au sein de leur foyer pour partager des nuits de discussions et m'enrichir de milles histoires et expériences. Il me semble ne pas avoir assez d'une vie pour explorer l'ensemble des recoins dont regorge cette terre.
Suivant ton conseil contre toutes mes habitudes, je me suis octroyé un crochet par les sentiers touristique d'Agra, où j'ai pu admirer la splendeur du Taj-Mahal. Si la beauté du bâtiment m'a littéralement coupé le souffle, j'en ai été aussi bien bouleversé qu'effrayé. Le seul fait d'imaginer que l'on puisse aimer quelqu'un au point de lui ériger un tel monument funéraire me terrifie. Je crois  que je n'aurais pas supporté d'être aimé à ce point. Nul besoin de te mentionner le sort réservé à l'épouse de l'architecte pour que celui-ci comprenne bien la douleur du sultan... il te révolterait.
Je me suis néanmoins contenté d'admirer la beauté du mausolée de loin, ce qui est amplement suffisant pour être subjugué. J'ai tout simplement été incapable de me joindre à la foule grouillante de touristes pendus à leurs téléphones et appareils photos... Il m'aurait probablement fallu plus de deux semaines pour m'en remettre.

Une jeune femme du nom d'Ashiwari m'a ensuite conduit à travers des sentiers plus intimes. Le moindre petit village ici recèle plus de merveilles que je ne pourrais imprimer dans mon esprit. J'essaie d'imprégner ma tête de ces estampes, ayant renoncé à les dessiner depuis quelques jours. Mes fusains me trahissent tout autant que ma plume et je ne parviens pas à croquer avec suffisamment d'hommage les paysages que je parcoure.
Ici, c'est le pays du maintenant, de la vie et l'expérience, il paraît envoûté afin que personne ne puisse en rapporter les images les plus réelles et obliger les gens à se déplacer pour le goûter vraiment. [...] »


Il sourit en relisant certains passages. Même à travers sa lettre, le séjour lui semblait bien fade en comparaison de ce qu'il vivait.Après un soupire de bien-être il roula à nouveau le petit parchemin dans le but de l'achever plus tard. A force d'attendre, il était fort à parier qu'il le lui remettrait en main propre à son retour. A moins qu'il ne lui parvienne jamais, comme un grand nombre de lettres qu'il écrivait et ne transmettait jamais à leur destinataire. Un mélange de manque de temps et d'un peu de négligence, probablement. Il pensait souvent à elle, mais devait être le seul à le savoir. Il tâcherait néanmoins de poster celle-ci. Parce qu'il s'était promis d'être un peu plus présent, et que pour Saoirse, le simple fait de savoir qu'il pensait à elle n'était pas suffisant.

Le clapotis de l'eau le berça un instant encore et il laissa son esprit vagabonder au gré des couleurs qui venaient immédiatement à l'esprit lorsqu'on mentionnait l'Inde. Les lacs de Kerala étaient aussi indescriptibles que le reste, et pourtant, il devait avouer qu'il avait un peu menti à Saoirse. S'il était incapable de décrire avec précision ce qu'il voyait au travers de sa lettre, il ne s'était que rarement senti aussi créatif que ces derniers jours. Sa plume courrait sur le papier pour parler d'autres paysages qui n'étaient plus sous ses yeux mais qui semblaient ravivés par les couleurs qui l'emplissaient toute la journée. Il avait repris le recueil sur lequel il travaillait depuis des mois et paraissait en bonne passe de l'achever sans trop de douleur pour une fois. Il écrivait tard le soir et ne ressentait pas ce besoin d'enfermement qui accompagnait habituellement ses périodes créatives. Il baignait dans une sensation de bien-être et d'accomplissement précieuse et rare dont il profitait à chaque seconde. Beltrov avait eu raison. Il avançait. Et pour la première fois peut-être, il le sentait également.

Un vague sourire rêveur au coin des lèvres, il aperçu Pothos qui revenait vers lui, s'étant éloigné quelques instants, assurément pour rêvasser de son côté.
Autre rencontre étrange que l'on pouvait faire sur les routes d'Inde : un jeune étudiant Britannique qui manifestement, présentait l'envie de vivre quelques expériences loin du cercle familial. Ezio, habituellement solitaire, devait admettre que la compagnie du jeune garçon était intéressante et la curiosité l'avait emporté, ils avaient cheminé ensemble en direction des lacs de Kerala. Il y avait bien eu un dilemme moral au sein de l'esprit du jeune barde concernant la potentielle fugue du jeune homme, puis il avait dû admettre que Pothos s'en sortait bien ainsi - et le revendiquait- et qu'il n'était pas de son ressort de jouer les curieux. Ils avaient donc partagé quelques journées et soirées, ne sachant pas réellement l'un et l'autre où les conduiraient leurs pas. Ezio posait peu de questions, se contentait, comme à son habitude de saupoudrer le chemin de quelques anecdotes et histoires, sans vraiment s'engager sur des terrains plus personnels. Il laissait le garçon venir, si tant est que ce dernier en ait envie. Ezio haussa les épaules et accueillit la haute silhouette de Pothos avec un sourire franc et amical.
Le jeune homme n'avait pas précisé son âge, néanmoins, Ezio était à peu près certain, malgré la haute stature de ce dernier et la maturité de ses propos, qu'il n'avait pas plus de 18 ans. Il lui semblait parfois surprendre sur le visage de l'étudiant quelques expressions plus jeunes qu'il n'aurait souhaité laisser paraître et qui le trahissaient un peu.

- On s'y remet? Je suis en train de griller littéralement. Lança le poète en riant.

Le soleil de juillet avait parachevé de hâler sa peau déjà bien colorée par le grand air et il sentait qu'un peu d'ombre ne pouvait pas leur faire de mal. Il se releva rapidement, s'étira sous la chaleur et réinstalla son lourd sac sur ses épaules un peu endolories par le périple de ces dernières semaines. Grimaçant légèrement en se remettant sur pied, il se remit en route le long de la berge dans le but de trouver un endroit moins humide et abrité pour la nuit. A perte de vue, de la végétation tropicale, de l'eau, et des couleurs. Ezio laissa ses yeux sombres se perdre sur la ligne d'horizon alors que ses pensées vagabondaient, bercées par la magie des lieux.

- C'est incroyablement ... plat. Laissa échapper le barde à haute voix en rougissant immédiatement de sa remarque simpliste et pas vraiment constructive qu'il pensait avoir gardé pour lui.

Habitué au relief escarpé, il était depuis quelques jours, dans la région des Backwaters, impressionné par l'horizon plat et les réseaux de canaux qui s'étendaient à leurs pieds sans jamais se soulever comme le faisait Skye ou les dernières régions qu'il avait visitées.

- J'ai toujours cru qu'il me fallait de hautes montagnes déchirées pour trouver un paysage fascinant. Je me suis trompé visiblement. Confessa-t-il rapidement de sa voix grave. As-tu déjà... Entama-t-il à l'attention de Pothos avant d'être interrompu par la voix affolée d'une femme les intimant à prendre garde. Elle avait un reconnaissable accent écossais qu'il fut surpris d'entendre si loin de chez lui.

Ezio stoppa net sa marche, se demandant quelle créature dangereuse - encore- ou mine antipersonnel était sur le point d'éclater sous leurs pas, avant de voir surgir un chapeau, sous lequel on distinguait un éclat flamboyant qui attira immédiatement son regard. Une cascade de cheveux roux. La jeune femme se précipita pour entreprendre un sauvetage. Non pas le leur, mais celui d'une délicate fleur rose qu'il était sur le point de massacrer à grand renfort de chaussure de marche. Sacrilège.
Embarrassé, il recula précautionneusement de quelques pas, se heurtant à Pothos qui le suivait.

- Désolé...

Doublement...


HJ: Navré du retard. J'ai un peu de mal à écrire en ce moment. J'espère que cela vous conviendra, n'hésitez pas à me dire si vous souhaitez que je modifie quoi que ce soit. Smile


Scotland Homemade ...
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://poudredecheminette.harrypotterrpg.fr/t170-ezio-shepherd-poete-et-barde http://poudredecheminette.harrypotterrpg.fr/t135-ezio-shepherd-barde
avatar



Messages : 115
Âge du Personnage : 16 ans
Lieu de vie : Poudlard
Emploi : Élève -Stagiaire d'été chez Lukos

MessageSujet: Re: Ap bhalâ, to jag bhalâ || Ezio & Pothos Mar 24 Nov - 4:23

Depuis sa plus tendre enfance, Pothos avait toujours apprécié les voyages, luxe et privilège à la fois que ses parents lui accordaient de gré de cœur.  Bien plus jeune que ses camarades, il s'était habitué à cette sensation angoissante au nombril qui accompagne systématiquement le transport par portoloin, et ce sentiment étrange et claustrophobe du transplanage, et cette chaleur étourdissant du réseau de cheminettes, cette dernière étant de loin son mode de transport favori sur longue distances.  Son réel mode de transport préféré était sans équivoque le balai, inutile de le préciser, mais il aimait également ces soirées d'été qu'il passait en compagnies de cousins qu'il apprenait à connaître de nouveau à chaque vacance, soirées d'été donc où la cousinerie bavassait mollement, dans un dialecte rapide duquel Pothos ne comprenait pas le tiers, mais auquel il tentait tout de même de participer, maladroitement, sur de larges tapis enchantés, planant au-dessus des savanes et des forêts, alternativement, qui parsemaient les terres ottomanes où sa famille avait vu le jour.  Les tapis, qui avaient propulsés ses ancêtres sur la voie de la prospérité, avait pour avantage non pas la vitesse, mais ce petit quelque chose qu'il ne parvenait pas à nommer.  Ce sentiment nonchalant et las, complaisant sans être béat, que le temps coule  presque entre ses doigts, lent et dense, comme l'eau, éthérée et réconfortante, d'un lac tiède un après-midi d'août.  Cette convivialité, ce rassemblement à la fois intime et pluriel de se retrouver entre pairs, insouciants, le temps d'un déplacement, n'était peut-être égalé que dans le monde moldu où les voitures, anciennes et récentes pouvaient offrir cette proximité des âmes sur de longues distances, et cette opportunité à la discussion et aux rires.

Dans cette habitude des voyages, l'adolescent avait donc découvert non seulement divers modes de transports, mais également une myriades de paysages et de visages, successifs et multipliés à l'infini comme un kaléidoscope aux voix et aux silences incalculables.  Il avait découvert le monde avec ses yeux d'enfant, d'abord, ignorant tout de ses horreurs ou de ses secrets.  Il l'avait vu vivant, vibrant, coloré, chantant et dansant.  Il avait entendu des dizaines et des dizaines de langues qui lui chantaient aux oreilles et que, gamin, il aurait souhaité avoir inventé pour discuter avec un ami imaginaire qu'il n'avait pas, trop pragmatique pour s'en créer un.

L'enfant avait ensuite grandit, comme tous les enfants, et ses vacances furent subtilement, doucement, sournoisement grugées par les affaires de ses parents, qui l'impliquaient de plus en plus, délaissant les jupons des babysitters d'un jour, des cousins ou des amis de la famille pour suivre les vestons et les cravattes de clients, de fournisseurs et de contacts en tous genres.  C'était alors que ce monde se grisa, de la même manière que les Noël ternissent pour un enfant auquel on vient de dire que le Père Noël n'est qu'un mythe.  Les villes se mirent à se suivre et se ressembler, sans forcément que ce soit dans cet ordre.  Les rues grises et beiges étaient partout les mêmes, poussiéreuses et sombres, faiblement éclairées par des lampes austères.  Les campagnes défilaient comme autant de champs secs, de forêts lugubres, de monts acérés et insurmontables.

Ça l'avait frappé au bout de quelques jours seulement.  Les danses morbides de cette classe d'affaire dont faisait partie ses parents ne lui plaisaient pas.  Cette année, il avait dû prendre congé de Lukos pour accompagner ses géniteurs en Inde.  Les véritables vacances, trente-sept heures passées à Konya en compagnie de ses cousins, avaient rapidement laissées leur place à l'Inde, où il n'avait pas mis les pieds depuis qu'il faisait la moitié de sa taille. Il anticipait d'y retourner avec un enthousiasme contenu mais non feint.  Il se souvenait des couleurs et des odeurs, des gens et des sourires, de l'émerveillement qu'il avait eu à se frayer un chemin dans une foule surpeuplée, sa main dans celle, ferme et autoritaire comme à son habitude, de sa mère.  Il se rappelait les jungles et les Hymalayas, les marchés et les temples, les soies et les pierres.  Mais son enfance avait été démolie.  Une mauvaise manœuvre de leur guide les avait fait passer par la mauvaise voie.  Il avait vu la pauvreté et la faim, la misère comme on la lui avait toujours cachée.  L'un de ses plus beaux souvenirs d'enfance avait éclaté pour une signature ridicule.  Lukos se mit à lui manquer.  Il n'y soulevait pas des montagnes, mais il avait tout de même l'impression de se rendre utile, et ses idéaux de justice -sinon de gloire- y étaient confortés.  Plus que jamais il désirait devenir auror plutôt qu'empereur du textile.

Pour le moment, il était en Inde et ne pouvait rien pour son rêve.  Il se sentait seul et perdu, furieux contre son père, bien qu'il sache qu'il n'était pas responsable de son sentiment de perte.  C'est alors qu'il se dit que ce qu'il avait perdu, il n'avait qu'à le retrouver.  Le lendemain matin, il prétendit se sentir mal pour ne pas devoir suivre son père à sa nouvelle réunion, et assura à sa mère qu'il resterait au lit, qu'il ne voulait pas l'empêcher de voir ses amies ou de participer à ses activités.  Sitôt la porte fermée, il s'était rhabillé et avait transplané à quelques centaines de mètres de leur résidence temporaire.  Il s'était perdu dans les rues qui, au fil des dédales, semblaient reprendre vie devant ses yeux.  Une balle qui roulait devant un gamin, un chat qui chantait la pomme à un oiseau alléchant, une fenêtre bordée de fleurs odorantes venaient ajouter leurs taches colorées à son parcours aveugle.  Les gens affables lui indiquaient de leur anglais chantant comment rejoindre le marché, ou le temple, ou un café où il passa trois heures à épier les va-et-vient de la cité.  Il avait recommencé le lendemain, avait passé une partie de la nuit à étudier l'horaire de ses parents pour être certain de ne pas se faire piéger. Son manège avait duré quelques jours déjà.  À un moment, il était tombé sur un compatriote britannique qui devait avoir le double de son âge.  Sans raison ni questionnement, ils devinrent compagnon d'errance au bout de quelques rencontres.  Le duo était peu loquace, ce qui arrangeait bien l'adolescent en quête davantage de sa paix intérieure et de l'émerveillement infantile qu'il avait perdu que d'une nounou qui l’assommerait de questions sur l'absence de ses parents à ses côtés ou que savait-il encore.  Son mentor taciturne l'aidait tout de même à se réconcilier avec son passé et il se promettait qu'un jour, ce serait à son tour d'aider les gens à retrouver leurs Indes perdues.

Le regard perdu sur l'eau qu'il ne saurait nommé, tant cet amalgame complexe de lac et de rivières semblait être à la fois estuaire et mer, et forêt et marais, Pothos contemplait, le cerveau au ralenti, comme endormi par la chaleur et la vision à la fois.  Ce matin, plutôt que de lui souhaiter du repos, sa mère lui avait conseiller la prudence.  Il avait alors réalisé que la veille, elle lui avait dit de prendre soin de lui. Le garçon sentit le sang affluer à ses joues, mais ne dit rien.  Selen passa une main conciliante dans ses cheveux.  Elle n'était pas stupide, son père non plus.  Ils avaient déjà eu son âge et ils savaient qu'il fallait que jeunesse se passe.  Elle ne lui donna ni bénédiction ni avertissement.  Ne lui fit part pas plus de ses inquiétudes que d'une compréhension quelconque de son état d'âme.  Elle lui répéta seulement qu'elle souhaitait qu'il fasse attention à lui-même, d'un ton qui émanait la confiance.  Il n'avait jamais été casse-cou et cela jouerait peut-être finalement en sa faveur.  Pour le coup, il n'avait jamais vraiment été rebelle non plus, et la liberté que ses parents lui laissaient lui donnèrent d'abord l'impression de lui avoir couper les ailes.  Il partit donc un peu plus tard ce matin-là, mais retrouva tout de même Ezio sans difficulté.

Pothos retourna vers l'adulte et sourit à sa déclaration.  Plutôt frileux, l'étudiant passait la plus grande partie de l'année à anticiper l'hiver, aussi ne se plaignait-il jamais de la chaleur excessive.  L'orgueil pouvait également y jouer un peu.  Le jeune homme avait cessé d'offrir à l'écossais de transporter son sac, il lui avait simplement dit que l'offre tenait toujours.  Ezio était à peine plus grand que l'adolescent et sa condition physique, ainsi que son aisance en ses lieux, laissait deviner qu'il avait l'habitude du plein air.  Quittant des yeux une branche qui dansait pour lui seul sous le vent, Pothos acquiesça à la remarque de son compagnon.  C'était plat, effectivement.


-On pourrait presque voir l'horizon se courber. fit-il d'un ton posé.  L'homme à ses côtés parlait parfois seul, et cela ne posait pas de problème au garçon, qui répondait à mi-voix, ne voulant pas troubler l'autre.  Il évoquait les montagnes déchirant le ciel, exactement le genre de chose qui avait poussé Pothos à reconquérir son Inde perdue.  Les sommets ne devraient pas déchirer le ciel, aussi beaux fussent-ils.  Ils devraient s'y montrer harmonieux.  Et ce sera pour ces paysage et cette beauté, un jour, que le jeune homme se battrait.  Alors qu'il se concentrait sur la question qui naissait de la bouche d'Ezio, le regard vagabond, ceux-ci furent interrompus par l'avertissement d'une femme.  Trop lent, le serpentard fonça dans le dos de son accompagnateur et remarqua alors la dame accroupie.  Elle semblait avoir trouvé, ou perdu, quelque chose de précieux.  Une fleur, toute simple et toute rare, à en croire les propos de la dame.

-Pardon. S'excusa-t-il à son tour.


HJ : Également désolé du délai, le retour de vacances fut plus rude que prévu, et je voulais trouver la bonne façon de tout imbriqué ici...
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://poudredecheminette.harrypotterrpg.fr/t813-bonsoir-monsieur-le-directeur http://poudredecheminette.harrypotterrpg.fr/t555-portrait-de-pothos-yilmaz http://poudredecheminette.harrypotterrpg.fr/t535-pothos-yilmaz
avatar

Invité
Invité


MessageSujet: Re: Ap bhalâ, to jag bhalâ || Ezio & Pothos Lun 21 Déc - 9:43

Un duo d'excuses s'éleva aussitôt, en anglais, comme prévu. Les deux nouveaux venus avaient tout deux l'air confus et navrés d'avoir failli ruiner deux heures de recherches, encore qu'ils n'avaient sans doute pas même un début d'idée du temps qu'elle avait passé à crapahuter à genoux dans les fourrés avant de dénicher ce qu'elle cherchait. Que ce soit cet après-midi ou les dix dernières années depuis la première fois qu'elle était venue en Inde. À moins qu'elle ne les ai simplement effrayés à jaillir des hautes herbes comme un diable à ressort et que l'air désolé qu'elle lisait sur leurs visages était en fait de la peur. D'un autre côté, l'idée d'être capable de surprendre quelqu'un, arrivée à l'âge de la raison, aussi facilement lui plaisait énormément. Au pays, elle adorait sortir de la réserve sans un bruit et se planter derrière quelqu'un pour le faire sursauter ou sortir d'un rayonnage sans prévenir. Malheureusement, faire peur à des Écossais était un art subtil et compliqué qu'elle ne maîtrisait pas encore très bien et dans lequel elle était loin d'être passée maître. Bien sûr, elle prenait toujours un air désolé comme si elle était très loin de l'avoir fait exprès et se contentait de ricanner intérieurement. Mais elle avait dû arrêter, soit-disant que ça faisait fuir les clients parce qu'ils n'aimaient pas avoir à faire à une vendeuse qui avait la manie d'apparaître et de disparaître sans un bruit... Donc, dans un cas comme dans l'autre, ils avaient l'air suffisamment repentants pour elle.

Un bon point pour eux.

Lynet releva les loupes qu'elle avait sur le bout du nez avant d'épousseter ses genoux couverts de terre et de brins d'herbes jaunis par le soleil. Maintenant que sa vision n'était plus multipliée par 100, elle pouvait les observer normalement au lieu d'avoir le nez sur des détails de leur personne qu'on ne devrait pas voir à cette taille là. Comme la naissance difficile d'un sourcil, une tache d'origine inconnue de la taille d'un grain de riz sur un col ou encore l'aile d'un nez légèrement couvert de poussière. Jamais elle n'oserait dire qu'elle était en meilleur état, et personne ne goberait pareille affirmation, mais au moins, ces deux jeunes personnes n'avaient pas eu à la scruter avec l'équivalent d'un microscope devant les yeux. Un objet 100% sorcier qu'elle avait commandé par catalogue à la dernière édition du...

Son sourire s'estompa soudain et la main qu'elle allait leur tendre comme le voulait la coutume s'arrêta net dans les airs. Mince, elle n'arrivait pas à se souvenir si elle avait jeté son sortilège de Repousse-Moldus avant d'entamer ses recherches dans cette zone. Autant qu'elle sache, la rousse n'avait rien fait de particulièrement magique et qui puisse lui valoir des problèmes mais elle n'était vraiment pas à l'aise avec les Moldus. Parler avec eux revenait à parler avec des centaures. Les mots étaient les mêmes, la grammaire et la syntaxe aussi, tout pareil, mais il y avait invariablement un moment de la conversation où les deux côtés ne captaient plus rien. La faute à la culture. Leurs références, leurs coutumes et parfois même leurs expressions n'étaient pas les mêmes. Les rares fois où elle avait pu discuter avec un centaure, généralement pour essayer de discuter un ordre de dégager rapidement de la propriété, elle s'était énervée très rapidement. Avec les Moldus, particulièrement ceux qui entraient pas mégarde dans sa boutique jusqu'à ce qu'elle en ait plus qu'assez et décide de jeter un sortilège sur la devanture pour faire fuir ceux qui n'avaient rien à y faire, c'était la même chose. Une fois, l'un d'entre eux lui avait tenu la jambe sur la puissance magique de tiges de métal à faire raisonner et elle avait bien failli s'arracher les cheveux en essayant de comprendre de quoi il voulait parler et surtout ce qu'il venait chercher. Rien, en l'occurrence. Il était juste venu discuter entre collègues de boutique ésotérique.

Finalement, elle se remit à bouger en se détendant et les considéra de nouveau avec un sourire.

— Désolée... J'essayais de me souvenir si j'avais bien jeté un sortilège de Repousse-Moldus mais, oui, c'est bon.

Avec un grand sourire, elle alla chercher l'une après l'autre les mains des deux hommes en face d'elle pour les secouer énergiquement.

— Je m'appelle Lynet ! Qu'est-ce que vous venez faire dans ce coin ?

Demanda t-elle en essayant de prendre l'air le plus normal du monde, tache des plus compliquée venant d'elle. Un des deux semblait être à peu près du même âge qu'elle tandis que l'autre ne devait pas avoir quitté l'école depuis très longtemps. Ils ne se ressemblaient pas trop mais ils pouvaient quand même être frères. Des frères venus en vacances, peut-être... À moins qu'ils ne soient venus faire quelque chose de plus excitant par ici. Lynet adorait les choses excitantes !
Revenir en haut Aller en bas
avatar


Sexy Menestrel

Messages : 924
Âge du Personnage : 33 ans
Lieu de vie : Un peu partout... (Je te jure, j'ai pas mieux)

MessageSujet: Re: Ap bhalâ, to jag bhalâ || Ezio & Pothos Mar 29 Déc - 0:40

Repousse Mold...

Avec stupeur, Ezio se retourna brusquement vers son jeune ami pour lui jeter un regard douloureux qu'il effaça rapidement. A aucun moment il n'avait envisagé être accompagné par un jeune sorcier. La douleur fit place à une blessure plus profonde, celle de son orgueil, pour la trahison qu'il ressentit ensuite. Elle se mua bientôt en une simple écorchure de sa fierté lorsqu'il réalisa qu'à aucun moment ils n'avaient abordé le sujet ensemble. Lui-même pouvait aisément passer pour un moldu, auquel cas il était évident que le jeune homme n'allait pas se présenter comme un sorcier et dans l'éventualité où Pothos avait deviné qu'il en était un, son comportement laissait clairement entendre qu'il ne désirait pas spécialement causer magie, d'où l'évitement. Nulle trahison avec laquelle se flageller donc. Juste... un étrange manque de discernement de sa part. La stupeur fit place à une allure quelque peu boudeuse. Lui qui se targuait de ressentir les émotions avec vigueur, n'avait même pas réalisé que son compagnon était du même monde que lui. Quelle fine observation. Le monde lui semblait soudainement atrocement petit, comme complice d'une atroce ironie qui visait à le tourner en ridicule.
Machinalement, il rendit sa poignée de main à la jeune femme qui leur faisait face, son regard sombre négligemment posé sur elle pour éviter d'avoir à le tourner vers Pothos, honteux de sa méprise. Elle avait débarrassé ses yeux des immenses loupes qui lui donnaient un air étrange et se présenta avec une énergie qui bouscula l'humeur maussade naissante du poète. La jeune femme semblait être une boule d'énergie et de joie de vivre, avec tout juste ce qu'il faut de fantasque pour s'attirer immédiatement la sympathie.
Il se détendit et lui accorda un sourire amical avant de lui répondre :

- Je suis Ezio. Et voici, Pothos.

Il se tourna à nouveau vers son compagnon un sourire énigmatique aux coins des lèvres avant d'ajouter.

- En ce qui me concerne je suis un marcheur qui n'a pour autre but que s'imprégner des paysages du secteur.

Pour ce qui est de mon ami, je vais lui laisser la parole, il semblerait que j'ignore bien des choses.

Il détailla finalement son compagnon de ses yeux sombres, posant un regard nouveau sur cet ombre silencieuse qui l'accompagnait depuis quelques jours. Ni l'un ni l'autre n'avait trop posé de questions. Leurs conversations avaient été riches et plus profondes que la plupart qu'il avait eu dernièrement, sans jamais effleurer la moindre parcelle de quelque chose de personnel. Ils avaient abordé de nombreux sujets, sans amorcer la plus petite partie de l'histoire de leur vie. Ce qu'il savait du jeune garçon ? Son nom. Et encore, rien ne prouvait qu'il s'agissait du vrai. Il le savait également intelligent, cultivé et exigeant, peu curieux et aimable, fuyant une chose pour en chercher une autre, peut-être au fond de lui même. Cela mis de côté, il ignorait tout de son compagnon. Il avait, comme à son habitude, abordé les sujets qui lui plaisait, raconté des histoires et laisser venir les choses, se refusant à brusquer le jeune homme qui semblait en proie à un conflit intérieur. Certaines visiblement, n'étaient pas venues du tout. Quelques détails lui revinrent en mémoire et il se moqua de lui-même pour ne pas avoir réaliser plus tôt. A force d'être perdu dans ses propres pensées et d'imaginer que la pudeur et la réserve évite l'embarras, il avait négligé d'être seulement attentif à certaines choses. L'évidence le frappait désormais de plein fouet et il s'en voulu douloureusement de ne pas avoir saisit plus rapidement la situation réelle. Le regard un peu perdu, il réalisa également que leur rencontre avec Lynet mettait fin par la même occasion à ces errances au silence mutuellement consenti, qu'il avait fini par apprécier réellement. Ils étaient tous deux en présence d'une autre sorcière, ce qui le mettait dans une position où il lui faudrait soit, une fois encore expliquer sa situation particulière, soit simplement tourner les talons poliment et prendre congé. Il haussa les épaules et décida de laisser faire les choses pour voir où elles le mèneraient.

Il porta alors toute son attention sur l'objet du délit, la délicate fleur qui avait manqué périr dans un assaut de chaussures plus très neuves. A travers les fines parois de la fiole que tenait Lynet, il aperçut une délicate petite chose rose, pas plus grande qu'une phalange, aux nervures si fines et aux pétales si minces qu'elle en paraissait presque translucide. Un soupir aurait probablement eu raison d'elle. Il fouilla sa mémoire à la recherche d'une quelconque fleur. Ses connaissances en botanique étaient assez conséquentes, il en avait fait l'une de ses spécialités au sein de l'Ibas, néanmoins, la flore locale était bien différente des plantes qu'il avait l'habitude d'utiliser en Ecosse ou en europe et celle-ci manquait à son herbier mental.

- Est-ce que je peux, vous demander son nom  à elle ? Ajouta-t-il de sa voix basse en désignant la petite fiole que tenait Lynet.


HJ: Désolé pour la ... non avancé du truc - et la non longueur par la même occasion- mais c'est toujours délicat quand on amorce un dialogue à trois. Je suis partagé entre l'envie de faire avancer les choses et le besoin de laisser le troisième répondre aux questions. Smile Pardonnez-moi.


Scotland Homemade ...
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://poudredecheminette.harrypotterrpg.fr/t170-ezio-shepherd-poete-et-barde http://poudredecheminette.harrypotterrpg.fr/t135-ezio-shepherd-barde
avatar



Messages : 115
Âge du Personnage : 16 ans
Lieu de vie : Poudlard
Emploi : Élève -Stagiaire d'été chez Lukos

MessageSujet: Re: Ap bhalâ, to jag bhalâ || Ezio & Pothos Mar 23 Fév - 2:46

Un sortilège repousse-moldu?  C'était bien sa vaine.  Il s'était promené avec un sorcier en usant de milles précautions et milles astuces pour que celui-ci ne devine pas qu'il faisait partie de la population à baguette.  La tentation était grande de se la joue en contrôle de la situation et de prétendre l'avoir su dès le premier jour, ou au moins en avoir eu de solides soupçons.  Par contre, ce serait malhonnête et probablement injuste envers le barde si lui disait la vérité.  La voix de la franchise et de l'excellence était donc, encore une fois, toute tracée devant le Serpentard.  Ça ne l'empêchait pas de se sentir un peu stupide et ridicule, et il n'aimait ni l'un ni l'autre de ses sentiments.  Caprice de l'adolescence ou trait de fierté génétiquement ancré en lui, il avait tout de même son orgueil.  Ce n'était pas le pire à ce niveau – certaines mauvaises langues diraient que c'est la tâche des Serdaigles, ou des Gryffondors, ou des Serpentards, que d'avoir un orgueil incommensurable – et il ne comptait pas prétendre à ce titre, mais il n'était pas non plus le plus humble des élèves de Poudlard.  Et le savoir était déjà, en soi, quelque chose de bien, non?

Pothos agrippa la main de Lynet à la suite d'Ezio, qui l'avait présenté, en affichant l'un de ses sourires sponsorisés par un quelconque dentifrice.


-Enchanté, Lynet.

Le barde se tourna un moment vers lui, probablement assailli des mêmes réflexions quant à leur manque de perspicacité.  Au moins, il semblait trouver l'ironie de la chose plutôt comique, ce qui relaxa le sourire autrement un peu figé de Pothos. Maintenant qu'il y pensait, Ezio était un prénom qui sonnait tout aussi moldu que le sien. Et puis, les moldus avaient-ils véritablement des bardes?  Ils avaient certes des chanteurs et des conteurs, et probablement une pléthore d'autres artisans en eur, mais les bardes?  Ce n'étaient pas des bardeurs, après tout...  N'empêche qu'il faisait honneur à son métier même lorsqu'il décrivait ses errances, le bougre!  Pothos enchaîna donc, avec beaucoup moins de poésie.

-Je suis ici en vacances, et j'ai décidé d'accompagner Ezio dans ses marches et ses imprégnations.

Accessoirement, il voulait fuir sa réalité propre et s'était trouvé un homme d'apparence bonace et pacifique pour tuer la solitude.  Certains pourraient certainement prétendre qu'il était en fugue, et n'auraient pas tout à fait tort.  Certains pourraient prétendre qu'il fut très imprudent de sa part de se joindre à un inconnu pour explorer nul ne savait quoi, et ils auraient terriblement raison.  Sauf que voilà, le futur auror croyait qu'il prendrait la route auprès d'un moldu qu'il pourrait facilement maîtriser en cas d'altercation.  Tant pis pour ses naïves pensées.

Le poète le scruta du regard et Pothos sentit bien qu'il le regardait pour l'instant comme un inconnu, et non pas comme un compagnon de voyage.  Comme si il jugeait la valeur de l'homme, ou de leur relation, ou d'autre chose qu'il ne connaissait guère.  Comme s'il le rencontrait pour la première fois, en fait.  Leurs escapades avaient été riches en histoires et anecdotes plus intéressantes les unes que les autres.  Ezio savait définitivement se servir des mots et les rendre agréables à son auditoire, et Pothos en avait bien profité.  Il avait aussi réappris à apprivoiser le silence.  Au collège, le silence est aussi rare que fugace, et Pothos en avait perdu l'habitude.  Habituellement, il s'y faisait de nouveau lors des vacances, seul avec ses parents et leurs chats, mais cet été il avait été occupé chez Lukos et n'avait pas su se réapproprier le mutisme.  Car dans la solitude, la vraie, la sombre et la pénible, ce n'était pas le silence qui l'effrayait, mais bêtement et simplement l'absence de « l'autre ».  Personne avec qui parler ou interagir, si l'envie lui en prenait; personne sur qui pouvoir compter si le besoin se faisait sentir.  Se retrouver seul avec soi-même, aussi autonome que l'on puisse être, était dans l'esprit du garçon, la pire des sentences.


-Et vous êtes férue de botanique, Lynet? Oui, il soulignait l'évidence.  Non, ça ne lui valait pas pour autant un titre tel que Capitaine Évidence, ou un autre de ces quolibets ridicules s'ils sont appliqués à sa personne.  Ça s'appelait simplement faire la conversation et Ezio sembla très bien le comprendre puisqu'il enchaîna presque aussitôt sur sa propre interrogation.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://poudredecheminette.harrypotterrpg.fr/t813-bonsoir-monsieur-le-directeur http://poudredecheminette.harrypotterrpg.fr/t555-portrait-de-pothos-yilmaz http://poudredecheminette.harrypotterrpg.fr/t535-pothos-yilmaz

Contenu sponsorisé



MessageSujet: Re: Ap bhalâ, to jag bhalâ || Ezio & Pothos

Revenir en haut Aller en bas
Ap bhalâ, to jag bhalâ || Ezio & Pothos
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut
Page 1 sur 1
Sujets similaires
-
» Ezio Freza {fin}
» Impromptu, si on peut dire. [Dudu/Eva/Ezio]
» Ezio Bonvisi, le surveillant qui se prend un plaisir de te faire chier.
» Ezio Auditore Da Firenze
» Contes et légendes d'un monde oublié [Ezio]

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Poudre de Cheminette :: Reste du Monde :: Afrique, Amériques & Asie-