L'info du Moment

PdC ferme ses portes...
Nous vous invitons à nous rejoindre
sur Chemins de Traverse !


Poudre de Cheminette



 

Partagez|

[Neals street] Taedium vitae - Saoirse

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas
Aller à la page : 1, 2  Suivant
AuteurMessage
avatar



Messages : 158
Âge du Personnage : 21 ans
Lieu de vie : Librairie Stanford - Londres

MessageSujet: [Neals street] Taedium vitae - Saoirse Dim 27 Sep - 21:30

Je n'arrivais plus à dormir. J'avais mal. Trop mal. Ce à quoi j'avais rêvé démontrait ce que j'étais devenu : une Bête. Une de celles que l'on chasse ou qui nous fait peur au coin du feu quand nous sommes petits. J'avais rêvé d'Elles. Stacy et Anna. Les deux qui m'avaient marqué lors d'une excursion à ma librairie. L'Une légèrement plus que l'Autre.

Dans mon songe tout avait si bien commencé, comme toujours. Elles avaient sonné à ma porte toutes les deux. Et j'avais ouvert, leur laissant le champ libre. Je m'étais retrouvé sur mon canapé entouré d'elles à bavarder bien que mon cerveau m'indiquait néanmoins que les voir nues ne serait nullement un problème ... Si seulement. Alors que nous étions tranquillement en train de discuter, ma très chère amatrice de littérature russe avait posé une question qui allait définir toute la quintessence de mon rêve.


Qui es-tu Alexander ?

Je ne le sais pas moi-même. Ou je le sus, il fut un temps. En une fraction de seconde, mon rêve bascula en un sordide cauchemar. J'étais devenu cette Bête que j'abhorrais tant, lacérant, dévorant, rendant inertes ces deux jeunes femmes que j'appréciais tant. Le sol de mon appartement était devenu le théâtre d'un rituel morbide où je me complaisais.
C'était là. Exactement à ce moment précis que je me réveillais, en sueur et haletant, tremblant d'une peur qu'il m'était difficile de nommer.


J'avais peur de Moi.

Les mains sur le visage, j'avais du mal à reprendre mon souffle. Comment pouvais-je encore rester "humain" après ce que je venais de subir ? Et si, un jour, je leur faisais du mal ? Et si je ne parvenais plus à me contrôler ? Et si j'étais ainsi finalement ? Ce Lycan qui m'avait transformé en Albanie, ne m'avait-il pas choisi dans un sombre dessein ?

Je ne savais plus. J'étais perdu. Il m'était réellement difficile de m'extirper de ce lit, fardeau de souffrance, il y a encore quelques minutes de cela. Mes pieds glacés avaient du mal à se frayer un chemin jusqu'à ma salle de bain, plongée dans une obscurité salvatrice. Bien que mes sens étaient nouvellement aiguisés dû à mes aptitudes, j'allumais la lumière, me sentant humain.
Mon visage était d'une pâleur innommable, les cernes sous mon regard gris-bleu indiquaient que je n'avais pas dormi depuis un certain temps. Ou peu dormi. J'étais l'ombre de moi-même. Heureusement que c'était mon jour de congé, je n'aurais pas su me déplacer jusqu'à la librairie.

Expirant un grand coup, je regardais ce visage qui m'était inconnu les soirs où l'astre lunaire entrait en jeu. Je souris et mis à rire, d'un rire bruyant qui n'augurait rien de bon. Je devais me reprendre, sinon j'allais devenir fou. Mais porter ce lourd fardeau, sur les épaules, seul, n'était-ce pas justement un moyen de finir fou à lier ? Je sortis en trombe de la salle de bain, m'habillant prestement et avalant une tasse de café noir pour seule collation, je me devais de prendre l'air. De sortir. Mon appartement était devenu trop exigu pour contenir cette si grande angoisse.

D'un geste quasi machinal je regardais le restant d'argent dans mon porte-feuille au cas où l'envie de me sustenter gagnerait celle de mes nausées. Alors que je refermais mon porte-feuille d'un coup sec, une feuille de papier, froissée et en très mauvais état, attirait mon attention. Je me mis en tête de la déplier, curieux de voir ce qu'elle pourrait occulter. Une adresse et un nom griffonnés à la hâte, me revinrent en tête, il y a deux années de cela.


Ezio.

Il m'avait sauvé la vie, et je ne l'avais jamais remercié. Alors qu'il aurait pu passer son chemin et me laisser là. Mais il m'avait tiré de cet enfer qu'avait été l'Albanie. Même si l'enfer, je le vivais à chaque pleine lune désormais. Je rangeais le papier dans la poche de mon blouson, en ayant mémorisé l'adresse. Ce n'était finalement pas très loin de là où je me trouvais. Mon introspection m'avait mené loin en fin de compte.

Neals street. Il habitait là. Souriant, c'était comme si une lourde masse se trouvait déposée à mes pieds. J'allais retrouver celui qui m'avait épargné la Mort. Peut-être ne serait-il pas heureux de me revoir mais j'aurais essayé. Levant mon regard gris-bleu, je vis les immenses fenêtres refléter les rayons du soleil de cette fin Septembre. Il faisait frais, et je resserrais le col de mon blouson sur mon cou, signe d'un stress extrême.

Prenant mon courage à deux mains, je sonnais à la porte.






Spoiler:
 
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar



Messages : 707
Âge du Personnage : 27 ans
Lieu de vie : Londres

MessageSujet: Re: [Neals street] Taedium vitae - Saoirse Mer 30 Sep - 14:40

Elle entrouvrit un œil, puis l'autre. Quelque chose l'avait tirée de son sommeil.

Mais quoi ?

A en juger par la lumière qui filtrait à travers les rideaux tirés, le jour se levait à peine. Autant dire, qu'il était bien trop tôt pour se sortir de la tiédeur d'un édredon que l'on se transmettait de mères en filles dans la famille. Elle se retourna, perdue dans son grand lit et tenta de reprendre le cour de son rêve dans lequel elle parvenait à réunir toute la famille au coin du feu pour les fêtes de fin d'année. Et le mieux, c'est que jusqu'à présent, tout le monde avait réussi à tenir sa langue suffisamment longtemps pour que la journée paraisse agréable. Elle soupira de bien être avant d'être à nouveau extirpée de sa douce torpeur par un très désagréable tic-tic.

Tic-tic ?

Elle réitéra un soupir de moins bien être. Tirant plutôt sur l'exaspération. En plus, on allait passer au dessert ! Luan et Ezio ne s'étaient pas encore écharpés, le patriarche était agréable avec ses deux aînés et le repas prenait fin dans la joie, la bonne humeur et le …

Shpock !

- ARRRRRRRRRRRRRhhhhhhhh !

Oui, au réveil, elle tenait parfois plus de lion déchaîné que de la belle au bois dormant., Échevelée, minuscule petit bout de femme perdue au sein de grand T-shirt appartenant à l'un de ses frère (elle ne dira pas lequel), Saoirse jeta les couvertures au loin et balaya la pièce d'un regard éclatant, à la recherche du coupable/criminel/pauvre responsable qui allait bientôt finir victime. Évidemment, elle était seule. Pas suffisamment désespérée pour avoir ramené un inconnu hier soir et ne plus s'en souvenir le matin même. Elle n'avait pas d'animal de compagnie, aussi se saisit-elle avec vigueur d'une de ses converses rouges qui traînait au pied du lit, avec une prise à vous faire baver Serena Williams. (Elle avait toujours aimé le tennis).

C'était sûrement un rat, ou une autre bestiole qui s'était invité dans son studio. A en juger par le bruit, on était loin du cafard ou de l'araignée. (Tant mieux!) Ceci dit, la rencontre matinale avec tout être vivant non invité dans son petit espace personnel lui semblait malvenue.
Perchée sur le lit (les pieds bien en sécurité), pompe en main, elle poursuivit la dissection méthodique de la pièce. Un petit coup frappé au carreau attira alors son attention vers la fenêtre.

Tic-tic.

Elle lâcha (presque à regret) son arme de fortune et s'approcha de la fenêtre à pas de loup. Le sol était agréablement chaud. Gros avantage du parquet. Ses pieds nus glissèrent en silence jusqu'aux grands rideaux qu'elle écarta brusquement. Son instinct imparable ne l'avait pas trompé. Le soleil se levait à peine. Sous son nez, le responsable de l'interruption d'un dîner presque parfait. Un minuscule petit hibou gris comme un dessus de trottoir londonien après deux jours de neige dans lequel tout le monde avait fourré ses bottes sales. Mais mignon tout de même hein ? Plus large que haut. Angora aurait-elle dit si elle avait eu quelqu'un à qui commenter la scène.

-Hey, qu'est-ce que tu fais là toi ?

Il tenait un petit parchemin roulé minutieusement en un petit tube aussi fin que possible. Secrètement, elle espérait y découvrir l'écriture fine et régulière d'Ezio. Elle ouvrit la fenêtre avec un entrain tel, que le petit hibou poussa un cri et s'envola plus loin.

- Hey !!! Mais reviens là!!!

La malicieuse bestiole se percha sur l'échelle de secours qui passait juste sous la fenêtre du voisin et observa Saoirse d'un air surpris en penchant la tête d'un côté, puis de l'autre.

-Viens làààààà.... Lança la jeune femme en se penchant un peu plus à la fenêtre. Allez, pssssst, psssst, par ici petit.

Pour toute réponse, le petit animal poussa un petit gloussement qu'on aurait pu prendre pour un léger « va-te-faire-foutre ». Mais ça, c'était uniquement dans l'imagination de Saoirse. Parce que bien entendu, les hiboux sont polis, eux.

-Mais qu'est-ce que tu fous ?! Grouille-toi je me gèle !

Le hibou sautilla jusqu'à la plate-forme métallique se trouvant entre les deux fenêtres (celle de Saoirse et celle du voisin) avant de lui tourner le dos dans une attitude de franche provocation.


-Espèce de vieille chaussette !!!! Ramène tes plumes ici et donne-moi cette lettre. Tu es censé me la délivrer en main propre !

Diable que ces petites bêtes sont mal élevées de nos jours !

Les hiboux d'il y a quelques années ne se seraient jamais permis un truc pareil. Il s'agissait plus que certainement d'un novice dans la fleur de l'âge.La petite chose entama une toilette tout à fait malvenue et inappropriée au grand désarroi de la jeune femme qui jetait des coups d’œil désespérés de tous côtés.

-Tu vas nous faire repérer ! Allez ! Hop hop hop  file-moi la lettre de mon frère toi!.... J'ai des tartines si tu veux ! Lança-t-elle, abattant sa meilleure carte.

Au mot « tartines » la toilette prit fin. L'oiseau daigna se tourner, avant de faire quelques pas, dans la direction opposée à Saoirse, se rapprochant dangereusement du bout de la plate-forme.

C'est une blague...

-Bien. Tu l'auras voulu.

Après, une courte hésitation, la jeune femme enjamba la fenêtre de son studio et posa un pied nu sur la ferraille de la plate-forme permettant d'évacuer l'immeuble par l'extérieur en cas d'incendie. Elle se rapprocha lentement de l'oiseau qui continuait à sautiller plus loin tout en lui lançant un œil courroucé. Un petit vent frais s'engouffra sous son T-shirt, la congelant pour les trois jours à venir. Saoirse croisa ses bras sur sa poitrine et maudit cette matinée qui avait pourtant si bien commencée. A la clé, des nouvelles, enfin. Ça valait bien le coup de se geler un instant dans une tenue ridicule.

-Bon, on n'est pas parti sur de bonnes bases tous les deux.... Je suis désolée de t'avoir fait peur... Je dormais tu comprends... et j'ai très envie de lire ce que tu as entre les pattes. L'oiseau s'était arrêté. Allez, sois un chic petit hibou et tend moi la patte. Il fit à nouveau quelques pas. En échange, je te laisse entrer, te mettre au chaud, grignoter un truc... et …. il sauta sur la rambarde opposée. Non non attend !!!! Je ferai tout ce que tu veux !!!! Glapit-elle !
- Est-ce que tout va bien ? Lança une voix basse derrière elle.

Saoirse sursauta et se retourna vivement tout en tirant machinalement sur son t-shirt pour qu'il descende un peu plus sur ses jambes nues. Accoudé à sa propre fenêtre, une tasse de café à la main, le voisin l'observait avec un intérêt certain. Qu'il soit pour ses jambes ou la situation peu banale. Elle sentit ses joues se colorer vivement et lança une rapide œillade à ce maudit hibou qui piaillait gaiement derrière elle.

-Super. Affirma-t-elle d'une voix étranglée.


Ben oui. Se trouver à 6h et des brouettes à moitié à poil sur une échelle de secours par une température avoisinant les 4 degrés, c'était le top.
Se faire prendre en flag de capture de hibou par un voisin qu'elle avait du croiser deux fois en trois ans et dont elle ne connaissait de la vie que ce qui était dû à la finesse du mur les séparant, était également un pur bonheur.

- Un café ? Lança-t-il un brin moqueur.

Il avait une voix agréable et grave. Comme elle les aimait.La peau noir ébène, des yeux tout aussi sombres et un sourire renversant. Mais ça, elle l'avait déjà noté les deux autres fois.

J'adorerais.

-Je suis désolée, ce n'est pas.. vraiment le moment.S'entendit-elle répondre avec une furieuse envie de se coller deux gifles au passage.

Ezio, tu as intérêt à m'annoncer que tu rentres incessamment sous peu, que tu fêtes Noël avec moi ou que tu as trouvé un job normal à Londres.... Je viens de refuser un super café là!!!!

Il haussa les épaules tout en lui adressant une petite grimace qu'elle eut envie de classer dans la catégorie déception mais ne ferma pas la fenêtre pour autant.

- Bon. Vous avez sûrement mieux à faire.

Ouais... un civet de hibou...

Sa voix semblait toujours se moquer un peu d'elle, alors que ses yeux paraissaient hésiter entre son T-shirt et ses jambes.
Consciente du ridicule de la situation, elle leva les yeux au ciel et attendit quelques secondes, qu'il daigne bien retourner dans son appartement afin de reprendre la chasse au hibou. Il n'en fit rien. Sirotant un peu de son café (Et dieu sait qu'elle en aurait bien pris un aussi!!!) il continuait à l'observer, un petit sourire amusé au coin des lèvres. Un peu vexée d'être surprise en posture si désopilante, vêtue comme une jeune adolescente, et au saut du lit qui plus est, Saoirse décida de l'ignorer superbement et se tourna à nouveau vers le petit emplumé qui lui aussi semblait se délecter de la scène.

-Ici ! Susurra-t-elle d'un ton autoritaire.
- Ah tiens ? Vous avez un hibou ? Amusant ça... C'est pas commun.

La jeune femme leva à nouveau les yeux au ciel, priant silencieusement pour que l'homme veuille bien lui lâcher les baskets (qu'elle n'avait pas.). Elle soupira bruyamment, tâchant par l'occasion de lui faire comprendre qu'elle souhaitait être seule et se reconcentra sur sa tâche première sans même lui adresser un regard. Adieu tous les autres potentiels cafés.
Lentement, elle fit trois pas vers l'oiseau, la main tendue vers lui. Elle réprima un frisson. Le vent était frais, le métal sous ses pieds gelé, et le T-shirt de marche d'Ezio était probablement fait pour le cagnard d'un pays du sud.
Dans son dos, elle entendit un léger chambardement, suivit d'un bruit métallique qui lui indiqua qu'on venait de la rejoindre sur la plate-forme.

- Vous n'arriverez jamais à l'attraper de cette façon. Affirma une voix goguenarde.

Un peu affolée que la situation ne vire à l'explication (plus embarrassante qu'elle ne l'était déjà ) sur la présence d'un hibou portant un parchemin, Saoirse se retourna vivement et lança un agressif :

-Remontez tout de suite sur votre fenêtre!

Il lui jeta un œil surpris tendit qu'elle essayait de ne pas remarquer qu'il était clairement très bien bâti sous sa chemise aussi blanche que sa peau était noire.

- Et pourquoi je vous prie?
-Parce que je.... vous le demande ? Murmura-t-elle complètement mortifiée par son culot et ses explications embrouillées.

Il prit un air faussement grave et leva les mains de façons si théâtrale qu'elle dû se retenir de rire.

- Je suis navré, mais c'est aussi ma plate-forme.

-Quoi ?
- Elle est entre nos fenêtres elle est tout aussi à moi qu'à vous .

-Je... Commença-t-elle en secouant la tête.
- Et puis vous êtes sur ma moitié. Annonça-t-il en dessinant une ligne imaginaire entre leurs deux fenêtres.
-C'est... une blague ? S'étrangla-t-elle.

Il lui adressa un petit sourire en coin.

- ça dépend. Vous acceptez un café demain ?

De plus en plus incrédule, Saoirse écarquilla les yeux et ouvrit la bouche dans une imitation parfaite du poisson rouge.

- Excusez-moi.

Il s'avança vers elle, qui figée dans son attitude mutique, ne parvenait plus à connecter suffisamment son cerveau pour répondre quelque chose qui paraisse un brin plus intelligent que ses derniers mots. Alors qu'il était à quelques centimètres, il la contourna prudemment et tendit un main immense vers le petit oiseau qui ne trouva rien de plus humiliant que de bondir en avant et se nicher dans la paume de l'homme en roucoulant de plaisir.

Petite bouserie.

Saoirse foudroya la petite chose du regard et la récupéra avec délicatesse, mettant de côté toute la rancoeur qu'elle éprouvait contre le petit être au doux plumage.

- Tenez. Il n'a pas l'air bien costaud, vous devriez le mettre au chaud.


La jeune femme nicha l'oiseau au creux de ses mains, contre son T-shirt et adressa un sourire de remerciement à l'homme qui devait lui prendre deux têtes. S'il avait remarqué le parchemin accroché à la patte de la petite bête, il n'en dit rien. A dire vrai, pour ne pas remarquer, il fallait être aveugle. Elle se contenta de ne pas soulever ce point, elle non plus. Il resta la une seconde de plus à l'observé d'un air franchement amusé. Et elle de se maudire intérieurement. Elle devait faire là un bien étrange tableau. Avec ses cheveux en désordre, son air un peu ensommeillé, un T-shirt bien trop grand (quoi qu'on allait pas s'en plaindre) qui avait dû vivre l'ascension de tous les pics rocheux d'Europe, ses mains et jambes marbrées de bleu par le froid et son drôle d'animal de compagnie aux creux des mains.

- J'ai eu une amie qui avait un python... Lança-t-il dans une dernière tentative d'amorce de conversation.

Aucun mot.
Rien.
Pas une répartie amusante comme elle savait si bien les envoyer habituellement.
Tout juste un pauvre sourire de cruche.

Des gifles je vous dis.

-Merci. Bredouilla-t-elle d'une voix tout juste audible.

Elle ferma un instant les yeux et décida de mettre fin au massacre.

-A … une autre fois pour un café ?  Jeta-t-elle avant de fuir en direction de sa fenêtre qu'elle enjamba avec autant de grâce que possible, évitant, de lâcher le hibou, de montrer sa culotte à la rue entière et de parachever le ridicule de la situation en s'effondrant à l'intérieur comme un vieux sac de pommes de terre. Elle planta le voisin là, et retrouva son parquet chéri avec soulagement.

 Pauvre fille....

Elle referma bien vite la fenêtre et s'attela à détacher le ruban qui retenait le parchemin à la patte du petit hibou qui semblait désormais bien sage et conciliant, allant même jusqu'à lui donner d'affectueux petits coups de bec.

Comble de la déception, l'écriture stylisée et difficilement lisible n'était pas du tout celle d'Ezio, mais celle de Pearce qui lui demandait où se trouvait certains dossier dont il avait besoin pour les montrer le lendemain au chef suprême.
Évidemment.
Première semaine de congé en … deux ans ? Et ils étaient déjà perdus sans elle. Elle grogna une réponse qu'il n'entendrait jamais et s'empara d'une plume qui traînait dans son sac pour lui griffonner une réponse à la hâte avant de sortir la récompense promise au petit hibou.

- Tu ne la mérites pas vraiment, mais une promesse, ça se tient. Lui murmura-t-elle avant de déposer sur la table, une petite tartine qu'elle prit soin de beurrer légèrement. Il faut de la matière grasse pour l'hiver. C'est valable pour tout être vivant.

Elle profita de la collation de l'oiseau pour aller mettre un peu d'ordre dans sa tenue. Tant qu'à être debout, autant être présentable. Une douche rapide, un brossage de dents, un saut dans un Jeans et un T-shirt plus à sa taille, un passage de brosse dans ses cheveux, deux touches de mascara et elle paraissait déjà bien plus à son avantage. Elle se surprit à envisager de traîner dans le couloir pour y croiser le voisin qui ne devrait pas tarder à partir travailler. Non pas qu'elle ait noté l'horaire exacte, mais il l'avait réveillée la veille en faisant tomber son trousseau de clés devant sa porte...
Elle avait pris sa semaine de congé suite à une demande de son père. Ce dernier s'inquiétait de l'état de santé de sa femme qui était clouée au lit depuis plusieurs jours par une grippe particulièrement violente qu'aucune potion ne semblait calmer. Saoirse se rendait donc depuis trois jours au chevet de sa mère et en profitait pour entretenir un peu la maison familiale. Elle avait contacté Luan qui avait promis de passer... on l'attendait toujours. Et avait lancé un hibou dans le monde avec pour seule adresse « Ezio Shepherd, quelque part » qui n'était jamais revenu. Ce qui pouvait être bon signe, mais n'avançait pas vraiment le schmilblick.
Elle jeta un œil à la pendule pour constater qu'il était encore un peu tôt pour transplanner chez ses parents. Elle se mit donc en tête de mettre un peu d'ordre dans son studio pourtant bien épuré. Elle aimait que les espaces soient clairs et sans trop de fioritures. Quelques plantes, des bouquins appartenant à son frère pour la plupart , (Ses instruments de musique aussi... sans commentaires.) , des dossiers classés par couleurs et par ordre alphabétique dans une autre étagère, quelques photos d'art ou souvenirs d'enfance, deux ou trois dessins d'Ezio au mur, une peinture de leur oncle, des post-it bien alignés sur le frigo, bref, rien qui ne pourrait laisser imaginer que ce studio fut habité par une sorcière. Elle prenait soin de ranger dans de petites boîtes bien dissimulées tout ce qui aurait pu la trahir. Elle savait la logeuse de l'immeuble Mrs Sanya, bien curieuse et avait de fort doutes sur la possibilité que cette dernière entre parfois dans les appartements de ses locataires. Elle préférait ne pas prendre de risques.

Elle fit rapidement le lit, et allait s'occuper des plantes lorsqu'on sonna à la porte. Son cœur manqua un battement. Une seconde occasion d'accepter un café ? Un vague sourire aux lèvres, elle remit rapidement un peu d'ordre dans ses cheveux et s'avança vers la porte qu'elle ouvrit avec un air malicieux... sur un jeune homme qu'elle n'avait encore jamais vu...
Un nouveau voisin puisqu'il s'était introduit dans l'immeuble sans passer par la case interphone. A moins que quelqu'un n'ait ENCORE laissé la porte d'en bas ouverte.

- Oui ? Questionna-t-elle tout en regrettant de ne pas avoir laissé la chaînette de sécurité à la porte qu'elle tenait entrebâillée.

L'homme possédait des yeux clairs et un visage angélique sur lequel on pouvait néanmoins lire beaucoup de fatigue et d'anxiété. Saoirse abandonna son sourire, sentant poindre une très légère inquiétude. Quelque chose dans l'apparence de cet homme l'interpella sans qu'elle su dire quoi.

Désolée, j'ai complètement craqué...:
 
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://poudredecheminette.harrypotterrpg.fr/t327-saoirse-shepherd-pv
avatar



Messages : 158
Âge du Personnage : 21 ans
Lieu de vie : Librairie Stanford - Londres

MessageSujet: Re: [Neals street] Taedium vitae - Saoirse Jeu 1 Oct - 14:40

J'avais hésité. Longtemps. Longuement. Bien que j'avais une envie de le revoir et de partager mes expériences passées et sûrement futures, j'étais resté, là dans la rue, à flâner avec la peur au ventre.
La peur, je l'avais chaque nuit de pleine lune ou quand l'astre sélénique allait poindre le bout de son nez. Certains me disaient connaître la Peur, la Vraie, mais jamais ils ne pourront aisément la connaître. Ils ne savent pas, c'est tout. J'étais simple humain mortel, me voilà affublé d'un statut plus que contraignant. J'avais quelques prédispositions notoires à avoir les dents longues et la chevelure soyeuse mais je me faisais peur.
Mon Ennemi c'était Moi. Cette Ombre noire présente constamment, m'étouffant, me dévorant, me saignant à blanc, m'extorquant le peu d'humanité qui me reste à profit d'une folie qui m'accueillait quant à elle, heureuse et les bras ouverts. Cela faisait un moment déjà, que je ne dormais plus ou peu, m'alimentant frugalement et me faisant porter malade au travail. Mes collègues et ma patronne étaient bien venus sonner chez moi, mais terré dans mon antre, je n'avais pas répondu, y préférant un sms plutôt qu'un contact visuel qui j'étais certain allait les inquiéter plus que de raison.

Et ma famille dans tout ça ? Gwenäe avait donné naissance à un petit garçon en Juillet, et pour seule réponse -j'étais à la fois oncle et parrain-, j'avais envoyé une carte avec une lettre griffonnée à la hâte, expliquant que tout allait bien dans le meilleur des mondes et que je prendrais la route afin de saluer la petite famille. Mais je n'avais pas précisé quand. Dans mon fort intérieur, je restais persuadé qu'elle débarquerait bien un jour à l'improviste avec tout le monde sur les talons. Mais au fond de moi, je redoutais cet instant, n'ayant pas vu ma famille depuis deux années maintenant.
A croire que je devais bien vivre cela, mais partir avait été la solution si je ne voulais pas me dévoiler et montrer ce que l'Albanie m'avait laissé comme cicatrice indélébile. Cicatrice qui ne partirait pas avec le temps. Ou qui prendrait tout son temps ...


C'est dur.

Je m'étais donc retrouvé devant ce loft aux grandes parois baignées de lumière, attendant un signe du Destin pour en franchir le seuil. Un homme avait poussé la porte de l'immense immeuble en fer forgé, m'indiquant par un geste vif et rapide si je voulais rentrer. Ce que je fis sans nulle conviction. Un léger sourire à cet homme qui était parti aussi vite qu'il était apparu dans mon champ de vision, je peinais à franchir les quelques marches qui me séparaient de celui qui m'avait sauvé la vie et qu'égoïstement je n'avais pas su remercier.
Les quelques marches étaient lourdes, pesantes, délicates à franchir mais je parvins tout de même jusqu'à la porte. Là, aussi, j'hésitais. Il n'y avait bien qu'Ezio qui pouvait me comprendre, lui qui avait vécu directement ce qui m'était arrivé. Il y avait aussi Aidan, comme bouée à me raccrocher, mais ce n'était pas pareil.


Il ne l'avait pas vécu.

Non. Il n'avait pas ressenti l'angoisse de mourir et de renaître sous la forme d'une Bête féroce qui ne voyait que par ses instincts. Il n'avait pas peur de ce qu'il était lui. Les dents serrées, j'appuyais sur le bouton de la sonnette et attendais. Ezio se souviendrait-il de moi ? Ou allais-je être juste un souvenir malheureux, celui du pauvre ado au mauvais endroit au mauvais moment, dans un pan de sa mémoire ?
J'avais envie de m'en aller. Partir. De descendre rapidement les marches interminables que cet immeuble avait et de me retrouver au dehors dans l'air frais qui m'emplirait les poumons et me détendrait. L'oreille néanmoins tendue, j'entendis le déclic caractéristique d'une serrure qu'on ouvre. Dans quelques secondes mon sauveur serait là et j'aurais tant de choses à lui dire, à lui conter, qu'il n'aurait pas fini d'en avoir marre.


- Ezio ! Je suis si con ... tent ...

Mais ce n'était pas lui. A moins qu'il m'ait caché sa véritable nature lors de notre rencontre passée, mais ce n'était pas lui. Dans l'embrasure de la porte, se trouvait une jeune femme, qui sous la surprise, me fit rougir même jusqu'au lobe des oreilles. Je m'attendais à voir celui qui avait été un confident et me voilà soumis à une jeune femme. Jeune femme dont le sourire venait de s'étioler. Il s'était fané quand elle m'avait vu devant sa porte.

Vite. Rebondir. Trouver. Quelque. Chose. Une seule et bête question me vint à l'esprit pourtant.


- Vous n'êtes pas Ezio ?

Bravo, gamin.

- Enfin je veux dire, il n'est pas là ?

Qui était cette jeune femme ? Elle avait dans le regard une lueur que je connaissais pourtant.
Que j'avais déjà vue.
Elle me faisait penser à Ezio.
Bizarrement.


C'était rassurant.





Spoiler:
 
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar



Messages : 707
Âge du Personnage : 27 ans
Lieu de vie : Londres

MessageSujet: Re: [Neals street] Taedium vitae - Saoirse Ven 16 Oct - 22:22

Si c'est bien moi. Léger changement de sexe, pourquoi ?

Si seulement elle osait se laisser aller à dire tout ce qui lui passait par la tête sans s'arrêter sur les cases « raisonnement » « bienséance » « courtoisie » ou « retenue »... la vie serait bien plus pimentée. Bon, ok, bien souvent, elle disait tout haut ce que tout le monde aurait eu la délicatesse de penser tout bas. Mais tout de même, elle reconnaissait avoir quelques limites. Elle garda donc sa remarque pour elle et se contenta d'un haussement de sourcil intrigué. Jamais vu ce type.

Elle fut cependant soulagée de pouvoir constater qu'il parvenait à faire la différence entre un homme et une femme ou du moins, entre son frère et elle. Si elle n'avait rien contre le fait de ressembler à un frère qu'elle aimait tendrement, il n'en restait pas moins un homme et avec 7 ans de plus. Mieux valait qu'on ne la prenne pas trop pour lui. A la décharge du type, Ezio et elle avaient quelques traits physiques en commun. Rien de très flagrant niveau allure cependant. Une carrure de brindille en ce qui la concernait, avec son mètre soixante et des poussière et son poids plume, face à un côté grand sportif carré pour lui. Ils avaient presque les même yeux. Sombres, en amande, encadrés de longs cils.  Et probablement quelque chose dans le visage : des expressions, le sourire, un air un peu rêveur et doux... Le reste des ressemblances était... très intérieur. Elle aurait probablement ajouté que la beauté, c'était de famille, mais bon, la modestie aussi alors elle gardera cette réflexion pour elle, une fois encore.

Saoirse poursuivit son inspection derrière l’entrebâillement de la porte, une main sur l'encadrement, la tête pleine d'histoires sordides où des types s'en prennent à de pauvres filles sans défense (c'était sans compter sur sa baguette) en sonnant tout simplement à leur porte et en tripotant la corde sensible pour qu'on les laisse entrer. D'après quelques études, il paraîtrait que dans 68% des agressions, les victimes aient laissé entrer leurs bourreaux de leur plein gré. Voilà qui faisait froid dans le dos et qui avait de quoi entacher un peu l'air angélique de l'homme qui se tenait devant elle. La jeune femme était cependant bien placée pour savoir que les sondages, on leur fait dire ce qu'on veut. Elle était la première à les utiliser pour servir sa cause.
Elle décida alors de rompre l'équilibre de la balance qui s'imposait : ouvrir ou pas (telle était la question), après s'être remémorée qu'il avait dit être content de voir Ezio. Donc il le connaissait.
Elle aurait souhaité pouvoir enchaîner et dire que c'était forcément quelqu'un de bien puisqu'il connaissait son frère, mais elle s'abstint, au souvenir de certaines fréquentations étranges d'Ezio, qui avaient l'avantage comme toutes relations qu'il entreprenaient, d'être assez sporadiques, dieu merci.
La jeune journaliste jaugea une dernière fois l'inconnu du regard avant de se détendre un peu. Il paraissait réellement ennuyé de ne pas tomber sur Ezio. Ennui qu'elle partageait d'ailleurs. Peut-être avait-il des nouvelles plus fraîches ?

- Non, je suis désolée...

Tout autant que vous.

– Il n'est pas là. Et puis, une fois de plus, les mots débordèrent un peu. Je transmettrais volontiers un message de votre part mais je n'ai aucune idée de l'endroit où il a encore pu disparaître alors ça me paraît compromis si votre message est urgent.

Elle se mordit brusquement la lèvre. Pas très classe le coup bas. Une fois de plus elle avait envie de lui faire payer son absence et en serait tout bonnement incapable une fois face à lui.

C'est concrètement la journée où tu as décidé de te rendre ridicule ma pauvre.

Un cliquetis résonna à côté d'eux. Un sifflotement précéda un bruit de pas, lui même suivit par la grande silhouette du voisin qui partait travailler. Ils se croisèrent du regard lorsqu'il passa devant sa porte. Il détourna tout d'abord la tête en constatant qu'elle n'était pas seule puis s'arrêta et lui jeta un oeil interrogateur, percevant certainement son hésitation à ouvrir la porte entièrement.

- Tout va bien?

Elle lui envoya son plus joli sourire et s'apprêta à répondre un franc oui avant de se rétracter brusquement.

Merde. Si je réponds que tout roule il va croire que ce type est mon petit ami, ou qu'il a passé la nuit ici et qu'il est sur le point de partir, ou pire encore, que c'est le défilé chez moi le matin... ou le soir...

Elle fronça les sourcils et referma la bouche aussitôt.

... Et après? On s'en fout après tout du voisin. Même s'il est carrément canon.

Elle sentit ses joues se colorer rien que d'avoir pensé ça et réprima un nouveau sourire en voyant le tableau qui se dressait devant sa porte. De l'homme ébène aux yeux sombres, à l'autre aux yeux clairs. Et tout deux attendant patiemment qu'elle se décide à ... faire ou dire quelque chose. Elle sursauta et sortit de sa rêverie.

- Heu! Oui, tout va bien, merci. C'est heu...

J'en sais rien en fait.

- ... une connaissance de mon frère qui...

Qui croit qu'il habite ici? Depuis quand il habite ici d'ailleurs? Et depuis quand il habite quelque part tout court? Comment il sait où j'habite ce type? Et pourquoi vient-il chercher Ezio, ici?

Puis à l'adresse des yeux clairs:

- Vous êtes qui d'ailleurs?

Le voisin hocha la tête et adressa un petit signe à Saoirse avant de poursuivre sa route avec discrétion dans le couloir. Elle ne put s'empêcher de remarquer qu'il marchait lentement, comme s'il voulait laisser traîner ses oreilles tout en laissant une distance respectable entre eux et lui. Elle se sentit rassurée de constater que son voisin veillait un peu sur elle. On n'est jamais trop entourée dans la vie. A moins qu'il ne soit juste curieux. Ce qui restait tout à fait plausible.
Elle ouvrit un peu plus la porte et fit s'avança vers le visiteur, un air légèrement soupçonneux au visage, avant de se radoucir à nouveau en constatant l'air abattu et fatigué qui marquait les traits du jeune homme.

- C'est lui qui vous a dit qu'il habitait ici? Reprit-elle sans lui laisser le temps d'en caser une.

Emportée par une curiosité à l'égard de tout ce qui concernait son frère et peut-être aussi guidée par l'envie d'en savoir plus tout court, elle ouvrit grand la porte derrière elle et invita l'homme à entrer d'un petit signe de tête.

Tu es juste débile. Curieuse. Débile et imprudente. Résultats et ennuis garantis.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://poudredecheminette.harrypotterrpg.fr/t327-saoirse-shepherd-pv
avatar



Messages : 158
Âge du Personnage : 21 ans
Lieu de vie : Librairie Stanford - Londres

MessageSujet: Re: [Neals street] Taedium vitae - Saoirse Mar 20 Oct - 20:44

Elle lui ressemblait. Indéniablement. Il y avait chez elle, le même regard, la même douceur. La même Humanité, la même Mélancolie. Elle me fait penser à Lui et Lui à Elle. J'avais en face de moi un Ezio au féminin. Je pourrais même dire que j'étais soulagé qu'elle ne soit que sa sœur. Et pour cela, je ne saurais dire pourquoi.

Par contre, je sentais une réticence chez elle. En même temps, je pouvais la comprendre. Un garçon qu'elle n'avait jamais vu, ni d'Eve ni d'Adam se pointait chez elle en prétendant connaître son frère. J'étais au courant que bon nombre d'agressions avaient lieu ainsi, un jeune homme sonnait à la porte d'une jeune femme, prétendait être une connaissance et faisait ses sombres desseins. Ma sœur, serait la première à jeter, couteaux, sprays au poivre contre un éventuel assaillant. C'était d'ailleurs comme cela qu'elle avait rencontré le père de son enfant. Alors qu'elle était dans le métro bondé qui était celui de Londres, un jeune homme lui avait mis la main aux fesses.

Il s'était confondu en excuses, tentant une échappatoire qui ne lui couterait pas une joue ni l'usage de ses yeux. Peine perdue, il s'était confondu en excuses, expliquant que le conducteur avait freiné trop brusquement et que la seule chose à portée de mains, étaient les fesses de ma grande sœur. Psychologie purement féminine, Gwenäe avait compris -je ne saurais jamais comment-, que son "agresseur" lui avait dit implicitement que la nature avait été trop généreuse avec son postérieur. Résultat des courses, mon futur beau-frère avait reçu une baffe bien sentie et la totalité d'un bombe au poivre. Et encore, après cette douloureuse altercation, il était devenu fou amoureux de ma folle furieuse de sœur.


Je le comprendrais jamais.

J’espérais juste une chose, que la sœur d'Ezio n'ait pas un tel arsenal chez elle, car avec mon état, elle me mettrait hors d'état de nuire avant que je ne dise quelque chose pour ma défense. Même si elle me paraissait frêle, je crois qu'elle ne se gênerait pas pour me cogner, si jamais j'avais des gestes déplacés. Or, plus je l'observais présent sur le pas de sa porte, plus je la trouvais jolie. Elle me rattachait à mon sauveur. Je souris tristement à cette pensée, il n'était pas là pour que je le remercie. Enfin. Je n'avais pas eu le loisir de le faire, il y a deux ans de cela, parce que je n'étais pas vraiment en état. J'aurais pu venir plus tôt mais j'avais honte. Ou je n'avais peut-être pas envie de me confronter à cette Réalité qui était présente sous mes yeux depuis deux ans.

Il me rappelait ce jour néfaste où mon Destin avait basculé vers quelque chose, que je ne savais plus contrôler. Je pensais régenter ma vie jusqu'ici, mais une morsure avait tout remis en question. J'essayais d'y croire mais je me voilais la face.


Je me voile toujours la face.

- Ah ... je ... Pas grave.

Pas grave ? Mais t'es con mon pauvre !

Je tournais la tête avant même que le bruit ne parvienne. Un homme, le voisin, venait de sortir de chez lui et regardait dans notre direction. Je fixais la jeune femme de mon regard gris-bleu attendant une quelconque propension à une certaine confiance à mon encontre. Mais Ezio avait du se taire à mon sujet, ou peut-être m'avait-il simplement oublié. Son adresse était peut-être fausse, et le fait d'avoir été mon sauveur fut une pénitence pour lui. Alors, pour se déculpabiliser, il avait noté sur un malheureux bout de papier froissé, une adresse qui s'avérait erronée. Je me mordis la lèvre et passais une main fraîche sur mon visage fatigué. Comme pour en laver les idées noires et les péchés. Mon cœur s'accélérait sans que je n'en sache la véritable raison, mis à part que le voisin m'observait beaucoup plus intensément qu'il ne le voudrait.

Je ne rendis pas son regard, sentant la colère monter petit à petit dans tout mon être. Être considéré comme une Bête de foire, très peu pour moi. J'aimais pas ça. Vraiment pas. Mais avant que je ne daigne faire un geste qui allait me fermer le précieux sésame du potentiel appartement d'Ezio, le voisin prit congé. Bien que je sentais son regard toujours présent tandis qu'il partait. Il s'inquiétait pour elle ? A ma décharge, je n'allais rien lui faire. J'entendis la jeune femme me poser une question ma foi très pertinente. Qui étais-je ? Je n'allais sûrement pas avouer que j'étais un simple Libraire doublé d'un Lycan, les nuits de pleine lune.


- Alexander. Tout simplement.

Si après ça, elle se pose pas de questions.

Pour toute réponse à son interrogatoire inquisitionnel, je lui tendis le papier froissé où Ezio avait noté son adresse lorsqu'il m'avait laissé aux mains de ma famille. Je n'avais eu que cela comme moyen de le retrouver et de le remercier. Ma mère, soupçonneuse n'avait pas eu confiance en cet homme qui m'avait ramené en piteux état de cette nature hostile. Selon elle, c'était lui, qui m'aurait amoché. Mais elle ne savait même pas le quart de cette histoire. Ezio, était le Diable selon elle, celui qui avait fait mal à son fils. Pour mon beau-père, Ezio m'avait sauvé. De quoi, il ne saurait le dire, mais il m'avait sauvé. Instinctivement, je posais une main sur ma cicatrice qui était si douloureuse. Je souris à cette jeune femme, laconiquement. Je ressentais la fatigue, le lourd tribu que l'astre sélénique pouvait m'offrir. J'étais épuisé, mon corps ne répondait plus.

Lorsqu'elle ouvrit la porte plus largement, jamais je ne regardais une personne avec autant d'insistance. Je commandais, mes jambes appliquaient l'ordre. Je remarquais un fauteuil, elle n'eut pas le temps de m'intimer de m'asseoir que je pris place. Je soupirais largement en prenant la tête dans mes mains, impuissant.


Toujours impuissant.

- Ezio m'a sauvé la vie. Ça fait deux ans maintenant. Et je ... n'ai pas encore pris la peine de le remercier. Car ce jour là, je n'étais pas en état.

Belle entrée en matière Gamin.

- Pardon.

Arrête de te voiler la face Gamin.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar



Messages : 707
Âge du Personnage : 27 ans
Lieu de vie : Londres

MessageSujet: Re: [Neals street] Taedium vitae - Saoirse Sam 31 Oct - 23:05

Et voilà.
On va dire une fois de plus que je ramasse tous les animaux blessés du secteur.
Que je suis persuadée de vouloir sauver le monde, que j'ai raté ma vocation de médicomage et que je me prends pour une infirmière.

J'y peux quelque chose moi si tout le monde viens trouver refuge devant ma porte ?


Avant qu'elle n'ait pu esquisser le moindre geste l'invitant à s'asseoir, le jeune homme avait déjà pris place dans un fauteuil et avait entamé ses confessions.

Il aurait du prendre le divan.

Entre les doigts de la jeune journaliste, le petit papier qu'il lui avait fourré dans la main laissait entrevoir l'écriture familière d'Ezio. Elle pu y lire son adresse. A elle évidemment. Qu'elle autre adresse aurait-il pu fournir ?

Elle replia soigneusement le papier tracé par la main tant chérie et le mit précieusement dans la poche de son jeans. Un peu de lui l'accompagnerait malgré tout dans sa journée.
Saoirse fouilla sa mémoire à la recherche d'un certain Alexander dont son frère aurait pu lui parler. Sans grand succès. Qui était-il ? Un ami ? Une connaissance ? Un amant ? Un autre barde ?

Il n'avait jamais mentionné avoir sauvé la vie de quiconque. Elle se surprit à imaginer Ezio en super-héros masqué. Poète le jour, sorcier puissant et salvateur la nuit...
Elle entendit le rire hilare de ce dernier aussi distinctement que s'il avait été dans la pièce. Il se moquerait d'elle avec délectation s'il avait eu vent de ses pensées.

Sauver la vie...

C'était très certainement une façon de parler. Il avait du lui murmurer des phrases dont lui seul a le secret, au creux de l'oreille, l'empêchant de se morfondre. Ou l'aider tout simplement.
La petite journaliste soupira et claqua vivement la porte de son appartement, avant de rejoindre le jeune homme dans la pièce. Un dernier coup d’œil aux alentours la conforta dans son idée que tout était bien rangé. Elle détestait particulièrement recevoir quelqu'un chez elle lorsque son logement n'était pas impeccablement en ordre.
Machinalement, elle se dirigea vers le coin cuisine et mit de l'eau à bouillir. Sa mère disait toujours qu'en cas de crise, il fallait faire du thé. Aussi appliqua-t-elle les consignes. Car il s'agissait bien d'une crise, il suffisait de voir la tête du type en décomposition sur son fauteuil. Alors qu'elle déposait la bouilloire sur le feu et qu'Alexander s'excusait (de quoi, on se le demande bien) les yeux de la jeune femme furent attirés par une petit boule bondissante sur la table.

Bouse il est toujours là lui !??

Elle écarquilla les yeux et lança un regard d'avertissement à l'oiseau (comme s'il pouvait comprendre) avant de jeter un œil vers Alexander qui se tenait la tête entre les mains.

Dis quelque chose, fais diversion...

- Vous aimez le thé?

Ah oui, ça c'est de la diversion. Surtout quand t'as déjà commencé à le faire.

- Ma mère dit toujours qu'une tasse de thé fait plus de bien qu'un long discours.

En particulier quand on ne sait pas quoi dire...

Elle attrapa l'oiseau prestement, prenant bien garde de ne pas renverser ce qui se trouvait sur la table, ni de blesser la petite créature. De son autre main elle sortit rapidement la plaquette de beurre du frigidaire et fourra le tout (bestiole et matière grasse) dans le placard le plus grand de la pièce. Voilà qui devrait l'occuper quelques longues minutes. En espérant qu'il ait assez d'air...

Ou alors, tu pouvais aussi dire que tu avais un hibou de compagnie...

Les joues roses, légèrement embarrassée, elle rejoint enfin Alexander et se glissa sur le futon qui lui faisait face. Elle replia ses pieds sous elle et tâcha de se concentrer davantage sur la conversation en évitant soigneusement de regarder en direction du fameux placard. Brûlant d'envie de questionner Alexander sur ses rapports avec Ezio et sur ce fameux sauvetage, elle convint rapidement que le moment n'était pas propice pour satisfaire sa curiosité personnelle. Elle attendrait. Au moins quelques minutes.

- Je suis Saoirse, sa sœur.

Ezio avait tout intérêt à ce que ce garçon réponde « Ah oui, il m'a parlé de vous ! » Ou un truc du genre. Elle détestait particulièrement être passée sous silence. Elle qui barbait régulièrement son entourage en mentionnant l'un de ses frères toutes les trente minutes, trouvait particulièrement affligeant, désolant, et même consternant  que ces derniers ne daignent pas la mentionner dans les conversations. Non, elle n'était pas nombriliste. Mais quand on aime, on mentionne. C'est comme ça. C'est quand même pas moldu non ??! Elle arracha ses pensées qui dérivaient une fois de plus en direction inconnue vers la haute silhouette brune d'Ezio et se concentra sur le garçon à la gueule d'ange qui se trouvait dans son appartement. Les traits fins, les cheveux longs, de jolis yeux clairs dont l'un était surmonté d'une fine cicatrice blanche et surtout, un air grave.

Par Merlin que ce garçon semblait malheureux. Elle n'aurait su dire pourquoi mais elle eut soudainement l'intime conviction qu'il souffrait le martyre. Elle avait beau le détailler, nulle trace de blessure autre que celle qu'abordait son arcade sourcilière. Il avait bien porté la main à son bras mais rien ne laisser présager d'un quelconque traumatisme physique. Elle poursuivit, dans une tentative de le mettre à l'aise.

- Pour tout vous dire Ezio n'habite pas ici. C'est un peu... son camp de base. Comment vous expliquer... Si vous le connaissez vous devez savoir qu'il ne tient pas en place. Ajouta-t-elle en lui décochant son plus beau sourire. Je suis étonné qu'il vous ai laissé cette adresse. Il n'y est pas souvent. Laissa-t-elle tomber avec nostalgie et soupir en prime.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://poudredecheminette.harrypotterrpg.fr/t327-saoirse-shepherd-pv
avatar



Messages : 158
Âge du Personnage : 21 ans
Lieu de vie : Librairie Stanford - Londres

MessageSujet: Re: [Neals street] Taedium vitae - Saoirse Jeu 25 Fév - 19:50

Elle était gentille. Vraiment. Elle était un peu comme Lui. J'avais eu besoin que l'on me sauve, que l'on prenne soin de moi. Ezio avait été là et je le remercierais toujours. Or, maintenant, j'étais seul. Réellement. Je ne pouvais parler à personne de ce que j'étais devenu.
Mon entourage me prendrait pour un fou, et ne me croirait nullement. Selon eux, je me serais fait plaisir à inventer de tels boniments, alors que c'est entièrement faux. Si seulement je pouvais retourner en arrière.

Tout recommencer.


Te voile pas la face. C'est foutu Gamin.

J'étais là. Chez Elle. Si Gwenäe était présente, elle me hurlerait d'apprécier le moment présent. Que j'étais en charmante compagnie et que je devais tout faire pour la conserver. Ma soeur,certaine que ses conseils valent de l'or, les dispensait à tort et à travers. C'était à tort pour le plus souvent des cas. Elle pensait qu'elle était indispensable envers ses amies et envers sa famille. Et qu'en tant que petit frère, je devais suivre ses conseils à la lettre. Jamais de la vie. Or, elle avait raison sur un point, je devais profiter de cette compagnie.
Elle m'offrait du thé. Que demander de mieux ? Moi qui ne jurait que par cela ! Mais j'étais tellement obnubilé par mes propres ténèbres, que je ne lui répondis que par un triste sourire. Et j'hochais la tête en signe d'assentiment.


- Merci.Saoirse.

Saoirse, c'était joli.Vraiment. Et original.

Mec, juste un conseil, si tu lui parles que par monosyllabes, je crois qu'elle va vite te foutre dehors.

Merci.

De rien Gamin. Et avec plaisir.

Alors que mes sens me permettaient de sentir le parfum de Saoirse et les effluves du thé, j'essayais de me calmer et d'apprécier cet instant et cette rencontre que le Destin, sale bête celui-là, m'offrait. Elle m'avouait qu'il venait ici. Quelquefois. Mais qu'il était libre et sans attaches. Je souris à cette idée, j'aimerais être comme lui. Au moins une fois, mais connaissant ma grande sœur, il valait mieux ne pas y songer. Gwenäe restait toujours protectrice envers moi, mais si elle savait ...

S'ils savaient.

Tous.

Elle. Saoirse.


Lors de ma "rencontre" avec lui, j'ai bien remarqué, du moins essayé plutôt, qu'il était ainsi. Il ne tenait pas en place ... Êtes-vous comme lui ?

Y'a du progrès dis donc. Je suis soufflé !

- Merci encore pour le thé. Votre mère a raison. Dis-je en souriant sincèrement cette fois ci.

La tasse de thé était brûlante, mais j'en sentais toutes les nuances. Et honnêtement pour une fois, cela me faisait du bien. Vraiment.


- Que faites-vous comme travail ? Vous êtes un rêveur optimiste comme votre frère ?

Si elle ne te prend pas pour un fou après ça ...

Merde !




Spoiler:
 


Dernière édition par Alexander Hamilton le Mar 15 Mar - 11:06, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar



Messages : 707
Âge du Personnage : 27 ans
Lieu de vie : Londres

MessageSujet: Re: [Neals street] Taedium vitae - Saoirse Sam 12 Mar - 18:22

Comme lui ?

Tentative de recrachage de thé par le nez, évitée de justesse. Ça aurait fait désordre question tasse de thé pour se détendre.

Tourne ta langue plein de fois dans ta bouche avant de …

- Absolument pas.

Aie. C'est parti.

- On est même très différents si vous voulez tout savoir.

Oui, mais justement, il a peut-être pas envie de tout savoir.

Elle sentait de nouveau bouillonner en elle le besoin de lui faire payer son absence. Mince, était-elle à ce point une horrible sœur possessive que de ne pas parvenir à se réjouir qu'il fasse ce qu'il aime ? Parcourir le monde en tout sens et sans attaches.

Sans moi.

Était-ce réellement lui, l'égoïste ou bien elle, de lui chercher des failles où il n'en avait pas ? Combien de fois lui avait-elle répété qu'il était malsain de ne pas avoir de chez soi ? De ne pas avoir d'adresse à laisser (La preuve il laissait la sienne) ? De refuser l'attachement et la possession, d'être partout et nulle part à la fois ?
Toujours était-il qu'au final, il s'en sortait très bien. Sans elle. Sans personne.
Elle prit l'étonnante résolution, sur le champs, une tasse de thé entre les mains, assise en tailleur sur un futon trop fin, de ne plus faire appel à ses frères avant au moins... longtemps. Foi de Saoirse.

- Mes rêves à moi sont bien plus...
Normaux ? Petits ? Terre à terre ? Minables ? Réalisables ?
- basiques. Grimaça-t-elle en buvant une gorgée.

Un menu couinement se fit entendre en direction de la cuisine. Saoirse toussa légèrement et reprit la conversation d'un ton plus enjoué pour couvrir les potentiels ravages hiboutesques.

- Je suis journaliste. Et probablement optimiste oui.

Alors que le raffut du placard montait en puissance ( le bougre avait probablement englouti la plaquette entière) Saoirse reposa brusquement sa tasse sur la table basse en murmurant un vague « excusez-moi » du bout des lèvres et se leva prestement. Elle sautilla jusqu'à la cuisine, se sentant rougir jusqu'à la racine des cheveux et plongea la tête dans le placard. Prenant son regard le plus glacial version je-te-fais-les-gros-yeux-et-si-tu-mouftes-je-te-pulverise elle s'empara de la petite boule de plume qui non seulement avait dévoré toute la motte, mais qui n'avait jamais aussi bien porté le nom de boule qu'à l'instant. Elle la dissimula au creux de ses deux mains et traversa la pièce principale en essayant d'aborder un air naturel (et défiant tous soupçons) et se rendit à la salle de bains.

- Un léger... effondrement de placard. Je reviens!

Elle referma la porte de la salle d'eau derrière elle, déposa le petit plumé sur une pile de serviettes bien pliées sur l'étagère et pointa un doigt accusateur sur lui :

- Ecoute-moi bien petit futé. Si on t'a choisi pour porter le courrier c'est parce qu'on te fait confiance. Tu piges ça ? Cette confiance englobe aussi une clause spéciale de secret professionnel. Tu es ici incognito alors je compte sur toi pour...

La fermer ? Trop violent. On a dit éducation POSITIVE.

- ne pas trahir cette confiance et te montrer à la hauteur de la mission que l'on t'a confié. Ok?

Oui, cette journée était pleine de surprises. L'entamer à moitié à poil sur un escalier de secours avait été particulièrement original, la poursuivre dans une salle de bains avec un mini-hibou pour principal interlocuteur et un illustre inconnu dans son salon, était tout à fait dans la lignée. La fin de ce jour risquait vraiment de valoir le coup d'être vécu.
Il lui sembla que montait de la gorge du hibou un petit hululement d'approbation, mais elle ne voulait pas trop s'engager sur cette voie douteuse. Aussi se contenta-t-elle de tourner les talons et quitter la pièce (non sans avoir jeté au passage un coup d’œil à son reflet dans la glace et remis une ou deux mèches rebelles derrière son oreille). Alexander-tout-simplement était toujours dans le fauteuil avec cette expression douloureuse qui atteignit une fois encore le côté Saint Bernard de Saoirse.

Non. Tu oublies tout de suite. Tous les gens qui souffrent n'ont pas forcément besoin que tu les sauves.

Elle reprit place face à lui, tachant d'aborder un air dégagé et neutre et envoya les mains vers sa tasse de thé tout en essayant de ne rien renverser.

- Donc, vous me parliez de votre rencontre. Racontez-moi donc ça !Encouragea-t-elle en souriant.

Shepherd XY je te tiens. J'ai enfin sous la main quelqu'un qui t'a rencontré en voyage!

Elle se rassit confortablement, prête à écouter le récit d'Alexander et à découvrir une facette d'Ezio qui l'intéressait au plus haut point.

Spoiler:
 
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://poudredecheminette.harrypotterrpg.fr/t327-saoirse-shepherd-pv
avatar



Messages : 158
Âge du Personnage : 21 ans
Lieu de vie : Librairie Stanford - Londres

MessageSujet: Re: [Neals street] Taedium vitae - Saoirse Mer 16 Mar - 15:38

J'avais envie de fuir. De ne plus être là. Malgré le chaleureux accueil dont j'avais pu faire preuve, je ne me sentais pas à ma place. Comme une envie folle de claquer la porte de cet appartement et de prendre la tangente, loin, très loin d'elle. Mais, mes jambes étaient soudées au plancher et dans ce fauteuil que j'avais tôt fait d'adopter.
La tasse de thé était arrivée à point nommée et me dissuadais de prendre la poudre d'escampette. Pourquoi avais-je tant envie de m'en aller ? De sentir que je n'avais pas ma place ici à ses côtés. Malgré qu'elle était la jeune sœur de mon sauveur, je me sentais éternellement redevable. Alors qu'elle n'avait rien fait pour me tirer d'affaire en Albanie. Présentement, elle m'offrait juste le logis et une tasse de thé.

Alors pourquoi ? Pourquoi ?

Ma cicatrice, instrument de mes douleurs passées et à venir, me démangeait. J'avais mal. J'avais froid. J'avais chaud. J'avais l'esprit au fond du gouffre et ce dans un abysse insondable. Mais elle était là. Saoirse était là. A demi-conscient, je l'écoutais. Sa voix berçait ma douleur comme une douce mélopée et je souriais.
Elle était donc journaliste ? Je ne la voyais pas là dedans, elle était bien trop pure. Trop virginale pour ce métier aux dents longues. Or, je n'étais pas à l'abri de me tromper et ce ne serait évidemment pas la première ni la dernière fois. Je fus tiré de ma torpeur noirâtre quand elle s'éclipsa, prétextant une "chute de placard". Je lui souris, tout en la suivant du regard, avant de reporter mon regard gris-bleu sur le liquide ambré présent dans ma tasse.


Il est temps de t'en aller. Elle n'en saura rien.

Oui, mais je ...

Y'a pas de "mais" qui tienne. Barre-toi tant qu'elle n'est pas revenue. Mais bouge toi.

Non.

Oh merde hein ! Fais comme tu le veux ! Viens pas pleurer, si elle te pose des questions en faisant son boulot de journaliste ! Je t'aurais prévenu Gamin.

Oui je sais. J'étais prévenu. Je la vis revenir, et je pus remarquer qu'elle était vraiment jolie. Petite et jolie. Non pas jolie, belle. C'était cela, belle. Je déglutis, tâchant de reprendre contenance, quand vint la question que je redoutais tant malgré moi.
J'empoignais fortement la tasse de thé, plus que je ne l'aurais cru du moins et cette dernière se brisa dans mes mains, laissant s'échapper le liquide ambré sur le sol de l'appartement de Saoirse.
La loose.


Quand je t'avais dit, qu'il fallait te barrer direct.

La ferme !

Non sans jeter un regard contrit à mon hôtesse, je filais à la cuisine, m'emparais d'une bonne dose d'essuie-tout et tâchais d'effacer mes grosses bêtises. Je grimaçais pendant que je rangeais mon forfait, ma cicatrice me faisait étrangement mal sans que je n'en sache la cause première.


- Désolé. Vraiment désolé ...

Il était peut-être temps que je lui parle de ma mésaventure. De ma rencontre avec son frère. De ce que j'étais devenu. De ce que je deviens chaque nuit de pleine lune. De ce Monstre qui est en moi. Comment allait-elle me percevoir après ça ? Comme une Bête ? Je n'en avais nulle envie.
J'étais Alexander Hamilton, simple libraire mais Lycan à ses heures perdues.


- Bien. Ezio, votre frère. Je lui serais toujours redevable. Il m'a sauvé la vie lors d'un séjour en Albanie, séjour que j'effectuais en famille.

La cicatrice me torture. Elle me brûle. Ma main se pose sur elle, elle s'apaise. Un peu.

- Ezio a tout fait pour me ramener en vie, et ce au péril de la sienne. Je le remercierais toujours. Il m'a trouvé, alors que j'avais été mordu par ...

Un Lycan ? Je n'arrivais pas à le lui dire. Cela restait bloqué dans ma gorge, et je n'avais pas envie qu'elle me considère autrement.

- ... une Bête sauvage. Une grosse bête sauvage.

Mon regard gris-bleu se perdit dans celui couleur noisette de Saoirse. Intérieurement, j'espérais qu'elle devine par elle-même.
Sincèrement.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar



Messages : 707
Âge du Personnage : 27 ans
Lieu de vie : Londres

MessageSujet: Re: [Neals street] Taedium vitae - Saoirse Dim 22 Mai - 16:19

Pourquoi j'ai l'impression que sa grosse bête elle est 10 fois plus grosse que ce que j'imagine ?

Réprimant l'envie de se pencher en avant pour lui scruter le visage et le bombarder de questions, Saoirse se contenta de replonger le nez dans sa tasse en attendant une suite qui ne venait pas. Déjà, elle imaginait Ezio vêtu d'un costume de super héros en train d'arracher son invité des griffes d'un … dragon!!! Oui c'était bien ça qui lui venait à l'esprit ! Un immense dragon velu, poilu et probablement venimeux.
Si on avait été dans un film, le type aurait lu dans son esprit et aurait lancé un murmure « oui... un dragon vous avez deviné. » Sauf qu'on était dans la simple réalité de tous les jours et que le seul écho qu'elle eut à ses interrogations fut la déglutition pénible du garçon qui paraissait revivre la scène.

Un peu agacée de ne pas être dans le secret des dieux (Et d'Ezio, une fois de plus Mouais... ) , Saoirse fouilla dans sa propre mémoire.
L'Albanie, c'était quand ça ? Il fallait dire que le bougre était partout tout le temps, même plutôt nulle part parfois et un peu n'importe où n'importe quand. Voilà qui ne facilitait pas la mise en ordre de sa vie. Elle devrait tenir un carnet de ses élucubrations. Note pour plus tard, ça se vendrait sûrement bien en plus.
Il avait dit deux ans... Saoirse fronça le nez et explora son petit cerveau ordonné. Rien de notable quant à un éventuel changement de comportement chez Ezio ces deux dernières années. Il était toujours aussi... bizarre. Et toujours aussi lui.

- Quand vous parliez de vous sauver la vie j'avais imaginé un truc plus … psychologique. Jeta-t-elle avant d'avoir pu se retenir.

Oui, à force de réfléchir, il y avait des fuites d'informations. Ça pouvait arriver.

- Désolée, je suis très curieuse en ce qui concerne Ezio, ça n'a rien à voir avec vous. Il est si secret...

Et si absent.
Ne crois pas que je t'en veuille plus toi.


Réajustant sa position, elle replia ses talons sous ses fesses et poussa un soupir à fendre l'âme d'un Gobelin ( si ces derniers en avait eu une) .

Il a dit mordu.

Un serpent ?

C'est pas gros un serpent.


- Du coup vous étiez passé dans l'espoir de le remercier ? Pour tout vous dire je n'ai aucune idée de l'endroit ou on peut le trouver actuellement. Mais je pourrais toujours lui dire que vous êtes passé. Vous avez une adresse à laquelle il pourrait vous joindre ?

Tu fais quoi là ? Il va croire que tu le congédies !! J'ai envie de savoir moi !

Un truc qui mord et qui tue.

Un lynx des montagnes ?

Y a quoi en Albanie ?


- ça me fait plaisir de rencontrer un de ses amis. C'est rare. Enchaîna-t-elle pour lui faire comprendre qu'il pouvait rester discuter.Enfin, pas qu'il ait des amis hein? Mais que je les rencontre.

Plus elle avançait dans la discussion, plus elle avait envie de connaître toute l'histoire et le lien entre les deux hommes. Son sixième sens ultra aiguisé de super journaliste qu'elle imaginait être semblait sur le point de mettre le doigt sur un truc vraiment intéressant.

C'est peut-être un ancien amant?
Tu dérailles un peu là...
Il a été mordu. Donc pas une bête qui voulait le manger, sinon Ezio n'aurait rien pu faire.
Un dragon les aurait tué tous les deux...


De ses mains, elle jouait à faire tourner sa tasse de thé tout en réfléchissant. Un coup à se la prendre sur les genoux ça.

Une grosse bête sauvage qui mord sans vouloir manger les gens...

Cette fois-ci, ce fut l'image d'un vampire qui s'invita. Yeux rouges injectés de sang, dents aiguisés et tout le Folklore et les clichés qui allaient avec.

Il a dit bête. Pas créature. Bête. Un animal sauvage qui mord pour …  

Putain c'est quand même pas un …. ?! Se retint-elle en plaquant une main sur sa bouche, lâchant sa tasse de thé par la même occasion.

Et avec deux mois de retard:
 
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://poudredecheminette.harrypotterrpg.fr/t327-saoirse-shepherd-pv
avatar



Messages : 158
Âge du Personnage : 21 ans
Lieu de vie : Librairie Stanford - Londres

MessageSujet: Re: [Neals street] Taedium vitae - Saoirse Mar 12 Juil - 15:27

Elle était vraiment de bonne compagnie. Mais l'envie de fuir et de m'éloigner loin d'elle était ancré en moi comme une sordide habitude. Depuis que j'étais devenu "Autre", je préférais la fuite aux interminables discussions et remises en question.

J'étais devenu une Bête, une de celle qui agit par instincts primaires et qui ne doit pas les réfuter. Mais c'est plus fort que moi, je n'accepte pas ce que je suis censé être. Je suis perdu et Ezio a sauvé une partie de mon âme ce jour là. Or j'ai cette sensation permanente d'être torturé, et de ne plus savoir qui je suis.
Je reste Alexander Hamilton, libraire dans l'immense Librairie Stanford mais j'ai ce visage double qui ne me sied guère.


Il est pourtant là.

Oui. Je sais qu'il est "là". Présent et décidé à rester à vie. Il n'y a pas de remède pour ce que j'ai, sauf une balle en argent fichée entre les deux yeux. Si Ezio m'a sauvé la vie, c'est bien parce qu'il y avait une raison et si je suis face à sa chère petite sœur, c'est qu'il y en a une aussi. Du moins, je l'espère.
Mais je suis mal à l'aise devant cette jeune femme si jolie qui pourtant a laissé entrer un Monstre dans sa demeure. Expliquer ma condition, est une épreuve. Vivre avec ceci, en est une bien pire. Et face à Saoirse, c'est vraiment trop dur. Mais j'avais lâché des "indices" notoires et je pense qu'elle est sur la bonne voie.
Je la vois réfléchir, peser le pour et le contre, scruter chacun de mes faits et gestes.


Elle est journaliste Gamin. Bien sûr qu'elle t'observe. Et si elle sait ce que tu es ... ce que nous sommes. Que feras tu ?

Rien. Je m'en irais. Mais avant je griffonnais à la hâte sur un bout de papier présent dans ma veste, mon adresse et le déposais sur la table à l'attention de la sœur d'Ezio, en souriant tristement. Puis vint le moment où elle me réveilla de ma torpeur. Tout se passa si vite pour mon regard gris-bleu aguerri, qu'il m'était impossible que je ne rattrape pas cette tasse qui allait affronter le sol et se briser en morceaux.
Ma main fut rapide, le thé brûlant se déversant sur cette dernière, mais j'en avais vu d'autre. Lentement, j'essuyais le liquide ambré et chaud présent sur ma main, avec une serviette colorée. Je n'osais pas regarder Saoirse, conscient que de tels réflexes étaient la source de quelques soupçons.


- Je ...

Bravo.

Oh ça va.

Pars maintenant, c'est préférable. Avant qu'elle ne t'étudie ... Si c'est ce que tu veux bien sûr.

Il me semblait fort peu respectueux de partir ainsi de chez elle, alors que malgré moi, je sollicitais son aide et sa présence.

- Un Lycan.

Les deux mots les plus acérés qui pourtant allaient ensemble. J'aurais aimé les dissocier encore un peu ou ne jamais les dire. Mais c'était chose faite.

- Votre frère m'a sauvé la vie alors qu'il risquait la sienne. Je suis désolé.

Pourquoi tu t'excuses ? L'autre type n'est pas mort à ce que l'on sache.

Peut-être.

- Désolé de vous avoir fait perdre votre temps Saoirse. Je ...

Partir ? Rester ? Je ne savais pas. Réfléchir me paraissait si douloureux que je restais planté à regarder Saoirse de mon regard gris-bleu.

PITOYABLE.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar



Messages : 707
Âge du Personnage : 27 ans
Lieu de vie : Londres

MessageSujet: Re: [Neals street] Taedium vitae - Saoirse Ven 12 Aoû - 15:10

Les yeux rivés sur la tasse qu'il avait sauvée ( sans parler du parquet qui n'aurait guère apprécié la douche brûlante) elle l'écoutait confirmer ses effroyables soupçons pendant qu'une silhouette immense et sombre semblait naître de son ombre. Elle avouait avoir beaucoup d'imagination.

Un lycan. Chez elle. Sur son tapis. Qui buvait un thé.

Lentement, son regard remonta jusqu'au visage de l'homme bien plus grand et costaud qu'elle et s'attarda sur les yeux. Ceci expliquait le trouble, la douleur latente et l'angoisse. Elle réprima un tremblement de son menton.
Pour une fois, elle détestait avoir raison. A noter d'une croix rouge.

Comment donc Ezio faisait-il pour se fourrer dans de telles situations ?
Etait-il devenu lycan lui aussi ? La fuyait-il pour ça ?

Elle porta une main à son visage et s'en couvrit la bouche. Tant pour retenir une exclamation malvenue que pour l'empêcher de trembler. Un curieux sentiment d'excitation et de peur s'empara d'elle. Elle avait entamé un long dossier sur les lycans. Mais n'en avait jamais eu dans son salon jusqu'à présent. Pour tout dire, c'était la première fois qu'elle en voyait un de si près. Réalisant qu'elle le dévisageait avec impolitesse elle baissa les yeux et lui prit la tasse des mains en bredouillant d'inaudibles excuses. Leurs mains se frôlèrent.

- Pardon, je vous des réflexes...heu brûlé ? Enfin... comment....Votre main, ça va ?

Elle s'arrêta enfin et le dévisagea à nouveau. Avec audace et franchise. Inutile de se cacher, on ne pouvait pas faire comme si de rien n'était. Inévitablement, elle chercha à se rappeler la lune aperçue la nuit précédente. Réflexe que tout un chacun aurait eu, se dit elle pour se rassurer sur son manque de courage.

S'il voulait te bouffer il l'aurait déjà fait.

A qui d'autre fallait-il s'attendre de la part de son frère ? Une cohorte de vampires ? Un gang d'anciens mangemorts ? Une flopée d'ex drogués en désintox ? Pourquoi avait-il ressenti le besoin de refourguer son adresse à cet homme dangereux ? Peut-être devrait-elle ajouter une plaque sur la porte : « Saoirse Shepherd, recueille blessés, créatures dangereuses et autres choses brisées de 4 à 7. Entrez sans frapper et servez-vous un thé. »
Un Lycan.

C'est aussi un homme.

Qui l'emporte en cas de conflit d'intérêt lunaire? L'homme ou la Bête ?

C'est un homme qui souffre.

Elle détourna à nouveau la tête alors qu'un silence gênant s'insinuait entre eux.

Et qui demande de l'aide.

- Excusez-moi, j'ai besoin d'un tout petit instant...

Le bon sens aurait voulu qu'elle le mette chaleureusement dehors. Qu'elle attrape sa baguette dans la poche intérieure de son Jeans cousue à cet effet et qu'elle referme la porte derrière elle en maudissant son frère pour ses fréquentations, une fois de plus. L'année précédente, un « ami » d'Ezio avait squatté son studio six semaines et l'avait utilisé pour faire pousser de drôles de choses...
Sauf que... Saoirse Shepherd et le bon sens c'était la roulette russe. Elle avait lu trop de tristesse dans les yeux de l'homme pour ne pas être touchée (Naïve et crédule, elle est au courant) et portait trop d'estime à son frère (ce dieu qu'elle plaçait sur un piédestal mais auquel elle ne manquerait pas de souffler deux mots) pour imaginer même une fraction de seconde qu'il put donner son adresse à quelqu'un de dangereux pour elle.
Son cœur eut une fois de plus (une fois de trop?) raison de sa tête et elle reposa la tasse sur la petite table basse avant de se tourner à nouveau vers lui.

- Est-ce que je dois avoir peur de vous ? Demanda-t-elle doucement.

  «  Evidement cocotte, je vais te bouffer. » Pauvre niaise, qu'est-ce que tu veux qu'il réponde à ça?

- Je suis désolée. Pour ma réaction. C'est pas tous les jours que... Elle fronça les sourcils. Savait-il qu'elle était sorcière ? Lui aurait-il fait de telles révélations si il l'ignorait ? Etait-il sorcier lui-même ? Qu'avait encore trafiqué Ezio ?

- Je suppose que vous êtes enregistré? Se risqua-t-elle pour obtenir plus de précisions.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://poudredecheminette.harrypotterrpg.fr/t327-saoirse-shepherd-pv

Contenu sponsorisé



MessageSujet: Re: [Neals street] Taedium vitae - Saoirse

Revenir en haut Aller en bas
[Neals street] Taedium vitae - Saoirse
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut
Page 1 sur 2Aller à la page : 1, 2  Suivant
Sujets similaires
-
» Eleksyonaval March 20th: Street Gangs Vs Suite Gangs - Le même chose!
» Londres - Oxford Street
» Londres - Downing Street
» [TERMINE]Hic locus est ubi mors gaudet succurrere vitae. Nina R. Harris.
» " Alongée comme une fleur coupée sur un nid d'araignée | Saoirse.

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Poudre de Cheminette :: Royaume-Uni :: Angleterre :: Londres-