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Poudre de Cheminette



 

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Taedium

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MessageSujet: Taedium Jeu 28 Mai - 22:26

Les pieds sur son bureau, il s'ennuyait. Agitant nerveusement sa baguette au rythme d'une musique qui s'était invitée dans son esprit depuis que Cheyenne avait passé la moitié des vacances à la fredonner. Il soupira une nouvelle fois en jetant un œil désespéré par la petite fenêtre qui ornait son bureau. Sur le sol, épars, des liasses de parchemins qui étaient à l'origine des devoirs d'élèves et qui avait fini par être des rouleaux pliés et repliés, remplis de petites annotations couleur or. Il paraît que le rouge est trop stigmatisant. Il avait opté pour la couleur or. Peut-être leur donnerait elle envie de lire les commentaires avec un peu plus d'attention. A moins que certains n''aient entamé un concours qui visait à avoir le plus d'or sur sa copie à défaut de son compte en banque. Empilé sur les parchemins, la dizaine de livres qu'il lisait actuellement. Impossible de se cantonner à un seul. Il avait pris des notes sur la plupart des pages des ouvrages, oubliant parfois que certains ne lui appartenaient pas. Mais il était à des lieux de s'en soucier. Un esprit aussi vif que le sien n'avait cure de telles futilité. On était un génie, ou ne l'était pas.
Si les tiroirs de son bureau regorgeaient des diplômes, titres honorifiques et reconnaissances obtenues au cours de sa vie, les murs en revanche, étaient nus. On y trouvait un tableau à craie à l'ancienne, gribouillé d'une vingtaine d'inscriptions et de formules diverses sur lesquelles il travaillait. Il les parcourut à nouveau des yeux, dans l'attente de la révélation qui lui permettrait d'achever ce projet.
Une seconde strate de son esprit était occupé à penser à Cheyenne. Elle s'était montrée particulièrement calme et docile ces derniers jours. Aussi bien en cours qu'en dehors.  Louche, donc. Il avait passé du temps à l'observer, au moment des repas ou dans le parc. Elle paraissait préoccupée et il se refusait à aller engager la conversation au sujet de ses tourments. Son esprit brillant était programmé pour comprendre les problèmes et en résoudre la plupart Mais Cheyenne restait un des point qu'il se refusait à décrypter dans sa totalité. Elle le fascinait et la comprendre entièrement serait lui accorder une place tout aussi ennuyante que les autres. Et elle n'était pas comme les autres.
Une troisième partie de son cerveau repensait à son entretien avec Ravenhood. Lui aussi était préoccupé et visiblement fatigué. Par quoi, Tobias ne le savait pas encore mais ne tarderait pas à en apprendre plus. Les gens était d'une indiscrétion déconcertante et ce que leurs bouches ne disaient pas, leurs corps ou attitudes s'empressaient de le révéler. Ce dernier lui avait demandé un petit service qui s'était avéré être plus important qu'il n'y paraissait. Tobias avait accepté sans hésitations.
La main qui ne tenait pas sa baguette était occupé à froisser les morceaux de parchemins qu'il avait découpés parmi ses propres notes qui ne l'intéressaient pas. Il en faisait de petites boulettes qu'il jetait avec nonchalance aux quatre coins de son bureau.
Il soupira à nouveau.
L'ennui ne lui réussissait pas. Il sentait monter en lui une vague de mauvaise humeur qu'il lui serait difficile de canaliser. Les choses étaient bien trop calmes au château. Les élèves étudiaient, mal pour la plupart, les professeurs professaient, il s'abstiendrait des commentaires sur ses collègues, se moquant royalement de ce qui se passait dans leurs cours et le reste des choses évoluait avec la lenteur d'un veracrasse en pleine course de déambulateur.
Il finit par reposer sa baguette sur son bureau dans un claquement sec, repoussa sa chaise à l'aide de ses pieds toujours perchés et tenta de trouver l'équilibre sur les pieds arrière de cette dernière.
Il ferma les yeux et repensa à la proposition qui lui avait était faite pour le mois de juin. Il lui faudrait s'absenter quelques jours du château, mais après ce qu'il venait d'accepter de faire pour Ravenhood, ce dernier lui accorderait très certainement cette faveur. Le sujet d'étude était aussi dangereux que passionnant. Une combinaison qui réveilla un peu ses sens endormis par le bercement d'une routine qui commençait à le démanger.
Les pieds de sa chaise protestèrent dans un grincement sinistre et il se pencha un peu en avant pour rétablir l'équilibre précaire.
Ses yeux se posèrent une fois encore sur le tableau noir, puis sur la pile de parchemins et enfin sur les montagnes de livres qui recouvraient les bibliothèques et autres meubles de son bureau.
Des pas dans le couloirs attirèrent son attention. Il s'enfonça un peu plus dans sa chaise, sentant qu'être dérangé dans son ennuis serait encore plus désagréable que l'ennui lui-même.
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MessageSujet: Re: Taedium Jeu 4 Juin - 5:23

C'était en prenant sa douche ce soir-là  que Pothos s'en était souvenu.  Comme un flashback, il s'était rappelé ce matin automnal particulièrement bon, il y avait quelques jours, où il était tombé sur le professeur de potion en grand enseignement auprès de Rebekka et Marcos.  Pour autant que des couteaux sous la ceinture et des révision en sortilèges de mutisme puissent être considéré ainsi.  Si le Serpentard n'avait pas trouvé la pratique très fair-play, il ne s'en était tout de même pas formalisé.  Dans le milieu des affaires, il avait eu l'occasion d'entendre de bien pires histoires.

Lorsque le petit groupe s'était désagrégé à la manière d'un parchemin qui aurait eu la malencontreuse idée de flotter trop longuement sur l'opaline surface du Lac, Pothos avait rejoint le château en reprenant son
jogging et de là, il s'était dirigé d'un pas de marche assuré vers les cachots où se situait sa salle commune.  Il s'était lavé et avait vu qu'il serait bientôt en retard pour son cours de métamorphose.  Il prit néanmoins quelques instants pour replacer deux ou trois mèches éparses et de s'ennuager d'un tantinet d'eau de Cologne avant de placer son matériel scolaire à l'intérieur de son sac en bandoulières.

Ce soir-là, il se rappela donc que le professeur James lui avait demandé de venir le voir pour discuter du restant de son parcours académique.  Étant donné le ton qu'il avait employé, le jeune sorcier n'était pas trop inquiet de la tournure que prendrait la conversation.  Il s'entendait plutôt bien avec le père de Cheyenne et avait de bons résultats en potions.  Aussi s'était-il montré confiant au point, avouons-le, d'oublier l'invitation du professeur.  Ce n'est qu'au retour de sa pratique de Quidditch qu'il s'en souvint.

Il se peigna d'une manière un peu plus classique qu'à son habitude, troqua son polo pour une chemise et enfila l'une de ces robes de sorcier sur lesquelles sa mère avait ajouté des boutons de manchette en or, cousus de fil inaliénable.  C'était l'un des désavantage d'avoir des parents dans le
business.  Le problème n'était pas intrinsèque aux boutons, mais au fait que ses camarades les remarquaient et cela instaurait un certain malaise entre Pothos-l'ami-de-tous et ceux dont les parents n'étaient pas aussi bien nantis que les siens.  Après qu'il les ait arrachés à quelques reprises, sa mère s'était tournée vers l'option plus permanente...

Pothos traversa tranquillement sa salle commune en butinant entre ses amis et connaissances, auxquels il demanda succinctement des nouvelles, donna un conseil, fit une farce au passage ou encore posa une question sur la question 3c du dernier exercice de botanique.  Dès qu'il eut traversé les pierres immatérielles qui cachaient l'accès à sa salle commune, le serpentard accéléra le pas et se dirigea vers une toile derrière laquelle il savait que ce situait un escalier-raccourci.  Il commençait à se faire tard et il n'avait pas franchement envie de dépasser le couvre-feu.  Non pas qu'il craigne de n'avoir des ennuis, Mister Gardens était un homme un peu loufoque mais tout de même sympathique.  Pour autant qu'une exemption de retenue ne rime avec sympathique.

Arrivé dans le couloir qui menait au bureau du professeur, Pothos eut l'impression d'entendre un petit son sec, comme une porte miniature qui aurait claqué.  Ce devait être le volet d'une fenêtre, à quelque part, qui s'était refermé sèchement.  Il n'en fit pas de cas et, sans ralentir sa cadence, alla toquer à la porte du maître des potions.


-Professeur James?  C'est Pothos.  J'espère que je ne vous dérange pas.  Vous désiriez vous entretenir quant à mon avenir, il me semble?

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MessageSujet: Re: Taedium Mar 9 Juin - 23:01

Le dérangement en question était en cinquième année et plutôt doué. Doué pour bien des choses si l'on faisait le compte, à commencer par le fait de parvenir à rassembler tout un cercle d'amis autour de lui. Pothos, 15 ans, réussissait là où bien des hommes politiques échouaient : Il parvenait en quelques minutes seulement à s'attirer la sympathie de la foule. Ce qui incluait la plupart de ses professeurs. Sur le papier, il pouvait paraître agaçant. Un pedigree impeccable, des notes plus que satisfaisantes, un physique de jeune premier, une place dans l'équipe de quidditch de sa maison et préfet qui plus est. De quoi vous énerver la moitié du château et donner des envies de meurtres à la moitié restante. Sauf qu'une fois sortit du papier l'héritier des textiles Yilmaz sortait son épingle du jeu, sans mauvais jeux de mots. Franc et loyal, droit et amical. Là où la cuillère en or aurait pu soudoyer la bouche dans laquelle on l'avait posée à la naissance, chez Pothos, elle avait créé une envie de grimper plus haut encore. Ambition, exigence, compétition étaient des qualités qui parlaient à Tobias. Il possédait lui-même ces traits de caractère et les appréciaient chez ses élèves. Les mous, les lâches, ceux qui baissaient les bras avant d'avoir commencé ou encore ceux qui se victimisaient à longueur de temps lui sortaient par la baguette. Il abhorrait le défaitisme de certains, la fausse modestie et le besoin perpétuel de reconnaissance d'autres.
Tobias agita sa baguette en direction de la porte et cette dernière s'ouvrit brusquement sur le visage franc et sympathique du jeune Serpentard.


- Entrez Pothos et  pardonnez le désordre qui règne dans ce bureau. Je tourne en rond. Confessa-t-il plus pour lui même que pour le jeune élève. Ce qui ne donne jamais rien de bon.

Alors que ses collègues ne cessaient de se lamenter sur le manque de temps qui les privaient de certains projets, qui les empêchaient de rendre tel ou tel devoirs à leurs élèves , Tobias, lui, déploraient le manque d'activité. Son esprit avide d'activité ne supportait pas de se consacrer à une tâche unique. Il avait pris cette année la direction de la maison de Gryffondor à la demande de Ravenhood, il assurait des cours à l'université en Potions avancées, s'occupait de la formation des élèves du collège et continuait ses propres recherches. Et cela n'était pas encore assez. Hyperactif ? Certainement. Il lui était difficile d'attendre les échéances. Il pouvait passer la nuit sur les parchemins rendus par les élèves le jour même, enchaîner avec quelques heures de recherche à son compte et finir par aller réveiller un de ses collègue au petit matin, habité par une nouvelle idée de Travaux pratiques collaboratifs comme il aimait les appeler. Certes, il était loin d'être un modèle comme on l'attendait du corps professoral. Il faisait tout à l'extrême, pour le plus grand déplaisir de ses collègues les plus puristes. Aucun règlement ne semblait s'adresser à lui et il prenait un malin plaisir à flirter avec les limites les moins franchissables qui lui étaient imposées. Il avait causé quelques sueurs froides à Ravenhood depuis la rentrée. Mais il était le meilleur en son domaine, un génie avec son lot de défauts franchement insuportables et chacun le savait. A commencer par lui.
Depuis quelques mois, il repérait parmi la cohorte d'étudiants et d'élèves, ceux qui feraient parti de l'élite. Ceux qui valaient la peine qu'on leur consacre énergie et temps. Et il y avait, malgré ce qu'il s'amusait à exprimer à longueur de journée, un potentiel plus que satisfaisant dans l'enceinte de Poudlard. Des génies à l'état brut, mais aussi des travailleurs qui compensaient le manque de génie par un acharnement plus que louable. Des malins, qui sortaient du lot en contrebalançant leurs points faibles par un bagou et des stratagèmes redoutables. Ces gamins-là avaient tous un point commun : ils avaient l'envie d'y arriver et s'en donnaient les moyens.

Tobias détailla le jeune élève qui lui faisait face de son regard perçant. Celui-là avait une force de caractère et un charisme qui lui permettrait de faire à peu près tout ce qu'il voudrait. Il esquissa un léger sourire et déblaya la chaise qui faisait face à son bureau d'un coup de baguette énergique. Les différents feuillets qui la recouvraient alors s'envolèrent dans un crissement de papier pour atterrir dans une douceur contestable sur une étagère.


- Asseyez-vous. Proposa-t-il d'un ton qui laissait peu de place au choix.

Tobias se rassit dans sa propre chaise, choisissant une position un peu plus proche de celle qu'on pourrait attendre d'un professeur. Puis sans détours parce qu'il détestait y aller par quatre chemins et faire perdre du temps aux autres comme à lui-même.

- En effet, je souhaitais aborder ce sujet avec vous.  Avez-vous une idée de ce que vous souhaiteriez pour votre avenir ? A long et court terme ?

C'était une question délicate et difficile pour un adolescent. Peu d'entre eux savaient déjà réellement ce qu'ils souhaitaient faire. Et ceux qui pensaient le savoir allaient probablement changer d'avis le temps d'y arriver.
Il posa son menton au creux de sa main et continua à fixer le jeune Yilmaz. Celui-là serait brillant quoi qu'il choisisse. Il avait une carrière toute tracée : reprendre l'entreprise familiale. Choix logique mais néanmoins trop facile.


"Allez, surprenez-moi Yilmaz."

De bonne famille et ambitieux. On pourrait en faire à peu près tout. Même un Premier Ministre.
Pourquoi Cheyenne s'intéressait-elle toujours à des abrutis de première dont le QI et les bonnes manières rivalisaient à peine avec ceux d'une carotte? Ne pouvait-elle pas choisir un gars comme lui, pour ses frasques sentimentales ? Ils se côtoyaient, ça il le savait. Mais il n'avait noté aucun rapprochement suspect entre ces deux-là. Fallait-il qu'il en soit soulagé ? Ou simplement déçu ? Il chassa le visage de Cheyenne de son esprit pour se concentrer sur l'élève qui lui faisait face.



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MessageSujet: Re: Taedium Mer 17 Juin - 13:18

La porte s'ouvrit toute seule, sans causer la moindre surprise sur le visage jeune et souriant de l'étudiant qui apparaissait ainsi, en retard à un rendez-vous qui n'avait jamais véritablement été fixé, sans exprimé la moindre angoisse à ce niveau.  Il croyait savoir son professeur suffisamment juste et honnête pour ne pas blâmer inutilement l'étourderie de la jeunesse.  Il fallut un peu moins de deux secondes à Pothos pour localiser le professeur et son regard, sans se faire insistant, ne se détacha plus de la silhouette de Tobias, fixant tantôt ses yeux, puis ses cheveux, ou un point sur son épaule, son menton...  Il ne détaillait pas le professeur comme il pouvait aisément deviner que quelques élèves le faisait, ayant entendu deux Serdaigles s'échanger des commentaires sur le professeur en gloussant, l'autre après-midi.  Le Serpentard fixait le professeur de façon presque nonchalante, sans l'intensité de celui qui cherche à lever le voile mystérieux du regard de son interlocuteur ou débusquer le mensonge qui se cache dans les paroles d'autrui.  Il ne le quittait pas des yeux par pure politesse, pour lui montrer qu'il avait toute son attention et que ses pensées n'étaient pas plutôt dans les robes d'autres élèves, comme ce semble être le cas de tout bon adolescent hormonal.  Le jeune sorcier n'avait donc pas eu le temps d'observer la pièce et de faire l'état des lieux, mais il répondit tout de même au maître des potions.

-Peut-être devriez-vous visiter plus souvent votre salle commune?  À moins que votre maison soit étonnamment plus rangée que la notre...

Pothos sourit de nouveau.  Il ne pouvait certes pas donner des conseils à un membre du corps enseignant et lui suggérer de se structurer (si ça fonctionnait pour Pothos, pourquoi cela ne fonctionnerait-il pas pour quelqu'un d'autre?) ou lui demander ce qui le tracassait serait définitivement d'un manque de respect flagrant.  Afin d'alléger l'humeur du professeur, il décida plutôt de lancer une boutade en se plaçant derrière .

-Ne vous inquiétez pas, je ne suis pas ma mère et ne mourrai pas de quelques plumes qui traînent sur le coin d'un bureau.

Immobile, le visage ouvert, dans l'attente manifeste du déclenchement de l'échange pour lequel il s'était présenté, le vert et argent vit passer devant son nez, sous un coup de baguette autoritaire, à l'image de celui qui l'avait fait, une panoplie de parchemins griffonnés ou vierges, qui se perdirent hors de son champ de vision.  Obéissant, il fit le tour de la chaise et s'y assit dès que l'ordre lui en fut donné, comme un petit chien trop bien dressé, qui connaissait les conventions sur le bout de ses griffes.

Tobias reprit le fil de la conversation avec une rapidité légèrement brutale qui fit ciller Pothos.  Oui, il avait compris que le fin mot de la discussion serait celui-ci, mais un conseiller pédagogique ne passait-il pas généralement par quarante-douze chemins, tentant de faire douter le pauvre adolescent en face de lui?  Visiblement de deux choses l'une : Tobias n'était pas conseiller pédagogique, ou du moins pas ce soir, et finalement les choses prenaient la forme d'un monologue.

Troisième sourire, toujours aussi parfaitement contenu et poli.  De nouveau, Pothos choisit de briser la glace par un brin d'humour.


-À court terme, vous devez bien vous en doutez, je compte rentrer dans ma salle commune avant le couvre-feu pour éviter à ce pauvre Mister Gardens d'être dérangé inutilement.  À plus long terme, reprendre l'entreprise familiale.

L'étudiant s'interrompit un instant, perdant son sourire pour afficher une moue naturelle et fixait cette fois-ci le visage du professeur avec gravité, comme si il tentait d'y lire quelques pensées vagabondes.  Il n'aimait pas particulièrement s'ouvrir aux autres, mais il savait que de la tension risquait de se créer et de nuire à la relation qu'il entretenait avec ses parents.  Il lui faudrait un allié et, aujourd'hui, Tobias James, professeur sévère et juste, qui semble avoir à cœur le succès et l'épanouissement de ses élèves, en plus d'être père d'une adolescente de son âge, semblait être le candidat parfait.  Au besoin, il pourrait lui demander d'intervenir auprès de ses parents, et Tobias vanterait son travail académique, tout en pouvant rassurer Selen et Alican quant à leurs inquiétudes, lui-même traversant cette même période de la vie où les rejetons s'apprêtent à enfourcher leurs balais pour voler hors du nid familial.  Oui, le jeu en valait la chandelle.  Aussi bien poursuivre, avec un sourire plus naturel et mutin à la fois.

-Il s'agit non seulement de mon devoir, mais également de mon honneur.  Je m'en voudrais énormément d'abandonner ainsi mon héritage et de négliger sur le dur labeur de mes prédécesseurs.  Par contre, il me faudra évidemment trouver partenaire qui soit à la hauteur, pour gérer les affaires et élever nos enfants.  Quelqu'un qui s'y connaisse et puisse perpétuer la rentabilité de l'entreprise sans que j'aie besoin d'y passer mes journées.  Je pourrais alors consacrer mes journées à autre chose.  Je pourrais avoir un verre d'eau, professeur?

Pothos avait légèrement toussoté dans son poing avant de prononcer la dernière phrase.  C'était une des stratégies favorites de sa mère.  Amener la discussion où bon lui semblait, puis la laisser en suspens quelques instants, suffisamment longtemps pour que les convives réfléchissent à ce qui s'était dit, et que les paroles fassent leur chemin dans les crânes, mais pas suffisamment longtemps pour qu'ils s'y égarent et perdent le fil de la conversation.  Lorsque réussit, cette tactique créait son petit effet de suspense sur l'assemblée, qui s'en retrouvait plus attentive et restait plus longtemps suspendue aux lèvres de l'orateur.
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MessageSujet: Re: Taedium Sam 15 Aoû - 13:59

"Aguamenti."

Tobias agita sa baguette à deux reprises, faisant apparaître une petite tasse de grès qui lui avait été offerte quelques mois plus tôt par une personne précieuse et y versa ensuite un petit jet d'eau claire ensuite.
Il tendit le tout au jeune élève qui lui faisait face tout en restant silencieux. Une façade.
A l'intérieur, c'était l'ébullition totale. Il lui semblait disputer une partie d'échec. Le jeune Pothos qu'il savait brillant, paraissait disposer ses pièces dans une savante stratégie de manipulation.
Un vague sourire aux lèvres Tobias décida de suivre le chemin tracé par Pothos. Il retint son air stupéfait à l'annonce des plans du jeune élève. Se pouvait-il que réellement ce gamin soit si lisse et si poli ? A moins qu'il ne maîtrisa avec habileté l'art du second degré. Il esquissa un rictus d'amusement à la mention de Gardens. Un vieil ami.
D'un geste nonchalant, Tobias ajouta un petit chiffre aux nombreuses formules du tableau. Devoir ? Honneur ? Parten... partenaire ? Partenaire ?
Réprimant un froncement de sourcils, il réalisa soudain les paroles du jeune garçon. En pleine partie d'échecs, elles n'étaient certainement pas vaines. Cheyenne revint au galop. Avec tout un tas d'images dont il n'avait aucune envie de voir les couleurs. Il repoussa ces pensées avec brusquerie.
Puis il envisagea que la conversation ne soit après tout qu'une discussion avec un jeune garçon de quinze ans. Pas d'échecs, pas de pièces, pas de stratégie, juste des envies de gamins.
Reprendre l'entreprise familiale et faire des gosses.


- Arrête de transférer tes idées et ton comportement aux autres, Tobias ! On n'est pas tous comme toi !
- C'est bien le problème...
-Tu as un égo surdimensionné !
- Peut-être bien. Avait-il souri.

- Je vois. Murmura-t-il en fixant son orateur bien dan les yeux. Donc selon vous, la vie est gouvernée par l'honneur et le devoir ? Enchaîna-t-il rapidement.

De bien belles idées. Aussi peu respectées de nos jours qu'ennuyeuses. Mais nobles et respectables cependant. Il tenta de se remémorer ce qu'il avait jadis répondu à ses professeurs à cet âge. Il avait dû répondre un bien grand nombre de choses en fonction de l'interlocuteur. Parfois pour provoquer, d'autres fois pour choquer et très certainement pour flatter aussi, mais essentiellement dans le but s'amuser. Un de ses jeux préféré était de raconter des versions très différentes de sa vie à ses professeurs. Il aimait voir combien de temps ces derniers mettaient pour croiser les informations. Il avait rapidement constaté que certains professeurs s'intéressaient si peu à leurs élèves qu'ils ne réalisaient jamais la supercherie. Il pouvait comprendre que la plupart des individus étaient fort peu intéressants. Mais certains valaient la peine qu'on s'attarde sur leur cas. Ceux-là étaient peu nombreux. Aussi, quand il tombait sur l'un des rares individus pouvant prétendre au titre d'intéressant, il ne manquait pas d'approfondir le sujet. Autant dire qu'il s'intéressait rarement aux autres, mais que cela arrivait. Contrairement à ce que certains prétendaient. Aussi brillant qu'il était égocentrique. Mais il l'assumait et pire, le revendiquait. Il se détourna de son propre nombril pour en revenir au jeune homme.
Pothos s'amusait-il parfois ? Et de quelle manière ? Tobias détacha rapidement son regard de l'élève et le porta sur le dessus de son bureau. Chassez le naturel, il revient au galop, les pieds du professeur vinrent se poser contre le tiroir de celui-ci. Cet individu-là, l'intéressait justement. Pour différentes raisons. Néanmoins suffisamment pour qu'il lui consacre une partie de son temps et de son esprit. Sans laisser trop de temps à son élève de répondre il enchaîna.


- Aimez-vous voyager Pothos ? J'entends par là, voyager seul, sans vos parents.
Nul doute que la famille Yilmaz avait souvent l'opportunité de parcourir le monde pour les affaires.


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MessageSujet: Re: Taedium Mer 23 Sep - 4:44

Pothos avait pris la tasse de grès en soufflant un remerciement à son professeur. Il avai bu une petite, toute petite gorgée d'eau en tentant de formuler sa prochaine phrase, tout en étant distrait par la porosité de la tasse, une sensation que ses lèvres n'étaient pas habituées de connaître. Il devait juger de la durée parfait du silence, suffisante pour laisser le suspense se construire, tout en restant assez courte pour ne pas impatienter son interlocuteur. Malheureusement, il n'était toujours pas aussi bon à l'art de la discussion qu'il le désirerait, que sa mère l'était.

Posant la tasse, déçu d'avoir gâcher son petit effet, il haussa un sourcil songeur. Il ne s'était jamais véritablement posé ce genre de questions. C'était ce qu'on attendait de lui, autant au niveau de sa réponse que de son attitude. Il sentit un muscle oculaire tirer sur le dessus de son globe droit et interpréta cette sensation pour une lueur au fond de son regard. Le temps d'une hésitation, il avait formulé une phrase qui devrait pouvoir impressionner le professeur, qui impliquait que tout cela dépendait de qui on plaçait au gouvernail.

Une fois de plus, il n'eut le temps de répondre que la nature intempestive du professeur reprit le dessus. L'adolescent avait déjà entamer le mouvement de tête vertical qui annonçait sa réponse lorsqu'une nouvelle condition lui fut imposée. Seul? Il avait toujours voyagé en compagnie d'au moins un de ses parents, sinon d'un tuteur.

Il n'avait pas même seize ans, c'était de la folie! Quelle espèce de parent laisserait un enfant s'aventurer seul dans le vaste monde? Il fit observer ce détail au maître, sans songer à sa camarade de classe et fille dudit maître.


-Je n'ai que quinze ans, professeur. Outre les petites expéditions autour de la maison de campagne au Gloucestershire, mes parents ne m'auraient jamais laissé voyager seul.  Une fin de semaine de camping dans la forêt de Dean avec trois amis ne se qualifie probablement pas...

Le jeune serpentard reprit la tasse entre ses mains, la tenant de ses paumes comme si il s'y réchauffait les mains malgré la froideur du liquide.  Une fois cette courte pause marquée, il reprit parole en se félicitant d'avoir cette fois su mesurer le silence correctement.


-Cette expérience m'a néanmoins énormément plu.  Il y avait un sentiment palpable durant ces trois jours.  Quelque chose que j'avais déjà éprouvé, à plus faible dose, en m'émerveillant dans de lointaines contrées, comme une impression à la fois étrangère et familière.

Ce n'est qu'alors qu'il réalisa qu'il commençait à négliger sa posture.  Pothos raffermit immédiatement son assise, redressa son dos comme un poteau de but de quidditch, but une courte gorgée d'eau et replaça la table devant lui en replaçant une mèche de cheveux qui ne s'était jamais déplacée.  Il baissait sa garde et se laissait aller et se perdait à copier l'attitude nonchalante de son professeur, et venait à peine d'en prendre conscience.  Tout en faisant comme si de rien n'était, il reprit la discussion en y allant à son tour de sa question.  Cette discussion, qui le mettait un peu trop confortable, lui semblait erratique et il ne comprenait pas où elle se dirigeait.  C'est donc plus par soucis stratégique que par curiosité qu'il demanda :

-Pourquoi?  Y a-t-il un voyage scolaire de prévu bientôt?

L'adolescent connaissait déjà la réponse à sa question, mais il espérait que le professeur s'ouvre à son tour.

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