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Athanatos [Cathal]

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MessageSujet: Athanatos [Cathal] Mer 22 Avr - 22:58

Please give me a second grace
Please give me a second face
I've fallen far down
The first time around
Now I just sit on the ground in your way

Now if it's time to recompense for what's done
Come, come sit down on the fence in the sun
And the clouds will roll by
And we'll never deny
It's really too hard for to fly.

Please tell me your second name
Please play me your second game
I've fallen so far
For the people you are
I just need your star for a day.

So come, come ride in my my street-car by the bay
For now I must know how fine you are in your way
And the sea sure as I
But she won't need to cry
For it's really too hard for to fly.

Nick Drake, Fly.




2 Mai 2015, Vallée des Merveilles, France.

Accoudé à la balustrade surplombant la route, il laissait son regard sombre se perdre dans les eaux claires du lac des Mesches. La surface polie de l'eau reflétait avec une exactitude surprenante son camarade aérien.
Il leva les yeux vers l'immensité et envia ceux qui avaient la possibilité de voler. De voler vraiment. Pas dans un avion – bien qu'il ait adoré tous les vols qu'il avait eu l'occasion de faire – pas sur un balai comme dans sa prime jeunesse. Mais voler vraiment. Une amie moldu lui avait confié récemment que ce qui se rapprochait pour elle le plus du vol pour l'homme était le parapente. Peut-être devrait-il essayer...
Il jouait depuis quelques minutes avec un petit caillou blanc, qu'il finit par engouffrer dans la poche latérale de son vieux sac de randonnée, posé à ses pieds. Une manie qu'il avait depuis qu'il était gosse. Certaines choses semblaient lui faire un signe, l'appeler. Il ne pouvait alors s'empêcher de les ramasser et se retrouvait en fin de promenade, muni d'une collection pour le moins surprenante et probablement inutile de petits cailloux, bouts de bois insolites et autres gris-gris, qu'il dissimulait alors au moment du départ, dans un tronc d'arbre ou sous une roche.
Saoirse s'amusait à le qualifier d'écureuil. Quand on pense que c'est elle qui, petite, dissimulait des paquets de bonbons sous son lit en cas d'attaque de mage noir...

Il en profita pour faire rapidement l'inventaire des nombreuses poches de son sac. Eau, nourriture, tente, vêtements chauds, kit de premiers secours... un peu particulier... un carnet...l'essentiel était bien là.
Le soleil du moi de mai était fort agréable après un hiver plutôt rigoureux. Les températures grimpaient joyeusement et la neige d'altitude avait commencé sa fonte saisonnière. Il sourit en se remémorant la dernière fois qu'il était venu dans les montagnes françaises. Un excès de zèle... ou d'imprudence. Il s'était alors retrouvé avec de la neige jusqu'à mi-cuisse, persuadé que le printemps était déjà de sortie. Expérience amusante, mais quelque peu éprouvante.
Il avait attendu quelques semaines de plus, cette année, avant de se lancer dans cette excursion. Non pas que la neige l'effraie, mais il avait pour but premier de récolter de l'Arnica Athanatos et il doutait pouvoir en trouver sous 50 cm de neige.
La petite fleur jaune, cousine de l'Arnica vulgaris, plus répandu, était réputée non seulement pour sa rareté, mais aussi pour ses propriétés curatives plus qu'intéressantes.
Les sorciers l'utilisaient dans de nombreuses potions, les moldus dans tout un tas de baumes et crèmes, bien que ces derniers ne se contentent de la forme Vulgaris de la plante. Chacun avait cependant compris à quel point elle était précieuse.
Néanmoins, elle se faisait de plus en plus rare. Ezio était à peu près certain d'en avoir ramassé il y a une dizaine d'années, sur les pentes de la baisse de Valmasque.

Il affectionnait particulièrement cette région de France. Outre l'attrait botanique du secteur qui regorgeait de plantes toutes plus intéressantes les unes que les autres, c'était aussi un lieu sacré où l'on pouvait admirer des gravures rupestres qui le fascinaient chaque fois comme au premier jour, au sein d'une vallée somptueuse parsemée de roches multicolores.
Surplombant le tableau mirobolant qu'offrait la vallée des Merveilles, le Mont Bégo culminait à 2872 m et restait l'un des sommet français favori d'Ezio. Ce lieu était autrefois vénéré et bénéficiait d'une aura toute particulière. Témoin d'une intense activité orageuse, il est foudroyé un très grand nombre de fois au cours d'une année et il ne fait pas bon s'attarder sur ses crêtes lorsque les nuages noirs s'annoncent.
Ezio s'y était rendu plusieurs fois au cours de sa jeunesse et y avait essuyé plusieurs orages. Il se souvenait encore parfaitement de la violence de certains.
La météo était toujours surprenante dans ce secteur. Le Mercantour, perché au-dessus du bassin méditerranéen, avait la particularité de voir ses nuages d'orage arriver par le bas, ce qui lorsqu'on se trouvait dans la vallée était problématique. Une fois qu'on les voyait, il était déjà trop tard pour se mettre à l'abri.
Malgré les quelques frayeurs qu'il avait pu se faire dans la région, il aimait particulièrement ressentir l'énergie qui s'en dégageait lorsqu'on se tenait au sommet du Mont.
Impatient d'attaquer l'ascension par la vallée, il entendait bien remonter jusqu'à la baisse où devait se trouver l'Athanatos et faire un petit détour par le Mont Bégo. Peut-être parviendrait-il même à proposer à son ami, la redescente par le versant italien, la vallée de Fontanalba, incroyable jardin naturel, regorgeant de plantes plus surprenantes les unes que les autres.



- Ezio...J'ai mal aux pieds.
- Allez, courage...
- En plus ton chemin c'est même pas un vrai chemin !
- …
- Je suis sure qu'il existe même pas !
- Mais si, il est sur la carte.
- Pfff une carte… Et d'abord c'est débile ton truc ! On n'a qu'à transplaner directement !
- Vas-y, si tu veux, moi je te rejoins. J'ai envie de marcher.
- Sérieux ?? Je peux !!!
- Si vraiment c'est ce que tu veux . Je te rejoins demain matin.
- Pourquoi demain ????
- Parce qu'on est à 8h de marche du sommet, là.
- On va marcher 8h ?????????!!!
- Non, entre temps on va camper.


La jeune femme se laissa tomber sur une pierre, l'air boudeur. Il s'arrêta un peu plus loin et l'observa en souriant. Le soleil et l'effort avaient colorés ses joues, ses cheveux blonds étaient collés sur son front par la sueur et son maquillage avait coulé sous ses yeux. Elle était plus belle que jamais.

- Ah non, mais moi je bouge plus là. C'est quoi ces idées là ?? Faut être tordu pour aimer marcher dans les rochers sous un soleil de plomb ! De dormir dans une tente sur des cailloux ? Je suis crevée moi !
- Transplane Shanon, si tu es vraiment épuisée.
- Ah ben merci !! Pour me retrouver toute seule jusqu'à demain ! Avec plein de bêtes partout !! des insectes, des serpents, des ours, des trolls !!
- Y a pas d'ours ici.
- J'te déteste !!!!

Il franchit les quelques pas qui la séparaient d'elle, la débarrassa de son sac à dos et dégagea une mèche de cheveux qui lui barraient le front. Elle lui jeta un regard incendiaire. Il lui répondit d'un sourire.
-  Arrête.
-  Arrête quoi ?
- Arrête avec tes belles phrases de poète !
-  J'ai rien dit !
-  Tu m'énerves. Tu m'embarques toujours dans des trucs de merde ! Je devrais te planter là et rentrer à Londres tiens !
-  Si tu y tiens.
-  J'aime pas la montagne, j'aime pas marcher pour rien, le soleil qui crame la peau et les grosses chaussures qui puent !
- … je t'aime.
- Moi aussi crétin ! Mais pas aujourd'hui...



Il se retourna vers le départ du sentier. La première partie grimpait bien, mais était relativement boisée. Ils pourraient cheminer sans trop souffrir de la chaleur.

Il était environ 14h – il n'était pas certain de l'exactitude, n'ayant pas de montre – et Cathal ne devrait plus tarder.

Il fit quelques pas sur le bord de la route. Récita quelques poèmes qui lui traversaient l'esprit. Laissa son esprit vagabonder encore quelques instants. Puis reprit son sac et finit par aller s'asseoir sous un arbre.
Une légère appréhension s'emparait de lui alors que l'heure tournait. Hormis Saoirse et Luan, il était rare qu'il passe plusieurs heures en compagnie d'un sorcier.


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MessageSujet: Re: Athanatos [Cathal] Mer 13 Mai - 2:22

Vallée des Merveilles. Vallée des Merveilles. Quel nom, mais quel nom ! Il aimait bien. Quoique… le toponymiste aurait pu se forcer, tant qu’à y être, et aller jusqu’au bout de son idée. Par exemple, il aurait pu nommer la Vallée des Merveilles et des Licornes et des Bisounours plutôt, c’était franchement pas mal, non? Bon, d’accord, le gouvernement moldu n’accepterait probablement pas l’allusion aux licornes, animaux pas assez réalistes à leurs yeux, … les Bisounours non plus, en fait. Des jolis papillons dans ce cas, peut-être... ? Cathal secoua la tête, chassant de son esprit ses réflexions peu dignes d’intérêt (mais si distrayantes). L’heure n’était pas au rebaptême de la géographie française, mais bien à la préparation de son sac de voyage qui amassait la poussière depuis trop longtemps. Oh, il avait fait quelques balades dans les nombreuses forêts environnantes, mais ses excursions ne duraient que quelques heures; la dure réalité des études et du boulot le rappelait toujours trop vite en ville. Toutefois, l’excursion qu’il était en train de préparer (à ce moment, il alignait ses dix fioles en ordre de grandeur pour inspecter qu’aucun lutin malveillant ne les avait fissurées, si ça intéressait quelqu’un) n’avait rien à voir avec les promenades allons chercher ces champignons délicieux/ces herbes utiles qui coûtent une fortune au Sainsbury's du coin , rien à voir du tout. Non, elle aurait plutôt hérité du nom de allons-nous balader en terres inconnues avec un sorcier-plus-vraiment-sorcier-mais-qu’est-ce-qui-fait-d’un-sorcier-un-sorcier-en-fait-? Pour trouver une fleur rare , ouais, ça, ça le faisait bien. La traduction française de ce nom serait qu’Ezio Shepherd l’avait gentiment invité à le rejoindre dans sa balade montagneuse pour y dénicher un (ou des, s’ils étaient chanceux) Athanatos, et la combinaison de tous ces éléments que Cathal appréciait avait rendu l’appel de la nature en bonne compagnie irrésistible. Certes, le périple tombait le même jour que la commémoration de la bataille de Poudlard, mais qui remarquerait son absence à la cérémonie? Et puis, il ne connaissait personne qui y avait laissé sa vie; le sacrilège était moindre. Non, vraiment, le seul bémol de toute cette histoire était le facteur langue française, langue dont les mots les plus basiques lui arrachaient un effort titanesque et il réduisait toujours au minimum ses échanges verbaux avec les locaux.

Mais encore pour éprouver quelque difficulté langagière fallait-il se rendre au dit lieu problématique et ce n’était pas gagné d’avance. Toute la méticulosité dont Cathal faisait preuve dans l’élaboration de son sac (il avait vérifié trois fois plutôt qu’une tout le contenu de son sac ...) l’avait retardé sur son horaire déjà serré (il fallait vraiment qu’il cesse avec ses horaires serrés qu’il était incapable de respecter…). Sans avoir eu le temps d’enfiler ses chaussures,  l’étudiant transplana en catastrophe au Pentland Hills Park, d’où il devait prendre un portoloin pour les alentours de Nice (cette ville horriblement trop ensoleillée pour sa peau délicatement irlandaise habituée à une couche de protection nuageuse). L’épaisseur de ses chaussettes ne suffit pas à amortir son arrivée brutale sur les ronces. Bouuuse de tous les dragons morts et vivants et morts-vivants !! Les yeux larmoyants, il chercha le portoloin, mais ignorait son allure, parce que Cathal n’avait pas vraiment reçu l’autorisation d’emprunter ce portoloin, dont les places avaient toutes été réservées par la famille Everett (maudite soit-elle). Au département des transports, Cathal avait déployé tous ses talents de négociateur pour convaincre le responsable des déplacements Écosse-France d’augmenter la capacité du portoloin. Enfin, il faudrait plutôt parler de sa patience et de son calme, car la bureaucratie étant ce qu’elle est, le fonctionnaire avait fait preuve d’un esprit incroyablement fermé.

« Non mais c’est impossible, monsieur, je suis désolé. »
« Mais pourquoi? »
« Parce que c’est impossible. »
« Oui mais pourquoi, c’est impossible? »
« Parce que c’est écrit dans le livre des procédures. »
« Oui, mais si vous ne faites que changer la permission pour ce portoloin précis, c’est très grave? » demandait Cathal, toujours aussi serein qu’au départ.
« Hé bien, oui. Ce n’est pas dans les règles. »

Les règles, les règles… le ministère n’avait que ce mot à la bouche. Et l’avis de Cathal sur les règles était que si leur dérogation ne causait pas de tort ni physique, ni psychologique, ni moral, ni monétaire, ni rien du tout, alors cette dérogation était parfaitement envisageable. Mais enfin, vous essayerez de convaincre notre petit monsieur du ministère et vous constaterez que ce n’est pas chose facile. Voilà la raison pour laquelle, après dix minutes d’échange de pourquoi-parce que, Cathal rendit les armes, quitta les lieux avant qu’on ne l’amenât de force à l’asile, et se présente somme toute au portoloin, supposément rempli. Une famille, ça signifiait des enfants, non? Et puis, ces enfants, c’était petit; ça ne comptait pas pour un adulte, non? Alors, si on stipulait qu’il y avait au moins deux enfants, soit des moitiés d’adultes, il restait bien une place pour lui, le pauvre Cathal qui rêvait de s’évader un peu de son quotidien, non…? La meilleure façon de vérifier une hypothèse était de la tester.

Les chérubins furent de grands adolescents plus lourds que quatre Cathal, mais le portoloin tint bon, à peu près. Certes, ils atterrirent quelques kilomètres plus loin (mais au moins, cette fois-ci, ce fut sur du gazon doux) et le père termina sa course dans le petit marais, mais personne n’avait perdu de membres corporels alors… Certes², Cathal risquait l’éradication de la liste des utilisateurs de portoloins pour quelques semaines, mais l’expérience en valait le coup. L’expérience en valait toujours la peine. Enfin, j’accélère un peu, vous me pardonnerez, question qu’on rejoigne ce Ezio Shepherd avant les calendes grecques. Il me faut toutefois mentionner que Cathal, déguerpissant rapidement du champ de vision des Winslow au cas où…, emprunta le chemin sud plutôt que celui du nord et arriva quelque quarante-cinq minutes en retard. Fidèle à ses habitudes, quoi.

Lorsque Cathal arriva (enfin!) au lieu du rendez-vous, il n’aperçut pas tout de suite Ezio et une bouffée d’angoisse le saisit : et s’il était parti sans lui? et s’il pensait qu’il l’avait oublié? ou peut-être n’était-il jamais venu et qu’il traînait mort dans quelque recoin thaïlandais? Mais une longue paire de jambes sous un arbre calma son imagination débordante. Le jeune O’Caoimh pencha la tête, aperçut le visage familier (enfin, pas si familier; ils ne s’étaient vus que deux ou trois fois (ou quatre?), mais ne chipotons pas sur les détails). Il esquissa un sourire franc, heureux de retrouver son camarade.

« Déjà épuisé, Ezio? »

Cathal lui tendit la main pour l’aider à se relever – un geste autant pour le saluer que pour s’excuser de son retard immense.

« Si j’avais tes talents de conteur, je t’inventerais bien une histoire de strangulots pour m’expliquer, mas il faudra s’en passer cette fois-ci. »

N’ayant aucune carte du site sur lui, il se fiait au barde pour le mener à bon port fleuri. Cathal avait plutôt l’habitude de suivre ses instincts, soit prendre le chemin qui semblait le plus risque bien sûr, et il serait reposant d’être guidé, pour une fois.

« Mais, pour compenser, j’ai une copie du journal de Wulfric Winsman. »

Il avait passé tant d’heures à fouiner dans les recoins de la bibliothèque de l’université Albus Dumbledore pour trouver le journal de ce sorcier anglais du début du XVIIe siècle que, une fois le journal dégoté, il n’avait même pas pris la peine de le lire, même pas en diagonale, trop exténué qu’il fût. Il s’était contenté de lui lancer un sortilège de copie entière, pour Ezio.
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MessageSujet: Re: Athanatos [Cathal] Lun 25 Mai - 14:06

- Wolfgang quoi ?
-Wulfric...
- Ouais Wulfric quoi déjà ?
-Winsman. J'en déduis que tu ne l'as pas?
- Ça dépend, tu me l'as laissé en vacances aussi celui-là ?
-Dis tout de suite que je t'ai envahie !
- Toi non. Tes livres oui. Tu veux pas en emmener quelques-un avec toi ?



Ezio accepta de bon cœur la main tendue et abandonna son siège de fortune.

- J'avais peur d'user le sentier à faire les cents pas. Lança-t-il pour taquiner un peu son ami sur l'attente qu'il avait expérimentée.
Pour une fois que ce n'était pas lui que tout le monde attendait...

La vision du visage franc et amical de Cathal balaya toutes les appréhensions qu'il avait eu le temps de nourrir sous son abri de feuilles. De nombreuses questions avaient jaillies – quel décalage y aurait-il dans leur façon d'aborder ces quelques jours ? Quelle place pour la magie ? Cathal ne trouverait-il pas certains de ses gestes stupides ? - Lorsqu'on mettait de côté la pratique de la magie avec baguette, on redécouvrait certains gestes du quotidien... Faire du feu avec un briquet - il avait abandonner l'idée du silex après quelques essais-. Aller chercher les objets au lieu de les faire venir à vous. Monter et démonter lesdits objets en suivant des modes d'emploi... et j'en passe. Il était certain qu'il ferait perdre du temps à son ami.
Il mit de côté ses angoisses et s'éclaira en découvrant l'ouvrage que lui tendait Cathal.

-Tu l'as trouvé ? Je ne sais pas comment te remercier ! J'allais baisser les bras !

Il s'empara du précieux ouvrage en souriant et laissa sa main courir sur la couverture. Passionnante idée que la copie d'une œuvre. Elle reproduisait l'objet à l'identique... hormis le fait que la copie n'était pas l'original, on ne distinguait aucune différence. D'un point de vue éthique... qu'en était-il ? Avait on volé un peu de l'oeuvre de l'auteur ? Ezio haussa les épaules. Les écrits étaient destinés à être lus et lui-même se sentirait flatté si un jour il apprenait que l'un de ses recueils avait subit un tel sort.

Encore faudrait-il se décider à les faire publier.

Il ouvrit le journal à la dernière page et lu le tout dernier mot. Une manie qu'il avait depuis son plus jeune âge. Il avait souvent choisi ses livres ainsi. Il aimait connaître le seul mot de la fin. Si celui-ci lui plaisait, il tentait la lecture. Sinon il se contentait de reposer le livre et parcourait les rayonnages à la recherche d'un autre coup de cœur. Et l'habitude était toujours là, 25 ans après. Il sourit à la découverte du mot en question et referma le livre qu'il rangea précieusement dans son sac. Il se redressa vivement et prit un air sérieux pour demander à Cathal :

- Alors ces strangulots ? Ils parlaient français je suppose ? Ce sont les plus difficiles à maîtriser à ce qu'il paraît.

Il lui semblait se souvenir que le français n'était pas la langue de prédilection de son compagnon. IL faut dire que ces derniers faisaient peu d'efforts pour être compréhensibles. Ils parlaient vite, sur un ton relativement monotone qui laissait peu d'indices quant aux intonations de leur discours et possédaient une farouche détermination à vouloir massacrer les autres langues.
Il enchaîna rapidement sur sa joie de partager ces quelques jours avec lui – tâcha de masquer sa gêne sur les nombreux sujets de conversation qu'il ne savait pas encore comment amener-  et proposa à Cathal de se mettre en route assez rapidement pour parvenir à un endroit permettant de camper avant la nuit.
Ils se mirent en route en échangeant à propos de leurs voyages respectifs jusqu'ici. Cathal avait opté pour l'utilisation d'un portoloin. Utilisation qui semblait compromise au retour... alors qu'Ezio racontait son vol jusqu'en France – s'enthousiasmant une fois de plus sur les avions, cette fabuleuse invention moldue- suivit d'une série d'auto-stop. Il avait fait une partie du chemin avec un jeune français, moniteur d'escalade, qui partait ouvrir sa saison dans une région où l'on pouvait grimper sur tout – y compris les animaux- puis avait un peu marché et enfin était tombé sur trois jeunes gens qui se rendait en Italie dans la vallée de la Roya. Pour finir, ce fut un serveur du restaurant bordant le lac des Mesches qui lui permit d'arriver dans le secteur. Ce dernier avait un accent du sud à couper au couteau et Ezio avait eu bien du mal à décoder toutes les expressions de ce dernier qui se finissaient la plupart du temps par des sons qu'il ignorait exister même dans la langue française. Lui qui était jusque-là intimement persuadé de la maîtriser suffisamment avait peiné à se concentrer tout le long du trajet. Comme quoi, on en apprend à chaque voyage.
Le serveur avait fini par lui proposer de dormir le soir même à l'hotel du lac. Ezio avait hésité un instant, se demandant si son cerveau survivrait à une soirée pleine d'accents chantants – trop forts pour lui – puis il avait accepté. C'était ça ou le camping au bord de la route. Ce qui ne l'enchantait guère. L’hôtel était quasiment désert et le patron lui fit un prix dérisoire pour la chambre.

Le début de la randonnée était suffisamment ombragée pour que les deux hommes ne souffrent pas trop du réchauffement des températures. Au bout de quelques minutes à peine, Ezio réalisa qu'il monopolisait complètement la parole … pour ne rien dire. Il avait raconté son arrivée jusqu'ici en long en large et en travers, s'était enthousiasmé sur le temps, la verdure, la montagne et n'avait cessé de parler, ce qui ne lui ressemblait absolument pas. Il s'arrêta brusquement et lança un œil contrit à Cathal.

- Je suis désolé. J'ai réellement apprécié nos échanges épistolaires et j'ai une peur bleue de tout gâcher... J'essaie de meubler la conversation mais la poudre aux yeux ça ne va qu'un instant … Il y a quelques sujets que je me dois d'aborder, après on y reviendra plus, ok ?

Il jeta un œil rapide aux alentours, simple vérification qu'aucun promeneur, randonneurs ou ranger des prairies ne se trouvaient à portée d'oreilles.  Il prit une légère inspiration pour se donner du courage et se lança.
Les sujets qui le concernaient étaient ceux pour lesquels il avait le plus de mal à trouver les mots. Ces derniers coulaient toujours à flots pour les thèmes qui le passionnaient, pour les histoires des autres ou pour les sentiments en général. Quant il s'agissait de sujets qui le concernaient -aussi importants soient-ils- il lui semblait que les sons restaient bloqués dans sa gorge, que sa tête avait trois longueurs d'avance sur ce que sa bouche aurait dû prononcer et que la syntaxe se refusait à lui. Rien que ça, oui.

- Je t'avais déjà dit que je ne pratiquais plus la magie. C'est toujours le cas. Mais, je ne m'attends pas à ce que tu n'en fasse pas. A moins que l'expérience te tente, bien entendu. Et tu peux aussi en parler, bien évidemment... Je ne suis pas très à l'aise en compagnie sorcière, mais il y a des exceptions. Je veux dire... que j'ai plus de mal à être dans un groupe de sorciers... mais je ne vois aucun inconvénient à ce que tu en soi un...

Absolument lamentable.

- En fait, je ne suis pas très à l'aise avec le sujet, mais fais comme tu fais d'habitude d'accord ? Je ferai de même et je pense qu'on arrivera à des situations plutôt cocasses, rien de dramatique d'accord ?

Mais feeeeeeeeeeeerme la...

Ezio ferma les yeux un instant, écarta les bras en signe de désespoir intense -un brin surjoué- et renchéri.
-  Je te jure qu'habituellement, je suis capable d'aligner trois mots sans monopoliser la conversation ou débiter un tas d'âneries incompréhensibles.

Il fit un signe de la main destiné à proposer à Cathal d'oublier ce qu'il venait de dire.
Il réalisa que jusqu'à présent, l'un comme l'autre avait été plutôt réservé concernant la vie privée de chacun. Cathal n'était pas non plus du genre à s'étendre sur des choses personnelles. Ils avaient essentiellement abordé des sujets plus ...scientifiques, littéraires. Des notions de magie, de botaniques. Il savait finalement peu de choses à propos de Cathal. Ces quelques jours seraient probablement l'occasion d'en apprendre un peu plus.

- En gage de bonne foi, je te propose, une fois la nuit tombée et notre camp installé, une visite particulière du site de valmasque. L'un des versant de la vallée est infesté de sortilèges repousse-moldus. Je pense que ça te plaira.


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MessageSujet: Re: Athanatos [Cathal] Mer 17 Juin - 3:17

En voyant la mine joyeuse d'Ezio Shepherd, Cathal sentit ses épaules se détendre. Son ami n'était nullement offusqué de son retard; ouf ! Il savait qu'être à l'heure était une marque de politesse, et, malgré tous les trucs et astuces qu'il avait essayés, rien n'y faisait. La majorité de ses proches s'était habituée à sa ponctualité défaillante - si bien qu'elle l'invitait vingt minutes plus tôt au cas où - , mais il était gênant d'embêter les connaissances avec cette tare irlandaise. Heureusement, Ezio fut égal à lui-même (ou du moins, de ce que Cathal en savait sur lui à travers ses lettres) et fit preuve de compréhension... et fut taquin, bien sûr, en le questionnant sur les strangulots français. Cathal échappa un rire bref et sonore, heureux de voir qu'il s'était rappelé la brève évocation de ses problèmes langagiers (lorsqu'Ezio lui avait proposé la Vallée des Merveilles (la Vallée des Merveilles...), Cathal lui avait répondu un truc dans le style suivant : en France? Là où on parlait français? Tu veux me torturer !?. La langue française, belle langue qu'on disait, langue poétique, langue de l'amour, pffff. Que nenni. Langue de charabia, de l'enfer, de la torture, si vous vouliez l'avis de Cathal).

« Déjà que les anglos ne sont pas commodes et se laissent difficilement convaincre de ne pas mordre, en langage des signes, c'était pas trop évident, non ! »

L'Irlandais ne s'aventura pas davantage à parler de ces bestioles horribles, qu'il n'espérait ne jamais rencontrer à leur état français, d'ailleurs. De sales rumeurs circulaient à leur propos, selon quoi elles étaient trois fois plus tenaces et sanguinaires... ce qui était toujours moins pire que la réputation que l'on faisait des strangulots nicaraguayens, d'un sadisme inégalé. C'est en 1911 que l'exploratrice danoise Lisa  Ibsen avait émis l'hypothèse que les strangulots nicaraguayens étaient issus d'un croisement avec une race de vampires. La théorie n'a jamais été acceptée par la population scientifique, mais elle s'est ancrée dans les imaginaires. (En tout cas, Ibsen a écrit un tas d'autres articles intéressants, et mieux fondés, et, si jamais vous avez quelques heures, je vous conseille vivement ses Chronicles of South America. Celles de l'an 1908 sont particulièrement délicieuses. Je vous suggère cela comme ça, hein. Bon, après, il est vrai qu'il s'épanche parfois sur sa fiancée qui lui manque et dont il imagine le visage sur les rives de sable, mais bon. Mais bon, je divague, faut m'arrêter dans ces cas-là, les cocos, sinon, on ne verra jamais la fin de l'histoire...)

Dès que les deux hommes eurent fait quelques pas, Ezio se montra bien bavard - ce qui ne dérangeait pas son auditeur. Après tout, lui, petit Cathal, n'avait pour habitude de meubler les trous de conversations. Et d'un coup, le visage d'Ezio changea. Le barde, qui affichait auparavant un air réjoui en s'enthousiasmant sur tous les aspects de leur voyage, offrait maintenant une figure consternée. Ce qu'il allait lui annoncer semblait si officiel, presque douloureux, que Cathal fronça les sourcils. Avait-il besoin d'un donneur de rein? D'un espion irlandais pour le gouvernement suédois? D'un autre livre caché dans les bas-fonds de la bibliothèque? De... de rien, finalement. Juste de lui dire qu'il pouvait agir comme bon lui semblait, utiliser sa magie comme à son habitude, sans se soucier de son propre rejet de la sorcellerie.  C'était mignon - d'accord, ce n'est pas exactement comme cela que Cathal le formula mentalement, ça vient plutôt de moi... - et Cathal apprécia la mise à jour. À vrai dire, il n'avait pas songé du tout qu'il pourrait survenir un problème quelconque entre eux à cause de cette différence. C'était sans doute dû à tout le temps que Cathal avait passé à côtoyer monde moldu et monde magique : jusqu'avant Poudlard, il avait grandi 'moldu' et, en ce moment, il vivait davantage comme un moldu que comme un sorcier.

Cathal sourit légèrement devant le malaise grandissant de son ami : dans quel état se mettait-il pour une broutille ! Il hocha doucement la tête, en accord avec les clauses que lui proposait Ezio : « Oui, c'est bon, chef ! » Comme ce dernier ne semblait pas vouloir poursuivre cette discussion plus que nécessaire, l'Irlandais ne renchérit pas, mais se promit intérieurement de moins utiliser sa baguette - sauf en cas de danger ou de circonstances exceptionnelles (comme une Arnica perchée sur un rocher inatteignable). Le remord l'assaillit : il aurait dû y songer,  que son utilisation de la magie pourrait offusquer Ezio, il aurait dû ne pas jeter ces sortilèges de réduction de poids sur son sac, de confort extrême dans ses chaussures, de repousse-mouche et d'imperméabilité sur ses livres. Et là, il se mettait exactement dans le même état que son camarade pour pas grand-chose. Il chassa ces préoccupations inutiles de son esprit : il aurait pu, il ne l'avait pas fait, et il n'aurait qu'à être plus prudent dorénavant, quoi qu’en dise son camarade. Il se tut, même si une rafale de questions ne demandait qu'à franchir ses lèvres. Ce n'était pas la première fois que ces questions lui venaient : depuis qu'il avait appris qu'Ezio ne pratiquait plus la sorcellerie, elles revenaient constamment, mais il n'avait jamais trouvé ni le bon temps ni la bonne manière de les lui poser. Le sujet lui semblait trop gros pour être abordé dans leur correspondance, et, maintenant qu'il avait constaté l'embarras d'Ezio à en parler même que superficiellement, il attendrait encore avant de lui balancer ses questions. La curiosité lui tiraillait les entrailles, mais il craignait trop de l'embêter pour s'y risquer maintenant.

Il effleura de sa main les troncs sur son passage, à la manière des enfants qui touchaient à tout sous le regard réprobateur de leurs parents. Une sale habitude qui ne l’avait jamais quitté : laisser traîner ses doigts un peu partout dans le désir de mieux s’approprier ce qui l’entourait. Je ne vous dis pas les longues minutes de récurage des dessous d’ongles qu’une telle manie engendrait. Et soudain, Ezio prononça trois de ses mots préférés : vallée particulière, infesté et repousse-moldus. Voilà qui promettait ! Le visage de Cathal s'éclaircit, encore plus qu'un Dudley qui reçoit ses trente-neuf cadeaux de fête.

« J'aime déjà ce plan prometteur ! » Voilà qui devrait être génial. eT dangereux et mystérieux ... que demander de plus?

Si Ezio, dans leur échange de lettres, avait su percevoir son amour pour tout ce qui le sortait du confort de son divan, nul doute que leur randonnée serait plaisante. Il y avait toute cette question aussi de bien s'entendre en vrai. Si leur correspondance était sympathique et instructive, rien ne garantissait que la rencontre physique se déroule de la même façon. Cet aspect de leur périple inquiétait Cathal, plus que la question magie-pas magie. À chacun ses angoisses.

« Mais ça ne brisera pas tes principes de non-magie? » s’enquit Cathal, oubliant la résolution qu’il venait de prendre à l’instant… et regrettant aussitôt sa remarque. Ezio venait à l’instant de lui avouer que c’était un sujet délicat dont il n’aimait guère parler et lui ne trouvait rien de mieux à dire que de revenir sur la problématique qu’il avait évitée quelques secondes plus tôt? Vous devinez que tenir ses résolutions du Nouvel An n’a jamais été son fort. Et, décidément, il avait un faible pour les lettres, dans lesquelles il pouvait prendre tout son temps pour ne pas lancer de tels propos.

« Cette magie-là ne me dérange pas... elle existe avec ou sans moi » répondit calmement Ezio, avec un petit sourire amusé. « Pour moi, il existe différentes sortes de magies... avec divers degrés d'implication du sorcier... »

Cathal fronça le sourcil.

« Alors, le problème avec la magie serait que certains l’utilisent... trop? Ou trop mal? » demanda l’Irlandais,  n’apprenant pas de ses erreurs. Enfin, si, mais un peu trop tard. « Enfin, pardon, tu ne voulais pas en parler et me voilà avec mes questions… tu m’ignores quand je deviens embêtant » dit-il rapidement, sourire coupable au coin des lèvres. Sourire mi-coupable, devrais-je dire : sa soif de connaître l'emportait toujours, à un moment donné ou à un autre, sur les bonnes manières/les résolutions/les obligations de la vie/les devoirs paternels. Mi donc. Mi-content de voir la conversation s'orienter par là, mi-conscient que c'était une drôle de façon d'accueillir son ami.

« Trop ou mal… je ne sais pas. De toute façon, il y a de la magie dans tout ce qui nous entoure et elle existe que nous le voulions ou non. Certaines magies me paraissent plus naturelles que d'autres. Plus innées ou plus spontanées quand d'autres sont calculées et poussées à l'extrême. Tu vois ce que je veux dire? »

Cathal fit une moue d'incertitude, l'incitant par le fait même à continuer.

« Je pense que l'on repousse des limites que plus personne ne maîtrise. On finit par oublier qui l'on est au profit de ce que notre baguette est capable de faire » conclut Ezio dont le visage s'obscurcit. « Tes questions ne m'embêtent pas. » reprit-il. « Je m'en pose beaucoup à ce sujet. C'est juste que je n'ai pas les réponses...»

Pour un type qui n'avait pas de réponse, il brodait bien : Cathal avait matière à réflexion pour les prochaines heures, assurément. Oublier qui l'on était ? En voilà une idée intéressante... avec laquelle il n'agréait pas forcément. Mais on y reviendra plus tard si vous le voulez bien. Pour l’instant, Cathal avait décidé de cesser son interrogation.

« Tu n'es pas la première personne à  me dire ça, comme si faire de la magie vous éloignait de vos identités profondes » lança Cathal, songeur. Il pensait en ce moment à son directeur de MURÈNE, qui avait abandonné la magie pour vivre chez les moldus. « Et même si je pense comprendre le concept... non, en fait, je le saisis mal.  Mais le concept de questions sans réponses, ça va très bien, j'en fais même ma spécialité..!   » Et Cathal décida de recommencer son interrogation. « Dernière question, d’ordre théorique. Si on considère que la baguette d’un sorcier n’agit pas seule et qu’elle nécessite l’action de son propriétaire, il y a quand même acte de présence d’un humain? La baguette est comme la plume d’un écrivain; elle aide à accomplir certaines tâches… » finit-il à voix basse, en voyant des randonneurs approcher.



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MessageSujet: Re: Athanatos [Cathal] Jeu 9 Juil - 0:07

Ravalant la question qui lui brûlait les lèvres quant à l'identité de cette fameuse personne, Ezio se contenta d'opiner du chef. Pourquoi, il ne le savait pas vraiment. Une preuve pour Cathal qu'il avait toute son attention, à défaut d'avoir des réponses.

La plume de l'écrivain... Ezio revit clairement devant lui les longues heures - de tortures presque- où sa plume et lui n'était pas d'accord sur le rendu de la chose. Quand son esprit et son corps se disputaient la mise en mots de ses idées qui semblaient parfois ne plus lui appartenir. Oui, certaines fois, il avait sincèrement l'impression que sa plume était une entité à part entière. Il y avait des jours ou la lutte était douloureuse, haineuse même. Il l'emportait parfois – souvent-  alors qu'à d'autres moments, c'était elle qui avait le dessus. Mais finalement, ce qu'il écrivait de mieux naissait les jours où elle n'était plus qu'une prolongation de lui-même. Ces jours où soudainement il n'était plus vraiment lui, mais comme habité par ses propres idées, par une force différente, quand la barrière des mots s'effaçait et lorsque l'encre coulait comme le raccord parfait de ses veines à ladite plume. Quelque chose se libérait alors. Et son esprit s'apaisait. Enfin.
Il n'avait jamais comparé sa soif d'écrire à la magie. Il n'avait pas le même besoin de l'un et de l'autre.
L'espace d'un instant il s'imagina dans l'incapacité d'écrire.

Il en mourrait probablement. Non pas qu'il crèverait de l'envie d'écrire. Avec de la rigueur on pouvait renoncer à beaucoup de choses. Mais plutôt parce qu'il aurait la sensation de se consumer de l'intérieur. Il fallait voir l'état dans lequel il se trouvait avant ... une phase créative. Cela commençait par une euphorie mêlée d'avidité envers tout et n'importe quoi. Ses sens paraissaient décuplés et il en était probablement épuisant de vitalité. Il respirait plus, entendait mieux, les aliments avaient un autre goût. Les sensations gonflaient, s'emparaient alors de lui et naissaient quelques angoisses. Grandissantes. Envahissantes pour tout dire. Il avait ensuite l'impression que tout devenait trop petit. Les lieux, les conversations, sa tête, ses pensées. Il manquait de place. D'air parfois. Et puis le besoin de solitude. Le besoin de rassembler tout ça et de coucher sur papier ce qui le consumait.
S'il ne pouvait plus écrire, il deviendrait fou.

Et la magie ?

Une fois encore à ce sujet, les idées venaient buter dans sa tête, désordonnées et bruyantes, appuyées de souvenirs douloureux auxquels il ne voulait pas penser pour le moment. Une pointe de culpabilité, un brin d'égoïsme, le triste constat qu'il n'avait pas compris...

Qu'est-ce qui définit qui l'on est vraiment ? Ce que l'on pense ? Ce que l'on dit ? Ce que l'on fait ? Ce que l'on pourrait faire ? Ce que l'on voudrait faire ?

Ezio s'écarta machinalement du chemin pour laisser passer les randonneurs qui descendaient de la vallée. Il fut extrait de ses pensées par les quatre marcheurs qui s'avançaient devant eux. Ils étaient en nage, le visage rougi par la chaleur, leurs chaussures, chaussettes, jambes et plus si affinités, maculées de boue. Le barde les salua d'un rapide « bonjour » * en français dans le texte, qui en reçu trois autres en échos. Derrière les trois personnes de tête -deux hommes et une jeune femme- un quatrième homme d'un certain âge suivait en boitillant légèrement. Chapeau de travers, à bout de souffle, les bras et jambes constellés d'un mélange de coups de soleil et piqûres d'orties. Il offrait le douloureux spectacle du dernier du groupe à qui la marche pourrait être fatale. Tous semblaient d'une humeur massacrante – fort dommageable en cette belle journée- mais le dernier marcheur, tout particulièrement, paraissait au bord de la rupture. Les trois premiers avaient déjà quelques bons pas d'avance lorsqu'il parvint au niveau de Cathal et d'Ezio. Ce dernier se baissa pour ramasser une poignée de plantains qu'il lui tendit dans un clin d'oeil en désignant ses bras. L'homme s'immobilisa un instant, ses quatre feuilles à la main, avant de s'éclairer et de se verdir énergiquement les bras à grands coups de plantains. Il repartit d'un pas plus volontaire se confondant en gratitude alors qu'Ezio se perdait dix ans plus tôt dans le souvenir d'une Saoirse ayant atterrie dans ce qu'elle avait appelé « un nid d'orties. » Il sourit.
Lunatique ? A peine. Mais assumé.

Il profita de la trêve accordé par le passage de cet étrange groupe pour repenser aux paroles de Cathal, avant d'acquiescer avec dix plombes de retard.

-Tu as raison, il y a souvent – presque toujours-  un acte humain derrière. Quoi qu'on ait vu des baguettes assez têtues. Fut-il obligé de convenir en se remémorant ses premières leçons au collège. Passage fugitif et rapide d'un cours de sortilèges particulièrement … étonnant. Tu sais, mon refus de la magie n'a finalement pas grand chose d'éthique. Je me pose beaucoup de question sur l'éthique, c'est sûr, mais ça n'a pas grand chose à voir. Confessa-t-il de sa voix basse.

Il ouvrit la bouche à nouveau puis se ravisa. Jusqu'à présent, le peu de sorciers qu'il côtoyait évitaient le sujet, par pudeur, peur de sa réponse ou tout simplement parce qu'ils se moquaient bien de savoir ce qui pouvait amener un sorcier à se compliquer la vie. Cathal posait les questions sans curiosité malsaine. Avec suffisamment d'intérêt pour qu'on ait envie d'y répondre. Et puis il touchait les arbres. Et quelqu'un qui touche les arbres, c'est forcément quelqu'un de bien.
Sa gorge était un peu trop serrée pour qu'il puisse aborder le sujet sereinement. Il avait envie de profiter de ces instants. Ils auraient bien le temps d'aborder les sujets plus personnels. Il ordonna un peu ses idées, soupira et enchaîna rapidement.

- En réalité la question que je me pose, c'est pourquoi un sorcier a-t-il besoin d'une baguette si les pouvoirs sont en lui ? C'est quoi finalement ? La plume de l'écrivain ? Il y avait tellement de choses qui lui échappaient.   Et puis être sorcier c'est quoi en fait ? Murmura-t-il plus pour lui même que pour Cathal.

Toujours cette dichotomie. Être ou faire. Il avait toujours été spectateur...

Quand on a plus de plume, il reste quand même les idées. Et la douleur. On pouvait avoir une baguette et plus de pouvoirs. Et le contraire.

 « Je me fait mal au crâne tout seul. »

Un sentiment de malaise s'invita à nouveau à la fête. Il aurait aimé des réponses. Là, maintenant, tout de suite.

Il secoua la tête agrippa les lanières de son sac, se remettant en marche. Il orienta la conversation vers d'autres sujets, moins personnels, ce qui desserra quelque peu l'étau qui s'était emparé de son cœur. Ezio questionna Cathal sur ses dernières découvertes en botaniques, passion qu'ils partageaient et poursuivit la conversation d'un ton plus joyeux - un peu forcé pour commencer mais cela ne dura pas longtemps-  enchaînant sur le récit de ses dernières frasques en montagne qui se soldaient bien souvent par une météo catastrophique. A croire que Météomontagne avait recruté un lot de débutants incapables de lire les cartes des masses d'air où que le temps s'amusait à se jouer de la race humaine – oui, ça sent le vécu.
Ezio cheminait d'un bon pas, observant d'un œil amusé le rituel de Cathal qui continuait à toucher les choses et ponctuant le récit de légendes et anecdotes sur le secteur.
Au bout de quelques heures de marche, la conversation s'amenuisait sous l'effet de l'effort à fournir. Le sentier grimpait de plus en plus abruptement et les arbres se faisaient plus rares, ôtant ainsi leur douce protection aux deux hommes et son petit jeu à Cathal. Ezio sentait le soleil lui chauffer la nuque et la soif le tarauder. La baisse n'était plus qu'à deux heures environ.
Ils arrivèrent aux abords d'un cours d'eau sinueux et clair qu'il fallait traverser en s'aidant de quelques pierres plus massives qui émergeaient de l'eau fraîche. Une immense cascade se déversait à quelques pas d'eux, agrémentant les lieux de sa musique grondante. Petit, il imaginait toujours des passages cachés derrière les cascades. Des portes dérobées, des vieux temples, des trésors, des secrets. Il sourit en se rappelant le nombre de fois où même adulte, il n'avait pu résister à la tentation d'aller voir...
Il se retourna vers son compagnon et tout en désignant les eaux limpides.


- Une pause rafraîchissement ?
- Avec plaisir !

Avec soulagement, le jeune barde déposa son lourd sac sur une des rives et se laissa tomber à côté avant de s'atteler à défaire ses lacets. Depuis une bonne demi-heure déjà, une légère douleur au talon laisser présager la présence d'un intrus dans sa chaussure droite. Lorsqu'il eut délogé le responsable - en lui adressant tout de même suffisamment d'attention pour le glisser dans la poche de son sac-  il remit sa chaussure. L'expérience lui avait appris qu'enlever ses chaussures trop rapidement pouvait conduire à de graves ennuis en particulier les soirs de pleine lune. Il se dirigea ensuite vers la rivière et plongea ses mains dans l'eau, s'émerveillant de la clarté de cette dernière en se mouillant la tête et le cou. Il réprima un sursaut au contact de l'eau glacée qui contrastait -délice et douleur à la fois- avec la brûlure du soleil sur sa peau. Plus que quelques heures et ils atteindraient la fameuse baisse.

- Diabhal* ! Elle est fraîche ! Ça devrait pourtant paraître chaud en comparaison des Lochs de mon enfance. Ajouta-t-il en riant. Tu es originaire de quel coin en Irlande ? Questionna-t-il en se tournant vers Cathal.
-De Galway sur la côte ouest, tu connais ?
-Oh, oui, je vois...Aquiesca-t-il.
- Ah oui ? Tu y es déjà allé ?
- Non. J'ai peur de ne pas avoir assez d'une vie pour aller visiter tous les lieux qui m'intéressent ! Qu'est-ce que ça dit Galway ? On y fait quoi ?
- Les vendredis et samedis soirs, on fuit la horde d'étudiants qui envahit le coeur de Galway pour aller aux Twelve Bens, un ensemble de monts pas trop loin de la ville. Si t'es friand de poneys, c'est une place de rêve répondit-il avec un sourire en coin. Il n'aimait pas particulièrement ces petites espèces équines, mais il savait qu'elles charmaient plus d'un enfant qui visitait la région. Et puis sinon, le reste de la semaine, Galway est une jolie petite ville animée. Les quais sont agréables, quand il ne pleut pas... Et les jeudis soirs, c'est le meilleur moment pour faire la tournée des pubs. Enfin, Galway, c'est surtout une ambiance. À la fois paisible et dynamique... faut y aller pour comprendre ! conclut-il de sa voix d'agent de voyage. Et puis reprit-il, car une fois qu'on le lançait sur le sujet Galway, un des rares sujets qui lui déliaient la langue, il ne s'arrêtait pas c'est une ville qui a su garder un fort rapport avec la culture irlandaise, dans sa musique ou dans son langage... Mais enfin, on en a vite fait le tour aussi reconclut-il, considérant qu'Ezio en avait peut-être marre de sa propagande galwayienne.

Ce dernier, amusé, écouta attentivement, sentant monter en lui la furieuse envie de se rendre à Galway pour aller humer l'air des quais, parler aux gens dans les pubs et écouter la musique.
- Tu vends ça très bien. Lança-t-il en riant. Je crois que j'ai bien envie d'aller voir ça. Même les poneys! Ajouta-t-il avec un clin d'oeil.

Il laissa son esprit vagabonder dans une douce rêverie à propos de ses futurs voyages. Galway pourrait fort bien être une étape avant son retour. Il avait quelques petites obligations sur le retour. Des promesses à honorer, mais aucune contrainte de temps. Ce qui lui convenait parfaitement. Saoirse en ferait probablement une affaire très personnelle s'il mettait à nouveau des mois avant de la contacter ou de la voir, mais irrémédiablement, il n'était pas doué pour donner des nouvelles régulières... il aurait donc peut-être le loisir de visiter Galway et son ambiance dynamique dans l'année. Ses pensées errèrent un instant, entre quelques lieux, quelques phrases qui lui plaisaient et qui tournaient dans sa tête. Il caressa l'image d'un visage ou deux au grès de souvenirs qui défilaient, perdu une fois de plus dans ses songes. Il ferma les yeux et apprécia le calme plat qui régnait autour d'eux, rompu uniquement par le grondement de l'eau. Cette musique le ramena aux souvenirs des rivières d'écosse, de Skye, à des jeux d'enfants, courses de bateaux, plongeon dans des trous d'eau, et concours en tout genre rondement menés par une blondinette autoritaire. Il referma doucement ses souvenirs avant que ceux-ci ne passent de la douce nostalgie à la douleur que le temps avait rendue plus ronde mais non moins présente.

Par un enchaînement logique, le fil de ses pensées – les traîtresses – revint à leur conversation presqu'achevée deux heures plus tôt. La plume. L'innée. L'utilisation de la magie. Les limites... Passant du coq à l'âne – en espérant que le pauvre Cathal ait eu un don de legilimens pour suivre le bond – il lança brusquement :

- Tu vois les moldus ont des problèmes similaires aux nôtres avec leur médecine... Ils essaient de créer des organes pour remplacer ce qui lâche dans leur corps. Tu as lu Mary Shelley ? Finalement les choses les plus étranges viendront peut-être de leur côté.

En cherchant à tout maîtriser on défie la nature. Est-ce du génie ou de la folie ? L'écart est si mince...


* Diable!

Mes excuses:
 

Remerciements:
 


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MessageSujet: Re: Athanatos [Cathal] Jeu 27 Aoû - 18:10

Le pauvre Cathal n'avait malheureusement pas de don en legilimancie et ne fut pas certain ni sur le coup ni après réflexion du lien entre les poneys et Frankenstein, mais il prit les mots d'Ezio comme ils venaient. Après tout, c'était sans doute tout ce qu'il y avait à faire avec un barde errant : accepter ce qui passait à ce moment exact, de peur que l'occasion ne se revienne jamais. Pouf, les mots étaient là, pouf, ils n'étaient plus là. Du moins, c'était ce que Cathal présumait des bardes et, entre vous et moi, il n'avait guère eu la chance d'en côtoyer d'autres et Comment suivre la discussion d'un barde ne se donnait pas à l'université. Il était d'autant plus mal barré qu'il n'avait jamais lu Shelley. (Toutefois, il l'avait déjà jouée, en version moderne, à l'école, lorsqu'il avait neuf ans, dans le cadre du cours d'arts donné par un drôle de gaillard aux idées trop contemporaines pour des parents pas trop théâtreux, mais là n'est pas la question. On y reviendra plus tard, si ça vous intéresse tant que cela.)

La science des moldus était aussi étrange que fascinante, nul doute. Tous les stratèges qu'ils inventaient pour remédier à l'absence de magie relevaient d'une ingéniosité parfois déroutante. Et parfois décourageante : ils étaient capables du meilleur comme du pire. Les sorciers aussi, vous me direz, c'est la même espèce après tout. (Cette chère tante Marge en aurait sûrement beaucoup à vous dire sur le sujet.)

« Peut-être bien » répondit Cathal, songeur.  Et en même temps, qui d'entre les moldus étaient les plus dingues? Qui était le plus étrange entre celui qui s'acharnait à garder ses traditions sans les remettre en question et celui qui, au contraire, les démolissait au nom du progrès technique? « Mais peut-on réellement les trouver étranges de rechercher ce qui fascine tout autant les sorciers : l'immortalité — au mieux, la longévité? »

Se faire greffer un coeur artificiel était-il si différent que de subir le régime des communément appelé Trois, ces trois potions qui retardaient le vieillissement physique et l'amenuisement des capacités magiques, au détriment de la mémoire, potions que l'on retrouvait dans la majorité des armoires des sorciers?

« En fait... est-ce que la magie est plus naturelle que la science? » murmura-t-il, sans doute plus pour lui que pour son compagnon de route. Et on y revenait. Le sempiternel débat qui rageait dans sa tête : la magie était-elle normale? si oui, d'où, diable, venait-elle? Le moment n'était pas choisi pour se replonger dans ses réflexions sans fin sur le sujet, et il préféra orienter la discussion vers un chemin plus léger : « Mais c'est vrai que les moldus ont de drôles d'idées. T'as déjà vu leur machine pour séparer les jaunes du blanc des œufs!? Ils en font des publicités hilarantes. »

De par ses origines moldues, Cathal avait toujours perçu le mode de vie sorcier comme l'autre mode, celui qui vous surprenait, qui vous faisait froncer un ou deux ou trois sourcils, tandis que le mode moldu, lui, était si naturel, si bah ouais quoi. Même s'il avait complètement embrassé le système sorcier, le monde moldu lui servait toujours, inconsciemment, de référence. Alors que pour Ezio, le contraire se produisait — marrant.

Assis au bord de la rivière, les pieds clapotant dans l'eau, Cathal se dit qu'il était tout de même bien plus plaisant de se rafraîchir de cette manière que de se lancer le sortilège Aguamenti, et il partagea le fruit de ses réflexions au barde.

« Mais ne me demande pas le lien entre la rivière et la création d'organes, j'en sais rien! » lança-t-il en esquissant un sourire.

Il pensa à ces sorciers qui transplanaient de leur hôtel au site patrimonial en risquant d'atterrir sur la tête d'un ou deux moldus, qui prenaient une photographique mouvante mais non émouvante rapidement avant de retourner se prélasser au soleil... chacun vivait son voyage comme il le souhaitait (il ne manquerait plus que ça, une police du voyage), mais ne leur manquait-il pas un petit quelque chose? Le sentiment d'accomplissement? La hâte grandissante de découvrir un paysage, un musée, un bistro reconnu? Pester contre la file d'attente, se menacer de quitter, tenir bon... ? Un petit quelque chose comme des douleurs musculaires sympathiques dans le bas du dos... et dans le haut... et dans les jambes... remarqua-t-il tandis qu'il tendait les bras vers le ciel. Ce simple mouvement avait suffi à réveiller en lui tout l’élancement ressentir et il se tortilla dans tous les sens, s'étira pour détendre les zones sensibles, sans grand succès. Par la barbe de Merlin, s'il était fini après quelques heures, que serait-il à quatre-vingt-dix ans ...

Il existait une fatigue musculaire agréable, un peu inconfortable, mais agréable par l'heureuse fierté. Puis il existait le mal musculaire de ces membres qui ont été trop longtemps au repos et qu'un hiver enfermé dans une bibliothèque avait endormis. Cathal avait prévu le coup un peu à contrecoeur : il avait espéré suivre le rythme d'Ezio, mais ce dernier avait quelques kilomètres d'entraînement d'avance sur lui. Il extirpa de la poche frontale de son sac une petite fiole vert lime : une potion Repose-vite qui agissait comme les crèmes analgésiantes moldues, mais plus rapidement, qu'il avait concoctée deux semaines plus tôt. Elle était donc relativement jeune et ses effets ne seraient pas optimaux — il aurait fallu la fabriquer deux mois à l'avance pour effacer toutes les traces d'inconfort musculaire et ce laps de temps, c'était trop en demander à un Cathal-dernière-minute. Pendant qu'il observait la déformation de la lumière dans le petit contenant, l'Irlandais douta soudainement du bien-fondé d'avaler la potion. Les conversations précédemment échangées avec Ezio et ses pensées sur 'vivre pleinement' lui trituraient l'esprit et c'était la première fois qu'il hésitait autant. D'accord, Ezio lui avait dit d'agir comme à son habitude, mais il devait être mû par la politesse et Miles et... Et il fallait sérieusement qu'il arrête de se prendre la tête pour des pacotilles — parce que hein ni Miles ni Ezio n'était son père. Mais pourquoi ressentait-il le besoin de se justifier à lui-même? Trop traîner avec des moldus convertis vous faisait douter de votre propre foi...

Profitant du fait que le barde regardait au loin, Cathal avala rapidement la potion des dilemmes moraux, mais, dans sa hâte d'en finir avec ces questionnements existentiels, le jeune homme avait oublié la dernière étape à effectuer juste avant de boire le liquide : celle de secouer la fiole à l'envers. L'effet escompté fut donc tout autre et guère agréable : plutôt que d'apaiser le mal, la potion l'empira d'un coup sec et brutal. Les conséquences ne dureraient pas longtemps - il le savait pour avoir déjà raté la potion, et se déclineraient en deux phases. : la première, d'une minute tout au plus, l'incapacité de bouger sans souffrir. La deuxième, quelques heures au moins, raidissement des muscles.
Lentement et pénible, Cathal entreprit de s'allonger, le temps que la douleur passât. Ezio avait passé un commentaire sur les moldus, mais Cathal l'avait à peine écouté et le silence qui s'en était suivi avait sans doute interrogé le barde, qui s'était retourné vers le grand meurtri.

« Cathal ? Tout va bien? »
« Très bien. »

Aie, aie, aie, expulser quelques mots relevait de la torture.

« Les nuages... sont d'une forme intéressante » justifia-t-il d'une petite voix inhabituelle.
« T'as l'air pâlot, quand même. »
« Je te dis, Ezio, regarde les nuages, ils sont... »

Et le déclic, subitement, la délivrance, la liberté, le bonheur, la joie de vivre éternelle... Tout en se relevant précipitamment, question de profiter à fond de ses muscles utilisables, Cathal termina sa phrase : « ... un peu gris. On se remet en route? »

Aussitôt dit, aussitôt fait. Les deux bonshommes renfilèrent souliers et sacs puis se lancèrent sur le chemin désert. Le sommet ne devait plus être très loin si Cathal se fiait au panorama qui s'offrait à leurs yeux : en regardant vers l'arrière, on voyait la cime de plusieurs monts des environs et même... était-ce des petits villages au loin? Et on voyait aussi très bien le ciel qui s’obscurcissait lentement mais sûrement. Pour l’instant, pas de danger de se prendre un bain forcé, mais il faudrait rester alerte.

Une étincelle vers la droite capta l’attention de Cathal, qui arrêta sa marche. Il inspecta la zone, n’y décela rien de plus que quelques touffes d’herbe… mais lorsqu’il pencha la tête vers l’arrière, il crut apercevoir une longue traînée de poussière par terre. À un Ezio qui ne devait pas trop comprendre le manège, il s’enquit : « T’as vu? »

« Vu quoi exactement? »
« Heum, je sais pas. Quelque chose? Une lumière? »

Tant d’indices précis pour aider Ezio, qui répondit à la négative. Voilà qui aurait dû encourager Cathal à se remettre à leur randonnée, mais il était certain d’avoir aperçu un truc pertinent et ne comptait pas lâcher prise de ci tôt. Il se recula alors complètement et ce qu’il vit l’étonna, et le ravit : un autre chemin se dessinait vers l’est. Un chemin étroit, moins usé par les bottes de marcheurs.

« Là! Là, tu vois!? » demanda-t-il, plein d’un enthousiasme non partagé par un Ezio qui nia encore.

« Mais si, juste là, après le… troisième bouquet de mauvaises herbes. Une espèce de sillon, comme s’il y avait un autre chemin. »
« Toujours rien… Tu penses que j’ai besoin de lunettes? »
« Non mais… attends, viens par ici. Là, tu vois? »
« … Non » répéta Ezio, souriant légèrement.
« Mais je te jure que… déplace-toi un peu. Juste ici. »
« Aah. Oui. C’est bon, je le vois! »

Génial, il n’était ni fou ni aux prises avec des hallucinations! Cathal ouvrit la bouche pour lui demander s’ils s’aventuraient sur la nouvelle piste, mais Ezio, qui avait deviné ses intentions, le devança :
 « Suivez le guide... »

Traditionnel merci....:
 
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MessageSujet: Re: Athanatos [Cathal] Dim 11 Oct - 22:20

Le sentier – car c'en était bien un – serpentait sur la rive droite du lac et semblait se diriger lui aussi vers la Baisse. Ezio s'interrogea de ne l'avoir jamais vu auparavant, ni sur aucune carte, ni la dernière fois qu'il était passé. Mué par une curiosité qui lui avait déjà attirée bien des ennuis, il s'engagea d'un pas alerte sur le chemin étroit. Probablement un sentier muletier. Il jetait régulièrement de légers regards en arrière vers Cathal, un peu interpelé de l'avoir vu se crisper au sol prétextant observer les nuages. Il n'avait pas relevé, Cathal semblant peu désireux d'expliciter cet étrange comportement. Néanmoins, il ne pouvait s'empêcher d'observer son compagnon d'un air anxieux. Devait-il lever le pied ? Il n'avait plus vraiment l'habitude de marcher avec d'autres personnes, il pratiquait la randonnée en solitaire et à son rythme depuis si longtemps, qu'il n'avait pas la moindre idée du ressenti de Cathal quant à leur vitesse de croisière. Par précautions, il ralentit un peu le pas, prétextant découvrir le nouveau paysage qui s'offrait à eux – tout en profitant de l'occasion pour le faire réellement-. Il était amusant de distinguer au loin le sentier sur lequel ils auraient dû se trouver. Cathal devait avoir une vue extrêmement perçante pour avoir distingué le minuscule bandeau de poussière qui se déroulait sous leurs pieds. Il ne put s'empêcher à nouveau de penser que ce sentier « n'était pas là avant ». Stupides pensées, certes, probablement insufflées par sa fierté quelque peu blessée de ne pas être aussi expert du secteur qu'il le prétendait. Le raidillon prenait de l'altitude dans un enchaînement de virages de plus en plus serrés qui leur faisaient gagner rapidement en hauteur tout autant qu'elle ne leur faisait perdre le souffle. Une fois encore, la conversation s'étiolait au rythme de l'effort soutenu que demandait le dénivelé.

- Et bien, on aura un peu d'entraînement pour l'escalade du Mont Bégo demain.

Certes . Il n'avait peut-être pas mentionné son envie de le gravir au préalable. Mais Cathal, amateur de grand air, ne serait certainement pas impressionné par la masse noire servant de parafoudre à toute la région.

- D'ailleurs, le voici qui apparaît.

Murmura-t-il en désignant à Cathal le sommet du Seigneur des lieux qui se dessinait au loin.

- Il est magnifique... poursuivit le barde, fasciné. La dernière fois que je suis venu, je me suis retrouvé enveloppé dans un brouillard à découper au couteau pour la redescente. On ne voyait pas où poser les pieds, c'était … impressionnant !

Il était ce jour-là tombé sur un couple de touristes français dont la femme était terrorisée par le vide et avait eu besoin de l'aide des deux hommes pour parvenir à regagner le pied de la montagne. Ezio, en bon guide avait accepté de les aider – perdu le chemin en route – et fini par désescalader le Mont en passant par la face nord. Fort heureusement le brouillard les avaient empêché de voir à quel point l'itinéraire emprunté était vertigineux. En y repensant, il était beaucoup moins à l'aise que le jour même... Depuis il notait soigneusement son itinéraire aller en montagne. Chaque caillou, chaque fleur, chaque détour de sentier, afin de pouvoir subvenir à une éventuelle descente d'urgence sécurisée.

Il profita de sa propre pause contemplation pour boire une bonne rasade d'eau et ramasser un galet aux couleurs vertes et dorées qui paraissait avoir été déposé spécialement pour lui. Il fourra le petit talisman dans la poche de son pantalon et reprit son ascension poussiéreuse tout en laissant vagabonder son esprit. Arrivé à un certain nombres d'heures de marche en plein soleil, tout randonneur passe par une phase où il se demande ce qui lui a pris d'infliger ça à son corps. Phase généralement rapide chez lui, bien que cuisante. Il s'accrocha un peu plus fort aux lanières de son sac et accéléra un peu le pas pour dépasser cet instant de vacillement intellectuel. Il laissa errer ses pensées vers des pentes plus douces, se laissant même aller à chantonner deux trois airs de sa voix basse pour distraire son esprit et bien vite il oublia ses maux, profitant à nouveau de l'air pur et de la vue. Distrait par ses propres rêves, il ne l'entendit pas arriver au galop et se laissa surprendre par un immense bouquetin qui déboulait des barres rocheuses se situant sur leur droite. Alors que par surprise, il esquissait un pas sur sa gauche, le sol friable du sentier à flan de montagne se déroba sous ses pas et le fit glisser dans les pierres un peu plus bas. Il eut à peine le temps d'ôter ses mains des attaches de son sac pour  retenir un peu la chute en égrainant un chapelet de juron en gaélique, qu'il chuta lourdement quelques mètres en dessous du sentier dans un pierrier, tous bras écorchés par sa tentative de rétablissement peu concluante.

- ***** !


Il jeta un œil en contrebas, notant que la débâcle aurait pu être pire si elle avait continué. Il se faisait régulièrement quelques frayeurs en montagne, et jusque là, avait eu plutôt de la chance. Si on mettait de côté la fois où une branche avait tenté de se loger dans sa cage thoracique. Il savait pourtant à quel point il était impératif en montagne de ne pas se laisser distraire et que le moindre faux pas pouvait être fatal. Comme s'il avait attendu des nouvelles du marcheur, le bouquetin, après un court instant de pause, reprit sa course vers l'est avec une agilité frôlant la provocation face au barde qui tentait de se remettre sur ses pieds. Une douleur lancinante à la cheville gauche l'obligea à se rasseoir rapidement sur un rocher. Il ferma les yeux un instant et attendit un peu nauséeux que cela passe tout en frottant ses avant bras qui une fois encore, garderaient quelques souvenirs du grand air.



- Et si quelqu'un se blesse devant toi ?
– Je me débrouille pour le soigner.
– Avec tes plantes là ?
- C'est ça. Avec mes plantes là...
-Et si c'est trop grave ?
-Tant pis pour lui.
- Allez, sois sérieux !
- Mais je sais pas, je préviens un médecin, comme le font les gens normaux.
- Rôo. T'y mets pas du tien ! Bon imagine, que je sois en grand danger et qu'il n'y ait plus que toi pour me sauver ?
- Et bien je te sauve...
-Non mais si tu dois utiliser une baguette alors ?
-… Tu me fatigues....
- … Et si ça t'arrive un jour en montagne ? T'es tout seul et tu te pètes une jambe ? Tu n'utiliseras pas la magie ??
-… Si je suis tout seul je crève avec ma jambe cassée, bouffé par un bouquetin.
- … T'es con tu sais ?
- Saoirse, qu'est-ce que tu veux que je te dise ? J'en ai marre de tes questions là.
- Ok... ET si c'est un serpent qui te mord en pleine montagne ? Toujours pas de magie ?
-… Mais c'est pas possible...Tu ne lâches jamais l'affaire toi?



Petit porte-poisse...

Ils avaient eu cette conversation peu de temps avant son départ. Depuis quelques mois, Saoirse se faisait plus pressente sur les questions qui relevaient de la magie. C'était sa faute. Il s'était remis à s'intéresser à tout cela, manquant un peu à sa promesse. Il avait rencontré Cathal, avait suivit ses travaux, questionné lui-même Saoirse. Elle avait du sentir une faille. Elle sentait toujours ses choses-là.

Il expira profondément et ferma les yeux un instant pour tenter d'évaluer la douleur et les dégâts potentiels. Ce n'était pas la première fois qu'il se tordait une cheville. Néanmoins, perdu au milieu des pierres, cela pouvait s'avérer potentiellement ennuyeux si les choses étaient plus sérieuses qu'une simple cheville tordue. Il fit un petit signe à Cathal qui se trouvait un peu plus haut, lui signalant que tout allait bien et voulant éviter que ce dernier ne s'engage sur les pierres instables pour le rejoindre dans cette pagaille.

- J'arrive... dans un instant. Grimaça-t-il en posant son pied au sol.

Le barde se dégagea de son sac et passa une main sur ses yeux en inspirant profondément. De son autre main il détacha rapidement les lacets de sa chaussure gauche et inspecta l'état de sa cheville. Bleue, et gonflée, mais rien de bien dramatique. Une légère entorse probablement. Il regretta de ne plus se trouver au bord de la cascade près de laquelle ils avaient fait une pause plus tôt – et dans laquelle il aurait glisser sa cheville avec délice – puis il évalua le temps restant pour parvenir à l'endroit près duquel il souhaitait camper ce soir. Il tâcha de se donner un peu de courage en se remémorant la beauté du lieu et surtout ce qui le peuplait et qu'il souhaitait ardemment montrer à Cathal.

Allez hop, debout pendant que c'est chaud. Tu douilleras ce soir.

Il se releva rapidement, réprimant un grognement de douleur lorsqu'il fit un premier pas et tenta de remonter vers le sentier, le visage pâle.


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MessageSujet: Re: Athanatos [Cathal] Dim 3 Jan - 10:28

Les yeux plissés vers le bas, Cathal observait le guide qui arrivait dans un instant. Dans un instant ou dans quelques heures plutôt, au vu du rythme d’ascension d’Ezio. Il faut dire que ce dernier n’avait pas choisi le meilleur endroit pour chuter (bon, d’accord, on pourrait tout aussi blâmer le bouquetin de son apparition inopportune) puisque le terrain, plutôt escarpé, n’offrait pas grande prise (s’il avait été un mur d’escalade, il aurait fait un excellent exercice d’examen final pour les intermédiaires avancés). À défaut de lui prêter main-forte, Cathal regardait donc les efforts d’Ezio, en regrettant sa propre inertie. Il ne voyait pas clairement tout ce qui se déroulait en bas, mais les mouvements du guide, plus lents et moins gracieux, lui paraissaient loin d’être aussi naturels et fluides que d’habitude — nul doute que sa descente rocailleuse lui avait laissé un souvenir désagréable. Il ne restait plus qu’à espérer que la blessure soit superficielle... ce qui ne semblait pas être le cas. Ezio remontait les quelques mètres les séparant de peine et de misère et de lividité, laissant présager le pire et un affreux juron en gaélique capté par ses grandes oreilles confirma ses craintes.

« Ezio... ? » lança Cathal, question de s’assurer qu’il était toujours conscient/sur le même continent/en vie.
« C’est bon, ça va... juste le temps de remonter... un instant... » répondit le toujours conscient en vie, en plusieurs souffles, visiblement confus.

Voilà qui rassura l’Irlandais, décidément.  Il ne pouvait quand même pas descendre l’aider — il sentait encore son dos congestionné et avoir deux randonneurs coincés en bas plutôt qu’un ne les avancerait guère — ni lancer un sortilège — bien que sa baguette le démangeait — à moins que, mais non, ce ne serait pas respectueux des mœurs d’autrui. Le sac d’Ezio semblait le tirer constamment vers l’arrière, vers le vide abyssal (d’accord, quelques rochers plus loin emplissaient l’espace et pouvaient raccourcir les longues chutes); si au moins il pouvait se débarrasser de cette charge...

« Tu veux me lancer ton sac? ça serait plus facile de monter après » proposa-t-il, bien qu’incertain du taux de réussite d’une telle entreprise (peut-être neuf pour cent?). Davantage s’il se débrouillait pour incanter subtilement un wingardium, remarquez. Le grand noir se contenta de grimacer et de refuser l’offre pas très alléchante. Les risques de perdre son sac dans le vide abyssal rempli de quelques rochers étaient trop élevés pour s’en délester. Ezio continua de grimper, le brave avait progressé de deux ou trois mètres lorsque le dernier droit vit sa vitesse d’ascension (à la base pas impressionnante pour deux noises) ralentir considérablement. La distance qui séparait les deux hommes n’était rien comparée à celle parcourue; pourtant, ce segment devait lui paraître comme la pire étape. Cathal réitéra son idée du sac, il pourrait peut-être l’attraper par l’anse s’il se penchait suffisamment et qu’Ezio le tenait au bout de ses bras...

« Ezio, passe donc ton sac. Si tu arrives mort en bas, ça sera pas terrible. Si tu le hisses, je peux l’agripper et le tirer jusqu’ici. »

Le guide agréa finalement en maugréant légèrement. Avec lenteur et délicatesse, il extirpa ses bras des courroies et éleva son précieux contenant, pendant que Cathal se préparait, en se couchant proche du bord. Il fallait se positionner assez près du pan de montagne pour obtenir une emprise assez solide sur le sac, mais amplement loin pour ne pas être aspiré par sa lourdeur dans le vide abyssal rempli de quelques rochers. Ses doigts se refermèrent durement sur la poignée et ses bras se tendirent afin de commencer la traction.

« Par la barbe de Merlin, t’abrites une colonie de pierres là-dedans? » souffla Cathal en hissant le sac du randonneur.  En tentant d’hisser le sac serait un meilleur complément de phrase. Il avait clairement sous-estimé le poids du sac d’un homme qui ne vit qu’avec cet objet et clairement surestimé ses propres muscles rarement autant utilisés. Il sentait son ventre glisser lentement mais sûrement vers l’avant.

« C’est bon, tu le... tiens? » s’enquit Ezio d’une voix vacillante qui trahissait ses efforts.
« Oui, oui, je l’ai ! » lança Cathal  — un petit mensonge pour rassurer celui qui se retrouvait en bas.
« Je le lâche alors... » dit Ezio à un Cathal effaré. Cathal s’imagina mal lui dire qu’en vérité, non, il ne le tenait pas du tout, qu’on laissait tomber son idée de bouse de dragon et qu’il allait bientôt relâcher le sac pour qu’il tombe sur la tête de son propriétaire. Allez, un peu de nerf, garçon, et pense aux catastrophes désastreuses d’une faiblesse  de ta poigne sur l’anse...

« Allerre » siffla-t-il rapidement, effectuant la première manœuvre qui lui traversa l’esprit. Le nerf n’avait pas réagi, mais son instinct sorcier, oui. À l’instant même que le mot avait traversé sa bouche, Cathal sentit ses poignets reprendre vie; le sac pesait quelques livres de moins et c’était une délivrance pour tout son corps. Le sortilège d’allégement avait fonctionné à merveille et il détenait une meilleure emprise sur le sac, qui n’essayait plus de l’attirer vers une mort désagréable. Cathal  réussit à se remettre sur les pieds — un précieux appui qui lui fournit l’effort final et fatal pour propulser la société géologique et autres babioles à  ses côtés. Allégé, Ezio atteignit finalement le chemin (on peut l’applaudir bien chaleureusement), au grand bonheur de l’Irlandais.

« Merci » fit Ezio en désignant du regard son sac bien-aimé.  Il accompagna ses paroles d’un petit sourire presque honteux.
« Y’a pas de quoi, voyons. »

Cathal examina du regard le rescapé, cherchant la source de sa misère, et il la trouva plutôt rapidement : sa cheville bleuie et enflée sautait aux yeux des pires myopes de la terre. Pas étonnant que l’ascension  — déjà pas évidente pour un être en pleine forme — avait un long calvaire. Devant l’ampleur de la situation, ses sourcils s’arquèrent de surprise horrifiée et de compassion.

« T’as quelque chose, j’imagine, pour...? » demanda-t-il sans lâcher des yeux la jambe d’Ezio, comme s’il pouvait évaluer davantage la gravité de la situation par une fixation abusive (je peux vous dire que non, il ne le pouvait pas).
« Oui, j’ai des plantes qui devraient faire l’affaire » acquiesça Ezio en haussant les épaules. Fouillant ensuite dans son sac, il en sortit quelques-unes qu’il appliqua sur sa peau boursoufflée. Cathal les reconnut — leur efficacité ne résidait que dans l’apaisement de la douleur momentanément. La médecine moldue n’avait pas encore déniché la panacée instantanée. Tout à fait inutile, les bras ballants, le regard errant qui hésitait à se poser sur la scène infirmière ou à laisser un peu d’intimité, Cathal fit tout ce qui était en son pouvoir à ce moment-là, soit parler : « Vaudrait mieux le serrer avec un bandage... T’en as? Sinon, j’en ai sans doute un qui traîne quelque part dans le fond. »

Ezio hocha la tête en marmonnant qu’il en avait un et il se mit derechef à sa recherche. Une fois qu’il eut trouvé le bandage rose, il l’enroula autour de sa cheville bien enflée et serra le bout de tissu, afin de contenir l’œdème, étape plutôt désagréable qu’il effectua en silence. Il semblait embêté par sa blessure — qui ne l’aurait pas été — voire contrarié, irrité, et Cathal essaya de trouver de bons sujets de conversation pour lui changer ses sombres idées, mais rien de suffisamment intéressant ne lui vint à l’esprit, ainsi garda-t-il le silence et admira-t-il le paysage qui s’offrait à lui. Voilà bien longtemps qu’il ne s’était pas isolé dans la nature et cette pause de la vie 'normale' était baumatrice comme tout. Au fil des sommets d’arbres lointains que saisissaient ses globes oculaires, sa pensée divaguait sur un sujet central; comment se poursuivrait leur randonnée ?  Ezio n’avait rien dit quant à redescendre, mais combien de temps pouvait-il endurer la douleur, combien de pas sa cheville pouvait supporter de porter le bonhomme? Puis, Ezio se redressa, effectua quelques pas et dépassa Cathal qui fixait le cime du mont. Ce dernier interpréta le tout comme un signal de départ. En apercevant le propre sac d’Ezio, Cathal se souvint soudainement qu’il n’avait pas inversé son sortilège d’allègement et le remords le saisit :  Ezio s’en était-il aperçu? Pensait-il qu’il était un gros plein de soupe à la citrouille pour avoir trafiqué magiquement ses effets personnels? Il était probablement un gros à moitié de soupe — tentait-il de se justifier mentalement — puisque le but de la manœuvre avait été leur survie commune... Maintenant, il était trop tard pour remettre les quelques livres manquantes sans qu’il ne le remarque. Bon. Tant pis comme on dit. Il souhaitait ardemment que la tactique passât dans le beurre; il se sentait plutôt honteux à l’idée d’imposer de la sorcellerie à son ami qui l’évitait à tout prix. Penaud, Cathal trottina jusqu’à Ezio qui avait repris la marche.

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MessageSujet: Re: Athanatos [Cathal] Sam 9 Jan - 13:32

«La douleur c'est dans la tête.

Foutaise. »


Il remit son sac sur les épaules et serra les dents. Il n'avait jamais été douillet. Et son obstination avait toujours été plus forte que la plupart des douleurs. Il fallait avouer qu'il n'avait jamais été réellement et gravement blessé. Auquel cas, peut-être que son entêtement aurait lâché prise. Il tâcha de se concentrer rapidement sur autre chose et laissa son esprit vagabonder au gré de ses idées pour l'écarter aussi puissamment que possible des sensations qui étreignaient sa cheville et lui faisaient remonter le cœur dans la gorge.
Agrippé tel un naufragé aux bretelles de son sac, il serrait les épaisses lanières à s'en faire blanchir la jointure des mains. Il marqua alors un temps d'arrêt. Soupesa son sac de ses épaules, puis fronça les sourcils. Sa colonies de pierres – car, oui il devait bien y avoir quelques-unes – avait, soit perdu quelques membres actifs, soit entamé un drastique régime. Il avait suffisamment parcouru de distance avec son sac sur le dos pour en connaître parfaitement la masse. Et cette dernière avait changé. Il se tourna furtivement vers Cathal qui le suivait d'un air légèrement embarrassé. Son esprit tissa rapidement le lien qui unissait ce dernier à son sac. Il inspira profondément et ferma les yeux un court instant. Son cœur battait la chamade et il se sentait pris de nausées. La chaleur, la douleur, un brin de mauvaise humeur et de la honte sur un lit de dilemme moral, n'amélioraient en rien son état général. Il esquissa un sourire grimaçant en s'imaginant piquer une colère sombre pour ce qui n'était finalement pas bien grave et qui risquait bien de leur tirer une belle épine du pied – sans mauvais jeux de mots. - Il passa rapidement une main sur son visage pour tenter d'éradiquer la confusion mentale qui régnait en son esprit et menaçait son intégrité morale.

«Et puis tant qu'on y est, tu veux pas lui demander de régler le problème de ta cheville ? »

Il rouvrit les yeux brusquement et les leva au ciel, extirpé de ses pensées par sa propre audace.

«N'importe quoi... »

Sans un mot, il reprit la marche un peu plus rapidement, comme pour se punir de telles pensées. A chaque secousse, il lui semblait que sa jambe entière prenait feu. Les décharges de douleur remontaient jusque dans son dos, et résonnaient dans son crâne. Une fois encore, la voix de Saoirse se fit moqueuse à ses oreilles.

- Faut-il être borné et sacrément stupide pour endosser une douleur qui peut se régler d'un coup de baguette !

Le poète, se renfrogna un peu et poursuivit sa marche, tête baissée. Marmonnant plus qu'il ne récitait, quelques passages de Faulkner

-  … les batailles ne se gagnent jamais. On ne les livre même pas. Le champ de bataille ne fait que révéler à l'homme sa folie et son désespoir, et la victoire n'est jamais que l'illusion des philosophes et des sots.

«Et ta bataille à toi ? »

Il se retourna à nouveau brusquement vers Cathal, ouvrit une première fois la bouche puis se ravisa. Avant de l'ouvrir à nouveau en évitant soigneusement de regarder ce dernier dans les yeux. Les siens, sombres et douloureux cherchèrent un peu de réconfort dans les nuages qui se découpaient autour d'eux, formes cotonneuses sur un pourtour azuré.

- Je...

«Tu recommences à bégayer l'ami. »

- Ecoute, on n'en parle pas ok ? … Je veux dire, pas maintenant. Plus tard d'accord ?

Il plongea finalement son regard dans celui de son compagnon avant d'ajouter.

- En tout cas... merci.

Il se tourna à nouveau vers le sentier et avala la distance en serrant les mâchoires, bien décidé à ne plus se retourner avant d'avoir fait le vide et le tri dans les émotions les plus confuses qui l'avaient envahi.



- Sluagh ! Ça fait du bien ! Lança-t-il en plongeant son pied avec un soulagement non contenu dans les eaux froides du lac du Basto.

Il resta un moment ainsi , la cheville dans l'eau, son sac abandonné quelques mètres plus loin, les yeux fermés. Le chemin jusqu'ici avait été douloureux et chaotique. Il avait peu parlé, ce qui n'était pas très amical vis-à-vis de Cathal qui de son côté, avait fait de son mieux pour que la conversation se poursuive. Vagues tentatives pour distraire Ezio de sa douleur et de sa mauvaise humeur naissante. A travers les larmes avortées de soulagement – et de douleur aussi, même s'il était trop fier pour l'avouer – il aperçu Cathal un peu plus loin, au bord du lac, endroit qu'ils avaient choisi pour passer leur première nuit de campeur. Il fut soudainement saisi de remords pour avoir fait endurer une première journée éprouvante à Cathal où son côté taciturne avait pris le dessus. Il lui devait beaucoup. A commencer par des explications.
Il tâcha de mettre un peu son esprit et ses mots en ordre pour leur épargner à tout deux, la pénibilité et la gêne d'une nouvelle crise de confusion et bégaiements.
Il prit son temps pour laisser sa cheville baigner une bonne dizaine de minutes dans l'eau gelée, puis la banda à nouveau – de rose, merci Cathal - après avoir constaté que l'entorse n'était pas des plus sévère mais n'avait pas apprécié la journée de marche.
Il se remit enfin debout et rassembla le peu de courage qu'il réussit à trouver avant de se diriger vers son ami et de se laisser tomber sur une pierre à ses côtés.

- Je suis sincèrement désolé. Entama-t-il d'une voix basse. Je n'ai pas été d'une compagnie très agréable cette après midi. Je n'ai pas pour habitude d'être aussi maussade. Bien que je ne sois pas non plus le compagnon le plus enjoué.

Il soupira et laissa son regard profiter du crépuscule qui envahissait peu à peu la vallée. Il leur faudrait monter rapidement leurs tentes s'ils voulaient profiter d'un peu de lumière pour le faire.

- Je te remercie d'avoir allégé mon sac. Je pense que j'aurais été incapable de continuer sans ça. Et je crois que je te dois des explications un peu plus claires que tout à l'heure. Poursuivit-il. -Je ne suis pas très à l'aise avec ce sujet et la seule personne à qui j'en parle est ma petite sœur, alors il va falloir être indulgent. Murmura-t-il avec un petit sourire d'excuses.

Il prit une profonde inspiration et s'empara d'un petit caillou violacé qui traînait à ses côtés. Il le fit passer dans sa main gauche, puis dans la droite et le serra enfin avant de continuer.

- Il y a huit ans de ça... une personne que j'aimais... a été contaminée par le sérum H. Lors des attentats d'avril.D'où mon intérêt pour la chose.Sa voix se perdit en un filet. Je crois que, pour certain sorcier, la perte de la magie est une réelle perte d'identité... ça a été très … difficile.
Il marque une légère pause et s'appliqua à faire le vide en lui comme il l'avait appris. Laisser les émotions passer, ne pas les retenir, les laisser glisser et attendre que cela passe. Même quand ça ne passait pas.

- J'ai fait une promesse à cette personne, devenir comme elle et l'accompagner. Et je m'applique à la tenir depuis ce temps. Même si parfois, je conçois que la vie peut-être plus compliquée. Je n'ai rien contre la pratique de la magie. Si ce n'est qu'elle a une telle emprise sur les gens qu'elle les pousse parfois à croire que sans elle ils ne sont rien. Il leva le visage en soupirant avant de plonger ses yeux dans ceux de Cathal. Et je m'en veux chaque jour parce que je suis incapable de tenir entièrement cette promesse. Je n'ai déjà pas été foutu de réaliser la partie la plus importante... Quand au reste... Je n'ai plus de baguette, mais je suis sorcier. La magie est dans mes veines et s'invite que je le veuille ou non. Elle me conduit à tomber sur les créatures et les gens les plus étranges à chaque voyage et me pousse à faire des choses même quand je m'y refuse. C'est une promesse de lâche... mais voilà... Je ne peux plus la défaire maintenant. Sa voix s'étrangla.

Il détourna rapidement le regard et se leva brusquement, luttant à nouveau contre la morosité qui l'envahissait.

- On devrait monter les tentes murmura-t-il. Après, il fera trop noir. Et nous serons bien contents de trouver nos lits prêts en revenant de la dernière balade de la journée.

Le barde essuya ses mains sur son pantalon et fit quelques pas maladroits vers son sac qu'il empoigna vivement.

- Tu ne seras pas déçu, crois-moi. Si tu as … une veste ou quelque chose de chaud, prends-le. La nuit est fraîche par ici. Lança-t-il en tâchant de masquer le tremblement de sa voix.

Il enfila rapidement un pull noir à capuche. Cadeau de Saoirse pour ses 32 ans, puis entama de monter lestement sa tente avec les gestes précis et rapides d'un homme qui l'a fait un nombre incalculable de fois. Un peu plus loin, Cathal s'acharnait sur la sienne. Ezio avait commencé par ouvrir de grands yeux compatissants en voyant ce pauvre bout de toile – à pois violet irisés- malmené et menacé à chaque instant d'être empalé par l'un des nombreux piquets censés maintenir la structure. Il avait ensuite envisagé de proposer son aide à son compagnon puis s'était ravisé en captant un rapide coup d’œil - à la discrétion discutable- jeté par Cathal sur son propre montage. Il avait donc ralenti ses mouvements pour permettre à son ami de l'imiter sans avoir l'air de lui donner de conseils. Après son comportement de la journée, il pouvait au moins faire ça.  Lorsqu'enfin, ils eurent tous deux des abris pour la nuit, Ezio jeta son sac et son duvet à l'intérieur et en ressortit muni d'une lampe frontale dans la main gauche.

- Suis-moi. Lança-t-il à Cathal avec un clin d'oeil.

Il paraissait avoir retrouvé sa bonne humeur et son calme. Sa voix ne tremblait plus, même si son regard paraissait toujours lointain. Le poète boitilla légèrement, se dirigeant jusqu'au versant gauche de la baisse, tout en chuchotant à l'attention de Cathal.

- On l'appelle la baisse de Valmasque à cause d'une vieille légende locale. Raconta-t-il. On dit qu'il y a bien longtemps, vivait ici une sorcière nommée Masca. Elle élevait des chevaux. Les moldus qui habitaient le village que nous avons vu plus tôt dans l'après midi, la rendaient responsable de tous les maux qu'ils avaient à endurer. Il paraît qu'elle récupérait les animaux morts du village et les ramenait chez elle pour les faire revenir à un semblant de vie. Certains racontent qu'elle aurait trouvé un étranger mort au pied d'une falaise. Quelques jours plus tard, ils affirment qu'un des habitant avait vu le visage de l'homme derrière la fenêtre de la jeune Masca, le regard vide, mais se tenant debout.  Les gens du village trouvaient que même ses chevaux avaient des comportements étranges . Il faut dire que les bêtes étaient particulièrement grandes et majestueuses et que leurs pelages semblaient luire d'une lueur peu naturelle. Ils étaient aussi têtus que... ma foi, qu'un barde avec une entorse malvenue, ajouta le poète en souriant, légèrement honteux et ne se laissaient jamais approcher par d'autres personnes qu'elle. Les villageois voyaient cet élevage d'un mauvais œil et nombreux étaient ceux qui avaient peur de la jeune Masca. Une année où la récolte fut particulièrement misérable et entraîna une famine drastique, ils se liguèrent contre elle et la chassèrent de leur village à coup de pierres en l'accusant d'être la cause de tous leurs malheurs. Ils lui promirent lapidation si elle remettait les pieds au village et l'abandonnèrent dans cette vallée déserte. Elle devait avoir tout juste 17 ans à l'époque. Et plus personne n'entendit parler d'elle. On dit qu'elle mourut la nuit même, dévorée par un lynx des montagnes, maudissant les hommes foulant cette terre. D'autres disent qu'elle succomba au froid. Certains estiment que ce ne sont que des légendes. Mais, les sorciers qui passent ici... sont assez réceptifs aux sortilèges du secteur. Écoute et regarde. Murmura Ezio.

Il s'abrita derrière un rocher et éteignit sa lampe frontale, avant de faire signe à Cathal de le rejoindre.

- Je n'ai aucune idée de ce qui lui est arrivé, murmura le jeune barde, -mais je peux t'assurer qu'elle a bien existé. Souffla-t-il en désignant le versant d'une montagne face à eux.

Sortant majestueusement de derrière les rochers sombres, un troupeaux de licornes à la taille impressionnante s'avançait l'air aux aguets. Leur pelage luisait dans la nuit, laissant se découper autour de chaque bête un halo pâle qui semblait être une invitation à se rapprocher.
Les yeux rivés sur les créatures, Ezio, le souffle coupé, ne parvenait pas à en détacher son regard sombre. Comme envoûté.

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Athanatos [Cathal]
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