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Contes et légendes d'un monde oublié [Ezio]

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MessageSujet: Contes et légendes d'un monde oublié [Ezio] Ven 17 Avr - 15:09

-
Contes et légendes d'un monde oublié. Le titre est évocateur.
Si je pensais m'ennuyer pendant que Justin passe le week-end au loin et alors que pas une de mes sœurs n'a pu se libérer pour passer deux jours avec moi chez les parents, il y a ce petit ovni, venu de nulle part, qui s'est posé sur la vitre de mon Austin. Un flyer tout simple. Un nom, un lieu, une date. Ezio Shepherd. Contes et légendes d'un monde oublié. Mercredi 30 décembre. Ce soir. Dans le seul pub de Shoreham-by-sea qui m'ait jamais plu. La coïncidence est trop énorme.
-.




Dans la foule qui se presse aux abords du pub, je suis en mode guetteuse. J'essaie de deviner qui Ezio Shepherd peut bien être. J'aime à voir les gens en dehors de leur rôle. Par exemple, j'ai toujours adoré surprendre mes profs dans leur vie d'adulte normal. Je crois pas que je suis une voyeuse ou que j'ai une curiosité mal placée. J’aurais pas été jusqu'à les suivre chez eux ou faire le pied de grue pendant des heures à la sortie du lycée. Stalker, c'est pas tellement mon truc. Mais ça me plaisait (et ça me plaît toujours) de capturer un instant de leur vie où ils ne sont plus mes profs, mais un homme, ou une femme, avec un amoureux, des enfants peut-être, un chien ou trois poissons rouges.

Et là, j'ai juste envie d'avoir un aperçu de celui qui va nous embarquer les oreilles pas plus tard que tout à l'heure.
Je l'imagine grand, très mince. Presque trop. Le cheveu long et rebelle et l'air évanescent de celui qui gravite entre deux univers. Le regard très sombre, farouche et charismatique. L'image s'est formée dans ma tête au cours de cette après-midi interminable. Depuis la découverte du flyer, je pense qu'à ça, à croire que je suis envoûtée. C'est à n'y rien comprendre. Je suis enthousiaste, presque fébrile depuis des heures. On dirait une gamine lors de sa première sortie sans les parents.

Je ne sais pas, c'est peut-être le mystère qui entoure le personnage.
En parfaite citoyenne anglaise du XXIème siècle, j'ai été farfouiller sur le net, voir si je trouvais des infos sur lui. Mais soit il a vécu les vingt dernières années dans une cave au fin fond du Tibet, soit c'est un anonyme total. Peut-être un gamin du lycée qui va nous déclamer une prose médiocre en se prenant pour le nouveau Conan Doyle. Je suis pas sûre de survivre à ça.

Je m'assieds, pourtant, dans un coin de la salle minuscule. Pas trop loin de la porte si j'ai besoin de m'esquiver.
Dans mon sac, je tripote mon baladeur mp3. J'ai trop envie d'immortaliser l'instant, mais j'arrive pas à savoir pourquoi. Il y a quelque chose dans l'ambiance, ce soir, qui me hérisse le poil. Mais au bon sens du terme. Le frisson magique quoi. L'atmosphère est feutrée. L'éclairage habituel a été remplacé par quelque chose de plus... mystérieux !

C'est ça. C'est exactement ça.

J'en reviens pas d’avoir mis le doigt dessus ! C'était ça le mot que je cherchais, que j'avais sur le bout de la langue sans réussir à le cracher. Le mystère. Toute cette affaire est enrobée d'un parfum de mystère, et il faut croire que j'aime ça.

La maigre population de la salle se tait tout d'un coup.

Un homme vient d'apparaître.

Tellement différent de ce que j'avais imaginé. Tellement. Sauf le regard. Il a exactement les yeux que je pensais.
Il n'a pas encore ouvert la bouche, mais je sais déjà que je serais la dernière partie tout à l'heure.
Je sais déjà que je vais inventer n'importe quoi pour l'approcher. Une seconde. Deux minutes.
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MessageSujet: Re: Contes et légendes d'un monde oublié [Ezio] Mar 21 Avr - 17:56

« N’écoute les conseils de personne, sinon du vent qui passe et nous raconte les histoires du monde. »
Claude Debussy

« Peut-être leur a-t-on trop raconté d'histoires ? Trop de magie ? Ou peut-être est-ce mon dernier souvenir de conteur auprès des petits sorciers qui date un peu... mais je trouve les enfants moldus bien plus intéressés par nos histoires que ceux qui ont baigné dedans.
Voilà quatre soirs que je m'installe près de l'âtre chez Franck et Sarah, les gérants du Lemon tree, et que je passe la soirée en compagnie de leurs deux enfants. Le premier soir, nous n'étions que tous les trois. Le second, Sarah nous a rejoint après son service. Au troisième, les enfants avaient proposé aux voisins d'écouter mes histoires, tandis qu'un ou deux clients étaient restés, malgré la fermeture, pour connaître la suite. Le quatrième soir, Franck me demandait un service que j'acceptai de bon cœur.
C'était sans compter sur les flyers.
Une idée de Sarah probablement.
J'ai croisé le premier sur le capot d'une Audi. J'ai failli m'étrangler... »



- On en a parlé à deux trois copains qui étaient intéressés. Ils en ont parlé à quelques potes … et puis on s'est dit après tout, pourquoi ne pas en faire profiter la ville ?

Ezio avait sourit. Peu de chance qu'un flyer sur les légendes anciennes attire la foule. Mais tout de même... Un flyer...
Dommage qu'il ait laissé sa harpe chez Saoirse. Dans le cas contraire il aurait pu prétendre à un concert privé avec publicité sur le pare-brise des voitures locales.

Il avait débarqué à Shoreham-by-sea la semaine précédente, un peu par hasard, au gré des rencontres effectuées. Saoirse disait qu'il passait ses journées à ne rien faire, quand lui trouvait son emploi du temps fort chargé. Au cours sa semaine Shorehamienne, il avait parcouru la ville en tous sens, discuté avec les pêcheurs du port, visité l'église Saint-Nicolas, avait fait un saut jusqu'à Brighton et avait écrit. Beaucoup. Après quelques semaines à peine de bougeotte, il sentait le fourmillement familier de son esprit qui lui lançait des avertissements créatifs. Il fallait se rendre à l'évidence, écrire n'était pas un don. Plutôt un moyen de survie.

Il était tombé sur Franck et Sarah le samedi même de son arrivée, attiré par la façade du Lemon tree. Il en avait poussé la porte et de fil en aiguille, s'était retrouvé invité le soir même à passer la nuit dans l'une des quatre chambres de l'étage. Le couple venait d'Irlande et avait racheté le petit troquet trois ans auparavant. Ils en avaient fait un pub charmant, où la tradition irlandaise se ressentait à travers le mobilier boisé et l'ambiance chaleureuse. Une immense cheminée était logée dans un angle et promettait aux voyageurs de douces nuits d'hiver au coin du feu. C'est au pied de cette même cheminée qu'avaient commencé les légendes du monde oublié, sous les oreilles attentives et les yeux brillants de Moira et Pinckney.

Le feu crépitait dans l'âtre et conférait aux visages des ombres qui donnaient à chacun des allures de tableaux vivants. Au fond de la salle, sur un tabouret à côté de Sarah qui préparait les consommations pour cette « si excitante soirée » Ezio observait les curieux qui étaient entrés. Moira et Pinckney avait eu le droit de veiller et semblaient avoir rameuté la moitié des enfants du voisinage. Il reconnu également, quelques marins avec qui il avait discuté la veille, des amis de Franck qu'il avait aperçu plusieurs fois dans le pub, la drôle de jeune femme qui logeait dans une autre des quatre chambres au-dessus et ne semblait pas mettre le nez dehors, deux trois couples probablement arrivés ici par le plus grand des hasards et quelques personnes seules.  

Sarah et ses grands yeux verts lui adressèrent un petit sourire d'encouragement qu'il lui rendit. Il ne se sentait pas impressionné. Plutôt curieux. Il affectionnait particulièrement l'ambiance du pub. Feutré et douce. S'il aimait particulièrement raconter des histoires, il prenait encore plus plaisir à  observer les réactions déclenchées par ses récits. Il lui faudrait adapter son répertoire aux jeunes oreilles et peut-être garder les histoires de Banshee pour la toute fin de soirée.
La grande habitude de conter en public lui avait octroyé une démarche assurée et un air paisible, avec peut-être  le désir et l'avidité farouche de partager ces instants. Il traversa la petite salle, le coeur battant et se percha sur le tabouret près de l'âtre, déposé-là par Franck à son attention.
Un étrange frisson parcouru l'assistance qui se tut alors. Il prit le temps de dévisager les hommes et les femmes qui se tenaient là, de s'imprégner de leurs émotions. Puis sa voix s'éleva, profonde et grave.

- Puisse le chemin monter à ta rencontre,
Puisse le vent souffler dans ton dos,
Le soleil briller chaud sur ton visage,
La pluie tomber douce sur tes champs,
Et jusqu'à notre prochaine rencontre,
Que le Dagda te tienne dans le creux de sa main !


C'était la bénédiction du conteur. Il esquissa un geste de sa main gauche envers l'assistance, effleura son front, puis la posa brièvement sur son cœur.
Du coin de l'oeil, Ezio vit Sarah se signer.

Après avoir invité chacun et chacune à réagir et commenter ses récits, il entama le voyage, le cœur gonflé d'une énergie qui n'était plus la sienne.


- Bhí sin ann agus is fada ó bhí... C'était autrefois, il y a bien longtemps...
Il y avait un roi du nom d’Arthur. Il avait combattu ses ennemis avec succès et établi sa souveraineté sur toute l’île de Bretagne. Mais il avait une femme qu’on appelait Guenièvre, et qui était d’une grande beauté. Beaucoup de guerriers qu’Arthur conduisait au combat avaient les yeux fixés sur la reine, et peu nombreux étaient ceux qui n’avaient pensé ou souhaité se faire aimer d’elle.
Parmi ceux-ci, il y avait un homme du nom de Mordred. Il était courageux et bon cavalier. Il fut longtemps l’ami d’Arthur qu’il suivait dans toutes ses expéditions. Ensemble, ils se taillèrent de beaux succès au détriment des Saxons et des Gaëls d’Irlande qui voulaient établir leur domination sur l’île. Longtemps, ils furent alliés pour engager de lointaines expéditions de l’autre côté de la mer. Mais Mordred jalousait Arthur et aurait bien voulu prendre sa place, non seulement sur le trône, mais également dans le coeur de la reine Guenièvre.
Or, il fut un temps où Arthur, à la tête de ses cavaliers, dut aller guerroyer dans des pays lointains. Avant de partir, il avait confié son royaume à son compagnon Mordred, à charge pour lui d’y faire respecter l’ordre et la justice. Mais Mordred vit là l’occasion tant de fois souhaitée.

Quelques jours plus tard, il fit annoncer par tous les villages que le roi Arthur avait péri dans une bataille et qu’il avait été choisi pour être son successeur. Il s’empara sans vergogne des trésors qu’Arthur avait accumulés dans la forteresse de Tintagel et manifesta son intention d’épouser la reine Guenièvre.

Cependant, Arthur avait encore ses fidèles à l’intérieur du royaume. L’un de ceux-ci passa la mer et vint le trouver pour lui rendre compte de la situation. Arthur entra dans une violente colère.

- Puisqu’il en est ainsi, s’écria-t-il, je le combattrai jusqu’à la mort ! Il n’y a rien de plus odieux que de trahir son roi !

Sans perdre de temps, il fit rassembler ses troupes, les fit embarquer et aborda dans l’estuaire de la rivière Fowey. Là, il demanda des nouvelles et apprit que Mordred avait constitué une puissante armée, non seulement avec ses propres partisans, mais encore des Pictes, ennemis acharnés d’Arthur qu’il avait souvent vaincus, et des Irlandais à qui l’usurpateur avait promis des terres et des richesses. De toute évidence, Mordred était bien décidé à s’opposer à Arthur et à lui interdire l’accès de son propre domaine. Les deux armées se recentrèrent quelque part du côté de la rivière Camel, et ce fut un épouvantable massacre de part et d’autre. Et Arthur, entouré d’une poignée de survivants, dut s’enfuir vers l’ouest, poursuivi par de nombreux cavaliers que Mordred avait tenus en réserve et qu’il lâchait maintenant contre son ancien compagnon.
Arthur connaissait bien le pays : son intention était de se réfugier dans les montagnes de Lyonesse, en un promontoire qui s’avançait très loin dans la mer et qui était facile à défendre. Le pays de Lyonesse, avec ses nombreuses vallées, était riche en troupeaux qui pâturaient sur de magnifiques herbages. Et, au débouché des vallées, s’abritaient des ports bien fréquentés par des navires qui venaient de partout, apportant sans cesse d’abondantes marchandises et chargeant de l’or, du cuivre et de l’étain.
Ce fut donc dans cette direction que le roi vaincu entraîna ses compagnons. Mais leurs chevaux étaient épuisés et ils perdaient du temps. Derrière eux, les cavaliers de Mordred se précipitaient avec une sorte de rage, désireux d’en finir une fois pour toutes et de massacrer les survivants.

Arthur s’arrêta sur la falaise qu’on nomme Lizard et examina la situation : il se voyait perdu, car il ne doutait pas qu’il serait rejoint tôt ou tard par des ennemis attachés à sa perte. Il lui souvint alors qu’autrefois il avait eu un sage conseiller qui accomplissait des prodiges. C’était le prophète Merlin. Mais Merlin avait disparu depuis bien longtemps et nul ne savait où il se trouvait. Cependant, Arthur se mit à appeler Merlin à haute voix.

On vit bientôt apparaître un vieil homme, vêtu comme un bûcheron, dont la cagoule laissait passer d’abondantes touffes de cheveux gris. Il s’avançait vers le roi d’un pas très lent, en s’appuyant sur un bâton de coudrier.

- Merlin, est-ce vraiment toi ? demanda le roi.

- Oui, répondit l’homme, c’est bien moi, et je viens à ton aide, roi Arthur, comme je le suis venu souvent autrefois, car c’est la volonté de Dieu que tu sois protégé de la fureur de Mordred. Va sans crainte jusqu’au bout du pays de Lyonesse, mais uniquement sur les hauteurs. Je t’en conjure : ne reste pas dans les vallées, car il t’arriverait bien des malheurs et des désagréments. Ne pose pas de questions et obéis. Je vais faire en sorte de te sauver et de punir ceux qui ont eu l’audace de se dresser contre toi.

Arthur ordonna à sa petite troupe de se précipiter en avant. Quand il les eut vus disparaître le long des crêtes, l’homme qui avait dit être Merlin s’en alla sur le plus haut rocher qu’il put trouver et regarda l’horizon.
C’est à ce moment que Mordred arriva à la tête de ses cavaliers. Il s’arrêta un instant et cria :

- Holà ! l’homme ! as-tu vu passer Arthur et ses hommes ? Dans quelle direction sont-ils allés ?

Celui qui disait être Merlin leur indiqua le pays de Lyonesse.

- Ils se sont réfugiés dans les vallées, dit-il alors, en espérant que vous ne les découvrirez pas. Vous pouvez les surprendre si vous évitez les crêtes !

Sans plus attendre, Mordred et les siens se précipitèrent dans la direction indiquée, prenant bien soin de suivre les vallées profondes. Quand il les vit disparaître, l’homme qui se disait Merlin leva les bras vers le ciel et prononça d’étranges paroles qui se répercutèrent dans tous les échos des collines.
Aussitôt, le ciel se couvrit de nuages abondants, le vent se mit à souffler en tempête et la terre trembla. Pendant quelques instants, ce fut effroyable. On eût dit que le ciel s’effondrait et que la terre se soulevait, allant à la rencontre du ciel. Et la mer, jusque-là très calme, se déchaîna à son tour et déferla sur le pays de Lyonesse, en une tourmente qui paraissait ne devoir jamais finir.

Dans le Pays de Lyonesse, il y avait un jeune seigneur du nom de Trevelyan, qui appartenait à la riche famille des Vyvyans. Il se trouvait alors en son manoir, près de la mer, sur un petit promontoire. Au moment où la terre trembla, il entendit une voix qui ne venait de nulle part, une voix surnaturelle qui disait :

- Trevelyan ! Trevelyan ! si tu veux être sauvé, saute sur ton cheval blanc et fuis, car ce pays est condamné !

Sans réfléchir davantage, sans même mettre en doute l’avertissement qu’il venait de recevoir, Trevelyan se précipita dans l’écurie du manoir, sauta sur le magnifique cheval blanc qu’il possédait, et se mit à galoper éperdument vers les pentes des montagnes. Des tourbillons de pluie et de vent l’aveuglait, la terre s’ouvrait sous les pas de son cheval, mais celui-ci, comme aidé par un guide invisible, les franchissait sans peine. Et lorsque les vagues de la mer s’élancèrent à l’assaut des montagnes, le cheval passa au travers, hennissant plus fort encore que le tonnerre. Cela dura longtemps, longtemps, et enfin, la tempête se calma et le ciel redevint très bleu.
Épuisé, Trevelyan arrêta son cheval blanc et tourna ses regards en arrière. Il fut stupéfait : il se trouvait sur le promontoire qu’on appelle maintenant le cap Lizard, mais au-delà, à l’emplacement du beau pays de Lyonesse, si riche en cités et en verts pâturages, il n’y avait plus que la mer aux vagues écumantes, parsemée parfois de quelques petites îles qui se perdaient dans la brume. *


Un murmure discret parcouru l'assistance. Les légendes Arthurienne étaient parmi les favorites du peuple britannique. Quelques questions timides furent posées par les enfants, tandis que les autres n'osaient pas encore. Cela viendrait plus tard, au cours de la soirée.
Ezio y répondit avec passion et ferveur , abordant un sourire charismatique qui éclairait son visage et faisait pétiller ses yeux sombres. Déjà Pinckney, exempt de la timidité des adultes, réclamait sa préférée, la légende de Lugh. Ezio lui adressa un clin d’œil et  sourit à Sarah qui lui portait une bière. Il la remercia à voix basse. Elle pouvait en effet compter sur son fils cadet pour dessécher la gorge de n'importe quel barde, aussi aguerrit fut-il .


Spoiler:
 

*Extrait de Contes et Légendes des pays celtes de J. Markale
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MessageSujet: Re: Contes et légendes d'un monde oublié [Ezio] Dim 17 Mai - 12:32

Deux heures plus tôt, je pensais que le voile du mystère allait se lever d'un seul coup pour me laisser face à une réalité tout ce qu'il y a de plus banale.

C'est exactement le contraire qui s'est produit. Je me suis laissée happer par la cadence fluide des mots, l'odeur âcre et légère des bougies, le verre d’hydromel (qui boit encore de l'hydromel de nos jours?) qu'on m'avait collé entre les doigts, et les mains de cet Ezio Shepherd qui étaient tout simplement envoûtantes. Elles faisaient plus qu'accompagner le flot verbale, elles soulignaient, suggéraient, nuançaient, racontaient une histoire que la langue anglaise était incapable de traduire.
Et à mesure que je me laissais ensorceler, il me semblait m'égarer plus loin dans le mystère. Je n'y voyais pas plus clair, il me semblait même que je perdais un peu la conscience de moi et que je me fondais dans ce grand flou où mes repères disparaissaient. Le réel s'effaçait devant mes yeux. J'aurais dû détester ça. C'était tout le contraire. La voix du conteur était un lien, tendu entre ma réalité et cet autre monde qui s'ouvrait à moi, pour un instant seulement.
Il y avait quelque chose de magique dans cette soirée. Je n'arrivais pas à mettre le doigt sur ce dont il s'agissait, mais, maintenant que la normalité me retombe dessus comme un poids mort, je dirais que pendant cette soirée, j'ai été touchée par quelque chose d'intemporel, un petit moment hors du temps et de sa course. L'atmosphère qui me baignait me rappelle un peu ce goût très spécial qu'a Noël quand on croit au Père Noël. J'avais le sentiment de toucher du doigt à quelque chose qui nous dépasse et la gratitude immense qu'on veuille bien m'embarquer dans ce voyage.

Le public du pub était en phase avec moi.
Je ne me souviens pas d'une soirée où il n'y avait pas quelques crétins pour jurer à voix haute, faire les malins ou se chuchoter des bêtises, d'une voix qui portait loin. Pas ce soir. Tout le monde avait semblé vibrer au même diapason. Pas un bruit, pas un murmure pour rompre le charme. Et sur tous les visages, ce même air, fasciné, captivé. Apaisé.

Je peux vous parler pendant des lustres de ces deux heures trop brèves. J'arriverai jamais à rendre justice ni à cette soirée, si à ce pub, ni à ce Shepherd sorti de nulle part. Peut-être que lui saurait décrire le tout, mais moi, j'ai pas son talent pour les mots.

Je le sais depuis que je me suis assise dans ce pub et que mon regard est tombé sur Ezio Shepherd. Je le sais depuis qu'il a ouvert le bouche et qu'il ne lui a fallu que deux mots pour m'embarquer avec lui. Pourtant, je suis la première surprise à me retrouver là, à m'attarder.

Dès que les applaudissements, nourris, nombreux, et pourtant, paradoxalement respectueux, ont cessé, quelques uns d'entre nous se sont approchés. Peut-être pour toucher ce phénomène ambulant et poétique. Peut-être pour échanger deux mots et avoir l'impression d'avoir capturé un peu de ce mystère. Peut-être pour prolonger encore la trêve qu'il nous avait offert dans la lassitude du quotidien.
Moi, je ne veux pas me mêler à cette foule. Je suis ridicule. Je suis capricieuse. Mais je veux l'avoir pour moi toute seule. Je veux que ses yeux me regardent, moi, sans être distraits par ceux qui pourraient m’entourer. Je veux que si il me parle, ses mots me soient destinés. Je suis capricieuse. Je suis ridicule.

Alors je finis mon verre, scrupuleusement. Jusqu'à la dernière goutte. Je n'y ai pas touché de la soirée et je me découvre la gorge sèche. Je me sens un peu fébrile, je crois aussi.

Je pourrais sortir mon blackberry, en attendant, jouer à un jeu débile, lire les quinze messages que Justin n'aura pas manqué de m'envoyer. Je pourrais. Je ne le fais pas. Je préfère laisser mon portable dormir dans mon sac. Il me paraît juste inconcevable de renouer avec la technologie moderne. Dans ma tête, j'ai encore des images de galops effrénés, de bois obscurs, de créatures mythiques... Et ça ne colle tellement pas avec mes petites habitudes routinières.

Enfin, après une attente d'une longueur infinie, le dernier quidam s'en va sur une salutation paisible.
Et je me retrouve stupide. Calée sur ma chaise. A croire que j'y suis collée. je ne trouve pas la force ou la volonté de me lever.

Allez, Anastacia Grant, allez !

Il n'y a plus que lui. Et moi. Avec un grand espace entre nous. Avec mes yeux qui sont collés sur lui. Et un nœud formidable dans ma gorge.
Pourtant, je suis tout sauf timide. Même pas un tout petit peu réservé. Quand j'ai quelque chose à dire, je le dis. C'est souvent moi qui me tape le sale boulot de l'émissaire à la fac quand il s'agit de supplier un prof de nous accorder un délai supplémentaire pour notre essai. C'est souvent toujours moi qui appelle le plombier, l'électricien ou la compagnie du gaz quand il y a un problème à l'appart. Même le discours de demoiselle d'honneur au mariage de ma sœur, dans quelques mois, me fait pas peur.
Alors pourquoi je perds tous mes moyens, comme ça ? Et maintenant ?

C’est pas si compliqué, pourtant. Bonsoir, je m'appelle Stacy Grant, je suis étudiante et je prépare un mémoire sur les littératures de l’imaginaire et leurs sources dans le quotidien.. Je l'ai dite combien de fois, cette phrase, déjà ? Dix ? Quinze ? Cinquante fois ?
Mais les mots restent bloqués. Comme le moindre de mes gestes.
Je serais hypnotisée que je me sentirais pas plus ridicule.

Cet homme m'impressionne. Me fascine. Et m'attire inexplicablement.
Curieuse combinaison. Improbable combinaison.
Je suis dans de beaux draps.

HJ: mea maxima culpa pour le délai.
Mais ce sujet me plaît beaucoup. Au carré. J'avais pas envie de tout foutre en l'air. Petite appréhension, donc.
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MessageSujet: Re: Contes et légendes d'un monde oublié [Ezio] Lun 25 Mai - 14:14

Combien de temps avait-il parlé ? Il aurait été bien en peine de l'avancer. Peut-être en partie était-ce dû à l'absence de montre à son poignet ou d'horloge dans le pub. Le temps n'avait jamais eu beaucoup d'importance à ses yeux. Dans tous les cas il filait, toujours bien trop vite à son goût.
Peut-être était ce également du au fait que lorsqu'il entamait ses histoires il semblait être habité par un autre que lui. Des dizaines d'autres pour tout dire. Ce qui pouvait frôler la schizophrénie, la folie ou tout ce qu'on voulait, ça lui était complètement égal. Alors que les mots franchissaient sa bouche avec une aisance qui l'abandonnait dès qu'il s'agissait de parler de lui, son esprit se perdait dans des images qu'il formait exprès pour l'occasion. Un mélange de lieux qu'il avait visités et d'autres purement inventés. Il entendait parfois la musique de ses propres images, même lorsqu'il n'en jouait pas. Ses yeux se perdaient alors dans le regard de ses interlocuteurs, si profondément qu'il lui semblait alors les connaître un peu. Avec tout ce que ça impliquait d'intime.S
La jeune femme qui logeait au-dessus avait abandonné quelques instants son air fermé et revêche pour une expression douloureuse qui l'avait saisit au cœur. Il eut envie de lui parler. Mais à peine eut-il finit qu'elle esquissa un « merci » du bord des lèvres et se réfugia à l'étage. Les enfants, bouches ouvertes, avaient les yeux qui pétillaient encore d'images de landes où l'on chevauche sans se soucier du temps qu'il fait ou du jour que l'on est.
Moira et Pinckney furent les premiers à venir à lui lorsqu'il posa les derniers mots tels le point final d'une histoire. On prend vite des habitudes en quelques jours. Moira se blottit contre lui tandis que Pinckney s'accrochait à son bras en réclamant « plus encore ».
Il rit de bon cœur à leurs frimousses avides de toujours plus. Ils lui manqueraient. Tout comme la douceur de Sarah.
Cette dernière intervint discrètement et souffla quelques mots à l'oreille de ses enfants. Ils obtempérèrent aussi rapidement que peuvent le faire des enfants de cet âge là – c'est à dire en freinant des quatre pieds tout en gardant un œil sur les mains lestes de leur mère, présence des copains oblige-. Quelques autres personnes vinrent alors lui adresser deux trois mots, des remerciements qui le firent un peu rougir, parfois quelques questions sur son parcours auxquelles il répondait de manière aussi évasive que possible dans un sourire poli. Un à un, les clients quittèrent la pièce dans un silence qui aurait pu être pesant mais qui n'en fit rien, optant pour le côté feutré. Un mot gentil à Sarah – murmuré tout au plus-  qui avait entrepris de débarrasser les tables, une accolade à Franck et chacun sortait au son du petit carillon de la porte.

Lorsque la plupart furent parti, Ezio s'étira de tout son long et observa la salle étrangement grande avec ses tables solitaires. Il ne restait plus qu'une cliente et Sarah qui finissait de nettoyer ses verres. Elle jetait d'étrange coups d’œils à la jeune femme qui restait assise à sa table. Dans le dos de cette dernière, elle fit un petit signe interrogatif à Ezio, en la désignant du menton.
Il porta son attention sur la jeune femme attablée devant son verre vide. Il l'avait remarquée alors qu'il entamait ses récits. Il avait trouvé étrange et amusant qu'une jeune femme vienne à une telle soirée, seule. Il s'était imaginé qu'elle avait atterrie dans ce pub par hasard et n'avait osé en repartir par crainte de se faire trop remarquer. Elle était parée d'un regard immense et pénétrant. Bleu et vert. Rivé sur lui comme s'il cherchait à le transpercer de part en part. Il eut un léger mouvement de surprise. Elle paraissait cramponnée à sa chaise comme à une bouée de sauvetage tout en arborant l'expression d'un chat prêt à vous sauter au visage.
Il tenta un petit sourire amical et attrapa le tabouret qui lui avait servit de perchoir pour aller le reposer à sa place.
Franck qui avait monté les autres chaises alla embrasser sa femme derrière le comptoir et lui murmura quelques mots auxquels elle répondit d'un air entendu. Il traversa ensuite le pub d'un pas nonchalant et accorda une bonne bourrade dans le dos d'Ezio. Chez les irlandais, on appelle ça un signe de remerciement. Le côté écossais d'Ezio l'accueilli tel quel, non sans en ressentir une légère douleur entre les omoplates. Les yeux de Franck se plantèrent dans le regard sombre du poète qui y lu d'autres remerciements -moins cuisants- mais qui le touchèrent encore plus que des mots ne l'auraient fait.

Ne restait plus que Sarah et la jeune femme.
Il constata que cette dernière le regardait toujours avec insistance. Partagé entre un peu d'appréhension et une étrange envie d'aller lui parler pour confirmer ses suppositions quant à sa présence – et peut-être aussi parce qu'elle l'intriguait tout court- il gagna un peu de temps à observer le feu qui se mourrait dans l'âtre. Il sentait encore sur sa nuque le regard de la jeune cliente dont il observait discrètement le reflet dans la vitre.
Elle était vêtue d'un Sweater gris-vert, portait de longs cheveux châtains qui encadraient un visage empreint de douceur et de force à la fois. Elle avait un air déterminé mais n'esquissait aucun mouvement. Il se surpris à penser que peut-être... elle attendait.

"Qui ? Ou quoi ?"

A l'évidence, elle n'attendait pas Sarah, qui commençait à montrer des signes d'impatience, établissant un stratégique chemin de ronde entre la réserve et le bar.

"Moi ?"

Il s'appuya un instant sur le linteau de l'immense cheminée et ferma les yeux. Il se sentait à la fois vide et bien. Pas empreint de ce vide qui vous prend à la gorge. Celui du bien-être. Lorsque l'esprit se débarrasse des questions sans réponses qui vous bouffent la vie. Celui qui vous laisse le temps de respirer, d'apprécier le moment, de ressentir, de vivre. Il apprécia le silence qu'avait laissé derrière elle sa propre voix.
Lorsqu'il rouvrit les yeux, il chercha immédiatement le reflet de la jeune femme dans la vitre. Il était persuadé qu'elle serait partie et fut étonné – et force d'admettre un peu soulagé-  de constater que ce n'était pas le cas.
Il poursuivit son observation un peu lâche, réalisant que de son côté, elle n'avait pas détaché son regard de lui. Il se retourna alors et planta à son tour son regard sombre dans les yeux bleus. A moins qu'ils ne soient verts. Ou bleus-verts. Pour tout dire, il peinait à leur donner une couleur. Il resta ainsi un instant puis se décida à franchir les quelques pas qui les séparaient.

- Bonsoir. Je peux m'asseoir un instant ?

Après une légère pause de quelques secondes - où il eut soudainement peur qu'elle refuse le prenant pour un dragueur de comptoir en culotte courte- elle finit par répondre :

- Oui. Bien sûr.

Il tira une chaise à lui et s'assit face à elle, un peu gêné de l'aborder ainsi.
Sarah, qui revenait une dernière fois de la réserve lui lança un œil mi-amusé, mi-surpris et ne put s'empêcher de s'approcher d'eux.

- Je vous sert un dernier verre ? Ezio, tu voudras bien fermer après... votre … discussion ? Je vais monter, je crois.

Typiquement le genre de discours qui pouvait le mettre à l'aise. Il était déjà prêt à se remettre debout pour éviter toute ambiguïté quant à ses intentions lorsqu'il entendit la jeune femme répondre.

- Pourquoi pas ?

Avant qu'il ne se soit décidé à ouvrir la bouche à nouveau, Sarah revint avec un bouteille d'Hydromel – préparées pour la soirée - et deux verres qu'elle posa devant eux.

- Je vous laisse. Tu remettras la clé derrière le comptoir s'il te plaît ?

Il acquiesça, toujours en silence. Elle lui sourit, avec dans les yeux ce qu'il décela comme un fond de mélancolie, puis elle lui toucha le bras et salua enfin la jeune femme d'un signe de tête avant de sortir de la pièce. La porte se referma sur le fantôme de Sarah dont ils entendirent le pas léger grimper les marches qui menaient à l'étage.

- J'espère que je ne vous ennuie pas. … Je … me sentais un peu observé.Confessa-t-il en baissant les yeux vers son verre.



HJ: Aucun problème.
J'aime beaucoup ce sujet aussi... quant à la petite appréhension, je compatis en toute connaissance de chose. Wink


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MessageSujet: Re: Contes et légendes d'un monde oublié [Ezio] Mer 5 Aoû - 2:33

C'est débile, mais je m'attendais pas à ce que sa voix soit la même une fois sorti de scène. C'est plus fort que moi, je tressaille. Un peu. Juste assez pour passer inaperçue. Son timbre chaud, calme et profond, a presque quelque chose de troublant, dans la vraie vie.

Et avant que vous me disiez quoi que ce soit, oui, je suis mariée. Je suis pas devenue sourde et aveugle avec mon « I do » pour autant.

Quand ses yeux me tombent enfin dessus, je veux dire pour de bon, je me sens rougir. Ça m'est pas arrivé depuis un paquet d'années. Je souris pour donner le change. Un petit sourire tremblant qui est tellement pas ma marque de fabrique que j'ai l'impression que ça me secoue intérieurement.
Je voudrais reprendre le contrôle de la situation. Pas vraiment. J'aime ce petit moment hors du temps, qui m'échappe un peu. C'est tellement rare de se laisser happer par l'impalpable, l'indescriptible.

Je rougis. Je souris. Mais je reste muette.
Il va finir par me prendre pour une fêlée du bulbe, une simple d'esprit ou une cruche complète. Surtout pas. J'ai trop envie de lui parler. J'ai trop besoin de lui parler. Oubliée ma thèse. J'ai juste le désir complètement fou de lui voler un peu de son temps. De m'offrir un moment de lui, rien qu'à moi, rien que pour moi.

Peut-être que je suis vraiment fêlée du bulbe.
J'ai réussi qu'à pondre deux pauvres phrases. Ridicules.


. Vous êtes fascinant.

J'avais pas du tout l'intention de dire ça à voix haute.
Même dans ma tête, je me l'avoue qu'à moitié alors...
J'ai l'impression d'entendre ma voix résonner dans le pub déserté. Vous êtes fascinant. Fascinant. Fascinant. Ça sonne comme une excuse, une explication, une déclaration. C'est gênant mais c'est très vrai. D'ordinaire, la vérité me fait pas si peur.

Je pourrais revenir sur mes mots, bafouiller un « je voulais dire... », essayer de rattraper cette fuite verbale. Mais mes mots semblent s'être pris d'indépendance, et je les sens flotter entre nous, libres. Ils ne m'appartiennent déjà plus vraiment.

Tout ça ne prend vraiment pas la direction que je m'étais imaginée.
Je voudrais dire quelque chose qui me rende fascinante, moi aussi. J'aime plaire et c'est probablement plus fort que moi. Mais là, on est au-delà de ça. J'ai envie d'être différente. Qu'on me distingue des autres, de la masse. Qu'il me distingue.

Je suis complètement frappadingue.
Je serre mon verre entre mes mains, chose que je fais vraiment jamais, comme pour me raccrocher à quelque chose de tangible. Il a des yeux magnifiques. C'est pas la couleur. Ou la forme. Pas même les cils ou je ne sais quel détail débile. C'est ce qu'il y a dans son regard. Je crois que je pourrais m'y perdre, alors je m'accroche à mon verre comme à ma bouée de sauvetage.
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MessageSujet: Re: Contes et légendes d'un monde oublié [Ezio] Lun 17 Aoû - 20:33

Il baissa rapidement les yeux lorsque le rose envahit ses jolies joues. Par pudeur. Pour elle mais aussi pour lui. Lorsqu'il les releva quelques instant plus tard, elle souriait comme pour excuser cet accès de timidité. Il rendit un sourire aimable à celui qu'elle lui offrait, aussi vacillant qu'adorable  et s'attarda un peu plus sur son visage. Elle semblait jeune et particulièrement émotive. Elle se contentait de rester là, face à lui et de le fixer de ses yeux clairs – dont la couleur ne lui venait toujours pas, pour son plus grand désarroi-. Il haussa rapidement les sourcils. Habituellement le silence ne le gênait pas, au contraire. Il affectionnait particulièrement le calme et trouvait apaisant et rassurant que deux personnes puissent rester côte à côte sans échanger un mot. Mais le silence de cette soirée avait des goûts d'étrange, détaché du temps. Il sentait s'installer une gêne qui bien que déconcertante n'était pas désagréable. Il lui semblait que cette jeune femme allait lui révéler quelque chose de la plus haute importance. Comme si elle l'avait attendu toute la soirée pour le lui murmurer maintenant, entre deux verres d'hydromel, alors que tout le monde dormait. Il sourit à cette idée et détourna à nouveau le regard, essayant de ne pas trop se laisser embarquer par son imagination. C'était assurément une jeune femme qui n'avait pas envie de rentrer chez elle. Ou qui avait besoin de parler. Qui aimait les histoires et en voulait encore ?

A défaut de lui révéler le secret de la naissance du monde, elle égraina trois petits mots qui lui arrachèrent une expression de surprise furtive. Ses yeux sombres plongèrent dans ceux plus aérien de la jeune femme alors qu'il en réalisait le sens.

Fascinant ?

Elle voulait manifestement parler de ses talents de conteur. Habituellement, les compliments qu'on lui faisait sur ses compétences d'orateur n'était pas assorti d'un regard aussi perçant et rougissant. Elle continuait à le fixer de ses yeux cristallins comme si elle cherchait à lire à travers son âme.
Il se mordit la lèvre sentant grandir sa gêne. Son regard insistant était déroutant au point qu'il se devina rougir lui même. Le poète se moqua intérieurement de lui, et de sa réaction face à une jeune femme qui devait bien avoir dix ans de moins que lui. A croire que plus l'oratoire se restreignait, plus il frôlait le handicap social.
Un nouveau sourire se dessina sur ses lèvres puis il décida de briser la glace.

- Vous êtes troublante.

Fascinant, troublante. La jolie paire.

- Mais je vous remercie pour le compliment.

De ses deux mains, elle enserrait son verre d'hydromel avec une telle force qu'il pouvait voir la jointure de ses doigts blanchir.  Il fut pris d'une impétueuse envie de poser la sienne dessus. A la place, il porta son propre verre à ses lèvres et en but une gorgée. Elle avait de jolies mains, plutôt grandes et bien entretenues malgré quelques coupures, bleus et un petit ongle rongé. A la bosse qui se dessinait sur son majeur gauche il devina qu'elle était gauchère et qu'elle écrivait beaucoup. Elle portait à son annulaire un petit anneau fin couleur argenté. Il ne s'attarda pas dessus, par pudeur encore et par peur qu'elle interprète mal son regard.
Il abandonna ses mains pour l'envelopper tout entière du regard et s'essaya à lui chercher un prénom comme il faisait souvent quand il rencontrait de nouvelle personne. Elle dégageait un étrange mélange de force et fragilité à la fois.

Sauf que cette fois il avait envie de savoir.

- Je peux vous demander votre prénom?


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MessageSujet: Re: Contes et légendes d'un monde oublié [Ezio] Jeu 27 Aoû - 17:01

Troublante.
Au moment même où il prononce ces mots, je sais que je devrais  me lever et partir. Si j'étais une adulte sensée et responsable. Je fuirais face à une situation qui ne pourra que dégénérer.
Mais, malgré ce que je croyais de moi, il s'avère que je ne suis ni sensée ni responsable. Que je reste assise, avec cet homme qui n'est pas mon mari...

Si je suis troublante, je suis surtout troublée.
Mal à l'aise, gênée, hyperconsciente du moindre de mes gestes, du moindre de ses gestes, et pourtant je n'arrive pas à me convaincre que je suis en train de faire une méga boulette. J'adore ce moment, j'adore cette tension, la sensation de me trouver sur un fil ultra-sensible. la moindre vibration, la plus petite secousse peut m'envoyer valdinguer par terre.
Et pourtant, j'ai qu'une envie : faire un pas en avant. Par inconscience. Ou par confiance absolue. Difficile de démêler tout ça.

J'essaie de sourire, mais mes lèvres bafouillent.
Je devrais essayer de reprendre contenance mais j'arrive pas à détacher mes yeux de lui.
Ça commence à devenir franchement gênant. Je bois une gorgée de mon verre. Pour avoir l'air normale. Mais j'ai envie de tout sauf de paraître normale, banale. Je suis incapable de dire quel goût ma boisson a.

Je me décide enfin à rompre le silence. Mon timing est parfait. Une seconde de plus, le silence aurait été trop long. Une seconde de moins, j'aurais eu l'air de me précipiter. Même si c'est pas vrai, j'ai pas envie d'avoir l'air de perdre le contrôle. Mon timing est parfait, et j'ai presque l'impression qu'il y a quelque chose au-delà de moi qui me porte, qui me guide. Qui assure mon équilibre sur ce fil infini.


. Vous pouvez...

Moi et mon humour pourri. C'était bien le moment de tenter une petite vanne. Qui tombe royalement à l'eau.
Je souris pour de bon, cette fois. Timidement.
C'est étrange d'être timide. J'ai pas l'habitude. Et ça ne me déplaît pas tant que ça.


. Anastasia.

C'est la première fois depuis très très longtemps que mon prénom me paraît beau, presque magique. Parfois je le dégaine pour faire ma crâneuse. Parfois je l'avoue pour me donner de la classe. Souvent je le raccourci en « Stacy » parce que ça me va mieux.
Mais ce soir, j'ai envie d'être Anastasia. D'être différente. Originale. Particulière.
J'ai plus envie de tronquer cette partie de moi, de me carer dans une case pour être mieux acceptée.
J'ai envie d'être moi, du A jusqu'au a. Avec toutes mes nuances, même celles dont je suis moins fière. Mais qui sont moi quand même.
J'aurais eu l'impression de tricher, je crois, si j'avais balancé mon « Moi, c'est Stacy ! ». Et j'ai pas envie de tricher avec lui.


. Et... et vous ?

Pendant une demi-seconde, le tutoiement m'a effleuré la langue.
Ça non plus, ça ne m'arrive pas souvent. Mais je me sens bien, là, dans ce bar déserté, à une heure avancé de la nuit. Avec lui. Malgré la gêne, malgré les timidités passagères et les rougeurs intempestives.
Vraiment bien.
J'ai l'impression d'avoir dévié de la course du temps. De me trouver dans une petite bulle isolée. Hors du monde. Et j'aime ça.



Ils ne savaient pas que c'était impossible, alors ils l'ont fait.
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MessageSujet: Re: Contes et légendes d'un monde oublié [Ezio] Dim 6 Sep - 22:01

« Le fou, l'amoureux et le poète sont tous faits d'imagination. L'un voit plus de démons que le vaste enfer n'en peut contenir, c'est le fou ; l'amoureux, tout aussi frénétique, voit la beauté d'Héléne sur un front égyptien ; le regard du poète, animé d'un beau délire, se porte du ciel à la terre et de la terre au ciel ; et, comme son imagination donne un corps aux choses inconnues, la plume du poète leur prête une forme et assigne à ces bulles d'air un lieu dans l'espace et un nom.

Le songe d'une nuit d'été - W.S »


Il se permit un haussement de sourcils un peu intrigué lorsqu'elle plaisanta et lui adressa un sourire d'encouragement alors qu'elle paraissait s'enfoncer dans une timidité touchante. Il accepta de bon cœur de ne plus être le plus gêné des deux. Du moins, essayait-il de s'en persuader.
Les inflexions de sa voix étaient un étonnant mélange parfumé au timbre plus grave qu'il ne l'aurait imaginé. Un fort accent British se dégageait des quatre syllabes qu'elle venait de détacher avec douceur et force à la fois. Il compara rapidement la musicalité de leurs deux voix – obsédé une fois encore par la musique - , son propre accent écossais, un peu brouillon, face à la pureté de son anglais à elle. Certaines voix s'accordaient et se répondaient avec douceur quand d'autres paraissaient s'agresser dans la moindre conversation aussi banale soit-elle. Il fut soulagé – et surpris de l'être- de constater que leurs timbres bas et feutrés pouvaient converser sans rompre la quiétude enveloppante de la soirée.
Il s'attendait à chaque instant à ce que sa gêne ne lui confère un besoin d'air imminent, comme il le ressentait souvent. Cette tempête qui déboulait dans son corps, envoyant à son esprit le signe rapide et urgent qui l'obligeait parfois à fuir certains lieux ou certaines personnes. Cette détresse qui le prenait à la gorge et susurrait qu'il fallait maintenant sortir. L'air lui manquait, les conversations s'assourdissaient et plus rien ne comptait alors que cet intense besoin de solitude.
Mais là, rien.

Le temps s'égrainait calmement face à cette femme qui avait tout pour le rendre mal à l'aise au point de mettre fin à la conversation. Et il restait là. A se sentir bien dans ce trouble confus et hors du temps.
Peut-être était-ce dû à son alliance. Ce garde-fou argenté qui indiquait qu'elle n'était là que pour passer une agréable soirée. Sans plus. Une barrière rassurante. Grâce à elle – ou à cause d'elle – il ne se sentait pas coupable de répondre à ses questions et à son embarras. Et pourtant, une fois encore, ses yeux se posèrent dessus.

Et elle ? Que pouvait-elle bien attendre finalement?

- Moi ?

Il réalisa soudain qu'il ne s'était pas présenté. Il haussa rapidement les épaules – avec quelques heures de retard- et se rassura en se répétant que les gens ne venaient pas pour lui, mais pour ses histoires. Son identité n'avait que peu d'importance.
Le vouvoiement employé -fervent chevalier de la distance qu'elle souhaitait mettre en eux- se rangea fidèlement au côté de l'alliance qui franchissait peu à peu la mince ligne de « précieuse alliée » à « traîtresse ».
Il occupa ses mains à boire une nouvelle gorgée de l'Hydromel de Sarah, souriant intérieurement à l'état dans lequel il finirait tout deux si comme lui, elle tentait de dissimuler sa gêne derrière son verre.

- Je m'appelle Ezio.

Dieu merci, elle n'avait pas vu les flyers.

Il esquissa un geste de la main vers la bouteille pour se resservir et hésita. S'il se servait sans lui en proposer, il y aurait fort à redire sur ses manières. S'il la servait alors que son verre était encore à moitié plein, elle y verrait peut-être un signe d'une tentative pour la soûler. Il s'arrêta en plein vol et reposa sa main sur la table.

« Tu as suffisamment bu. »

Il contempla un court instant cette même main qui portait encore les stigmates d'un combat mené plus tôt dans l'après-midi avec la cave de Franck. Ce dernier avait eu besoin de bras pour débarrasser le sous sol de ses vieux objets et Ezio s'était proposé pour l'aider. Les deux hommes avaient eu à découdre avec de vieux morceaux de verres brisés qui leur avaient laissé à tout deux de cuisants souvenirs sur les paumes des mains. Au milieu de ce fourbi, une collection de vieilles photos d'Irlande prises par le père de Sarah, dans lesquelles Ezio avait fourré son nez avec délice.
Une petite demoiselle aux joues rebondies y côtoyait des paysages à couper le souffle. Sarah, bien que toujours aussi jolie que sur les photos, semblait bien différente désormais. Le barde n'avait pu s'empêcher de ressentir la nostalgie saupoudrer de lassitude dans laquelle elle paraissait baigner. Parfois, le soir, il restait tout deux à parler. Surtout elle.
Ce soir, la situation se reproduisait, mais ce n'était pas Sarah. Et elle ne parlait guère.
Le pub bien que désert était vivant du bruit des poutres qui craquaient. Des dernières braises de l'âtre qui chuintaient parmi les cendres. De la vieille horloge qui loin de presser le temps, semblait essayer de le ralentir, au rythme d'un battement de cœur plutôt lent. Le son de leurs verres qu'ils reposaient tous deux sur la table à tour de rôle après avoir bu, marquait le tempo lent d'une chanson ponctuée de quelques raclements de gorge un peu gênés, de bruit de sourires que l'on retient avec en toile de fond quelques voitures audacieuses qui regagnaient leurs pénates pour la nuit.

Ses doigts jouèrent un instant avec la fibre du bois noueux de la table, avant qu'il n'ôte brusquement sa main comme si elle l'avait soudainement brûlée. Il la passa sur son front, signe que la nervosité le gagnait peu à peu.

- Anastasia, c'est un bien beau prénom. Vous l'aimez ? Questionna-t-il.

Un sourire étrange traversa le visage de l'énigmatique jeune femme qui inclina légèrement la tête, rêveuse, avant de se reprendre.

-Ce soir, oui.

Elle lui adressa un nouveau sourire, moins tremblant, une lueur espiègle au fond des yeux.

- Pourquoi « ce soir », habituellement il ne vous plaît pas? Renchérit-il un peu amusé.
- ça dépend de qui le prononce...

Une fois encore il lui sembla que ses propres mots restaient en suspend. Il se surprit à penser que peut-être la jeune femme se moquait de lui. Pensées furtives qu'il balaya rapidement. Parce qu'il n'avait pas envie d'imaginer que ce moment puisse être autrement que vrai.
Alors que sa raison lui intimait vivement de se lever et de prendre congé comme il aurait du le faire bien avant, il s'entendit répondre.

- J'aime assez qu'il vous plaise ce soir alors, Anastasia.

Il ferma brièvement les yeux face à sa propre audace et les rouvrit aussitôt pour contempler avec application le plafond et ses larges poutres qui les surplombaient. Après un court instant de silence durant lequel il esquissa un léger sourire en coin, il posa à nouveau son regard sombre sur la table, au dessus de laquelle les mains d'Anastasia étaient toujours jointes sagement autour de son verre.

- Quel genre de choses écrivez-vous ? Lança-t-il en les désignant d'un sourire légèrement taquin.

HJ: © Stacyhomemadeanswers.
A force je sais plus comment le dire.
Merci. Smile


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MessageSujet: Re: Contes et légendes d'un monde oublié [Ezio] Sam 7 Nov - 21:06

Ezio. Ezio Shepherd.
Quand le flyer m'avait révélé ces deux petits noms, je me souviens m'être dit que c’était tout de même un drôle de nom. Un peu magique. Plein de mystère. Sûrement un pseudonyme. J’avais du mal à croire que quiconque puisse être à la hauteur d'une telle identité.

Maintenant, j'y crois.

J'avais pourtant vu les flyers, gambergé sur ce nom sorti de nulle part, mais rien ne m'avait préparée au choc de l'entendre de sa bouche.
J'allais être charmée par sa façon de prononcer « Anastasia » (c'est affreux, j'ai envie de l'entendre le prononcer sur tous les tons, tous les modes, il faut vraiment que j'apprenne à être sage et responsable. Adulte. Demain, c'est promis, demain, je ferais de vrais efforts. Ce soir, c'est ma petite entorse, ma dernière soirée de folie. On devrait tous avoir droit à un moment de folie où le monde n'a plus de prise sur nous, où on envoie valser les convenances, où le moindre petit geste n'est pas forcé d'avoir des conséquences. En 2020, votez Anastasia Grant !), mais j'étais envoûtée par son « Ezio ». Son prénom sonne dans ma tête. Résonne. Murmure des promesses que je devrais refuser à grands coups de respectabilité.

Ce prénom-là, je me dis que je dois me garder de le prononcer, sous peine de me perdre. C’est stupide. C’est juste un prénom. Mais je suis presque sûre de me trahir si j’ose soudain égrainer ces deux petites syllabes. Ma voix va flancher, mes joues vont rougir et je risque probablement de balayer d’un coup tous mes vœux de fidélité.
Je me dis aussi que quelque chose ne va définitivement pas chez moi. Mais on a dit que c’était ma soirée de folie. Et je préfère vivre avec des remords qu’avec des regrets. Demain, plus tard, je vais probablement me baffer d’avoir été si ridicule. Demain, plus tard, je me dirais sûrement que j’ai tout inventé.

Ezio.

Et puisque je me refuse à répéter son nom, je souris. On dirait que c’est tout ce que je sais faire ce soir. Où est passée la Stacy mordante, entreprenante et un peu sarcastique ? Mystère. Elle a laissé sa place à une version de moi plus sensible, peut-être. Plus fragile, sûrement. Et dans un bref éclair de lucidité, j’essaye de me convaincre que je déteste l’influence que cet Ezio, sorti de nulle part, né d’une brume intemporelle, a sur moi. Je réussis même presque à me persuader que c’est l’alcool, ou bien les émanations d’une essence mystérieuse, qui m’emberlificote la tête. Presque. Je suppose qu’au fond de moi, je n’y crois pas vraiment.

Vient la question fatidique. Celle à laquelle je ne peux échapper par un seul petit mot prononcé à mi-voix, enrobé de mystère et de douceur. La question qui implique une réponse. La question qui fait vagabonder mon imaginaire, parce que, soudain, j’ai tellement peur de paraître banale et superficielle.
J’ai envie d’être son égale, d’être digne de son attention, et je me doute bien que mon « j’écris un mémoire pour la fac » est tellement pas…tellement pas ce que je voudrais être. Rien de captivant. Rien de troublant. Il va me regarder à nouveau, décider que je suis bien fade, finalement, et que « qu’est-ce qui lui a pris de s’asseoir là à cette table avec cette fille qui est , en fin de compte, comme toutes les autres »… J'ai l'imagination en perdition, en train d'arpenter des routes que je ne pensais pas lui voir prendre. En tout cas, pas pour un homme rencontré au hasard d'un pub. Je n'ai soudain plus envie d'être la petite étudiante studieuse. Envie d'être quelqu'un d'autre, d'être de celles qui font rêver les gens. Envie d’être une journaliste aventurière, une tisseuse de récits, une révélatrice de mystère. Envie d'être quelqu'un de différent, celle que je suis dans ma tête, quand je rêvasse le soir. Celle que je pourrais être si ma vie avait été différente. Si j'avais croisé un Ezio Shepherd plus tôt. Celle que je serais si je ne m’étais pas mariée avec Justin.
Je prend un virage dangereux et je le sais. Mais je peux pas m'en empêcher. Ma réponse traîne un peu alors que je souris intérieurement à toutes ces femmes qui pourraient être moi, à ma possibilité de choisir l'une d'entre elles pour l'incarner ce soir. Qui le saurait ? Mais je suis pas vraiment foutue de mentir. Bah, je suis pas parfaite, je mens comme tout le monde : je file jamais mon vrai prénom quand un lourdingue me drague dans la rue, j'ai bien dû dégainer trois ou quatre excuses bidons pour justifier mon retard dans le rendu d'un devoir, j'ai prétexté une migraine ou un vieux rhume pour pas aller à une soirée qui promettait d'être chiantissime... Mais je suis juste pas capable de mentir quand c'est important. Je peux raconter des salades au premier venu parce que j'en ai strictement rien à secouer de son avis. Pas à mes proches. Pas aux gens qui comptent. Pas à ce regard qui m'aimante. Pas à Ezio Shepherd.

Je regarde mes mains que je trouve soudain molles et pâles.


. Je...

Et je me retrouve à emberlificoter une mèche de mes cheveux autour de mon index, comme une ado lors de son premier crush. Et pour cause, ça fait une éternité que j'ai pas senti ça. L'estomac noué de façon délicieuse, le cœur qui bat pour un regard et l'impression de naviguer hors du temps. Je me l'avoue pas, mais, au fond, je crois que je sais très bien ce qui se passe. Je continue de faire l'autruche en essayant de me concentrer. Un peu. Il serait temps de faire une sortie spirituelle. Ou au moins juste un peu intelligente.
Je me sens comme une gamine qui veut impressionner un joli garçon.


. Je suis passionnée par les littératures de l'imaginaire...

J'aurais juste aimé l'impressionner avec autre chose que les mots sortis tout droit du programme de ma fac.

. Les légendes, les contes, les petits récits oubliés. J'essaye d'écrire quelque chose sur la façon dont...dont l'imaginaire influe sur le réel. Et vice-versa.

Et j'aimerais tellement arrêter de parler comme un livre.
Maintenant il va croire que si je suis restée là, c'est juste par intérêt universitaire. Parce que c'est pas pour ça? Officiellement, si. Officieusement, je me suis faite happée par un truc qui me dépasse. Si j'avais pas peur de faire cliché, je dirais que je me trouve à un tournant de ma vie.  A mon âge, parler comme ça, ce serait flippant. A la place, je dis juste que c'est ma soirée de folie.


. C'est juste que je trouve ça... extraordinaire combien de simples mots peuvent nous transporter, nous faire voyager, rêver, aimer.

On est d'accord que tu parles seulement des mots, là?
Je sais que la lueur du fanatisme s'est allumée dans mon regard. Je sais que j'ai probablement l'air d'une folle. Je suis douée, d'habitude, pour paraître normale. Lui me fait perdre tous mes moyens. Les images que mon imagination commence à m'envoyer par flash ne m'aident pas à rester zen, neutre, détendue.


. Et je me disais...

Que j'aimerais vraiment le revoir. Qu'il me parle encore d'Arthur et de tous ces hommes légendaires. Pour enrichir mon mémoire. Bien sûr. Comme si j'y croyais encore.
Je me surprends à nourrir l'espoir fou de l'entendre me raconter une histoire à moi, rien qu'à moi, que ses yeux me regarderaient alors, moi, rien que moi, pendant que ses mains joueraient un nouveau ballet visuel, envoûtant, qui m’entraîneraient dans une épopée ancienne et que je...
Je secoue légèrement la tête. Désabusée. Un peu médusée. Tout ça va trop vite pour moi.


. Peut-être que je peux prendre votre 07... ?

C'est sorti dans un murmure, comme un secret que j'aurais voulu lui susurrer.

Les sous-entendus, c'est pas mon fort. Je sais que plein de filles s'expriment avec des sous-titres de quinze kilomètres de long, mais, avec moi, faut pas chercher de codes ou de message caché. Si je lui demande son numéro, c'est pour pouvoir le contacter. Pour entretenir l'espoir de le revoir. Pour être certaine que tout s'arrêtera pas là. C'est au-dessus de mes forces.
J'aurais voulu être plus douce, plus nuancée, plus subtile. Plus mystérieuse. Et j'ai l'impression de juste tomber dans le cliché le plus lamentablement banal.
Ça vous est déjà arrivé de vouloir ravaler vos mots ? Moi, oui.
Je voudrais que le temps s'arrête, que cette soirée ne finisse jamais.
Rester là, avec lui, dans cette ambiance feutrée, à échanger quelques paroles à mi-voix, avec cette impression de voler un peu de temps au monde.... Oui, c'est soudain l'idée de mon petit paradis à moi. Drôle d'éden tout en douceur et en tensions, en chair de poule et en sourire.
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MessageSujet: Re: Contes et légendes d'un monde oublié [Ezio] Sam 12 Déc - 0:24

Il sentit son propre sang s'animer dans ses veines et bouillonner au rythme des mots qu'elle égrenait. Soudainement, il se sentait capable de devenir volubile, intarissable, de monopoliser la parole et il devait faire montre de beaucoup de volonté pour refréner le flot de répliques qui montait en lui. Le voyage, le rêve, les contes, l'imaginaire. Il aurait eu tant de chose à dire.  

« La façon dont l'imaginaire influe sur le réel et vice versa. »Elle avait jeté négligemment cette phrase et déjà il se sentait pleinement impliqué. Il buvait littéralement ses paroles. Avec la soif d'un voyageur à la sortie du désert. Lui à qui on avait souvent reproché de vivre dans sa tête, alors qu'il se trouvait plus ancré au réel que la plupart des gens qui ne prenaient pas le temps d'observer le monde qui les entourait. Il avait tout une théorie dont il aurait souhaité faire part à la jeune femme mais en homme bien élevé, il attendit qu'elle ait fini sa tirade pour engager ses propres pions dans le jeu, avec probablement la même lueur fanatique dans les yeux. Un sourire amusé aux coins des lèvres, attisé par l'enflammade d'Anastasia dont les joues se coloraient de plus belle, il se contenta d'acquiescer de la tête en la fixant de son regard sombre et pénétrant.
Et soudain, toutes les pièces se mirent en place. Elle était là pour son travail. Pour écrire sur les récits oubliés, la littérature. Pas pour lui. Il en fut soulagé. Et un peu déçu, aussi.

- Mon 07 ?

Vent de panique de force ... latérale .

- Mon... 07 ?Répéta-t-il pour gagner un peu de temps.

- Oui. Enfin non. Je ne veux pas... Si vous voulez bien...

Voilà qui avait le mérite d'être clair.

Les yeux aussi perdus que tout le reste, il tâchait de sonder sa mémoire à la recherche de ce que pouvait être un 07.

- Je suis désolé... mais … un 07... c'est … quoi exactement ?
- Hum, eh bien, c'est votre numéro quoi...
-Oh. Murmura-t-il. Mon numéro... de téléphone?

Il nota dans un coin de sa mémoire que les moldus qualifiaient leur numéro de téléphone de « 07 ». Bon à savoir.
Arrivait l'instant délicat où il lui annoncerait ne pas avoir de téléphone. Il avait croisé suffisamment de moldus pour savoir que cela existait, mais que c'était rare. Et généralement, ces individus là, étaient quelque peu... étranges aux yeux des autres.

- Je suis désolé. Répéta-t-il -J'aurai bien voulu... mais...

Il retint sa phrase en suspend, ne sachant par quel bout la prendre. Elle voulait son numéro pour parler littérature et voilà qu'il s'emballait.

-Enfin, ce n'est pas ce que je veux dire.

Il secoua la tête avant de rire de son propre embarras.

-Je reprends, vous voulez bien ? Je n'ai pas de téléphone. Donc pas de … 07 à donner.

Elle parut surprise, il en fut touché. Ses yeux rencontrèrent la bouteille d'hydromel entre eux qui paraissait l'appeler. Il résista. Les idées qui grouillaient au sein de son esprit quelques pauvres minutes auparavant avait déserté la place, ne laissant qu'un vide immense qu'il ne parvenait à combler sans s'agiter. Il entraperçut la blancheur de la main de la jeune femme s'avancer vers la sienne. Celle là même qui portait l'alliance. Il retint son souffle et la vit repartir avant même d'en sentir la douceur. Il leva à nouveau les yeux, elle enchaîna.

- Mais comment....Et une adresse ? Vous avez une adresse ?

Il réalisa alors l'implication d'une telle insistance et frissonna légèrement. Il avait beau lui prêter des intentions louables, il devait avouer qu'il fallait être aveugle pour ne pas réaliser que l'on avait dépassé l'intérêt purement littéraire. Il se sentit devenir nerveux. Non pas qu'il fut impressionné de susciter un tel intérêt chez la jeune femme.Mais il réalisa que pour une fois, il aurait peut-être voulu avoir une adresse à laisser. Il chassa ses drôles d'idées et se figea un instant dans la contemplation de leurs mains.

-ça aussi c'est un peu compliqué. Je voyage beaucoup.

 « Vous avez des hiboux sinon? »

Lorsqu'il releva les yeux, son sourire était un peu triste et plein de questions.

-Je …

«Si tu dis encore une fois que tu es désolé, autant partir tout de suite.»

-… m'excuse, je n'ai pas vraiment l'habitude de .. tout ça.

 «Tout ça quoi ? 

Tu aurais du monter quand il était encore temps. »

Il parcouru des yeux le visage qui lui faisait face, se surprenant à guetter l'amorce du moindre signe de déception, ou l'esquisse d'une petite moue d'insistance. Quelque chose qui l'aiguille un peu.

 « Mais qu'est-ce que tu fous ? »

Il repoussa brutalement sa chaise dans un geste qui ne lui ressemblait pas et se redressa sur ses pieds. Immédiatement, ses yeux se posèrent sur la porte, comme un animal sauvage repérant une voie salutaire. Le besoin d'air avait fini par le rattraper, mais ce n'était pas elle qu'il fuyait. Plutôt lui. Aussi proposa-t-il.

-Vous, voudriez sortir, avec moi ?
- Avec vous ??
Il retint un rire nerveux.
-Je veux dire, dehors ?
-En boîte ?
-… A l'extérieur...
- Ah ! Bien sûr !

Il lui tendit sa veste dans l'espoir de faire oublier son geste un peu brutal et enfila rapidement la sienne avant de prendre les clefs sur le comptoir et d'ouvrir la porte qui donnait sur la rue en grand. L'air froid lui sauta au visage et apaisa rapidement son embarras. Il sentait sur sa peau le picotement agréable du frais après la chaleur de la cheminée et ferma les yeux un instant pour constater avec délice que malgré son agitation, il se sentait bien. Il se tourna vers Stacy et lui offrit un sourire d'invitation.

Et je n'ai plus d'idée de titre de spoiler:
 


Scotland Homemade ...
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MessageSujet: Re: Contes et légendes d'un monde oublié [Ezio] Dim 14 Fév - 12:03

Si j'avais espéré que l'air frais me remettrait les idées d'aplomb et me distillerait un peu de bon sens, je m'étais bien plantée.

Dehors... Dehors, tout prend des airs de « c'est pour de vrai ».
Le pub était un intérieur coupé du monde, une petite bulle où tout était permis puisque les quatre murs étaient les seuls témoins de mon indignité. Je pouvais presque me convaincre que tout était un rêve. Très agréable, mais un rêve quand même. On n'est pas infidèle quand on rêve de quelqu'un d'autre, hein ?
Mais là, je me sens soudain soumise au regard du monde, de l'« autre », ces autres si prompts à juger. Je me prends le flot muet des critiques des bien-pensants par la figure. Je me raidis et me débats pour ma liberté d'être, de penser et d'agir. Et je me rends soudain compte que j'ai envie de me battre, s'il le faut, juste pour le droit de me balader dans la rue avec Ezio Shepherd.

Dehors donne une allure plus authentique, plus réaliste à tout ça. Moins onirique. Je suis dehors avec un homme qui n'est pas mon mari. Et le tout bien tout honneur n'est pas au rendez-vous. Du moins, pas de mon côté. Et je commence presque à l'accepter. A être prête à l'affronter.

Il est tout juste à côté de moi. Même les yeux fermés, je crois que je le saurais. J'ose pas le regarder. Trop peur de me réveiller. De me rendre compte que j'ai tout imaginé. C'est que j'ai l'imagination plutôt fertile. Je vous raconte même pas les scenarii qu'elle me propose en ce moment.
Je regarde droit devant moi et pourtant, je suis hyper-consciente de lui. Sa silhouette, le moindre de ses gestes, son allure tranquille, indéfinissable.

Je devrais être en plein cas de conscience, en procès éthique avec moi-même mais, et j'arrive même à me l'avouer à moi-même. Je suis juste bien. Pas la moindre envie de partir. Même ma conscience s'est tue. Juste envie de m'accrocher des doigts, des dents et des orteils à mon bout de réalité hors du temps. Demain sera là bien assez tôt.

Je suis juste bien. Mieux que ça même.
Et dans le même temps, un peu fébrile.

Je sens encore le bref contact de sa main sur mon épaule quand je me suis glissée dans le manteau qu'il me tendait. On est d'accord, ma peau devrait avoir oublié ça. C'est juste pas normal que j'ai encore des picotements à cet endroit-là, avec une sensation de chaleur diffuse.
J'ai son sourire de tout à l'heure imprimé en direct sur ma rétine.

On avance dans la nuit, côte-à-côte, sans mot dire.

Je suis pas le genre de fille effrayée par un silence.
Je dis pas que je suis allergique au bruit, mais le silence me fait pas peur au point de balancer la musique à fond. Ou de vouloir le combler à tout prix par des paroles sans queue ni tête.  Je suis plutôt bavarde mais je sais me taire. Aussi.
Sauf que là, le silence n'est pas juste une absence de bruit. Le silence est plein. J'ai pas d'autres mots. Plein. De promesses. De poésie. D'un quelque chose qui fait vibrer l'air.
Et, entre autre chose, j'aime tout particulièrement le silence avec Ezio Shepherd. Parce que ça n'a pas l'air de le déranger non plus. Parce qu'il y a dans ce silence presque plus de choses que dans une conversation passionnée. Parce que c'est tellement rare de pouvoir apprécier le silence avec quelqu'un d'autre, sans gêne ou maladresse. C'est tellement rare les gens qui savent écouter le silence. Je m'en pensais pas vraiment capable pour autant.

Et pourtant, quelques temps plus tard, quand l'un de nous deux brise le silence, ça se fait avec une telle douceur ou une telle évidence que ça ne me donne pas un sentiment de fêlure. C'est juste du silence qui se transforme.

Je suis incapable de vous répéter ce qu'on se dit. Vous n'avez qu'à penser que je veux garder tout ça pour moi. Et peut-être que vous avez raison.
Les mots coulent, doucement. Et, pour un instant, je ne me sens plus gênée mais entraînée dans une conversation qui s'anime presque d'elle-même. Je réfléchis pas cent cinquante ans à ce que je vais dire. Tout est troublant de naturel.

Puis, d'un coup, le silence revient encore.
Mais c'est plus le même que tout à l'heure. Si l'autre était plein, celui-là est lourd.
Il y a soudain quelque chose de plus dans l'air. C'est encore différent de la drôle d'ambiance qu'il y avait dans le bar.

Malgré moi, je prend conscience de plein de trucs. Qu'il est carrément plus grand que moi. Que ses mains sont magnifiques. Que j'aime bien ce que le vent de cette fin décembre fait à ses cheveux.
Je vous ai parlé de mon imagination ? C'est l'heure de son grand come-back, dans toute sa splendeur. J'essaye de la faire dévier, de la restreindre, mais c'est pas gagné. Et ça n'arrange pas mon malaise soudain.

Et puis, je sais pas ce qui me prend  J'ai peut-être respiré trop fort, à essayer de calmer mes idées .Un grand retour d'oxygène dans le cerveau, à me faire tourner la tête et saccager mon bon sens...
J'aurais dû me contenter de marcher tranquillement à côté de lui, à me laisser bercer par sa voix basse, grave et paisible. Au lieu de ça, j'y tiens plus. Je m'arrête brusquement. Il met un petit moment à s'en rendre compte, mais finit par s'arrêter aussi. Il me regarde. Je le regarde. Et j'en ai marre d'être raisonnable. Je le regarde plus, soudain (trop peur de le voir s'affoler), je marche droit sur lui et je le prend dans mes bras. Pas facile. Il doit bien faire vingt centimètres de plus que moi. Mais je le prends et je le serre. Je me demandais si ce serait tellement différent d'enlacer Justin. Et...oui. Je sais pas si c'est vraiment mieux (menteuse) mais c'est plus...flippant. Troublant. Électrique.


« Félicitations tu as trouvé l’œuf caché du egg hunt organisé par Infinite RPG ! »



Ils ne savaient pas que c'était impossible, alors ils l'ont fait.
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MessageSujet: Re: Contes et légendes d'un monde oublié [Ezio] Mar 16 Fév - 22:25

« Je mets un peu de temps à réaliser qu'elle s'est arrêtée. Si j'avais été en train de parler j'aurais probablement poursuivi seul sur quelques pas. Mais je ne parlais pas. Pas plus qu'elle. Non pas que je n'ai rien à dire, mais la musique de ses pas mêlée à sa respiration m'apaisait et me faisait du bien. L'air frais dans mes poumons avait comblé mon besoin d'évasion et les ruelles presque désertes mon envie d'extérieur. Elle me regarde, un peu étrangement et je n'arrive pas à détacher mes yeux des siens. J'avais pourtant eu des lustres au pub pour la contempler. Elle est jolie et je ne peux pas prétendre m'en apercevoir seulement maintenant. J'avais eu des heures et j'ai besoin encore de ces deux mètres qui nous séparent. J'avais eu cent ans et pourtant rien d'aussi furieux qu'à cet instant. »

Ne sachant que faire de ses mains, il les fourra dans ses poches et garda ses yeux braqués sur les siens, l'air un peu gêné. Elle rompit le lien de leurs regards, presque avec violence et se dirigea vers lui d'un pas décidé. Il réprima un léger mouvement de recul alors qu'elle arrivait sans paraître vouloir ralentir. Néanmoins, il n'en fit rien. Il attendit qu'elle avale les quelques mètres qui lui restait à parcourir, sans le moindre signe annonciateur d'un quelconque ralentissement. Il est de ces instants où quelque chose vous alerte et vous annonce la suite. Trop conscient de ce qui se jouait, il attendit sans vraiment savoir quoi faire de lui, n'ôtant les mains de ses poches que pour l'accueillir. La rencontre de leurs corps se fit en douceur. Déjà des bras s'enroulaient autour de lui et il réalisa que sans leur en avoir donné l'ordre, les siens s'étaient déjà emparés des épaules menues d'Anastasia. Son étreinte était différente de ce qu'il avait pu connaître, de ce qu'il connaissait. Elle se blottit contre lui, mélange de férocité et de douceur alors qu'il sentait son pouls s'accélérer. D'innombrables pensées défilaient en son esprit alors qu'il ne fit aucun effort pour en retenir ne serait-ce qu'une seule. Il les laissa glisser dans sa tête, se contentant des sensations. Des petites mains fraîches qu'il sentait sur sa nuque, de la chaleur de ce corps contre le sien, malgré l'épaisseur de leurs vestes respectives, de ce visage levé vers lui qui se rapprochait alors qu'il sentait les muscles de ses bras se tendre dans un mouvement d'impulsion qui tirait la jeune femme vers lui. Sa main droite à plat sur son dos acheva de l'attirer à lui, alors que la gauche se perdait dans ses cheveux provoquant l'inévitable rencontre de leurs souffles. Alors qu'il s'attendait à ce que ses lèvres soient aussi fraîches que ses mains, sa bouche s'égara sur la douce tiédeur de la sienne. Des pensées plus insistantes que jamais tentèrent, en vain, de se frayer un chemin dans sa tête. Alors que les mots « mariée » et « stupide » achevaient leurs sinistres échos, il ne se contenta plus de les laisser partir mais les chassa sans ménagement profitant encore un instant d'un baiser volé qui bien que n'ayant jamais été réclamé ne semblait pas vraiment être repoussé.
Il laissa sa bouche errer une minute encore – une minute c'est court et long à la fois – sur celle d'Anastasia, allant même jusqu'à audacieusement mêler leurs souffles avant de se séparer d'elle sans autre regret que celui de ne pas avoir le pouvoir d'arrêter le temps et les pensées. Avant de se faire assaillir de plus belle par ces dernières, il prit le temps de fermer les yeux et poser son front contre celui de la jeune femme. S'en suivrait ce qui devrait. Des excuses de sa part. Qu'elle accepterait ou non. A vrai dire, peu lui importait. Elle lui avait rendu ce baiser et c'était à peu de chose près tout ce qu'il prétendait pouvoir attendre.

- Pardonnez-moi.

« Je voudrais pouvoir dire que je ne sais pas ce qui m'a pris. Mais c'est faux.

Et je ne suis pas vraiment désolé non plus.

Mais ça ne se dit pas. »


Il abandonna son dos et ses cheveux, détacha les bras de la jeune femme de son cou et plongea son regard sombre sur le visage d'Anastasia. Le souffle encore court de son audace, il se concentra un instant sur les battements rapides et douloureux de son cœur.
Elle avait les joues roses. Nullement à cause du froid. Il se sentit rougir à son tour, un peu confus. Et toujours ce rythme incessant et sourd.


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