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Fragments de vie : Lupus Memoriam [PV]

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MessageSujet: Re: Fragments de vie : Lupus Memoriam [PV] Dim 3 Mai - 19:39

Il tenait désormais sa tête à deux mains tant le sang lui battait aux tempes.
Ses visions n'arrivaient jamais dans un but bien précis et la plupart d'entre elles se révélaient être complètement inutiles et plutôt dérangeantes. Il en avait toujours eu, depuis le début, pour le plus grand plaisir de sa mère – voyante de métier- qui était fière que l'un de ses enfants ait été frappé par le « don ». On lui avait donc présenté ça comme une bénédiction, affirmation renforcée par ses maîtres à l'IBA qui avait vu en ce don un prolongement de son âme qu'il fallait cultiver. Échec sur toute la ligne. Elles s'invitaient toujours fortuitement et parfois même, il n'était pas certain que ce ne soit pas sa trop grande imagination qui lui joue des tours.
Notamment pour celle-ci. Peut-être désirait-il si ardemment voir la créature s'éloigner d'eux qu'il l'imaginait déjà dévorée par un rapace immense... Il secoua la tête d'impuissance.
Il n'avait jamais vu en elles le moindre don. Juste une déconcentration de son esprit venant parasiter ses pensées.

Alexander lançait les questions sur un ton qui interpellait quelque peu Ezio. Comme un homme prêchant le faux pour obtenir le vrai. Terrain glissant. Sauf peut-être les zombies. Ça, il n'en avait jamais rencontré et pouvait décemment affirmer les yeux dans ceux de son compagnon qu'il doutait fortement de leur existence. Pour le reste, il laisserait le jeune homme faire ses propres expériences.

Il se contenta de répondre aux interrogations du jeune homme d'un sourire qui se voulait amusé.

Quelques questions se bousculèrent dans son esprit las. Alexander recevrait tôt ou tard la visite d'un membre du ministère lui expliquant le topo. Il serait ensuite enregistré en tant que créature magique et serait soumis au secret. Mieux valait le renvoyer vers Aidan au plus vite afin qu'il puisse lui expliquer en douceur.Combien de moldus étaient donc réellement au courant de l'existence sorcière ?

« Ce n'est pas ton problème et certainement pas à toi de t'en occuper. »

- L'organisation dont je vous parlais s'appelle LUKOS. Elle vient en aide aux loups-garou nouvellement transformés. Son fondateur, Aidan Morgenstern est un ami. Il peut vous aider.

Dans la clairière des bruits de voix. Ezio frémit. Pourvu que la famille du jeune campeur ne se soit pas mis en tête de le retrouver. Auquel cas on allait tout droit au carnage. Une furieuse envie de tout envoyer promener s'emparait de lui.

- … Il vous donnera également des informations précieuses pour que … vous puissiez mener une vie ...

Ezio s'interrompit. Ils étaient au moins trois d'après les voix et ne semblaient pas chercher à cacher leur présence. Ils ne devaient donc pas être au courant de la présence de la créature et encore moins de la leur.
Ezio soupira, réfléchissant rapidement à la meilleure conduite à tenir. Une fois encore l'instinct de survie s'opposait à la compassion et s'il avait écouté ce premier il aurait gentiment attendu que le trio passe son chemin ou se fasse bouffer. Une fois de plus il n'écouta pas ce dernier. Peut-être était-il un brin suicidaire finalement.

Il mit un doigt sur ses lèvres à destination d'Alexander, l'intiment silencieusement à ne plus parler et se leva sans bruit, telle une ombre. Il traversa leur cavité boiseuse pour se diriger vers l'entrée. Il patienta quelques instants, se demandant si il 'était pas sur le point de commettre une faute qui causerait leur perte à tous les deux. Puis il capta quelques paroles.

- Là, des traces de sang.Cette saloperie de Loup-garou a du en bouffer un !
- Probablement le propriétaire du sac...
- Il nous a repéré en tout cas. Ses pas contournent les nôtres. Il vous reste combien de balles ?
- Suffisamment, pour le trouer, Earn... t'inquiètes. On connaît bien la région Ivanov et moi.

Des chasseurs de lycans.
Ezio jeta un œil angoissé à Alexander. Que feraient-ils à un jeune lycan en devenir ? Ces hommes représentaient néanmoins leur unique chance de sortir d'ici. Il était encore là, à hésiter lorsqu'une voix toute proche le sortit de sa torpeur.

- Karl, y a quelqu'un là dedans !

Le bruit d'une arme que l'on charge noua la gorge du jeune barde.



- Dis tu ferais quoi toi si tu apprenais qu'il te restait juste dix jours à vivre ?
- T'as de ces questions toi …
- … Non mais sans rire ? Imagine qu'on te dise que tu es condamné à mourir à cause d'un sort super puissant... tu ferais quoi ?
Le jeune garçon soupira.
-J'en sais rien. J'imagine que j'en profiterais pour faire tous les trucs dangereux que j'ose pas faire actuellement...
- Comme quoi ?
-… Du parachute, sauter du grand rocher, Approcher des créatures dangereuses..
- Ah ouais.
- Ça n'a pas l'air de te convenir comme réponse...
- … si . C'est du toi quoi .
- Comment ça ?
- …
- Et toi ?
- Ben moi je chercherais un contre sort pardi !
-… T'as dit que j'étais condamné !
- Ouais mais quand même . On baisse pas les bras dans la vie ! On se bat même quand c'est mort ! Pourquoi tu ris ?
-Shannon, tu te poses trop de questions.
- Y a que les crétins et les fous qui s'en posent pas.
- On a 16 ans on va pas mourir tout de suite va.
- Qu'est-ce t'en sais ? Si ça se trouve demain tu te réveilles pas et t'auras jamais sauté du grand rocher.
-… C'est vrai que ce sera sûrement mon plus grand regret. Ajouta-t-il taquin.
- ...Tu sais quoi ? On devrait le faire !
- Quoi donc ?
- Sauter !
- Elle est folle....



Son cœur cognait fort. Trop d'émotions dans la même journée. Il se demanda s'il n'aurait pas mieux fait de laisser la montagne le happer cet après-midi...

Quelqu'un piétinait devant les racines de l'arbre qui les dissimulaient aux yeux du monde. On avançait avec précaution... Ezio se tourna vers Alexander, tout à son hésitation. Ses yeux se posèrent sur le bandage du jeune homme, sur son visage pâle, ses yeux clairs avides de réponses et sur les traces de sang qui le maculaient. Puis il se remémora l'ours.

- Faites-moi confiance. Murmura-t-il à l'attention d'Alexander.
Puis il se glissa hors de leur abri, se faufilant tant bien que mal entre les racines du banyan.

- Ne tirez pas. Lança-t-il à la ronde.

Il sortit les mains levées, prouvant son inoffensivité.
Face à lui, trois hommes, armés jusqu'aux dents, équipés comme des chasseurs de dragons en mission pour la capture de Magyar à pointes. Couteaux d'argent, carabines, balles, instruments étranges... et des fourreaux pour baguettes.

- Qui êtes vous ? Lança le plus loin des trois, tandis que celui qui se trouvait à deux pas seulement venait de le mettre en joue.

Les autres, instinctivement, avaient porté leurs mains près des fourreaux de cuirs. Ezio su qu'il avait à faire à des sorciers. Probablement des braconniers. Ils s'exprimaient tous trois dans un anglais parfait, mais un léger accent qu'il n'arrivait pas à identifier émanait de celui qui le questionnait..

- Je suis Ezio et … le jeune homme qui est avec moi à été blessé par un ours.

Il porta l'accent sur le dernier mot de façon à ce qu'Alexander entende également sa version des faits.
Il vit les autres échanger un regard entendu. Ils avaient probablement trouvé le cadavre de la bête.
Fallait-il mentionner l'autre créature ?
Il ne savait pas à quel genre de sorciers il avait à faire, aussi opta-t-il pour ce qui s'approchait le plus de la vérité.

- Heureusement pour nous, l'ours s'est fait attaquer à son tour par...

Ezio réfléchissait à toute vitesse.
Si ces hommes étaient sorciers, il avait tout intérêt à leur dire qu'il était des leurs, afin d'éviter un sortilège d'oubliettes bien placé. D'un autre côté, s'ils étaient braconniers, ils n'avaient probablement aucune envie de voir un autre sorcier se mêler de leurs affaires. Ajoutons à cela qu'Alexander était moldu et futur lycan. L'équation était aussi facile à résoudre que la conjecture de Goldbach. Quoi qu'il choisisse, ils auraient probablement des ennuis.
Ezio mit la totalité des paramètres en balance et jugea que la priorité était qu'Alexander reçoive des soins au plus vite. Dans l'idéal, il faudrait qu'il soit soigné à Sainte Mangouste... Ce qui relevait de l'impossible. Peut-être qu'un hôpital local ferait l'affaire pour les premiers soins ? Décidément, Alexander aurait besoin d'Aidan rapidement. Il joua les idiots.


- Un espèce de grizzly albinos... poursuivit-il.

« Extrêmement convainquant. Tu te surpasses mon vieux. »


- Nous n'avons pas demandé notre reste et nous sommes réfugiés ici. Dieu seul sait combien de temps nous aurions attendu avant de pouvoir en sortir si vous n'étiez pas passés par là.

Un passage de pommade en règle ne pouvait qu'aider.

Deux des hommes échangèrent quelques mots dans une langue qu'Ezio supposa être du Macédonien. Le troisième ne semblait pas comprendre et attendait que ses camarades aient fini.A en juger par le signe que les deux premiers firent à leur camarade, Ezio supposa qu'on l'avait cru.

Reprenant un peu d'assurance, il enchaîna à l'attention de celui qu'il avait jugé comme étant anglais.

- Je suppose que vous chassez les grizzlis. J'aimerais raccompagner mon ami pour qu'il puisse être soigné. Vous nous escorteriez ?

Au plus long, un bon quart d'heure à jouer la comédie. Ensuite il laisserait Alexander aux soins de ses parents et tenterai au matin de contacter Aidan. D'une façon ou d'une autre.
Les deux étrangers échangèrent à nouveau quelques mots et l'un d'eux s'adressa à Ezio.

- C'est votre sac ça ?



HJ: Désolé, jai craqué. Rolling Eyes

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MessageSujet: Re: Fragments de vie : Lupus Memoriam [PV] Mar 5 Mai - 21:31

Si seulement.

Si seulement j'étais resté bien sagement chez moi à refuser toute excursion albanaise. Si seulement j'avais daigné occulter cette dernière. Si seulement j'étais ailleurs. Si seulement.
Mais rien ne pouvait changer ce qui était en train de se passer. J'avais été mordu, la Bête m'avait choisi. Cruelle ironie du sort, alors que j'étais juste un jeune homme fraîchement débarqué dans sa dix-huitième année qui n'avait rien demandé de tout ça. Seulement la paix.
Il n'y avait qu'une chose que je pouvais apprécier dans ce périple douloureux, c'était la présence d'Ezio. Je ne pouvais que le remercier de m'avoir épargné d'une mort certaine. Bien que cette dernière prenait un malin plaisir à jouer avec mes nerfs. Je n'étais pas mort, mais qu'étais-je au juste ? Un Ersatz d'Alexander Hamilton ? Je ne savais plus. Mais selon les dires d'Ezio : je serais toujours moi.

Qu'est-ce que cette phrase énigmatique pouvait-elle bien signifier ?

Que je serais "Moi". Celui d'avant ? Ou un Autre ? Ou un mélange des deux tant qu'à faire. J'étais encore perdu face à toutes ces interrogations qui faisaient écho dans mon crâne. Mais une chose était sûre, je voulais savoir de quoi était faite cette association dont mon interlocuteur m'avait fait part durant notre entrevue. L'Association était prénommée LUKOS et son fondateur était l'ami de mon sauveur. Je souris, légèrement rassuré. Peut-être serais-je entre de bonnes mains ?
Qu'allait-il me faire cet Aidan ? Allait-il m'étudier comme ces scientifiques fous ? Qu'allais-je devenir ?


- Puis-je avoir confiance en lui ? Je ne sais plus vers qui me tourner. A part vous.

Il t'a sauvé Lex. Comment peux-tu douter encore de lui ?

Parfois, j'étais impardonnable. Cet homme voulait m'aider et je mettais en doute ses agissements et ses bonnes paroles. Il était mon seul point de repère dans cette étendue noirâtre qu'était devenue ma vie désormais. Et il était la seule lumière que je pouvais contempler dans cette obscurité que je m'étais crée. Seul.

- Mener une vie normale ?

J'en doute. Tellement.

Des voix. Du bruit. Était-ce ma famille -se rendant enfin compte de ma disparition- qui était finalement partie à ma recherche ? Je n'eus le temps d'ouvrir la bouche qu'Ezio m'intimait de me taire. Je fronçais les sourcils, voyant là notre salut. Mais j'obtempérais, bien trop assailli par la douleur pour tenter une quelconque échappatoire. Je le laissais faire. C'était bien son rôle endossé depuis le début de notre rencontre.
Chose qu'il faisait à merveille. Mon regard gris-bleu le vit s'éloigner de notre abri de fortune.


Je vous fais confiance Ezio.

Je pouvais entendre ce qu'Ezio disait à ces trois hommes -j'avais su le deviner- et souris en entendant la référence à l'ursidé. Si seulement. J'aurais peut-être préféré ... Du coin de l’œil, je regardais encore cette morsure, témoignage outrageant de ma future bestialité. Le sang perlait encore par endroits sous mon précieux sweater et la peau rougie n'était décidément pas belle à voir. Mais je devrais bien m'y faire. La cicatrice présente par après, ne s'en privera pas de me le rappeler.
Grizzli Albinos ? Ezio usait et abusait de subterfuges de plus en plus loufoques mais ce n'était nullement pour me déplaire. Bien au contraire. Je souris encore tout en passant mon pouce sur la plaie. Il serait à noter que je me souviendrais de cette journée à jamais, gravée au fer rouge dans ma chair de jeune adulte. Avec toute la conviction dont je pouvais faire preuve, je me levais. Du moins j'essayais. Afin de voir ces inconnus.

Ma démarche était incertaine, plus commandée par la curiosité que par l'envie proprement dite. Mais une chose me disait que je devais voir cette Réalité que j'avais un mal fou à assimiler. Elle me donnait la nausée. Clopin-clopant, je vis ce que je n'aurais pas dû voir.
Des armes. Des Hommes. Ceux qui me traqueraient quand je serais devenu un Monstre.
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MessageSujet: Re: Fragments de vie : Lupus Memoriam [PV] Sam 9 Mai - 1:01

Alors qu'Alexander s'extirpait des racines d'une démarche chancelante, les trois chasseurs – car il était clair qu'ils n'étaient pas là pour cartographier le secteur-  ne pipaient mots. Deux d'entre eux se tournèrent vers le troisième. Celui qu'Ezio avait identifié comme se nommant Karl. Ce dernier détailla longuement les deux comparses qui devaient avoir bien triste mine. Si l'on conjuguait l'état dans lequel se trouvait Alexander – son sweat déchiré, les blessures qu'il portait et sa pâleur extrême - avec la piteuse mine du barde dont les mains et le visage était maculés de traces allant du sang à la boue, ils devaient tout deux offrirent l'image même du pauvre couple de campeurs enlisé dans les ennuis. L'homme prenait son temps alors qu'Ezio sentait naître en lui un mélange d'inquiétude avec une pointe d'agacement. A embrasser la curiosité comme une maîtresse, il se retrouvait une fois de plus mêlé à des événements qui le dépassaient.

- C'est mon sac, je vous remercie. Lança-t-il un peu plus sèchement qu'il n'aurait voulu.

Il fit quelques pas et s'empara de l'une des lanières de son sac qui avait visiblement été ouvert et fouillé. L'homme qui retenait la seconde anse ne lâcha pas immédiatement et ils s'affrontèrent un instant du regard. Le regard vert perçant d'Ivanov soutint insolemment les yeux sombres d'Ezio qui finit par baisser la tête. L'espoir qui avait jailli dans sa poitrine quelques minutes auparavant était en train de s'éteindre, étouffé par l'intime conviction qu'ils allaient au-delà d'ennuis tout aussi importants que les précédents. Ivanov finit par lâcher le sac, assez brusquement pour qu'Ezio soit légèrement déséquilibré. Le troisième homme à l'accent anglais le retint d'un bras avec un petit sourire amical qui dépareillait des visages renfrognés de ses comparses. Il portait également un équipement bien différent. Ezio constata que sa tenue était entièrement neuve contrairement à ses deux acolytes dont les vêtements paraissaient avoir déjà bien vécus. La qualité du tissu utilisé indiquait que l'homme devait être riche, nullement inquiété par la potentielle destruction de ses belles affaires. Le jeune barde opta pour un touriste nanti s'offrant les services de baroudeurs locaux pour une sorte de safari. Une chasse... au loup-garou ?
Il reporta à nouveau son attention sur Karl qui semblait désormais très intéressé par la blessure d'Alexander. Il fixait le bandage comme s'il essayait de voir au travers. Le pouvait-il ?
Il délaissa enfin l'épaule d'Alexander pour jeter un œil torve et suspicieux à Ezio. Il ne le croyait pas. A l'intérieur de sa poitrine l'insolent battement de cœur avait repris sa course folle. Le canon doré des armes luisait sous la lune et semblait leur faire des appels morbides. La vision fulgurante de leurs deux corps gisant sous la lumière glauque s'imposa à lui. Il se ravisa. La vision de son corps gisant sous la lumière glauque remplaça la première. Alexander les intéresserait. Lui, pas.

- On va vous raccompagner c'est effectivement plus sûr... Une pointe d'ironie dans la voix. Où était-ce une fois de plus une supercherie de son imagination ? Où est votre campement ?

Ezio indiqua une fois encore la direction dans laquelle il lui avait semblé apercevoir la lumière du campement de la famille d'Alexander. Un doute l'envahissait. A vouloir trop bien faire n'allait-il pas attirer plus d'ennuis encore à ce garçon ? Peut-être aurait-il été plus clément de laisser la créature l'achever et lui épargner ce qui allait suivre.

« Tu débloques complètement. Tais-toi et suis le mouvement. »

La petite troupe se mit en route. Devant, Alexander, d'un pas mal assuré et deux des autres dont l'anglais qui ne semblait pas avare de commentaires divers et variés sur la région qu'il paraissait découvrir. Quelques pas derrière, Ezio suivait avec le dénommé Karl dont l'air défiant ne le quittait plus. Il semblait rester volontairement à l'arrière et ne cessait de jeter des regards vers la clairière qu'ils venaient de quitter. Peu enclin à l'avoir dans le dos armé comme il l'était, Ezio traînait avec lui. Ses pas de plus en plus alourdis par la fatigue étaient incertains  Il tirait sur la corde depuis quelques jours déjà et son corps semblait tenté de le trahir. Il était pourtant habitué à la marche et aux épreuves physiques. La formation endurée à L'IBAS avait pour but d'endurcir les futurs bardes. Ils y recevaient un enseignement rigoureux du corps et de l'esprit, fait de privation et d'expériences intenses visant à repousser leurs limites – un truc digne des moines disait Saoirse-. Pourtant, ce soir, pour la première fois de sa vie il était tenté de poser son sac, s'allonger dans l'herbe et attendre. Que les fourmis le bouffent ou qu'une autre créature passe ou encore que son corps se fossilise.

« Tu dérailles encore... »

Alors qu'il trébuchait sur une énième racine, Karl le retint d'une main ferme autour de son poignet. La prise était énergique et destinée à imposer sa supériorité physique. Il le tint ainsi un instant, continuant à ne rien dire en regardant les autres s'éloigner dans la forêt. Une sorte de mise en garde silencieuse à laquelle Ezio répondit en tentant de dégager sa main de la poigne autoritaire de l'autre. L'espace d'un court instant il embrassa la folle idée de se jeter sur l'homme, le renverser, lui piquer son arme tuer tout le monde et …

« ...pitié...arrête maintenant. »

Karl resserra un peu son emprise jusqu'à arracher un froncement de sourcil à Ezio, puis de son autre main, remonta brusquement la manche de ce dernier au-dessus de son poignet, dégageant ainsi son avant-bras. Il désigna les trois rayons gravés à l'encre noire sur le poignet gauche d'Ezio. L'Awen, symbole des bardes.

- Je sais que vous me mentez. Lui susurra-t-il. Pour ça et pour la blessure de votre copain. Donnez-moi votre baguette.
- Je n'en ai pas... Il dégagea brusquement son bras de l'étreinte de l'homme, qui pour toute réponse le plaqua brutalement contre un arbre.
- Il va falloir cesser votre petit jeu … si vous voulez retrouver vos amis.
- Je n'ai pas de baguette. Répéta Ezio. Vous avez déjà fouillé mon sac et je n'en porte pas sur moi... alors qu'est-ce qu'on fait ?
L'homme parut hésiter, puis desserra l'étau de ses bras aussi brutalement que ce qu'il l'avait formé.
- A vous de me le dire.
- Ecoutez, je suis épuisé. Le garçon qui est avec moi est un jeune moldu et il a besoin de soins. Je me fiche de ce que vous faites... j'ai juste envie de …
Dormir ?
- … déguerpir du secteur.
L'homme esquissa un rictus amusé. Son visage était balafré en de nombreux endroits. Son front portait d'anciennes cicatrices qui semblaient avoir été recousues par un enfant apprenant le point de croix et par endroit, sa peau paraissait avoir été brûlée. A travers les rides d'expressions qui barraient ses joues et son front un regard bleu clair perçait.
- Ce serait plus sage en effet.
D'un signe de tête il désigna le chemin à Ezio. Ce dernier opina du chef et tout deux se remirent en route d'un pas saccadé.
-Le gamin. Il sait ce qui l'attend ?
Nouveau mouvement de tête de la part d'Ezio qui continua à marcher en silence. Il espérait arriver rapidement à hauteur du campement afin que cette nuit s'achève dans les plus bref délais. Alors qu'il se renfermait dans un mutisme morose, la langue de l'autre semblait se délier.
- Ma sœur avait 13 ans quand elle s'est faite mordre. Elle n'a pas survécu.
- Je suis désolé...
- Pas autant que moi. Je déteste ces saloperies.

Le peloton de tête s'était arrêté un peu plus loin et les deux hommes eurent tôt fait de les rejoindre. Alexander était plus pâle que jamais. Ezio avança jusqu'à lui, lui adressant un regard interrogateur. A travers le bandage de fortune on pouvait voir perler le sang de sa blessure. Il devait souffrir atrocement. Du coin de l'oeil, il entr'aperçut Karl qui s'entretenait avec Ivanov. Il en profita pour glisser une main dans la poche latérale de son sac et en sorti une petite blague à tabac en cuir bleu. Il en retira quelques racines et les fourra discrètement dans la main d'Alexander.

- Vous tenez le coup ?Si la douleur devient trop forte, mâchez-en quelques-unes, ok ?


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MessageSujet: Re: Fragments de vie : Lupus Memoriam [PV] Dim 5 Juil - 22:29

C'était donc cela ce qui m'attendrait quand je serais devenu cette immonde Bête ? Serais-je traqué, disséqué, analysé sous toutes les coutures quand on m'aura capturé ? Serais-je une Bête de foire ? Ou bien encore serais-je un trophée quand ces trois chasseurs auront eu ma peau ? Mon regard gris-bleu les analysait tentant de comprendre qui ils sont et ce qu'ils me feront. Peut-être que finalement, je ne verrais jamais cet Aidan, ni cette association ... J'allais peut-être mourir ici et maintenant, tué par ces trois chasseurs aguerris sous le regard bienveillant de mon sauveur ?

Ezio aurait tout fait pour m'extirper des griffes de ces tueurs, mais il s'en serait sorti sain et sauf. J'avais pensé à fuir, loin d'ici, cela me semblait une évidence, mais mes jambes ne suivaient pas. Elles n'écoutaient nullement, mon corps était si lourd qu'il en devenait presque une tare à faire fonctionner. Mes oreilles bourdonnaient, je grelottais et suais en même temps. Et pour couronner le tout, un sang au goût de fiel inondait ma bouche.


Tu dois être vraiment beau à voir.

Là n'était pas la question, si je m'en sortais vivant -du moins en apparence-, j'offrirais un bon verre de Whisky à Ezio et je recontacterais Zoé, celle avec qui j'aurais du partir. Une forte quinte de toux vint s'inviter insidieuse. Crachant la moitié de mon sang sur la plaine albanaise, je sentis mes forces s'évanouir petit à petit. Mais j'étais en tête de notre charmant convoi, escorté par trois retors et mon sauveur. Le seul fait de marcher était un supplice mais je devais continuer. Quand on dit que parfois le mental s'avère plus fort que le corps lui-même ... C'était un peu ce que j'étais en train de vivre, l'envie de s'en sortir mais la carcasse qui n'en voulait plus. Je trébuchais sur ce que m'offrait la nature sauvage de l'Albanie et me rattrapais à cette même nature aidante et douce.

Je sentais que j'étais la chose à surveiller et à ramener en un bon état, mais là encore, tout s'avère relatif. Une présence à mes côtés, je tournais lentement la tête et mon regard gris-bleu se planta dans celui d'Ezio. Quelque chose avait pris place subitement dans ma main, quelque chose de végétal qui visiblement m'aiderait à aller mieux. D'une couleur grisâtre peu enviable, j'en mettais une dans ma bouche et commençais à mâcher sans trop me poser de questions. Le goût était âpre, avec une touche de framboise couplée à du sureau. C'était ma foi étrange au niveau des saveurs, mais je ne vais pas faire le difficile. Si cela peut me permettre d'aller mieux et de pouvoir en réchapper. Chose que je crois de moins en moins désormais ... Je me stoppais afin de reprendre mon souffle et ce difficilement, quand je vis une silhouette au loin près des arbres touffus. Une entité vêtue d'un linceul noir que je ne parvenais pourtant à distinguer qu'à moitié.
Je me retournais vers mes escorteurs mais ces derniers parlaient entre eux et Ezio me surveillait du regard. J'en déduisais donc qu'il ne l'avait pas vue. Au moment où mon regard gris-bleu revenait à l'endroit où prétendument elle devait se trouver, je la vis, là, en face de moi.

C'était une jeune femme. Pâle, au regard d'un gris d'acier et dont la chevelure rousse pouvait tout embraser. Ses lèvres étaient couleur rubis et elle me souriait. Qui était-ce ? Malgré moi je le savais très bien mais je préférais l'oublier. Ses mains sur mon visage brûlant étaient fraîches mais empreintes d'une chaleur maternelle. Elle penchait sa tête de côté et moi j'attendais sa sentence.


C'était donc ça la Mort ?

On m'avait toujours parlé d'une grande faucheuse vêtue elle aussi de noir à l'aspect squelettique et en face de moi se trouvait une jeune femme d'une beauté sans pareille. Je restais estomaqué face à elle, conscient que si je bougeais -chose qu'il m'était difficile d'entreprendre tant la douleur était intense-, elle prendrait ma vie. Aussi juvénile soit-elle.

- Ton heure n'est pas encore venue jeune homme.
- Pourquoi êtes-vous là ? Est-ce la fin ?
- Non, mon ami non. Je t'attendrais ne t'inquiète pas. Nous nous reverrons mais dans longtemps ...
- Mais ...
- Ici, tu vas "mourir" et t'offrir une renaissance.

Sans me laisser le temps de lui répondre ou de tenter d'argumenter sur mon cas, qui je le crois n'est pas du meilleur aloi, elle se met à m'embrasser. Non pas sur les lèvres mais sur le front. Témoignage évident que j'avais encore une chance de survie ... La suite, je sentis mon corps se glacer et ma tête bouillonner comme si j'eus un énorme mal de crâne à m'en vriller les organes.
Je tombais au sol. Inerte.


Était-ce cela la Mort finalement ?




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MessageSujet: Re: Fragments de vie : Lupus Memoriam [PV] Sam 15 Aoû - 21:22

Pris d'un doute, Ezio observa attentivement la blague à tabac qu'il tenait encore à la main. Que lui avait-il donné ? L'espace d'un instant il imagina avoir confondu avec... d'autres racines. Puis il secoua la tête, incrédule. Il n'avait pas fait d'erreur. Pourquoi alors cet étrange comportement ?
Alexander avait commencé par fixer un arbre avec torpeur, puis une pointe d'effroi. Il s'était ensuite mis à balbutier quelques phrases sans queue ni tête et avait fini par s'effondrer dans l'herbe, inerte. Le barde se précipita aux côtés du jeune homme et vérifia qu'il était toujours en vie. Il poussa un soupir de soulagement lorsque ses doigts rencontrèrent le pouls d'Alexander.

- C'est quoi encore ce cirque ? Brailla Ivanov en les rejoignant.
- Il est mort ? Demande Earn simultanément.
- Seulement évanoui...
- Ecartez-vous.

Sans ménagement, Karl repoussa le barde agenouillé aux côté d'Alexander et retourna celui-ci avec la crosse de son arme, d'un geste brutal.

- Qu'est-ce que vous faites ?

Ezio se releva brusquement et s'interposa entre les deux hommes. L'un debout, alors que l'autre était à terre. Il serra les poings et sentit sa belle assurance voler en éclat.

« Et ensuite ? Tu penses faire le poids ? Il est en pleine possession de ses moyens, armé jusqu'aux dents. Et toi … tu tiens plus de l'épave là... »

L'autre le toisa et se rapprocha de lui jusqu'à ce que le barde puisse en sentir son souffle et compter les poils de sa barbe. L'homme était plus grand que lui et son regard n'avait rien d'engageant.

- Je vérifie que ce garçon ne nous posera pas de problème. Si vous voyez de quoi je parle. Et si j'étais vous, je ne jouerai pas les braves, vous n'êtes pas en position d'exiger quoi que ce soit. Compris ?
Les paroles étaient murmurées sur un ton persiflant de menace qui acheva de glacer les veines du barde.

Il attendit quelques secondes avant de capituler. Un reste de fierté que la boue et le sang n'avaient pas encore étouffé.

- Compris. Soupira-t-il avant de s'écarter d'un pas.

Karl observa Alexander sous toutes les coutures, ne daignant pas répondre aux questions de ses deux comparses qui s'enquéraient de la situation. Pourquoi diable ne leur disait-il pas ce qu'il savait ? Ezio tournait et retournait la question dans tous les sens mais ne parvenait pas à comprendre. A moins qu'il ne se soit fourvoyé sur toute la ligne ? A l'évidence, ces hommes chassaient les lycans. Ils avaient devant eux un futur spécimen. L'un d'eux était au courant mais … ils les raccompagnaient ? Ezio passa une main sur son visage pour essayer de se calmer.

« Réfléchis. Calme toi. »

Il se rassit dans l'herbe en attendant la fin de l'examen de Karl. La tête entre les mains, il constata qu'elles étaient couvertes de sang séché. Impossible de distinguer le sien de celui d'Alexander. A le voir couvert de matière rouge sombre on aurait pu l'imaginer se vidant de son sang. Pourtant, il n'attestait que d'égratignures superficielles. Alexander avait donc perdu beaucoup de sang.

« Pourquoi ne l'intéresses-tu pas ? »

Il observa le corps du jeune moldu, au supplice de devoir le laisser se faire malmener par l'autre sans pouvoir y faire quoi que ce soit. Lorsque Karl eut observé jusqu'à ses dents il déclara :

- Il est évanoui. Va falloir le porter. Ou le laisser là.

Ezio jeta un œil las à Karl qui lui offrait un visage aux relents sadiques. Alors qu'Ivanov interrogeait Karl dans leur langue, Ezio vit Earn du coin de l'oeil qui paraissait mal à l'aise. Lui aussi semblait s'interroger sur la situation et de toutes ces messes basses. Ezio profita de l'occupation de tout ce petit monde pour se glisser à nouveau aux côtés d'Alexander. Une main sur son front lui indiqua qu'il avait un fort accès de fièvre . Sa peau était pâle, presque translucide, mais rien ne donnait d'indication précise sur son futur état. Soudain l'évidence le frappa avec douleur.

« Tu ne les intéresses pas encore

Qu'est-ce qu'on gagne à chasser le lycan ? Les crocs ? Les griffes ? Les yeux aussi... et la gloire de ramener à nouveau le pelage d'une créature dangereuse.
Alexander disposait donc de quelques jours pour disparaître du pays. Sinon, il serait traqué lui aussi. Il allait falloir convaincre sa famille qu'Alexander devait être rapatrié au plus vite.
Il sortit d'autres herbes d'une nouvelle poche de son sac et fourra une feuille sombre dans la bouche d'Alexander. Elle aiderait à faire tomber la fièvre. Il souleva doucement la tête du jeune homme et entreprit de le secouer gentiment.

- Alexander...

Puis un peu plus fort.

- Alexander, réveillez-vous.

Le désespoir grandissant il appliqua de légères tapes sur les joues de ce dernier.

« Dagda cuidich mi !! »*

- Je vous en prie ! Je ne peux pas vous porter. Supplia-t-il. Je peux vous soutenir mais je ne parviendrais pas à vous porter jusque-là et croyez-moi, il vaut mieux que vous marchiez, plutôt qu'ils ne vous portent.

Il sentait sur sa nuque le regard insistant de Karl.

* Que Dagda me vienne en aide.

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MessageSujet: Re: Fragments de vie : Lupus Memoriam [PV] Lun 7 Sep - 11:15

Chaud. Froid. Chaud. Froid. Douleurs. Nausées. Mort. Ténèbres.

Telles étaient mes perceptions, ce que je pouvais ressentir. Jamais je n'étais passé aussi près de la Mort. Jamais elle n'avait réussi à m'enlacer. Sauf une fois, quand j'étais tout petit, encore. Ma grande sœur devait me surveiller, mais elle était trop occupée à envoyer des SMS à toutes ses copines. Folles, comme elle.
Je m'étais retrouvé à errer sur la route, à seulement huit ans. Sans même un regard en arrière, j'avançais. Ma mère, quant à elle, était dans la vitrine d'à côté. Achetant les dernières affaires dont ma grande sœur Gwenäe avait besoin pour son entrée prochaine à la faculté. Elle devait donc, ma sœur, en parler à toutes ses copines sans quoi, ce ne serait décidément pas une bonne journée.
Des jeunes gens posaient un regard entendu sur moi, petit gringalet de huit ans, abandonné à son triste sort sur les trottoirs grisâtres du centre de Londres.

Ma sœur, grande comédienne s'il en faut, n'avait pas vu le bus rempli de touristes débouler en plein sur ma petite personne. J'eus juste le temps de sentir une empoignade dure et ferme et de me retrouver à embrasser le trottoir puant. Le sang perlait sur mon petit front, j'eus juste le temps d'entendre mère et sœur hurler de concert avant de sombrer dans un sommeil sans aucun rêve.
Jamais ma mère ne retrouva mon sauveur qui m'avait extirpé d'une passade bien morne. Je m'en tirais juste avec une légère commotion cérébrale et une belle bosse sur le haut du crâne.


J'aurais préféré mourir ce jour là finalement.

J'allais encore mourir. Une deuxième fois. M'offrir une renaissance sous forme de Bête et intéresser ces Hommes -quand je serais devenu cette Bête-. Peut-être valait mieux qu'Ezio s'échappe de ce traquenard avant d'en venir à crever sur les terres mornes d'Albanie ? Peut-être était-ce Ezio, mon sauveur d'il y a dix ans ? Mon Ange Gardien, celui qui ne voulait pas que je trépasse si facilement. Du moins quand j'aurais atteint ma majorité ...
J'aurais préféré rester dans le Pub à me faire rouer de coups, plutôt que de me retrouver là, à moitié dévoré par un Lycan. Désormais, j'arriverais presque à nommer ce qui me dévorait de l'intérieur. Et putain, ça faisait vraiment mal.
J'entendais des voix lointaines, étouffées parmi le bourdonnement de mes oreilles. A croire que j'avais encore défié la Mort, elle ne voulait pas encore de moi aujourd'hui. Elle se plaisait à m'observer, ses doigts squelettiques joints sous son menton, à tenter de "jouer" avec Elle. Malgré moi, je ne jouais pas, j'avais juste envie de crever là et maintenant. Dans cette nature et ce climat hostiles, sous les bons soins d'Ezio.

En parlant de lui, il ne voulait pas me laisser crever.


Tiens donc.

Je me sentais fiévreux, brûlant. J'avais juste envie d'un peau d'eau pour réhydrater mes lèvres sèches et taries. Mais mon vœu de mourant ne fut pas exaucé, au lieu d'une eau salvatrice, j'obtins encore l'un de ces feuilles étranges au goût amer et âpre. Mais je crois, que faire la fine bouche ç'aurait été un peu moyen. Alors je tentais de faire fi de ce goût atroce et mâchouillais ostensiblement.
C'était dégueulasse mais ça soulageait.

Un peu, du moins.

Alors que la fièvre parvenait à se faire discrète, -elle essayait-, je sentis des caresses sur mes joues. Douces de prime abord, puis plus insistantes. Et ce fut la voix d'Ezio qui me surprit. J'essayais de comprendre ce qu'il me disait. Il valait mieux que je marche plutôt qu'ils ne me portent. J'étais de cet avis. Malheureusement.

J'ouvris un œil puis l'autre, assez difficilement je dois dire, mais bon, c'était toujours ça.


- Je ... vais ... essayer. Aussitôt dit, aussitôt fait. Quoique non, en fait. Je parvins juste à me hisser sur les coudes, tout en tentant de regarder ceux qui allaient me ramener comme un vulgaire trophée.

- Humpf.

Pourquoi la force de cette Bête n'arrivait-elle pas quand il le fallait ? BORDEL !

- Il me faut un peu de temps.

Je ne hachais plus mes mots. C'était déjà un début. Mais courir comme un lapin par la suite, je ne savais pas encore ...




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MessageSujet: Re: Fragments de vie : Lupus Memoriam [PV] Dim 4 Oct - 22:41

Mais du temps, ils n'en avaient guère.

Ezio tenta un sourire à l'attention du jeune Hamilton qui s'avéra plus douloureux que prévu et s'acheva en une grimace peu encourageante.

- OK. On va procéder par étapes. D'accord ?

Première étape... ne meurs pas.

Un soupir d'impatience fit sursauter le barde qui adressa à leur escorte un regard réclamant clémence. Alexander, toujours au sol avait le visage d'un homme éreinté et l'évanouissement paraissait le guetter à nouveau. Ezio glissa une main sur son poignet et témoigna d'un pouls rapide bien que fuyant. Il dû s'y reprendre à plusieurs fois pour être certains qu'il ne s'agissait pas du sien. Force de constater que son cœur à lui, battait plus lentement et bien trop fort pour sa cage thoracique. Il ferma les yeux un instant et tenta de se raccrocher à des images calmes qui pourraient lui procurer la force nécessaire pour poursuivre et achever cette interminable nuit. Saoirse s'imposa, comme bien souvent. Petit phare au milieu de la tempête. Il dessina les contours de son visage, traça la courbe de ses cils, esquissa un sourire mutin au portrait qui prenait vie et tâcha de se remémorer avec exactitude les inflexions de la voix qui le suivait partout.

- Dans la vie, on n'a pas le choix. On se bat pas pour soi mais pour les gens qui nous aiment.

Et lui ? Il devait y avoir de nombreuses personnes qui tenaient à ce jeune garçon. Une mère et un père … une sœur aussi, visiblement. Une petite amie, probablement....

- Je sais que vous êtes épuisé, que vous avez mal et qu'à cet instant vous aimeriez mourir. Il se mordit un instant les lèvres et poursuivit rapidement et à voix très basse pour que seul Alexander puisse  l'entendre. Il faut que vous vous leviez maintenant. Il y a des gens qui donneraient leur vie pour vous et vous n'avez pas le droit de renoncer.

Saoirse aurait probablement été plus convaincante à grand renfort d'yeux brillants et de larmes, néanmoins les seules qui lui restaient actuellement étaient enfouies si profondément en lui qu'il n'était pas en mesure de pouvoir les offrir à quiconque. Ses yeux ne s'humidifiaient désormais que sous la morsure du froid et de douleurs physiques intenses.

Il laissa échapper un soupir du bout des lèvres qu'il regretta aussitôt. Ils n'avaient pas le temps, ni le loisir de paniquer ou abandonner l'un et l'autre. Se composant rapidement un visage plus rassurant, il se risqua à un nouveau sourire à l'attention d'Alexander et sans lui laisser le choix de trop s'appesantir sur les douleurs de son corps il glissa un bras sous ses épaules et entreprit de le mettre debout sans tenir compte des grimaces géhenniques de son compagnon, au supplice. La tâche fut fastidieuse. Alexander manqua tourner de l'oeil à deux reprises et ne parvenait pas à tenir debout, si bien qu'Ezio fut dans l'obligation de le porter à moitié. Ivanov se contentait de l'observer d'un œil amusé et curieux, semblant parier sur le nombre de minutes qui défileraient avant que le pauvre barde ne déclare forfait et abandonne le jeune garçon à son sort. La cruauté de son regard, mêlé à un sadisme certain eut l'effet contraire sur Ezio qui sentit ses forces reprendre le dessus alors qu'on tentait de les réduire à néant. Il plongea ses yeux sombres dans ceux de l'autre avec une pointe de défi et alla même jusqu'à prendre la tête du peloton en direction du campement.
Bientôt, il sentit le poids du corps d'Alexander s'abandonner à nouveau. La tête du jeune homme ballottait, il avait à nouveau perdu conscience. Ezio resserra sa prise et le hissa sur son épaule, les forces décuplées par une effroyable rage qui le prenait aux tripes. A cet instant même, il avait l'impression d'en vouloir au monde entier. Sans savoir réellement pourquoi. Il s'était fourré dans la tête qu'il n'abandonnerait pas ce garçon, comme si cela pouvait racheter ses actes passés. Il avait fait une promesse qui était en train de vaciller dangereusement, celle de le sortir de là. Il dansait maintenant sur la corde de la culpabilité et probablement de la folie, due à la fatigue de la journée.
Alexander pesait son poids de muscles et son corps abandonné n'offrait ni résistance ni aide pour avancer.
Les autres leur avaient emboîté le pas. Ivanov, narquois, allait même jusqu'à laisser entendre un léger rire lorsque qu'Ezio peinait à avancer. Karl, quant à lui, se contentait de maugréer des paroles incompréhensibles et Earn n'avait plus échangé un mot avec quiconque depuis de longues minutes.
A plusieurs reprises, Ezio manqua demander une pause, mais n'en fit rien avant une bonne demi-heure, muré dans sa fierté écumant de la fureur froide qui le parcourait. Son dos et ses bras étaient tétanisés par le poids qu'ils portaient.

Au bout d'un moment qui lui parut être à la fois une éternité et bien trop court néanmoins, il dû se rendre à l'évidence et mettre sa fierté de côté, il avait besoin d'une pause.

- On s'arrête. Déclara-t-il simplement comme s'il était guide de randonnée.

Sans attendre d'accord ou de réponse, il se pencha vers le sol et déposa Alexander, assis contre le tronc d'un gros arbre. Peut-être était-ce son aplomb, le ton glacial de sa voix ou alors les autres avaient eux aussi besoin de s'arrêter, toujours est-il qu'aucun ne prit la peine ou le temps de protester. Chacun en profitant pour prendre un peu de confort, que ce soit en buvant quelques gorgées ou en posant un sac au sol pour s'étirer. La nuit s'épaississait, le froid tombait et apportait avec lui une vague de brouillard inquiétante et humide qui vous gelait les articulations.
Étendu à côté d'Alexander, Ezio reprenait son souffle et massait son épaule gauche d'un geste machinal. Il s'empara ensuite de la gourde qui se trouvait dans la poche latérale de son sac et en offrit au jeune garçon qui semblait errer entre conscience et état second.

- Buvez. Déclara-t-il.

Alors que la nuit s'intensifiait, Ezio se sentait devenir avare de mots. Sa gorge nouée par l'angoisse et l'effort fourni, avait besoin de repos. Son visage était fermé et il évitait de poser son regard sur les autres. Même sur Alexander lorsque ce dernier avaient les yeux ouverts, se contentant de l'observer à la dérobé lorsqu'il sombrait dans une semi-inconscience. Il appliqua rapidement une main sur la nuque de ce dernier pour constater qu'il était brûlant et tremblait légèrement.
Il se redressa soudainement, faisant sursauter ses acolytes par la même occasion et observa la direction vers laquelle ils se dirigeaient d'un air préoccupé. Enfin, il se retourna si vivement que le dénommé Karl mit la main sur son arme en le voyant approcher.

- On y est presque. Lui jeta-t-il à la figure.
- Et alors ? Répliqua l'autre sur un ton encore plus froid.
- Alors, qu'est-ce qu'on fait maintenant ? Ezio entendit sa propre voix vaciller. La traîtresse. Sa voix. Son alliée de toujours. Celle qui habituellement ne laissait transparaître que les émotions qu'il souhaitait voir filtrer. Celle qui portait les foules, contait les textes, égrainait les chants, les poèmes, donnait vie à ses rêves... elle tremblait et semblait baisser les bras, elle aussi. Il se passa une main sur le visage, nerveux et enchaîna rapidement avant de ne plus en avoir ni la force ni l'envie. Écoutez, j'ignore pourquoi vous avez tenu à nous raccompagner et je n'ai pas envie de le savoir. La seule chose que je sais c'est que ce gamin va y passer si vous ne me laissez pas le ramener rapidement à ses parents. Je suppose que si vous voulez le retrouver plus tard ce ne sera pas un problème non ? Karl ouvrit la bouche d'un air mauvais mais Ezio, poursuivit, porté par une bouffée d'audace. Celle de la dernière chance. Vous auriez sûrement aimé que votre sœur ait une chance. Elle... Avant qu'il n'ait pu achever sa phrase, un poing s'abattit avec violence sur sa mâchoire et lui ferma la bouche. Le barde fut jeté au sol et aussitôt, le goût métallique du sang lui envahit la gorge et le nez. Les deux autres hommes se précipitèrent aux côtés de Karl en voyant la scène et Ezio entendit qu'ils échangeaient des mots dans cette langue qu'il ne maîtrisait pas. Il resta un instant la joue sur le sol frais, à se demander s'il n'allait pas tout simplement fermer les yeux et attendre la suite. La suite des coups ne vint pas néanmoins et il sentit qu'on le relevait sans ménagement en le tirant par le bras. Le visage de Karl était déformé par la fureur. Ses yeux brillaient d'une colère sourde et meurtrière qui fit regretter à Ezio la mention de la jeune fille. Il poussa un soupir las et se maintint debout, face à l'autre sans prononcer un mot. Il soutint un instant le regard de Karl, sentant le liquide chaud qui maculait le coin de ses lèvres. Il se retint de cracher le sang au sol, se doutant que ce geste serait mal vécu par l'homme qui se trouvait à quelque centimètres de son visage et qui lui vaudrait probablement la session numéro deux. La respiration de Karl était rapide et les veines de son cou gonflées comme si elles étaient sur le point d'exploser. Contre toute attente il ne frappa pas Ezio à nouveau. Il se pencha vers lui encore un peu et leurs fronts se touchaient presque lorsqu'il lui invectiva :

- Dégagez.

Ezio marqua un moment de surprise. Le sang battait à ses tempes, sa bouche était douloureuse et son corps paraissait obéir à quelqu'un d'autre.

- Prenez le môme et dégagez ! Hurla Karl en le repoussant violemment.

S'octroyant l'économie de quelques mots, Ezio recula vivement et tourna le dos aux trois hommes qui échangeaient vivement. Il se précipita vers Alexander, enfila son sac et entreprit de hisser à nouveau le jeune homme sur son épaule, sans demander son reste. Il sentait son propre cœur battre la chamade, sachant pertinemment que sa fenêtre d'action était très courte avant que l'un d'entre eux ne change d'avis ou choisisse une option plus douloureuse. Laissant les trois régler leurs comptes, il s'enfonça rapidement à travers les arbres en direction de la lueur qui n'était plus bien loin. Chacun de ses pas arrachait un gémissement à Alexander. Il ne se retourna pas et pria intérieurement pour ne pas entendre de pas derrière lui. Lorsqu'il fut à quelques distances des hommes, il abandonna son sac dans un fourré et accéléra la cadence pour ramener Alexander au plus vite.


HJ: Bon, la remise à flot est assez laborieuse. Si cela ne te va pas, j'édite à souhait.
Navré pour l'attente. Wink


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MessageSujet: Re: Fragments de vie : Lupus Memoriam [PV] Sam 17 Oct - 22:46

J'avais mal. Atrocement mal. Je n'arrivais que partiellement à composer avec la douleur qui me dévorait tout entier. Elle y parvenait lentement, empreinte d'une sadicité horrible. Je me laissais submerger par Elle, et elle en riait.
Jamais je n'aurais pensé finir ainsi, à moitié mort dans un pays si hostile que je ne connaissais pas. Jamais je n'aurais pensé que mon excursion triviale aboutirait à ma perte. Jamais je n'aurais pensé trouver mon sauveur. Malgré tout, il restait à mes côtés, tentant de me garder en vie. Au péril de la sienne.

Les hommes qui nous escortaient était aussi féroces que des bêtes et la perspective de me faire tuer par eux, était la dernière pensée qui me venait à l'esprit. Or, je savais pertinemment que j'étais un poids douloureux pour Ezio, qui devait faire avec mon corps qui ne répondait plus.
Je flottais dans un état d'inconscience morbide, duquel il m'était difficile de sortir.


T'es pas mort gamin. Du moins, pas encore.

J'entendis Ezio et ses mots d'encouragement. On m'aimait. On m'attendait quelque part. Et oui, j'aurais préféré mourir, ç'aurait été moins pénible. Peut-être une perte douloureuse pour ma famille, mais Ezio s'en tirerait sans nul souci. Pourquoi ma famille, n'est-elle pas venue à ma rencontre ? Pourquoi ne sont-ils pas partis à ma recherche ?
Pourquoi suis-je ici un pied à moitié dans la tombe avec des types qui veulent ma peau ? Je grimaçais, sachant que je n'aurais jamais du accepter ce voyage aux relents stupide d'une famille désunie. Je ne serais pas là. Pas dans cet état. Pas en train de mourir ... J'aurais une belle vie, entouré d'amis dans une faculté hyper chère où je brillerais par des études au nom imprononçable. J'aurais une petite amie, une maison, un chien ou un chat et ma vie serait paisible.

Au lieu de ça, c'était le chaos voire l'Enfer. J'avais troqué une existence sans histoires pour quelque chose qui allait me coûter la vie. J'avais de la fièvre. Des sueurs froides. Je grelottais. Je transpirais. Et surtout mon corps et ma tête étaient si lourds qu'il m'était presque impossible de pouvoir les supporter. Ezio s'en chargeait à ma place. Par moments, j'entendais sa voix grave qui tentait de me tenir éveillé chez les vivants. Mais la Mort m'attirait quelque fois vers Elle pour me relâcher aussitôt. Elle jouait avec moi la garce.
Ezio me portait toujours, j'étais sa croix. Son fardeau. J'avais vraiment envie qu'il m'abandonne et qu'il sauve sa peau. Mais visiblement me laisser là, à la merci de ces types, n'était pas de son ressort. Je soupirais et grimaçais sous les efforts qu'il demandait à mon corps meurtri. Poser un pied devant l'autre était devenu chaotique. Je n'y arrivais plus.


Désolé Ezio.

Mes excuses étaient sincères mais muettes. Je n'arrivais plus à sortir quelque chose. J'étais dans un état presque inconscient et discerner la Réalité était fastidieux. Je me laissais aller, entièrement. Or, je sentis quelque chose de stable derrière mon dos. Ezio venait de m'appuyer contre un arbre. Et là encore, je l'en remerciais. Silencieusement. Il me tendit une gourde et m'intima de boire. Ce que je fis. C'était sûrement l'un de ses remèdes miracles qui allaient me remettre sur pied. Je crois qu'il me faudrait un remède de cheval pour prétendre à retrouver ne serait-ce qu'un peu de vitalité.

Distinctement j'entendais Ezio mais j'étais trop faible pour me faire entendre. Je somnolais. Un craquement sonore parvint néanmoins jusqu'à moi, je reconnus un coup de poing et vis le sang sur le visage d'Ezio. Instinctivement, j'eus envie d'intervenir et de répondre par un bon coup dans la mâchoire dans l'armoire à glace, mais la seule chose que je pus faire, c'était de gémir, appuyé contre le tronc d'arbre. Je détestais cet état d'impuissance dans lequel cette Bête m'avais mis. Et ce sentiment de ne savoir plus qui j'étais. Ou d'être à moitié conscient du monde qui m'entoure. En une fraction de seconde, tout bascula. Je vis Ezio se précipiter à mon encontre, ce qui me fit faire des yeux ronds.

Qu'est-ce que cela pouvait bien signifier ? Il me remit sur son épaule et nous partîmes, sous les discussions houleuses des trois protagonistes, qui, s'ils changeaient d'avis allaient probablement nous massacrer. J'essayais de faire en sorte de marcher pour ne pas qu'Ezio se rompe le dos à me porter ainsi, comme un douloureux poids mort. Ezio accélérait comme s'il avait peur que les trois autres reviennent. Intérieurement, j'avais peur. S'ils revenaient, il était certain que nous ne ferions nullement le poids face à eux. Mon sauveur marchait à grandes enjambées et j'avais peine à suivre le rythme. Je grimaçais à chaque fois, que ses pieds touchaient le sol. Le son se répercutant à la fois dans ma tête et dans mon corps.

Quand arrêterait-il cette course effrénée ? Je le sentis ralentir au bout d'une éternité. J'avais mal. Atrocement mal. Je n'arrivais pas à respirer, il m'était difficile d'inspirer et d'expirer tant la douleur m'opprimait la poitrine. Les yeux fermés, je reconnus pourtant des odeurs familières. Salvatrices.


Je dois être mort.

C'est quand on meurt qu'on se rattache à tout ce qu'on a connu. De ce qu'on connaît. Des choses familières. Des gestes, des odeurs qui vous font prendre conscience de ce que vous êtes. Il me semblait que j'étais chez moi. Comme dans un rêve ...

- ALEXANDER ! Oh mon dieu ! Que lui est-il arrivé ? Maman ! VIENS !

Je reconnus la voix perçante de Gwenäe tant est si bien qu'elle me fit grimacer. Je sentais des mains sur mon visage, des accolades auxquelles je ne répondais pas. Des embrassades, des larmes. Des cris.

- Que ? Son bras ? Il s'est fait attaquer ?

Oui, grande sœur, par une sale Bête.

Putain que ça fait mal cette histoire.
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MessageSujet: Re: Fragments de vie : Lupus Memoriam [PV] Mer 21 Oct - 22:10

« Il meurt lentement
celui qui ne voyage pas,
celui qui ne lit pas,
celui qui n’écoute pas de musique,
celui qui ne sait pas trouver
grâce à ses yeux.

Il meurt lentement
celui qui détruit son amour-propre,
celui qui ne se laisse jamais aider.

Il meurt lentement
celui qui devient esclave de l'habitude
refaisant tous les jours les mêmes chemins,
celui qui ne change jamais de repère,
Ne se risque jamais à changer la couleur
de ses vêtements
Ou qui ne parle jamais à un inconnu
...»

« Les minutes qui suivirent ne furent que cris, larmes et agitation.
La première à surgir à notre arrivée fut une jeune femme à la voix perçante. Elle n'était pas très grande mais m'arracha presque mon compagnon des bras avec une force qui me surprit et me fit presque lâcher Alexander au sol. Elle débitait ses questions à une allure qui me donnait le tournis, si bien que j'avais envie de fuir. Mais il me restait une toute dernière chose à faire. »


La jeune fille fut rapidement suivie par un couple plus âgé, probablement attiré par ses cris. Ezio devina aisément la mère et le beau-père décrits par Alexander quelques heures plus tôt. Assailli par de – trop – nombreuses questions, par des mains qui l'agrippaient et le secouaient pour le forcer à parler, Ezio se sentit étouffé, pris de vertiges et se dégagea un peu abruptement des mains de la femme qu'il repoussa sans ménagement.

- QUE LUI AVEZ VOUS FAIT ???!!! hurlait-elle alors que son mari tentait de la calmer et de s'interposer entre eux deux.

Ezio recula de deux pas et leva les mains, clamant ainsi son innocence et son désir d'apaiser les tensions.

- Ecoutez... commença-t-il doucement.

-OH MON DIEU ! TOUT CE SANG ! SEIGNEUR ! MON BEBE !!!

-Calmez-vous s'il vous plaît....
-EILEEN BON SANG FERME-LA ET LAISSE PARLER CET HOMME !! Son mari venait de la saisir par les épaules et menaçait de lui en mettre une si elle ne cessait de hurler. Ezio passa une main sur son front pendant que l'autre pendait mollement le long de son corps.

On frôlait l'hystérie collective.

-IL A TUE MON GARCON !!! APPELLE LA POLICE !


La jeune fille, penchée sur Alexander, sanglotait à ne plus respirer, produisant un râle à chaque inspiration mêlé à un cri suraigu qui agressait les tympans du poète. Alors qu'un sixième protagoniste faisait une entrée aussi bruyante que celle des autres en se précipitant aux côtés de la jeune fille, Ezio se prit la tête dans les mains dans le but de faire taire toutes ces voix qui l'empêchaient de penser. La femme la plus âgée l'avait à nouveau saisi par les bras et le secouait en hurlant, profitant du fait que son mari se soit lui aussi rendu aux côtés d'Alexander. Ce dernier était plus pâle que jamais et ne bougeait plus. Une fois encore, Ezio tenta de se dégager. Il saisit la femme par les poignets avec fermeté, tâchant de ne pas lui faire trop mal. Suffisamment fort pour attirer son attention, néanmoins.

-Vous voulez le sauver ? Taisez-vous et écoutez-moi. Sa voix grave s'était faite glaciale et puissante. Elle couvrait les cris, sans qu'il n'ait besoin de hurler.

La femme s'immobilisa, bouche ouverte, sans qu'un son n'en sorte, ses poignets toujours logés dans les mains fermes du barde. Il lui adressa un regard interrogateur auquel elle répondit d'un léger signe de tête, affirmatif. Ezio délivra les mains de la femme et recula encore d'un pas pour les avoir tous dans son champs de vision. Il se sentait à peine plus en sécurité ici qu'au sein de la forêt avec le groupe d'hommes armés. Ces gens semblaient croire qu'il avait lui-même agressé le garçon.

Tu déboules avec leur gamin à moitié mort dans les bras... c'est la seule chose qu'ils voient.

-Nous avons peu de temps alors ne m'interrompez-pas.

Il reprit son souffle et poursuivit de sa voix basse et sourde, captant l'attention comme il savait le faire, conscient que la vie d'Alexander dépendrait du fait qu'on le croirait ou non.

-Votre fils – il insista sur ce terme- a été blessé par une … bête... dangereuse. Ses blessures nécessitent des soins particuliers que vous n'obtiendrez pas dans les hôpitaux locaux.

-Quelle bête ?
Se risqua à demander la femme.

Ezio l'ignora et poursuivit rapidement à l'attention de l'homme.

-Vous avez un téléphone je suppose ?

Ce dernier approuva d'un signe de tête.

-Avec internet ?

Il lui fallait réfléchir vite.

-Oui, bien sûr.

Bien sûr. Ils en ont tous.

-Très bien. Vous allez taper LUKOS L – U – K – O – S. C'est une association de médecins spécialisés dans ces interventions. Vous trouverez un numéro, vous les appellerez. Immédiatement, il n'y a plus de temps à perdre. Vous leur direz que votre fils a été mordu par une bête en Albanie et qu'on vous a donné leur numéro. Ils vous diront quoi faire.

L'homme, bras ballant, un oeil sur Alexander, l'autre sur Ezio, semblait hésiter alors que la femme reprit ses jérémiades.

-UNE ASSO... QU'EST-CE QUE C'EST QUE CES CONNERIES ? QUELLE BÊTE ? ET QUI ÊTES VOUS ??!!!


Ezio s'autorisa le soupir d'exaspération qui lui brûlait les lèvres depuis le début de la soirée. Agacé, insolent, malvenu probablement, mais Ô combien libérateur.

-Sans attendre. Lança-t-il au beau-père sur un ton qui n'appelait aucune remarque.

Il était rare qu'il emploi ce ton-là. Il se savait particulièrement persuasif et reconnaissait qu'il pouvait paraître impressionnant lorsqu'il s'emportait. Aussi évitait-il généralement de se montrer aussi dur. Habituellement, peu lui importait que les gens fassent ce qu'il conseillait ou non. Cela les regardait. Néanmoins, ce soir, il osait pouvoir espérer ne pas avoir manqué mourir trois fois, avoir transporté un garçon à moitié mort sur des kilomètres et avoir enfreint ses principes de neutralité, en vain. Ne pas avoir fait tout cela pour être témoin de la mort d'Alexander parce que ses parents, refusaient de faire les choses qu'ils étaient sensés faire. Ce soir, il avait le droit d'être autoritaire, il était en droit d'être obéi.

Conrad Dorwell jaugea rapidement l'homme qui lui faisait face. De ses yeux sombres et durs, en passant par sa mâchoire crispée, à ses poings serrés. Ezio avait l'impression de sentir naître en lui une rage qu'il n'était pas habitué à ressentir. Il inspira profondément et calma les flammes qui le consumaient, s’apaisant un peu en voyant l'homme sortir un petit objet rectangulaire de sa poche et y pianoter nerveusement.

-Lukos ?

Ezio hocha la tête et se détendit un peu. Alors que la femme se jetait aux côtés d'Alexander qui gémissait en lui murmurant des paroles réconfortantes, la sœur, elle, parcourut le chemin inverse pour venir se planter devant le barde dont elle toucha le bras.

Décidément, c'est une manie dans cette famille...

-Moi je vous crois. Souffla-t-elle en plantant ses beaux yeux verts dans ceux du poète.

Il ne se sentit pas le cœur à lui sourire, ni même à lui rendre un regard empreint de gratitude. Ce fut tout juste s'il hocha à nouveau la tête, le regard accaparé par la conversation entre l'homme et la femme.

-Cet homme est couvert du sang de mon fils !!!
-Il lui a certainement sauvé la vie, Eileen...
-Je n'ai pas confiance en lui...
-On n'a pas le choix ! Regarde l'état d'Alexander.
-Je… Je crois qu'on devrait quand même appeler la police.

L'homme baissa d'un ton.
-écoute, j'appelle ce numéro et ensuite on contactera la police, ok ?

Ezio se tourna alors vivement vers la jeune femme.

-Gwenaë c'est bien ça ? Il supposa qu'en prononçant son nom, elle comprendrait qu'Alexander lui avait fait confiance. Qu'ils avaient parlé. Qu'il la connaissait.

Elle acquiesça, ses yeux verts rougis et gonflés par les larmes qu'elle ne cessait de verser. Conrad Dorwell – le beau-père - était déjà en ligne avec le standard de Lukos. Ezio pouvait entendre les bribes de la conversation. Il espérait secrètement que les standardistes soient habitués aux étranges appels de moldus, orientés vers leur numéro par d'autres sorciers. Connaissant Aidan, il avait dû tout prévoir.

Conrad mentionna une attaque de bête, comme lui avait intimé Ezio et poursuivit en expliquant qu'un homme lui avait conseillé de les joindre. S'en suivit un long silence indiquant qu'on lui donnait des instructions sur le comportement à adopter. Ezio se sentit soudainement soulagé et fortement nauséeux. Désormais, Lukos prendrait le relais. A l'heure qu'il était, ils avaient probablement déjà localisé l'appel et envoyé une équipe de secours immédiat. Alexander serait sauvé.
Ezio lui jeta un dernier regard. Il aurait souhaité échanger quelques mots de plus avec le garçon, mais ce dernier n'était pas en état actuellement et lui,de son côté, ne pouvait plus attendre sans risquer des ennuis supplémentaires. Il estima avoir eu sa dose pour les mois à venir. Ses jambes le soutenaient à peine et le contrôle qu'il exerçait sur ses nerfs s'amenuisait à chaque secondes qui passaient. Il sortit à la hâte de l'une des poches de son pantalon, un des très nombreux carnets qu'il portait toujours sur lui et y griffonna rapidement une adresse à Londres, rien de plus. Si la police s'en mêlait, Saoirse saurait les recevoir de façon à ce que personne n'ait d'ennuis. Sinon, peut-être aurait-il une chance d'avoir des nouvelles d'Alexander après sa rencontre avec Aidan.

-Ça va aller pour lui. Ajouta-t-il à voix basse, avant d'enchaîner plus suppliant. Donnez-lui ça de ma part s'il vous plaît.

Il glissa alors la page qu'il venait de déchirer et de plier au creux de la main de la jeune femme.
Durant un court instant, les yeux noirs s'accrochèrent au regard vert. Gwenaë opina du chef en retenant quelques sanglots étouffés. Puis brutalement, Ezio tourna les talons et repartit d'où il venait, le cœur battant, le souffle court, ordonnant à ses jambes de le porter encore un peu, plus loin, là où la solitude lui offrirait un peu de sécurité et de sérénité.


«Il meurt lentement
celui qui évite la passion
et son tourbillon d'émotions
celles qui redonnent la lumière dans les yeux
et réparent les coeurs blessés
Il meurt lentement
celui qui ne change pas de cap
lorsqu'il est malheureux
au travail ou en amour,
celui qui ne prend pas de risques
pour réaliser ses rêves,
celui qui, pas une seule fois dans sa vie,
n'a fui les conseils sensés.

Vis maintenant !

Risque-toi aujourd'hui !

Agis tout de suite!

Ne te laisse pas mourir lentement !

Ne te prive pas d'être heureux !
»
*



-FIN-




*P. Neruda.

J'ai pris des libertés:
 


Scotland Homemade ...
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