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Poudre de Cheminette



 

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Fragments de vie : Lupus Memoriam [PV]

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MessageSujet: Fragments de vie : Lupus Memoriam [PV] Ven 10 Avr - 16:44

Once upon a midnight dreary, while I pondered, weak and weary,
Over many a quaint and curious volume of forgotten lore—
While I nodded, nearly napping, suddenly there came a tapping,
As of some one gently rapping, rapping at my chamber door.
"'Tis some visiter," I muttered, "tapping at my chamber door—
                                Only this and nothing more."

The Raven, Edgar Allan Poe.


19 avril 2013 ; Monts Korab, Albanie.

Trois semaines à parcourir des chemins qui, s'ils emplissaient son cœur de liesse, étaient sur le point d'avoir raison de ses pieds.
Ses vieilles chaussures rendaient l'âme sans qu'il parvienne à s'en séparer vraiment. La fine couche de caoutchou entre le sol et lui s'amenuisait à un point qui lui ferait bientôt l'honneur de fouler l'Albanie pieds nus s'il n'y prenait garde.

Alors que le crépuscule se rapprochait, il accepta de poser enfin son sac de randonnée. Le coin semblait agréable, l'herbe y était suffisamment épaisse pour lui proposer une couche confortable et la rivière qui circulait au fond de la vallée lui offrait une fraîcheur tout à fait approprié autant pour ses pieds que pour les griffures qu'il avait au bras. Une mauvaise chute lors de la descente du Grand Korab. Il s'élançait fier et menaçant du haut de ses 2764m d'altitude. Ezio se retourna et lui adressa un regard mi-épuisé, mi-appuyé. Cette bestiole là avait faillit avoir raison de lui. Un instant de distraction, le pied sur une roche instable et il s'était vu dégringoler quelques dizaines de mètres plus bas sans aucun moyen d'arrêter la chute. Un rocher proéminent lui avait épargné une descente directe avec billet pour les enfers, cependant si elle n'avait pas été fatale pour lui, la chute avait laissé quelques traces sur son visage et ses bras qui étaient écorchés, brûlés par endroit et emplis de coupures à d'autres.
Il abandonna son sac un instant pour plonger ses bras dans l'eau glacés tout en réprimant une grimace de douleur.

-ar ghrá Dé !

Il serra les dents et entreprit de nettoyer les plaies qu'il avait au visage. Il finit par s'asseoir au bord de l'eau, contemplant son sac abandonné un peu plus loin. Il n'était pas certain d'avoir la force de monter sa tente. Pourtant, il le faudrait bien. Le jour laissait peu à peu place à la nuit. Il ne se pressait pas pour autant, la lune ronde et pleine commençait sa lente ascension et lui fournirait suffisamment de lumière pour dresser son campement.

Le jeune barde s'étira et passa une main sur son front. Cela faisait des jours qu'il marchait sans relâche et la fatigue commençait sérieusement à se faire sentir. S'il n'avait pas eu peur de finir congelé dans la nuit, il aurait volontiers plongé son corps entier dans les eaux fraîches de la rivière. Il y songea sérieusement et se rétracta. Aller chopper une bronchite au fin fond de l'Albanie n'était pas réellement sérieux. Il s'était retrouvé une fois, avec une sorte de vieille pneumonie. C'était il y a trois ans, en Laponie. Il avait eu de la chance de tomber sur une bande de jeunes randonneurs qui l'avaient ramené dans leur auberge de jeunesse à Abysko. Saoirse avait manqué faire une attaque quand elle avait appris sa mésaventure. Il prenait garde à conserver ce genre d'anecdote pour lui désormais.
Les derniers rayons du soleil disparurent au loin que déjà la température baissait et il ne regretta pas d'avoir résisté à la tentation. Et puis ce fut comme un signal. Parce qu'il est programmé pour survivre dans les milieux hostiles, il se leva malgré la fatigue et la douleur et rejoint le sac qui contenait la plupart de ses effets personnels. Une tente, de la nourriture, des gourdes, quelques vêtements, des plantes et pierres de toutes sortes et des carnets. Environ 15 kg et des poussières. Moins que la plupart des gens qui possèdent des maisons entières de choses, mais bien suffisant quand on traverse l'Europe.
Honnêtement, il n'emportait pas ses livres. Il avait une gardienne pour eux. La plupart des gens font garder leurs animaux. Les livres sont bien plus faciles à entretenir.

Il soupira, retint un bâillement et chercha des yeux l'endroit qui lui servirait d'abri pour la nuit. Pas trop près de la rivière pour éviter d'y faire quelques fâcheuses rencontres, pas trop loin des arbres pour pouvoir s'y réfugier – il avait une semaine plus tôt eu l'agréable surprise de rencontrer un ours brun et passait depuis ce soir-là, dix minutes à déposer quelques cercles magiques autour de ses campements- mais pas franchement dessous non plus, là, c'était la foudre qu'il tentait d'éviter.
Quoi que le ciel en cette soirée ne semblait pas des plus menaçants. Il se méfiait tout de même, on n'était jamais à l'abri d'un brusque changement de temps.
Une lueur un peu plus loin lui annonça qu'il ne serait pas seul dans la région ce soir. Il sourit. Après des semaines de solitude, il n'était pas contre le fait d'échanger quelques paroles avec des étrangers. Peut-être irait-il les saluer demain matin avant de repartir.  
Il commençait tout juste à sortir son matériel lorsqu'il l'entendit. Clair et puissant, le cri s'élevait au-dessus des arbres et avait du glacer le sang de tous ceux conscients de sa provenance. Un second cri, plus proche du grognement lui indiqua qu'il partait en chasse. Un coup d’œil à ces vêtements tâchés de sang paracheva de le figer d'angoisse. Les lycans avaient un odorat extrêmement développé et une odeur de sang signifiait une proie blessée et donc facile. Inutile de se demander ce que celui-ci chassait.

« Ne panique pas et réfléchis. »

Une seule fois au cours de sa vie il avait eu à faire à un lycan. Et s'échapper avait alors semblé chose aisée, puisqu'il avait transplanné. Infaisable désormais.

Et le hurlement lugubre de retentir de nouveau. Plus près encore.

Son cœur paraissait s'être donné pour but de sortir de sa cage thoracique. Rapidement, il remit ses affaires dans le sac et déplora d'avoir enlevé ses chaussures, qu'il enfila sans prendre le temps de les nouer. Pas assez de temps pour un cercle de protection et de toutes façons il ne serait pas assez concentré pour le rendre efficace. Étrange comme la mort aux trousses pouvait vous faire perdre vos moyens.

« Souffle et réfléchis... »

Il se prit la tête dans les mains et telle une ombre, une pensée fugace s'invita dans son esprit. Et pourquoi pas ? Ce serait une autre aventure. Baisser les bras et attendre la mort ou la traversée vers une autre vie.
Il chassa cette idée d'un mouvement de tête. Il n'était pas de ceux qui baissent les bras. La mort pouvait venir, mais il n'irait pas au-devant d'elle. Il repéra un arbre un peu plus costaud que les autres dont la fourche fournissait un observatoire parfait et dont les branches étaient suffisamment hautes pour garantir un minimum de protection.

« Ils grimpent aux arbres les loups garous ? »

Il tenta de s'accrocher aux parcelles de connaissances qu'il possédait sur les lycans. Leurs sens aiguisés, la transformation, la chasse, l'humain derrière le lycan, les modes de vie, de déplacements... rien sur les arbres. Mais ils sautent haut.
Il rouvrit son sac pour en sortir l'un des tendeurs de la tente et abandonna le reste dans un buisson. A l'aide du tendeur qu'il utilisa comme une corde d'élagueur, il se hissa sur la fourche du grand arbre, non sans s'y être pris à plusieurs reprises.
Une fois perché sur son promontoire, il sortit les pierres blanches destinées à la protection des campements. Il en laissa glisser une le long du tronc vers le sud puis une seconde vers l'est. Enfin il s'attela au nord et à l'ouest tout en marmonnant de vieilles formules. Quelque chose de basique, peu recherché, mais tout était bon à prendre quand l'issue de la soirée était de finir déchiqueté au mieux, agonisant longuement, au pire.
D'autres bruits que  les hurlements se faisaient entendre désormais. Quelque chose d'immense approchait. Il ramena ses genoux contre lui, dos appuyé au tronc, dans l'espoir de ne pas se faire remarquer.
La nuit s'annonçait particulièrement longue. Longue et froide. Et solitaire.

« Ah ! distinctement je me souviens que c’était dans le glacial décembre, et chaque tison brodait à son tour le plancher du reflet de son agonie. Ardemment je désirais le matin ; en vain m’étais-je efforcé de tirer de mes livres un sursis à ma tristesse » *

De la sueur glacée lui glissa dans le dos lorsqu'il repensa à la petite lueur à l'est. Les campeurs.

Spoiler:
 


Dernière édition par Ezio Shepherd le Sam 11 Avr - 17:05, édité 3 fois
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MessageSujet: Re: Fragments de vie : Lupus Memoriam [PV] Ven 10 Avr - 21:43

Même jour - heure approximative



Cette semaine en Albanie était faite pour ressouder nos liens familiaux, c'est ce que m'avait dit mon beau-père quelques mois auparavant, alors que j'étais en train de bûcher pour des examens, qui si je les ratais, auraient eu raison de ma bonne humeur légendaire.
Gwenäe ma grande sœur était extatique. Se faire offrir un séjour tout frais payés la rendait plus qu'heureuse. Et en plus elle pouvait y emmener son très cher mari. Que demander de plus ? Pour ma part, il y avait bien Zoé un amour de passage que j'aurais pu convier à la fête, mais nous nous étions séparés quelques jours avant le voyage pour cause d'emplois du temps et de caractères fort différents. Ceci était l'excuse pour tout et n'importe quoi, juste que Zoé avait trouvé une épaule secourable en Josh alors que je la délaissais pour mes futurs examens.
Josh avait été là et j'avais été exclu d'une potentielle sortie amoureuse. Quand bien même, je trouverais de quoi m'occuper parmi ces immenses terres que nous offrait l'Albanie et j'emprunterais son appareil photo professionnel à Duncan, histoire de capturer les paysages magnifiques qui pouvaient s'offrir à ma vue.

Mon beau-père me réveilla le jour du départ, euphorique. Tandis que moi je peinais à m'extirper de Morphée. Je pris mon déjeuner en toute hâte, car visiblement nous étions en retard et ce par ma faute comme me le répétait Gwenäe tout le long du voyage et ce évidemment pour me charrier. Je fis la moue durant le trajet en taxi sous une pluie battante jusqu'à l'aéroport de Glasgow. Ma belle-mère ne voulant point prendre l'avion à Inverness, elle voulait quelque chose de plus grand. Alors ce fut sans aucun souci que nous enregistrâmes nos bagages et que nous montâmes dans l'avion où j'empruntais l'appareil professionnel de Duncan afin de saisir tout ce que je pouvais dans les airs.
Après une sieste réparatrice et un repas dévoré en un quart d'heure, nous atterrîmes sur le sol Albanais sous un soleil de plomb, ce qui nous changeait évidemment de la grisaille britannique. Mon beau-frère se mit en tête de nous héler un taxi, et enfin après quelques heures de route, nous fûmes au pied des Monts Korab où un guide nous attendait avec un 4x4 afin de monter la dernière étape qui s'avérait la plus escarpée de notre périple albanais.

Nous posâmes enfin nos sacs et nos tentes pour un campement en grande pompe. Ma mère aimant le confort plus que de raison avait voulu que notre expédition ne soit pas traumatisante. Elle avait donc investi dans des ustensiles hors de prix, qui, ne nous serviraient qu'une fois. Cette fois-ci justement. J'aidais donc mon beau-père et mon beau-frère à monter les trois tentes qui faisaient parti de notre campement. Les couples seraient ensemble et moi je serais seul.


- Dommage que tu ne soies pas resté avec Zoé, elle aurait pu te tenir compagnie Lex ! Minauda ma grande sœur avec son sourire caractéristique tout en me tapant sur l'épaule.

Je la détestais quand elle se payait ma tête comme ça. Ça avait le don de me mettre hors de moi et elle le savait. Et elle en jouait.

Je ne répondis nullement à sa provocation, bien trop content de pouvoir m'étendre dans l'herbe à côté de ma tente. Tente où j'étais assuré d'en avoir toute la place. Après un repas frugal, tout le monde alla se coucher sauf moi qui était hypnotisé par cette lune rougeâtre présente dans ce ciel d'encre. Entamant le livre que j'avais emporté, je n'en lus que deux pages, trop curieux de partir en exploration à la nuit tombée. Portable en poche et couteau-suisse, on est jamais trop prudent, je me mis en quête d'explorer cette faune et cette flore méconnue.

Je n'aurais pas dû.

J'entendis un craquement signifiant l'arrivée d'un intrus ou d'une intruse proche du lieu où je me trouvais. Retenant mon souffle, je crus à une mauvaise blague de mon beau-frère qui souvent avait l'esprit aussi tordu que moi. Chuchotant un :
Duncan ? Je n'obtins aucune réponse de sa part. Étrange. Ne voulant pas pousser plus loin mes interrogations, je décidais de me rendre encore plus loin. Marchant à pas de loup parmi les feuillages et les arbres, je me stoppais net quand j'entendis un lourd craquement situé à quelques mètres de moi. Je tendais l'oreille m'attendant à quelque chose d'autre. Or, je ne fus nullement déçu, un grognement guttural et puissant venait d'arriver à mes oreilles.
Je devais fuir si je ne voulais pas être dévoré vivant et que ma charmante famille trouve mon cadavre à moitié dévoré par un ours. C'en était sûrement un. Je décidais donc de courir à en perdre haleine histoire de semer mon assaillant monstrueux qui me collait au train. Mais l'ours était rapide et infatigable ! Alors que j'arrivais dans une clairière pour me mettre à couvert et reprendre mon souffle, je sentis une respiration lourde dans ma nuque.

Je n'avais nullement envie de me retourner car ce que j'allais voir n'allait probablement pas me plaire. Me tournant petit à petit, je pus découvrir ce qui me pourchassait. Ce n'était pas un ours, c'était pire. C'était un immense loup se tenant sur ses deux pattes arrières, gueule béante et bavante d'un pelage couleur de charbon et d'un regard gris acier.

Enfin c'est ce dont je me souvins avant le trou noir.

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MessageSujet: Re: Fragments de vie : Lupus Memoriam [PV] Sam 11 Avr - 23:05

« J'étais presque certain qu'il m'avait vu. Pour une raison que j'ignore et que je refuse encore d'attribuer à mon piètre cercle à quatre cailloux, il poursuivit sa route un peu plus à l'est choisissant une seconde proie. »

Il se retourna dans son arbre, se contorsionna pour suivre l'immense silhouette des yeux. Il avait vu maintes choses effrayantes, mais celle-ci pouvait se targuer d'entrer dans le Top 3. Avec le Noir de l'année précédente. Voûtée. Longue. Une masse de muscles recouverts d'un pelage argenté. Irisé. A la fois magnifique et totalement horrifiant. Ses griffes raclaient le sol et faisaient écho à un souffle rauque et rapide. Les babines retroussées montraient des gencives d'un rouge que le jeune barde pouvait repérer du haut de son arbre. C'est dire s'il brillait. Le lycan ne daigna pas lever les yeux vers lui – bien qu'Ezio fut persuadé qu'il était conscient de sa présence – si bien qu'il ne put distinguer la couleur de ses iris. La créature mordorée s'engouffra sous les arbres, ralentissant le pas, à l'affût.
Une fois encore ce fut un combat de cœur et de raison. La longue silhouette d'une Lilith sur une landes écossaise s'invita dans ses souvenirs. Crier pour avertir le campeur ? Et se faire bouffer. Ne rien dire ? Et vivre avec ça. Il n'en serait pas capable.
Il hésita. Un instant de trop.
Un bruit de course, des branches cassées.

-Ne courrez pas...


Les mots moururent dans sa gorge alors qu'il était conscient de l'ineptie qu'ils représentaient.

« Ne courrez pas voyons, laissez-vous faire. »

Il se laissa glisser de son perchoir avec le peu de grâce que lui conféraient la fatigue mêlée à la terreur qu'il ressentait. IQuoi qu'il décide de faire, son arbre était découvert. Il était fort à parier que le lycan reviendrait sur ses pas après en avoir fini avec sa première proie.
Un peu plus loin, les grognements s'intensifièrent.
Ezio jeta un œil suppliant à la lune rousse et mit fin au combat intérieur qui lui rongeait les nerfs. Courant à son sac, il y récupéra quelques pochettes contenant des herbes, un pauvre couteau – qui lui paraissait tellement plus imposant le matin même – et un autre tendeur.

« ... »

Ses mains qui tremblaient rendaient la simple tâche d'ouvrir une fermeture éclair, insurmontable. Il inspira profondément et tâcha de faire le vide en lui. Comme il avait passé des années à l'apprendre, sur la plage d'une île déserte où aucun lycan ne s'acharnait contre un campeur, et où le seul bruit que l'on distinguait était celui des vagues ou tout au plus le chuchotement du vent qui lui même, se faisait discret.
Lorsqu'il fut à peu près certain de pouvoir diriger son propre corps, il se releva et tendit l'oreille. Le couteau à la main.
La clairière semblait avoir retrouvé son calme. En apparence seulement. Car ce calme-là semblait sonner le glas d'une horreur imminente.
Aide-le. Sauve-toi. Comme le tic-tac d'une horloge.
Il avança lentement entre les arbres. S'attendant à chaque instant à se faire jeter à terre par l'immense créature. Il lui semblait que son cœur faisait plus de bruit que ses pas sur le sol noueux. Il alternait les regards vers les longues racines, avec ceux, plus inquiets qu'il jetait sur les côtés. La jointure de ses mains était douloureuse tant il serrait le couteau.
La douleur lancinante de devoir vivre avec la culpabilité de n'avoir rien fait, prenait le pas sur sa terreur. Déjà, il se préparait au triste spectacle qui lui ferait bientôt face. Nul trace du ou des campeurs qui devaient être morts désormais. Son esprit forma immédiatement l'image d'une marre de sang dans laquelle gisait un jeune garçon. Parfois les images s'invitaient. Souvent elles étaient réelles. Il avait encore du mal à trier ce qui relevait d'une vision ou de son imagination fertile. Sa mère appelait ça un don. Il le subissait plus qu'autre chose ….
Il était pourtant certain qu'il s'agissait d'un jeune homme.
Alors qu'il avançait silencieusement, les cris reprirent. Plus violents cette fois-ci. Il distingua deux cris. Aucun d'entre eux n'était humain.
A quelques pas de lui, un bruit de chute. Lourde. De branches que l'on brise et de mâchoires qui claquent. Il eut à peine le temps de se jeter contre un Banyan – diable ces choses-là poussaient n'importe où désormais - qu'une masse informe et mouvante de griffes et de dents surgissait à ses côtés. Il réprima un cri lorsque les deux formes se séparèrent pour se faire face avec rage.
Un immense ours brun se tenait sur ses pattes arrières, la gueule découvrant des dents pleines de sang. Il faisait face au Lycan argenté qui battait l'air de ses pattes avants, à l'aveugle.
C'est alors qu'il vit ses yeux.
Deux globes d'un blanc laiteux. Opaques. La créature était aveugle.
Ce qui n'était pas le cas de l'ours qui attaqua violemment en plongeant à nouveau sur le lycan. Ils s'abattirent tous deux à deux pas du barde dont les jambes se refusaient à répondre. Fasciné par la bataille qui se livrait sous ses yeux.
Les deux créatures se déchiraient la peau comme on déchire une feuille de papier. Les griffes de l'une répondaient aux dents de l'autre dans un bruit de lacération à faire vomir un veracrasse.
L'image du jeune campeur s'invita à nouveau. Insistante.
Il abandonna les deux adversaires en prenant garde de ne pas passer à portée d'une griffe perdue. Ils avaient probablement tous deux flairé sa présence mais avaient du estimer – à juste raison – que ce petit humain même pas armé ne relevait pas d'un danger imminent.
Et soudain une pointe d'espoir. Le lycan avait peut-être été dérangé par la bête avant d'avoir pu tuer sa proie. Il accéléra le pas.
Il déboucha sur une clairière qui acheva de tuer dans l’œuf l'once d'espoir qui s'était emparée de lui.
En son centre, un peu comme si la mort faisait preuve d'un sens artistique, le jeune homme baignait dans son sang. Ezio réprima un haut-le-cœur et s'avança en courant pour se jeter au pieds du malheureux. Sa tête était recouverte de sang. Une profonde blessure lacérait son bras. Une morsure.
Ezio sentit l'air lui manquer avant d'entendre un faible râle. Le garçon vivait.
Toute panique l'abandonna alors. Il posa ses doigts sur le cou du jeune homme et y trouva un pouls. Faible mais régulier. Il observa alors la blessure à la tête. Elle saignait beaucoup, comme la plupart de celles que l'on se fait sur cette partie du corps, mais n'était pas profonde. Une pierre probablement, lors de la chute. Il essuya le sang sur le visage du blessé et observa celle du bras tout en rassurant le pauvre homme.

- ça va aller. Je vais vous sortir de là. Accrochez-vous.


La morsure avait arraché une partie de la chair. Là encore, la créature avait dû frapper en aveugle. Une partie du bras était bien amochée. Mais aucune artère ne semblait touchée.
Derrière eux, les cris se firent plus aigus. L'une des créatures était probablement en train de donner le coup de grâce à l'autre.

« Mais laquelle ? »


Ezio parcourut la clairière des yeux.

« Franchement, que ce soit l'une ou l'autre... je ne vois pas trop ce que ça va changer. »


Des arbres.

« Si, je vote pour l'ours. Lui, je suis certain qu'il ne grimpera pas. »


C'est avec un soupir de désespoir qu'il balaya cette idée. Le jeune campeur était plutôt grand, même s'il semblait plus petit que lui, et inconscient, il n'avait aucune chance de le hisser dans un arbre. Il pouvait le porter plus loin... Et se faire bien vite rattraper par le vainqueur.
Ses yeux sombres cherchèrent une dernière fois autour d'eux, dans l'espoir d'apercevoir un quelconque objet salvateur, un abri, une ombre, un espoir auquel se raccrocher. En vain. Il dut se rendre à l'évidence, il ne pourrait honorer sa promesse. De tous côtés, des arbres et des Banyans.

" il existe un arbre, le banian, dont les racines pointent vers le haut, et vers le bas pointent les branches ; ses feuilles sont les hymnes védiques. Qui le connaît, connaît les Védas. "

extrait de La Bhagavad – Gitâ.


Ezio se redressa, cerné par l'ombre d'Alexandre le Grand. On raconte qu'il fit bivouaquer toute une armée en son sein. A l'abri des ennemis...

-Je suis désolé, mais le temps presse. Pas de temps pour la délicatesse .


Il empoigna le jeune homme comme il put et le jeta sur son épaule. Son sac de 15 kg lui paraissait bien dérisoire désormais. Il traversa la clairière aussi vite que lui permettait son poids mort et se dirigea vers un Banyan à la circonférence conséquente. Il en fit le tour et repéra ce qu'il cherchait. Des racines suffisamment écartées pour qu'un homme y passe en se contorsionnant, mais pas assez distantes pour permettre à une bestioles plus grosse de s'inviter.
Malmenant quelque peu le pauvre campeur, il le poussa entre deux racines et se glissa à sa suite.
Quelque chose déboulait dans la clairière. Ils s'enfoncèrent plus profondément.
Au centre de l'arbre il faisait frais et sombre. Ezio fit rapidement le tour des racines qui les encerclaient. Nulle ouverture plus grosse que celle qu'il venait de franchir. Quel qu'était le vainqueur, il ne pourrait passer.
Il s'agenouilla à côté du pauvre jeune qu'il avait lâché sans ménagement au sol et vérifia une nouvelle fois qu'il respirait. L'installant un peu plus confortablement, il s'occupa ensuite de nettoyer la blessure comme il put et se souvenant que le latex du Banyan était un excellent antiseptique, il entreprit de saigner l'arbre pour appliquer un peu de baume sur les blessure de son compagnon. Lorsqu'il eut fini, il s'assit à côté de l'homme inconscient, la tête entre les genoux et attendit.
Que la nuit passe...que la lassitude l'abandonne ou que l'autre revienne à lui... Il faudrait lui annoncer. Lui expliquer. Que désormais, sa vie – si elle s'accrochait à lui et lui à elle – serait tout autre.
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MessageSujet: Re: Fragments de vie : Lupus Memoriam [PV] Dim 12 Avr - 11:29

La Douleur. Présente. Lancinante. Cuisante. Elle s'était invitée dans mon corps sans que je ne l'y autorise au préalable. Mon corps entier n'était qu'un désastre douloureux. Dans mon coma à peine conscient, je parvenais à peine à me rappeler de ce que j'avais vu avant ma chute. Mortelle ?
Il y avait une bête. Bien plus grande que moi et bien plus forte qui m'avait fait face. J'avais d'abord pensé à un ours égaré, cherchant une pitance -moi en l’occurrence-, mais c'était tout autre. Jamais je n'avais vu pareille bête. C'était la réflexion que je m'étais fait, avant que cette dernière ne se jette sur moi et ne me fasse tomber la tête première sur une pierre tranchante.

Si j'avais su, je serais resté dans mon lit ce jour là.

Le reste, à part que je sentais ma poitrine se soulever, je ne sentais rien d'autre. Rien. Étais-je mort ? La Bête, appelons là ainsi, était-elle en train de me dévorer ? Sans que je ne puisse m'extirper de sa gueule ? Ou bien me gardait-elle pour la fin, ayant au préalable dévoré ma famille ? Ma famille ! Était-elle saine et sauve ? Ou l'avait-il décimée ? J'essayais de me soulever tant bien que mal, mais je ne parvins nullement à bouger. Ma tête était lourde et me faisait atrocement mal comme quand j'avais eu ma première gueule de bois et que ça c'était soldé par une nuit à vomir tout l'alcool ingéré et le reste de mes intestins.
L'envie de vomi ne m'étreignit point pour l'instant. Mon corps n'était que souffrance. Encore. Dans mon apathie, mes oreilles entendirent un bruit. La Bête ! Elle revenait, sûrement pour terminer son œuvre ! Et merde, moi qui n'arrivais même pas à bouger le petit doigt sans grimacer.

J'étais dans le pétrin. Vraiment. Mise à part des gémissements qui sortaient de mes lèvres, c'est tout ce que je pouvais offrir comme défense à mon meurtrier. Mais ce ne fut pas des bruits d'animaux qui parvinrent à mes oreilles, ce fut une voix. Humaine. Salvatrice ? De toute manière, je n'étais pas en droit de faire la fine bouche. Je me sentis porté, tout mon corps n'était que plaie. Je n'avais même pas la force de crier, je me laissais faire. Ma tête était d'une lourdeur innommable, mais je crois que je devais faire avec.
J'eus l'impression que mon "périple" durait des heures, porté par un être que je ne connaissais pas. Malgré tout, je pouvais sentir cette chaleur qui était caractérisée par l'humain même.

Merci.

Ce fut un remerciement sourd, mais que j'allais peut-être réitérer quand je serais sorti de ma torpeur apathique. Là où ce fut moins drôle, c'est quand ma stature embrassa le sol, je ne pus réprimer une grimace. Et gémir. Non pas qu'on me lâcha de deux mètres de haut -je crois que mon corps n'aurait pas supporté-, mais j'avais inexorablement mal. Trop mal.
On bougea légèrement ma tête, on prit mon bras. Quelque chose de frais s'était mis sur ce même bras, ça me faisait du bien, mais ça piquait en même temps. Je ne sus ce que c'était, mais ça eut le mérite d'endormir ma douleur.


Enfin.

Je tentais malgré moi, d'ouvrir mon regard sur le monde et de me redresser. Mais la deuxième chose fut un lamentable échec, tandis que mon regard embrassant la pénombre, y voyait un homme. Sûrement celui qui m'avait aidé. Enfin, j'espère ne pas tomber sur un fou furieux qui voulait me découper en morceaux et me manger, je crois que je ne saurais pas me défendre. Il aurait l'avantage sur moi, ça me paraissait inextricable ...
Mon regard s'était arrêté sur mon bras, toujours là. Mais il était bandé et ce même bandage en couvrait bien les 3/4. Il m'était arrivé quoi au final ? J'avais rencontré quoi au détour de ma sortie nocturne ? Je crois que j'aurais préféré me casser une jambe plutôt que de me retrouver dans cette situation.

On choisit pas je crois.


- Mmm.

Il y avait un peu mieux comme entrée en matière. Mais bon mon sauveur devrait faire avec. Pour l'instant.


Dernière édition par Alexander Hamilton le Jeu 16 Avr - 11:17, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Fragments de vie : Lupus Memoriam [PV] Mar 14 Avr - 21:06

« Ce n'était qu'un murmure et pourtant il me tira de ma fatigue. Je redressais la tête et tentait de masquer mon propre abattement. Le fardeau qu'il devrait porter n'avait pas besoin d'être alourdi de ma culpabilité. Je me la réservais pour une introspection prochaine. Mon compagnon avait entrouvert les yeux mais ne semblait pas encore avoir repris ses esprits. »

Ezio se leva non sans peine, écrasé par le poids des révélations qu'il allait devoir faire à ce jeune homme. Où comment un fragment de sa vie venait de lui être ôté. Il se déplia sous la voûte de l'arbre, laissant quelque temps à l'autre pour reprendre contenance et vint se rasseoir à ses côtés. Il posa une main sur l'épaule du jeune campeur dont le visage pâle et encore un peu crispé de douleur se tendait dans l'attente d'explications.

- Vous êtes en sécurité.

Sa voix basse et grave semblait résonner sous l'arbre. Il fut heureux de constater qu'elle ne tremblait pas et qu'il en possédait une totale maîtrise malgré les événements qui venaient de se dérouler. Elle était rassurante et apaisante, même à ses propres oreilles. Cela l'encouragea à poursuivre.

-Comment vous sentez-vous ?
- Je crois pas être au meilleur de ma forme...

Le jeune barde acquiesça d'un air grave. Le silence qui régnait sous l'arbre était pesant.

-En effet... Puis-je vous demander votre nom ?
- Alexander...

Ezio ne pu retenir un léger sourire. Fallait-il que le sort ait un humour particulier ? Drôle de coïncidence quand on savait qu'ils devaient tous deux la vie à  Alexandre le Grand.

-C'est un beau prénom. Vous savez ce qu'il signifie je suppose. Défenseur de l'humanité.

« Retire le pansement d'un coup sec. Sinon tu n'auras plus le courage de le faire. »

C'était la litote de Luan, son aîné... Il avait alors 6 ans et Luan lui paraissait à l'époque si sage qu'il l'écoutait sans même remettre en doute sa parole. Ils étaient tous deux partis le matin même en exploration sur les plages de Portree. C'est là qu'ils avaient vu l'oiseau. Un corbeau dans ses souvenirs. Il y avait toujours un corbeau... Mais cela commençait à dater. La bête était prise dans des filets abandonnés et serait probablement morte sans l'intervention des deux enfants qui l'en avait délivré. En s'envolant, la pauvre créature avait effrayé Luan qui dans un mouvement de recul avait projeté son cadet contre un rocher affûté. Un pécheur assistant à la scène avait ramené Ezio dans sa cabane où sa femme avait nettoyé puis pansé la plaie. Lorsqu'il sortirent, Luan se moqua gentiment des moldus et de leur technique de soin maladroite. Il proposa à Ezio de le débarrasser dudit pansement, « d'un coup sec, parce que si on attendait trop, le courage manquait... » Ezio repensa à la fine cicatrice qui ornait encore son avant bras.
Le barde enchaîna alors sans laisser à l'homme le temps de répondre.

- Alexander, j'ai des choses à vous dire qui vont vous effrayer. Elles vous paraîtront difficiles à croire, mais il faudra me faire confiance. Promettez-moi de m'écouter jusqu'au bout sans sortir de cet abri. Ensuite, je vous promets en retour de répondre à toutes vos questions.
- Je suis trop faible pour sortir de toute manière. Répliqua le garçon dans un grognement.

Les doux yeux sombres d'Ezio cherchèrent un peu de force dans les racines qui l'entouraient, puis il se lança.

« Je lui racontais Hérodote et les premiers écrits. Je lui annonçait l'existence des créatures que tous pensaient légendes. Je lui révélais un monde des ténèbres où la souffrance revient une fois le mois. Je lui ôtais les quelques fragments d'innocence qui lui restait en lui expliquant sa morsure... Mes révélations lui arrachèrent un cri d'incrédulité et de désespoir que je garderai en mémoire des années durant et qui me hantera en compagnie d'autres fantômes et d'autres vies perdues. Et ma propre voix s'étreignit une fois, une seule lorsque je lui dis que j'étais désolé.  Je m'arrêtai enfin, ma main toujours sur son épaule, resserrant un peu l'étreinte face à sa panique parce que la seule chose que je pouvais faire actuellement était de lui dire qu'il n'était pas seul. »

HJ: Avec la participation d'Alexander H. pour les dialogues.

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MessageSujet: Re: Fragments de vie : Lupus Memoriam [PV] Jeu 16 Avr - 11:27

Ce goût de fer dans ma bouche, je le haïssais. Il était sans contexte, le début de ma fin prochaine et non, je n'aimais pas cela. Dans ma chute, j'avais du certainement me mordre la langue, et la douleur n'était rien comparé à celle qui avait prise place dans mon bras.
J'avais l'impression que ce dernier me brûlait, picotait, n'était plus qu'une extension de mon corps déjà meurtri. Même regarder mon sauveur s'avérait difficile, j'avais mal partout et vu son regard sombre, je ne pense pas que ça allait s'arranger. Je ne compris pas ce regard si triste qu'il portait à mon encontre. Étais-je le seul survivant finalement ?


C'est peut-être pour ça qu'il ne te dit rien. De peur que tu paniques.

De toute manière j'étais paniqué. L'ambiance, ce qui m'était arrivé, savoir si ou non ma famille avait constitué le repas de cette "Chose". Ma foi oui, j'étais en totale panique. L'homme pourtant me rassura par une voix douce et agréable. Visiblement, j'étais en sécurité.
Oui, mais pour combien de temps ? La "Chose" était-elle encore là ? Allait-elle finir sa besogne ? J'en étais là de mes interrogations quand il prit la parole. Il me demanda aimablement comment j'allais, et comment je m'appelais. Ce fut dur de lui répondre, mais j'y arrivais avec un peu de persévérance. Et le fait qu'il m'ait soigné avec ce drôle d'onguent parvenait à endormir cette douleur lancinante.
Non pas que c'était la joie, mais j'allais légèrement mieux.


Pas la top forme quand même. Faut pas te leurrer Lex.

Il me complimenta sur mon prénom. Ma mère l'avait choisi en fonction de ça, pour elle j'étais un prince après sa première fille. Première fille qui était une sorcière en puissance. Vraiment. L'homme était reposant et sa voix était une douce berceuse à mes oreilles, mais sa voix se fit bien plus grave au fur et à mesure de son monologue. Je me mis à froncer les sourcils, même pour cela j'avais mal, et mon regard gris-bleu se mit à le regarder.
De quoi pouvait-il bien parler ? Afin de connaître mon interlocuteur et par peur de connaître la suite, je me permettais de lui demander son prénom.


- Ezio. Me répondit-il tout simplement. Je souriais, là aussi, c'était un joli prénom. Original et simple, mais qui en appelait au voyage. J'aimais bien. Mais la suite, allait bien moins me plaire ... Il m'avoua non sans un certain accablement ce que j'étais devenu. J'étais devenu un "monstre", un de ceux que l'on peut voir dans les films d'horreur un dimanche soir sur une chaine du câble. Un Loup-Garou, une malédiction qui aurait lieu une fois par mois la nuit de pleine lune.

La morsure était bien là. Du coin de l’œil je vis l'horreur et je ne pus réprimer un cri d'effroi et de détresse. Cette morsure signifiait ma finitude en tant qu'être humain ... Petit à petit je serais ce que ma grande sœur adore : un Lycan. Elle connaissait par cœur ce qui se passait dans Twilight, j'avais été obligé de regarder les films avec elle, et de me remémorer tout les passages avec Jacob. Le Lycan ... Mais aucun livre, ne pourrait m'expliquer comment gérer cette Bête, cette Malédiction.


Je suis perdu.

Je me pris la tête dans mes mains, sanglotant, victime d'une chose que je ne pensais pas réelle. J'étais confronté à cette dure Réalité qui m'avait mordu de plein fouet. Et sérieusement, ça faisait mal.
Tournant lentement ma tête vers Ezio, mon sauveur, sa main étant toujours posée sur mon épaule affaissée par la terrible nouvelle qu'il venait de m'asséner. Si cela était le coup de grâce, je l'aurais préféré plus doucereux.


On choisit pas.

- Tant qu'on y est, avez-vous vous aussi des aptitudes spéciales ?

L'homme sursauta à ma question, gêné. Ses mots finirent par parvenir à mes oreilles après des minutes qui me semblèrent durer des heures. Je restais ébahi face à sa réponse, empreinte d'une poésie non feinte.

- Chacun de nous a des aptitudes un peu spéciales. C'est ce qui fait l'unicité de chacun ... Ce fut nébuleux, mais je crois que je m'en contenterais. Ezio sachant manier les mots avec un certain lyrisme tragique.

Enfin, je me redressais. Non pas de toute ma hauteur, mais je n'étais plus couché, mon dos me faisant trop mal. Je repensais vivement à ma famille, si cette dernière faisait encore partie de ce monde. Mon regard se planta dans celui de mon sauveur, car je ne pus m'empresser de lui demander :


- Avez-vous vu ma famille ?
- J'ai vu les lueurs de votre campement à l'est du mien. Me dit-il avant de m'indiquer la direction.

Il y a une lueur d'espoir. Mais plus pour moi.

- Il n'y a pas de remède pour ce que "j'ai", je suppose. Non ?






HJ : Avec évidemment, la participation d'Ezio pour les dialogues.
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MessageSujet: Re: Fragments de vie : Lupus Memoriam [PV] Jeu 16 Avr - 20:21

S'il existait des remèdes nous les ignorions encore.

- La patience, la prévoyance et l'acceptation sont les seuls remèdes que je connaisse.

Il avait frémit aux mentions des aptitudes spéciales. A l'évidence ce jeune garçon n'était pas sorcier.  Ce qu'ils entendaient par aptitudes était, de ce fait, bien différent. Néanmoins, il ne put se retenir de froncer les sourcils à la question. Oui, il possédait des aptitudes spéciales. Certaines lui paraissaient si naturelles qu'elles berçaient sa vie chaque soir. Écouter et entendre. Observer et voir. Parler et raconter. Ressentir. Trop peu de gens faisaient encore attention à ces aptitudes-là. Et oui, il en possédait d'autres, plus particulières encore. Voir des choses qui ne se déroulaient pas sous ses yeux. Brandir une baguette magique et pouvoir faire apparaître des choses et des gens.
Il songea à la sienne, au fond des eaux. Reposant plus paisiblement que jamais...

Sa pratique de la magie s'en tenait désormais à la partie naturelle. Celle qu'on ne pouvait pas vous ôter. Celle dont l'absence ne vous détruirait pas. Et encore, il était surpris de voir à quel point certaines aptitudes s'accrochaient à vous même lorsqu'elles n'étaient pas invitées.

Était-on défini par ces aptitudes particulières ? Ou par ses actes ? Ou encore ses pensées ?
N'était-il pas toujours lui sans cette baguette? Alexander serait-il un être si différent désormais ?
Autant de questions douloureuses qui le replongeait dans un passé encore trop vif. Un passé avec des yeux bleus qui l'observait chaque nuit et qui murmuraient dans l'obscurité « tu n'as pas su me sauver . Tu n'as pas su me dire que je n'étais pas seule. »

Certains mourraient de ne plus être particulier quand d'autres auraient préféré qu'on ne leur octroie jamais cette spécificité.

Ezio se passa une main sur le front et tâcha de ne pas mêler ses propres angoisses à celles déjà bien présentes de son compagnon. Sa tête lui faisait mal, ses coupures le lançaient et ses yeux fatigués commençaient à piquer. Il chassa le fantôme de Shannon de son esprit.  Elle s'invitait toujours aux moments les plus inopportuns et il réalisait soudain qu'au lieu de s'estomper, il avait de plus en plus de mal à l'en déloger. A moins qu'il n'ait de moins en moins l'envie de le faire. 5 ans déjà. 5 ans à peine. Et il saignait encore à flots. Même s'il était conscient que la blessure ne se refermerait jamais vraiment, il aurait voulu pouvoir évoquer son visage sans être assailli par un torrents d'émotions contradictoires. Culpabilité. Regrets. Amour. Désespoir. Puis le vide.
Le calme revint.
Le jeune barde reporta son attention sur son interlocuteur qu'il détailla avec plus d'insistance.Un regard clair surmonté d'une cicatrice sur l'arcade. Des cheveux noirs de jais, coupés courts. Il ne devait pas avoir plus de vingt printemps. Pas même vingt ans et en proie à un désespoir qu'il était douloureux de voir.

Ne le laisse pas sombrer. Pas encore.

- Vous n'êtes pas seul, Alexander. Il existe de nombreuses personnes comme vous. Et, vous serez toujours vous.

Il était important qu'Alexander comprenne bien cela.

-A la différence qu'il vous faudra prévoir et calculer votre vie en fonction de la lune. Cela serait présomptueux et déplacé de ma part de vous dire que ce sera simple. Mais c'est possible. L'état dans lequel vous plongera la lune ne sera pas révélateur de l'être que vous êtes. Il s'agit plutôt d'un instinct qui reprend le dessus. Et si personne ne sait encore comment prendre le dessus sur cette impulsion dans ces moments-là, certains ont trouvé des moyens pour conjuguer leurs vies d'être humain avec les phases de la lune.

Dans la clairière, quelque chose bougea. Des pas lourds et un souffle rauque. La nuit n'était peut-être pas terminée. Bientôt les cris du vainqueur retentiraient. Et une fois encore, il espérait pouvoir compter sur l'ours. Aussi immense et en colère fut-il.
Quelque chose s'en prit ensuite violemment à leur cachette. Avec fureur et rage. Mais toujours non identifié.

- Vous ne craignez rien ici. S'empressa d'ajouter Ezio devant l'air  terrorisé du campeur. Les Banyans sont des arbres solides et ces racines sont bien trop serrées pour laisser passer une quelconque... créature. Il nous suffit d'attendre. D'accord ?

Habituellement, les gens l'écoutait. Sa voix et l'aura qu'il dégageait suffisait à convaincre.
Certes, habituellement, aucun loup Garou ou autre créature ne traînait dans les parages.
Alexander se releva brusquement, cédant à la panique lorsque les griffes s'abattirent avec violence sur les racines de leur abri.

Abandonnant ses pensées et sa fatigue, Ezio bondit sur ses pieds et ceintura le jeune homme qu'il maintint fermement au sol d'une poigne solide.

- Ne faîtes rien de stupide et faîtes-moi confiance.

Il sentait Alexander tenter de se débattre malgré la douleur qui tordait son visage.

-S'il vous plaît... Supplia-t-il. Tant qu'il s'acharne sur notre abri votre famille n'est pas en danger. Ne bougez pas et attendons.




HJ: Avec l'accord d'Alexander H. pour les actions qu'il effectue.
Et avec toutes mes excuses si je suis confus, overdose de Dafalgan oblige...
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MessageSujet: Re: Fragments de vie : Lupus Memoriam [PV] Sam 18 Avr - 21:18

Rien n'existait comme remède. Du moins pas ceux auxquels je pensais. Ezio me certifia trois termes qu'il me fut dur d'accepter. La patience, je ne saurais la trouver, la prévoyance idemement et l'acceptation encore moins. Comment pourrais-je accepter de ce que je vais devenir chaque nuit de pleine lune ? Un Monstre.
J'allais perdre ma seule part d'humanité au profit d'une "chose" bien plus destructrice. J'allais devenir un animal, terrorisant et accablant certaines familles en mordant certains de leurs individus. Comme le Lycan, l'a fait pour moi. Qu'allais-je être ? Serais-je encore moi-même ? Perdrais-je cette capacité à penser et à réfléchir ?

Et surtout, ferais-je du mal à ceux que j'aime ?

Je n'étais visiblement pas seul. C'est ce que me dit mon sauveur pour me rassurer. J'avais du mal à comprendre cette morsure et ce qui allait m'arriver, alors je doutais que j'allais être seul. Ainsi donc, des personnes portaient la marque de cette malédiction. Il n'y avait pas que moi qui perdrait, chaque nuit de pleine lune, ce qui me définissait.


- Il y en a "d'autres" comme moi ? M'entendis-je lui demander. J'en savais la réponse, vu qu'il m'avait énoncé la chose, mais je voulais en avoir le cœur net. Pour me flageller. Encore.

T'as toujours été un peu masochiste dans l'âme Lex. C'est tout toi.

Ce qu'il me dit ensuite augmenta mes risques de propension à une certaine folie. Je devrais m'enquerir de ce que serait la lune pour moi et devrait conjuguer ma vie d'humain avec ce que je serais ... Là, je paniquais. Comment parviendrais-je à rester encore lucide avec tout ce qui était en train de traverser mon esprit ? Esprit déjà chamboulé par toutes les annonces faites par mon interlocuteur.
Résumons un peu :
1. Je deviendrais un Loup-Garou chaque nuit de pleine lune. Une fois par mois donc.
2. Je n'étais visiblement pas seul. J'aurais peut-être un peu de compagnie, lors de mes transformations.
3. Je devrais être à l'écoute de l'astre lunaire et savoir conjuguer ma vie d'être humain et ma nouvelle condition lupine.


Mais quand la supercherie allait s'arrêter ? Elle est où la caméra cachée ? C'était une blague ...

Si c'en était une, je l'espérais tout au fond de moi, elle était de très mauvais goût. Vraiment. Mais je n'étais pas au bout de mes surprises. J'entendis un bruit sourd, ce qui eut pour réflexe de me faire sursauter. Et ce qui augmenta mes douleurs dans les côtes, j'avais du aussi me les briser lors de ma chute. Que c'était fantastique ! Et ce qui devait arriver, arriva. Quelque chose secoua notre abri de fortune, j'ai bien cru que nous allions être découverts.
Je n'entendais plus Ezio qui tentait calmement de me rassurer et de m'insuffler une once de bon sens. Trop tard, j'étais déjà debout sur mes pieds, prêt à m'enfuir, même si la douleur était encore cuisante dans tout mon être. Mais Ezio ne l'entendit pas de cette oreille, je sentis sa force m'arrêter. Je grimaçais de douleur, conscient que je n'irais pas bien loin dans cet état apathique. Tant pis, je resterais là. Et puis, il avait raison.

Tant que la Chose s'acharnait ici, ma famille ne risquait rien.


Je crois que c'est le principal.

- Vous croyez que c'est la "chose" qui m'a attaqué qui revient pour terminer son oeuvre ? Je ne suis plus trop d'humeur là.
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MessageSujet: Re: Fragments de vie : Lupus Memoriam [PV] Jeu 23 Avr - 23:08

Il avait fini par cesser de se débattre. Et c'était tant mieux. Les efforts de la journée et les épreuves du soir commençaient à avoir raison de la force du barde qui sentait les muscles de ses bras se tétaniser tandis qu'une intense vague de lassitude l'envahissait.
Il relâcha sa prise quand il fut certain qu'Alexander resterait tranquille.

« Et bien j'hésite encore entre l'ours et le loup, avec un fort penchant pour la seconde option. Je crois que l'ours aurait passé son chemin... »

- Je suppose qu'il nous sent oui.

« Quant à l'humeur... Moi je ne rêvais que d'une bonne nuit de repos... »

D'autres ?
Plus qu'on ne le pensait. Beaucoup de sorciers au cours des affrontements de la décennie passée avaient été mordus volontairement. A ces cas-là, venaient s'ajouter les accidents qui avaient lieu chaque année. Sorciers, moldus. Personne n'était épargné.
Saoirse avait commencé il fut un temps, à monter un dossier sur les lycans en vue de rédiger un article sur leur condition. Elle avait bien vite réalisé en voyant l'intérêt qu'avait porté Cuffe au sujet, que la moindre parution allait probablement bouleverser la vie personnelle de ces créatures qui étaient avant tout des personnes. En réalisant les dégâts potentiels et risques encourus, elle avait brûlé les dossiers au grand damne du rédacteur.
Ezio avait toujours été persuadé qu'elle avait trop de cœur et d'empathie pour être journaliste.
Elle était toute jeune stagiaire à l'époque et aurait probablement grimpé les échelons plus vite avec de telles révélations. Néanmoins, il était heureux qu'elle ait choisi cette option là. Le monde journalistique lui donnait souvent la nausée. Informer à tout prix, divulguer envers et contre tout, et salir la surface de toutes choses...

- Il y en a d'autres. Peut-être moins ces dernières années parce qu'il existe des gens pour prévenir les accidents. Et parce que rares sont les « attaques délibérées ».

Ezio marqua une pause pour écouter les cris qui sévissaient derrière la paroi de l'arbre. La créature semblait en faire le tour, tout à fait consciente de la présence des deux hommes. A l'extérieur les pas se faisaient pressants, notamment à proximité de l'ouverture par laquelle ils s'étaient glissés. Le barde s'efforçait de ne pas imaginer les griffes qui ne tarderaient pas à tenter de s'introduire dans leur abri. Il attrapa à nouveau Alexander par le bras, plus doucement cette fois-ci et le tira vers la paroi opposée, là où il ne risquerait pas de se faire balafrer une fois encore.

- Je suis désolé. Je pense que la nuit sera longue.

Tentant de se montrer plus calme et serein qu'il ne l'était réellement, il s'assit le dos contre une racine sans ouverture sur la clairière, les yeux fixés sur le seul accès potentiel. Il se repassait mentalement le film de leur propre entrée, tachant de se convaincre que le Lycan était bien trop gros pour pouvoir se glisser à l'intérieur, quand bien même il insisterait.
Il dévisagea son compagnon d'infortune, s'attardant sur l'air grave qu'abordait le jeune visage et lui sourit. Peut-être un peu plus tristement qu'il ne l'aurait voulu.

- Il existe une association qui vient en aide aux personnes qui ont été attaquées par des Lycans. Elle a pour but d'aider ceux qui en ont besoin mais aussi d'éviter les ...suraccidents.

 « Quel euphémisme. »

- Je pourrais vous indiquer qui contacter si vous le souhaitez.

« Aidan. »

Ils avaient été camarades à Poudlard et s'étaient un peu fréquenté au collège. Ils partageaient de nombreux cours de part leur âge bien qu'ils n'aient à l'époque peu de choses en commun. Aidan était un excellent joueur de quidditch, Ezio un rêveur invétéré qui adorait le sport mais avait un peu de mal à ne pas s'égarer au cours des matchs préférant suivre le vol d'un étourneau plutôt que celui des cognards. Aussi, avait-il été surpris quand à la fin d'un cours de potions, ce dernier était venu le trouver pour lui demander un service.
Il sourit en repensant à la scène. Il avait, suite à leur entrevue, écrit son premier poème d'amour, pour une fille qu'il ne connaissait pas, et même pas en son nom à lui.
Ils s'étaient ensuite fréquentés alors qu'Ezio avait intégré l'IBA, lorsque le jeune frère d'Aidan avait eu son « accident ». Étrangement, leur solitude respective les avaient rapprochés.
Depuis quelques années cependant, peu de contacts, en partie à cause de lui, si ce n'est quelques missives. Ezio avait suivi de loin la fondation de Lukos. Aidan semblait aller mieux. Il savait néanmoins par expérience qu'il était beaucoup plus évident de paraître aller que d'aller vraiment.

- La personne qui s'en occupe est quelqu'un de bien. Elle saura vous aidez.

Il remarqua alors que le bras d'Alexander recommençait à saigner. La plaie n'était pas belle à voir.

- Venez, je crois qu'une nouvelle désinfection s'impose. Ça risque d'être désagréable sur le coup mais vous serez vite soulagé.

Tout en s'activant, il tentait de faire la conversation et de couvrir les hurlements de rage de la bête, alors que sa tête n'aspirait qu'au repos.

- Parlez-moi de votre famille. Vous êtes nombreux ?


Spoiler:
 


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MessageSujet: Re: Fragments de vie : Lupus Memoriam [PV] Dim 26 Avr - 21:22

Ce voyage en Albanie aurait du resserrer les liens familiaux. Au lieu de cela, je me retrouvais coincé avec un homme que je ne connaissais ni d'Eve ni d'Adam en proie aux affres d'une colère monstrueuse.
J'avais été mordu par ce que je ne croyais qu'exister dans les livres pour ados. Mais c'était bien réel. Cette morsure était bien véritable tant le mal s'insinuant dans tout mon corps était bien présent. La Réalité faisait mal parfois. J'aurais du écouter mon intuition première et refuser ce voyage orchestré par mon beau-père. Mais ma grande sœur dans son incommensurable gentillesse allait encore m'étiqueter d'asocial.
Alors oui, j'étais venu. Oui j'avais vu. Et oui j'avais été mordu.


Il y a quand même bien mieux comme "City-trip". Et se faire mordre serait optionnel ...

Mais je devais me faire une raison. C'était arrivé. Voilà tout. Je ne pouvais rien y changer et me plaindre ne me ferait nullement avancer. J'avais toujours appris à me relever, poussé par une grande sœur qui n'était pas du tout protectrice. C'était plutôt le contraire. Mais comment réagir face à cet Inconnu qui allait prendre place chaque nuit de pleine lune et dont je perdrais le contrôle ? Il n'y avait aucun remède.
Rien. Je devais faire avec. Et la Bête revenait sur les lieux de son crime, comme pour me rappeler à son bon souvenir.


- Génial. Vraiment.

Ezio me confesse donc une certitude. Il y en avait d'autres comme "moi". Et des gens pour prévenir les accidents ? Pourquoi donc, n'avais-je pas été sauvé ? Qu'est-ce que ça veut dire "attaques délibérées" ? J'avais été le fruit de ce qu'il nomme ainsi ? Une attaque délibérée ?

Inspire. Expire. Comme quand Mamie veut te faire goûter sa gelée à la cerise. C'est qu'un sale moment à passer ...

- Vous entendez quoi par "attaques délibérées" ? C'est ce dont j'ai été victime ? Au mauvais endroit, au mauvais moment, c'est ça ?

J'avais du mal à garder mon calme. La situation n'aidant en rien. Et la Bête qui rôdait toujours près de notre abri, c'était à la limite de me faire péter les plombs. Mais je ne devais pas bouger, les plaies me faisant trop mal pour tenter une quelconque esquive d'Ezio et sortir serait synonyme à coup sûr de mort. Mon sauveur me prit par le bras, plus doucement que la première fois et je l'en remerciais. Intérieurement.

- Ne vous en faites pas. Je ne suis plus à ça près.

Je restais scotché à ses lèvres, malgré mon regard sombre, quand il m'avoua qu'une certaine association pouvait aider les gens dans ma condition. Serait-ce illusoire d'espérer une quelconque aide ? Je m'étais toujours débrouillé par moi-même, Gwenäe ne m'aidant en rien. Et de nature solitaire et introverti, quand j'étais petit, j'étais parti du principe qu'on obtient toujours quelque chose en s'y forçant. Alors là je me surpris à acquiescer quand mon sauveur m'avoua me mettre en relation future avec cette fameuse personne.
En même temps, qui serait en mesure d'accepter ce lourd tribut que je portais désormais ? Je ne divulguerais probablement jamais ce qui m'est arrivé cette nuit là et encore moins à ma famille. Je n'avais pas envie que maman me tombe raide morte sur le tapis du salon, que mon père -aussi occupé soit-il- veuille se tirer une balle parce que son propre fils a un léger souci et que ma très chère sœur me gifle par trois fois et déverse ensuite un torrent de larmes sur moi, pauvre âme meurtrie que je suis désormais.
Quand il me dit qu'une nouvelle désinfection me serait bénéfique, je grimaçais. Mais je voyais le sang s'écouler hors de la plaie et reconnus que je n'avais pas trop le choix. Je le laissais donc faire, grimaçant à chaque fois qu'il posait un peu d'onguent sur ma peau. Meurtrie.


Quand la douleur va-t-elle partir ?

- J'ai des parents divorcés. Ma mère s'est remariée avec mon beau-père avec qui j'ai des relations cordiales. J'ai une grande sœur Gwenäe.

Une question me brûlait les lèvres pourtant, et il m'eut été difficile d'être raisonnable et ne pas la poser.

- Ezio, qu'êtes vous venu faire en Albanie ?




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MessageSujet: Re: Fragments de vie : Lupus Memoriam [PV] Mar 28 Avr - 22:07

La réponse était concise et sans appel, le sujet de la famille était donc à proscrire.
Ezio esquissa un haussement de sourcil devant l'expédition du sujet mais se reconcentra rapidement sur sa tâche : désinfecter consciencieusement le bras de son compagnon. Il serait dommage d'avoir survécu à l'attaque et de mourir dix jours après d'une septicémie au fin fond d'un hôpital albanais.

- Par attaques délibérées... j'entends... Il marqua une courte pause. Le fait que certains lycans devaient être des hommes tout aussi dangereux que les créatures qu'ils sont devenus. Je suis désolé, je vais devoir sacrifier votre sweat .

A l'aide de son couteau il déchira une partie de la manche d'Alexander, sans attendre de réponse. La dernière fois qu'il avait fait ça, il n'avait pas de couteau, seulement la force de ses mains et la jeune femme avait des cheveux couleur feu.

- Ces lycans-là prennent plaisir à attaquer délibérément les gens pour les condamner au même sort qu'eux. J'imagine que pour la plupart c'est un moyen de se venger du destin. Pour d'autres... un besoin de contrôler.

Il enduisit méticuleusement la petite partie de tissu de l'onguent extrait du Banyan, tout en essayant de suivre le fil de ses pensées. Ses mains étaient précises et adroites, ses gestes assurés.

- Ne vous méprenez pas, ce n'est pas leur .. condition qui les as rendus ainsi. Et non, je ne pense pas que vous ayez été victime d'une attaque délibérée. Je pense plus que vous étiez  … au mauvais endroit, au mauvais moment. Piètre consolation n'est-ce pas ?

Il tentait de choisir ses mots avec exactitude afin de ne pas effrayer Alexander davantage – si c'était possible – , tout en essayant de faire prédominer l'existence de l'homme derrière le lycan. Tâche qui lui était habituellement aisée puisqu'il s'agissait de son métier. Et qui s'avérait particulièrement ardue aujourd'hui ,entre fatigue et mugissements extérieur. Il poursuivait néanmoins, d'une voix qui se voulait calme et réconfortante. Alors qu'à l'intérieur, il se sentait particulièrement seul. Et loin d'être à la hauteur.

- Vous serez … toujours vous … répéta-t-il.

Sinistre écho du destin.

Quand les médicomages de Sainte Mangouste avaient rendu leur verdict – contamination au sérum H- le monde de Shannon s'était effondré. Et le sien, par la même occasion. Elle avait passé les premières semaines à pleurer, puis s'était enfermée dans un mutisme terrifiant pendant des mois. Se refusant à lui ouvrir sa porte. Lui renvoyant ses hiboux, ses lettres, laissant s'entasser les mots devant sa porte.
Quand enfin il s'était décidé à ne pas lui laisser le choix, il avait trouvé une Shannon bien différente de celle qu'il avait connue. Pâle et amaigrie. Cynique et silencieuse. Dévastée par la perte de ses pouvoirs, anéantie par la peur du futur sans eux. Il n'avait cessé d'essayer de la convaincre qu'elle serait toujours elle, sans eux.
Et puis elle avait semblé aller mieux. Après leur promesse, après son renoncement. Il y avait eu quelques mois où elle avait paru reprendre goût à certaines choses ; à quelques sorties avec lui. De courtes promenades où les mots : magie, sorcellerie, baguette avaient été évincés de leurs conversations. La moindre mention du passé faisait monter à ses grands yeux bleus des larmes qui le détruisaient, lui. Alors il inventa pour elle d'autres histoires, d'autres lieux. Parfois même, elle souriait. Et cela lui suffisait.
Il n'avait rien vu venir.
Il pensait qu'elle serait toujours elle.

Les mots moururent dans sa bouche en y laissant un goût amer. Il se tut un instant. Le temps de resserrer la bande de tissu autour du bras d'Alexander et de masquer son trouble. Il noua le tout de façon à compresser la plaie, sans couper complètement la circulation du sang dans le bras. Puis il observa le tout pour en éprouver l'efficacité. Cela tiendrait. Mais le garçon aurait rapidement besoin de soins plus poussés. L'orienter vers un hôpital moldu ? Peut-être que les hôpitaux locaux avaient l'habitude de ce genre de blessure. Ils y verraient certainement la morsure. Pas le reste. Espérons.

Il s'éclaircit la voix et plongea ses yeux dans ceux d'Alexander, abordant un sourire en coin qu'il ne put empêcher de trembler.

- Quant à ce qui m'amène en Albanie, et bien, je suppose que c'est lui... Le Mont Korab. Ajouta-t-il en guise d'explications. J'aime voyager. Je crois que je n'aurais jamais assez de temps pour visiter tous les lieux qui m'attirent.

Son regard se perdit vers des contrées lointaines. Il sentit la fatigue s'estomper sous la vision des grands espaces sauvages qu'il avait parcouru. Un peu d'espoir rejaillit lentement au creux de sa poitrine. Dehors, le silence régnait à nouveau. Plus un bruit. Pas un souffle. Seulement la quiétude d'une forêt endormie. Ezio tendit l'oreille alors qu'un sentiment de sécurité l'envahissait. Il ne savait pas pour quelle raison, mais il eut l'intime conviction que la chose avait déserté leur périmètre proche.
Et puis il la vit. A l’affût. Au milieu des arbres. Le cou tendu vers l'approche d'une autre créature qui semblait l'inquiéter bien plus qu'un ours. Il vit sa fourrure mordorée tachée du sang d'Alexander, ses yeux vitreux et opaques, ses griffes acérées, ses dents ensanglantées aussi distinctement que s'il s'était tenu à deux pas d'elle. S'il avait tendu les doigts, il aurait pu la toucher. Sauf qu'elle n'était pas devant lui, mais bien dans sa tête. L'image disparut aussi brusquement que ce qu'elle était venue. Ezio porta une main à son front et ferma les yeux un court instant. Il détestait ça.

- Vous … savez ce que vous allez dire à votre famille ?

Spoiler:
 


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MessageSujet: Re: Fragments de vie : Lupus Memoriam [PV] Mer 29 Avr - 21:35

J'étais suspendu à ses lèvres. Cet homme était vraiment intéressant et j'appréciais les gens ainsi. Et puis surtout, il m'avait tiré de la gueule du loup et pour ça, je lui en serais toujours reconnaissant.
Ainsi donc, il m'expliquait que certains lycans pouvaient être des hommes très dangereux durant leur "humanité". Ah et pour celui qui m'avait mordu ?


Je ne crois pas que tu le sauras, Lex.

Il devait sacrifier mon sweat. Je n'eus pas le temps de m'y opposer. Un pan de tissu se faisant déjà la malle. Comment allais-je expliquer à Gwenäe que son cadeau d'anniversaire avait servi à me sauver d'une mort certaine ? Elle allait me tuer. J'aurais préféré finalement me faire dévorer par le Lycan, l'agonie serait moins douloureuse.
Ça piquait toujours quand il me soignait mais ça me faisait du bien. Au moins quelque chose qui m'était bénéfique. Je regardais ma morsure, elle n'était pas belle à contempler et elle me dégoûtait. Elle me ramenait à ce que j'allais être les nuits de pleine lune et je frissonnais.


Oui. J'étais au mauvais endroit au mauvais moment.

Piètre consolation furent les paroles de mon compagnon.

- Quelle histoire franchement. Je vais "devenir" quelque chose que je croyais seulement exister dans les films d'horreur. Me dites pas qu'il existe encore des Vampires, des Sorciers, des Zombies. Quoique je pense que j'y croirais aussi.

Rire nerveux.

Comment pouvais-je faire pour pallier à tout ceci ? Et cette phrase, triste mensonge qu'Ezio me lançait comme une certitude. Que je serais toujours Moi. Moi ? J'étais Alexander Hamilton. Tout simplement. Être humain en devenir qui en Avril 2013 venait de se faire mordre par une créature qui allait ne lui apporter que des gros ennuis.
Comment réagir ? Je soupirais, évacuant le trop plein d'émotions. Avec mon bras valide, je passais ma main dans mes cheveux, signe d'une extrême angoisse. Mon cœur battait à se rompre contre ma poitrine, jamais je n'avais ressenti cela. Et j'avais mal à la tête, très mal à la tête.
Ma vue se brouillait quand je vis Ezio resserrer le bout de mon sweat -rest in peace cadeau de Gwen'- autour de ma blessure qui ne serait pas guérie de sitôt. J'hochais la tête face à ses explications. Il avait entièrement raison sur un point : on avait pas assez d'une vie entière pour tout visiter.
Si je devais me rendre dans tout les lieux que je m'étais fixé, là aussi, il me faudrait des années. Mais avec ce qui venait de m'arriver, je crois que je devais changer mes plans ...


Ma famille ?

Dans mon malheur, je l'aurais presque oubliée. Pourtant seul point d'ancrage dans ma vie d'humain. Il était certain que je ne saurais cacher que je m'étais fait attaquer. La blessure était bien trop apparente. Mais je devais occulter le "surnaturel" de la chose. Sinon, ils allaient tous me faire une syncope et j'étais à des lieux de le vouloir.

- Rien. Enfin, je veux dire que je cacherais m'être fait mordre par un monstre. Par contre ma blessure, je ne peux pas trop mentir là dessus. Que feriez-vous à ma place ? Je me sens désarmé.

La fièvre me montait aux joues mais je grelottais. D'une voix presque éteinte, je demandais le salut à mon sauveur.

- Ezio ... pourriez-vous me parler de cette organisation qui pourrait m'aider ?
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