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Poudre de Cheminette



 

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Mutatis Mutandis

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MessageSujet: Mutatis Mutandis Ven 9 Sep - 22:20

La vie prenait parfois des tournants étranges. Il y a un peu plus de vingt ans en arrière, si lui on avait demandé d'imaginer sa future vie d'adulte, elle aurait imaginé plein de choses, mais certainement pas cela.

Point de vie de princesse - de prince charmant non plus d'ailleurs - ni de château, il y avait bien quelques licornes et dragons mais de loin, et voilà qu'elle était assise seule sur un banc en plein milieu de Hyde Park pour un étrange rendez-vous avec un jeune homme qu'elle ne fréquentait que pour son physique, mais pas dans le sens auquel vous pensez.

Mairead, perdue dans ses pensées, déroulait mentalement le fil des événements qui l'avait menée à cet endroit précis. Est-ce que cela avait commencé avec la morsure de Fergus, ou bien son destin avait-il été scellé bien avant, lorsque le regard de leurs parents s'étaient croisés au bord du Loch Ness, les engageant d'emblée sur une route peuplée de créatures dangereuses? Difficile à dire, mais c'était bel et bien la morsure de son frère et la dérive qui en avait découlé qui l'avait poussée à s'intéresser d'aussi près aux loups-garous et à un éventuel remède leur permettant de revenir à leur état initial. Elle n'y aurait jamais pensé avant, ayant même plutôt tendance à penser que cette condition "hybride" devait être plutôt fun.

Pour aider son frère à redevenir celui qu'il était avant, elle s'était lancée dans des recherches pour élaborer une véritable potion tue-loup, qui aurait pour effet d'inverser le processus et de redonner une nature complètement humaine aux êtres transformés contre leur volonté.
La tâche s'était bien évidemment révélée ardue - sinon quelqu'un d'autre aurait probablement déjà trouvé la formule, mais bien plus qu'elle ne l'imaginait tant il y avait de paramètres à prendre en compte.

En premier lieu, il fallait que le résultat final soit compatible avec la biologie humaine, si votre formulation blindée d'arsenic se révélait très efficace, c'est parce qu'elle aurait tué non seulement le loup mais aussi l'humain qui allait avec. Il fallait également s'assurer que la potion ne s'en prendrait qu'à la partie lupine et n'affecterait pas sa partie humaine, si c'était pour finir frappadingue à Ste Mangouste ou avoir une personnalité complètement altérée, cela n'avait aucun intérêt.

Toutes ces considération l'avaient poussée à se concentrer sur la source du mal: le vecteur de contamination. Si elle arrivait à trouver ce qui se passait au moment de la morsure, ce qui s'échangeait entre le mordant et le mordu à cet instant précis, elle aurait une piste précieuse pour l'aiguiller dans ses recherches. Seulement voilà, pour pouvoir étudier ce genre de choses, il lui fallait du matériel concret sur lequel se baser! Ne pouvant pas s'incruster au beau milieu d'une métamorphose pour faire des relevés ni vu ni connu, elle s'était rabattue sur des spécimens déjà transformés, enfin... Sur un seul spécimen pour le moment, qu'elle avait rencontré grâce à son contact au service d'enregistrement des loups-garous du ministère: Alexander Hamilton.

Elle n'avait rencontré que deux fois le jeune homme, la première fois pour lui exposer son projet et lui donner le temps de réfléchir, la deuxième fois pour récolter son consentement et quelques échantillons biologiques: cheveux, ongles, cellules buccales et salive. Ce troisième rendez-vous avait pour but de lui exposer les résultats de ses recherches et d'évoquer les pistes à explorer pour la suite.

Le jeune homme s'était montré tout à fait avenant et agréable avec elle, mais était resté assez secret quant à ses motivations profondes: peut-être désirait-il "guérir" de sa nouvelle nature qui devait dater de deux ans à tout casser, ou bien se tranquilliser en sachant qu'il existerait un jour un antidote s'il contaminait quelqu'un par mégarde...
Mairead était bien évidemment abominablement curieuse, mais ne l'avait pas - encore - assailli de questions de peur se se montrer trop intrusive. Déjà qu'elle lui prélevait des bouts de corps, elle n'allait pas non plus s'attaquer à son âme...
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MessageSujet: Re: Mutatis Mutandis Mar 20 Sep - 17:11

Je détestais ce que j'étais devenu, il y a trois années de cela désormais. Ma nouvelle condition, qui selon certains était un salut du Divin, ne m'apportait que des misères. Chaque nuit de pleine lune, je devenais ce Monstre, cet Être enragé qu'il était si dur de satisfaire.
J'étais le réceptacle d'une horreur qui me dépassait. Jamais, je ne trouverais le repos, sauf une balle en argent fichée entre mon regard gris-bleu. C'était la finitude qui me hantait désormais. Comment pourrais-je continuer à vivre, tout en sachant pertinemment que je n'étais qu'un danger. A la fois pour moi mais surtout pour les Autres. J'étais cet Être détestable et détesté et je me haïssais.
Mais dans mon désespoir constant, je pouvais entrevoir une lumière. Une personne du nom de Mairead Brodie était entrée en contact avec ma personne. Notre première rencontre s'était soldée par une discussion où j'étais mal à l'aise. Elle avait un projet à me soumettre, projet qui avait soulevé bien des questions à son encontre.

Mais je m'étais tu, captivé par ce qu'elle était en train de me narrer et par ce regard noisette qui me rappelait tant celui de Saoirse. Si par chance, je redevenais "normal", m'aimerait-elle ? Ou perdrais-je ce qui fait de moi ma particularité si dangereuse ? Face à Mairead, je n'étais qu'un sujet de recherches, pourtant consentant qui attendait une maigre réponse de la providence. Allais-je guérir de ce Mal ancré en ma personne depuis bien trop longtemps déjà ?
Lors de notre deuxième rendez-vous, que j'aurais voulu un peu plus charnel -et je ne fus pas déçu de ce côté là-, j'avais du m'allonger sur une table austère et froide, comme à la morgue. Cela me rappelait les autopsies dans les séries télévisées américaines, les cadavres n'échappaient pas à cette table réfrigérant le corps. Allongé, face à cette lumière blafarde de bloc opératoire, j'avais envie de prendre les jambes à mon cou, mon regard gris-bleu scrutant celui de la scientifique.
Elle n'avait d'égard que pour la cause qu'elle se devait de servir. Je n'étais qu'un cobaye, intéressant. Parce qu'à chaque fois que l'astre sélénique faisait luire sa lumière argentée, je devenais Autre. Je devenais Lui. Celui qui dévastait tout.

Qui ingurgitait tout. Mon Humanité, ce qui faisait de moi ENCORE Alexander Hamilton.

Je détestais cette sensation où j'aurais l'impression de perdre un membre si par chance, elle réussissait à me soigner et me redonner cette Humanité qui était si chère à mon cœur. Et de l'autre, j'aimais cette singularité. Le fait que je n'étais pas comme les autres humains peuplant cette Terre aux milles secrets. J'étais un Lycan. Et j'étais perdu. Et cela faisait des semaines, que mon sommeil tardait à arriver, ce qui expliquait les cernes sous mon regard gris-bleu et ce teint blafard qui me collait si bien à la peau pourtant.
Ce visage serait-il ce qu'il adviendrait de moi dans ce futur incertain ? Allais-je être assailli par ces cauchemars avérés où bien malgré moi, j'étais au centre ? Soupirant, je déliais mes muscles sous l'eau glacée, tout en mélangeant mes larmes au flux continu que m'offrait cette eau salvatrice. Mon regard gris-bleu accusa cette cicatrice rosâtre présente sur mon bras devenu musculeux avec une envie folle de l'ôter avec une sauvagerie extrême. Mais je n'en fis rien, mon regard gris-bleu était brouillé par ces larmes. Elles s'étaient taries, le jour où le Destin avait scellé ma situation.
Et sans que je ne les y invite, elles étaient là. Cruelles. Sourdes. Insidieuses. Libératrices.

M'habillant prestement, je me rendis compte de mon retard. Je ne sus combien de temps, j'étais resté à affronter mes dernières pensées. Mon regard gris-bleu avait perdu de sa superbe et je faisais peine à voir. Mais Mairead, m'avait donné un ultime rendez-vous où elle m'exposerait la finalité de ses recherches. Et dont je n'étais plus certain de mes désirs avec tout ceci.
Déambulant dans les rues de Londres, je ne voyais que des gens normaux enfermés dans cette banalité qui ne m'était plus coutumière désormais. Par pudeur, j'étais le vendeur de la Librairie Stanford pour n'éveiller aucun soupçon. Je ne savais plus où me situer. J'étais perdu.


Je suis là, Gamin. Tu as tendance à l'oublier, il me semble.
Justement. Tu es là, bien trop souvent.
L'autre gourgandine va trouver un remède tu penses ?
Peut-être.
Merde Gamin ! On sera séparés !

Arrivant sur le lieu de rendez-vous, je vis la silhouette de cette jeune femme, rouage du Destin. J'avais envie de rebrousser chemin, conscient que je ne savais vraiment pas où aller. Mais je me vis arriver à ses côtés, souriant lassement. Son regard noisette, me la rappelait tant. Mais elle n'était pas elle.
Elle n'était pas elle et ne le serait jamais.


- Miss Brodie. Bonjour. La gratifiais-je d'un salut timide de la main.

Sans un mot de plus, je pris place à ses côtés.
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MessageSujet: Re: Mutatis Mutandis Dim 25 Sep - 11:44

Le jeune homme finit par arriver un peu en retard, tirant Mairead du fil sinueux de ses pensées dans lequel elle s'était perdue en l'attendant.

Hmm ? Heu... Bien le bonjour, Mister Hamilton, le salua-t-elle en retour après s’être reconnectée à l’instant présent. Ça va ? Vous avez une petite mine aujourd’hui…

Elle ne savait pas trop si on était censé dire ce genre de chose en société, si cela pouvait paraître malpoli ou au contraire si cela représentait une marque d’attention envers la personne. Vu la situation, elle avait décidé de ne pas s’embarrasser de ces considérations et de dire directement ce qu’elle pensait car l’état du jeune lycan pouvait avoir un intérêt pour ses recherches.

Ses recherches justement étaient le but de leur rendez-vous, elle décida de ne pas abuser du temps de son "cobaye" et d’entrer directement dans le vif du sujet. Elle s’éclaircit la voix avant d’entamer son compte-rendu :

Je vous ai donné rendez-vous aujourd’hui pour vous faire part de l’avancée des travaux que j’ai pu réaliser grâce à votre généreuse contribution. Comme je vous l’ai déjà dit, j’essaye de me concentrer sur le vecteur de transmission de la lycanthropie car plusieurs aspects démontrent qu’il s’agit d’un agent biologique et pas de quelque chose de purement magique.

La sorcière marqua une pause, hiérarchisant les informations dans sa tête avant de les énoncer à voix haute. L’exercice n’était pas facile, elle devait se montrer concise pour ne pas virer au monologue assommant, mais elle devait également vulgariser son discours pour qu’il soit compréhensible par un non-scientifique et un moldu. Elle faisait cela quasiment tous les jours en tant qu’enseignante, mais il était plus facile de simplifier des informations concernant les licornes que des recherches mêlant magie et biologie moléculaire.

Le fait que la contamination ait lieu via une morsure indique qu’il existe un agent responsable de la transmission qui se trouve dans la salive, un « microbe » en quelque sorte. Cependant, le fait que la lycanthropie se transmette entre un père et son enfant indique qu’elle est aussi génétique, car les seuls éléments que transmet un géniteur à sa descendance sont ses chromosomes…

Mairead jugea bon de ne pas développer cette partie, n’ayant pas spécialement envie de discuter des mécanismes contribuant au miracle de la vie avec Alexander. Elle trouvait cela un peu gênant même en l’évoquant de manière purement factuelle.

… Ce qui veut dire que le microbe en question est capable d’incorporer ses propres gènes à celui de la personne contaminée, ce qui correspondrait au mode d’action d’une sorte de virus.
J’ai utilisé les échantillons que j’ai prélevé sur vous pour tester cette théorie, est les résultats ont été dans ce sens : les cultures salivaires n’ont rien donné, ce qui exclut bon nombre de micro-organismes comme les bactéries ou les champignons. J’ai envoyé un échantillon de salive à un de mes contacts travaillant dans une unité de recherche moldue pour lui faire analyser au microscope électronique : cela n’a rien donné, ce qui ne me surprend guère, car la contamination ne peut pas avoir lieu quand vous êtes sous forme humaine, ce qui indique que le « virus » est peu présent voire carrément absent hors des périodes de pleine lune.


La jeune femme marqua une pause afin de laisser à son interlocuteur le temps d’intégrer son monologue. Elle ne savait pas quelles étaient exactement ses connaissances scientifiques, mais elle espérait qu’il n’en savait pas trop car ses conclusions étaient en réalité loin d’être encourageantes.
Les virus avaient un mode d’action extrêmement fourbe : ils s’intégraient dans l’organisme de leur hôte pour lui faire produire leur propre matériel génétique et leur permettre de se répandre, ce qui les rendait quasiment impossible à éradiquer, non seulement parce que cela les rendait difficilement détectables, mais aussi car cela impliquait de détruire les cellules infectées pour les atteindre. En gros, vu l’état actuel de ses connaissances, la seule solution qu’elle pouvait proposer pour guérir un humain de la lycanthropie était de le détruire tout entier. Merveilleux.

Malheureusement, je sais bien que cela ne vous apporte pas grand-chose, mais cela me donne des pistes pour continuer mon exploration : je sais maintenant que le vecteur de la lycanthropie reste en dormance dans vos cellules tout le mois pour foisonner au moment de la pleine lune, c’est donc là qu’il faut frapper car c’est au moment où il sort de sa cachette qu’il devient vulnérable…

Pour être honnête je n’ai pas encore réfléchi à une manière concrète d’exploiter tout cela, mais le jour où j’y parviendrai, pourrais-je refaire appel à vos services, même si cela implique que je sois présente d’une manière ou d’une autre lors d’un soir de pleine lune ?


C’était une certitude pour elle : elle y parviendrait, elle n’avait pas le choix, savoir que son frère se promenait Dieu-sait-où infecté par un virus qui le transformait en bête sauvage une fois par mois et en SDF dépressif le reste du temps la rendait malade. Et puis il y avait ce jeune homme qui s'était volontiers prêté à son jeu, et auquel elle avait vraiment envie d'apporter une bonne nouvelle. La jeune femme avait beau mettre toutes les barrières possibles pour éviter de laisser son affect prendre le dessus sur sa raison, elle n'en restait pas moins humaine et ne pouvait s'empêcher de se préoccuper de l'humain sous la fourrure.
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