L'info du Moment

PdC ferme ses portes...
Nous vous invitons à nous rejoindre
sur Chemins de Traverse !


Poudre de Cheminette



 

Partagez|

Inverness 23/08/16 - Shade and darkness memories [PV]

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas
AuteurMessage
avatar



Messages : 158
Âge du Personnage : 21 ans
Lieu de vie : Librairie Stanford - Londres

MessageSujet: Inverness 23/08/16 - Shade and darkness memories [PV] Jeu 18 Aoû - 19:46

En famille. J'étais en famille. Cela faisait bien trois années maintenant que je n'y allais plus. Je brillais par mes absences, ce qui énervait ma grande sœur Gwenäe, qui était venue à Londres, à la librairie Stanford dans un claquement de langue réprobateur et d'escarpins noirs.

- C'est l'anniversaire de Maman, Lex. Elle serait heureuse que tu soies parmi nous. Me certifia ma sœur, tandis que je n'osais pas rencontrer son regard, que je savais bien trop inquisiteur.
- Je sais. Dis-je comme un petit garçon réprimandé par sa mère.
- Bien. Tu finis à quelle heure ? C'était plus un ordre qu'une éventuelle question, qu'elle venait de me prodiguer.
- Je ... dans quelques heures. Dis-je tout en la fixant de mon regard gris-bleu cette fois-ci.
- Je vais t'attendre ici. Ici signifiait bien ici. Elle avisa un tabouret sur lequel, elle déposa son séant bien décidée à me faire comprendre qu'elle m'attendrait et que cette fois-ci, je ne filerais pas entre ses doigts.

Les clients et mes collègues regardèrent donc cette femme, assise sur un étrange tabouret qui n'avait de cesse de poser son regard sur moi, ce qui, elle le savait, me gênait ostensiblement. Gwenäe s'était même mise en tête de discuter avec ma patronne sur le fait que je devais partir bien plus tôt que l'heure convenue, ma mère ayant son anniversaire ce soir là. Ma patronne, convaincue par les talents d'oratrice -avocate-, de ma grande sœur, m'offrit donc un "congé" afin de fêter dignement comme il se doit l'entrée de ma mère dans une nouvelle année.

Nous sortîmes tout deux de la Librairie Stanford sans exprimer un seul mot. Gwenäe était à des mètres de ma personne, laissant entre nous une distance ridiculement suffisante. Elle était fâchée contre moi, j'en étais certain. Elle s'arrêta donc en plein milieu d'une rue commerçante bondée où bon nombre de passants firent des écarts pour l'éviter.


- Je suppose que tu n'as pas de cadeau pour Maman.

Elle avait visé dans le mille.

- Vu que tu ne comptais pas venir ... Comme la fois dernière et celle d'avant. Et visiblement encore cette fois-ci ! Heureusement que j'ai mené ma petite enquête et que j'ai pu savoir où tu travaillais. Maman disait n'être pas triste si tu ne venais encore pas. Mais moi si ! Depuis ce qui s'est passé à King's Cross, on ne s'est plus revus. Tu t'es évanoui. Encore. Dans la nature et nous sommes restés sans nouvelles. Encore une fois. A la fin, qu'est-ce qu'il se passe Alexander ?

Je ne répondis rien face à ce monologue déchirant qu'elle venait de m'asséner en plein cœur. Ces derniers mots s'étaient accompagnés de quelques trémolos, signe qu'elle était sur le point de verser quelques larmes, qu'elle se refuserait. Gwenäe était bien trop fière.
D'une enjambée leste, je fus près de cette sœur envers qui je cachais un secret bien trop douloureux à porter pour mes épaules de jeune homme. Je lui souris lassement, fatigué de ne plus être cet Alexander Hamilton qu'elle connaissait. Mais qui était tout autre. Qui devenait tout autre chaque nuit de pleine lune désormais.


- Allons chercher un cadeau pour Maman. Dis-je d'un ton plus froid que je ne l'aurais voulu. Or ma sœur obtempéra sans un mot. Ça changeait de d'habitude.

Le trajet jusqu'à Inverness fut des plus silencieux. J'avais hérité du cadeau pour notre mère sur mes genoux. Ma sœur avait ce visage grave qui la rendait moins belle à mes yeux. Je regardais défiler ces contrées que j'avais connues étant jeune, et que j'avais préféré occulter. Mais ma grande sœur, dans son infinie Bonté, me ramenait en des lieux qui à eux seuls m'écorchaient la tête et le cœur.

A vif.

Ma maison. Celle où je ne me trouvais plus à ma place. Légitime. Depuis ce fameux jour, malgré les larmes heureuses de ma mère et ses embrassades lorsque je descendis de voiture. A peine entré dans cette maison qui avait abrité mes rêves et espoirs d'enfant, j'étouffais. Il y avait trop de monde. Beaucoup trop de souvenirs.


- Alexander ! Comme je suis contente que tu soies venu ! C'est le plus beau cadeau que tu puisses faire à ta mère ! Elle me prit dans les bras, geste que je me refusais d'avoir depuis ma nouvelle condition. Mais je l'acceptais. Avais-je un quelconque choix finalement ?

J'aidais ma mère en cuisine à dresser les plats. Par un accord tacite entre nous, elle ne posait aucune question. Elle était heureuse de ma présence, c'était tout. Lorsque nous nous attablâmes après des heures à peaufiner des détails illusoires pour moi mais pas pour ma mère, nous levâmes un toast vers elle. Elle, qui était très émue en cet instant cérémonieux qui n'était que pour elle. Voyant que je ne touchais et goûtais à aucun plat, Gwenäe se mit à froncer les sourcils, ma filleule assise sur ses genoux.


- Ça ne te plait pas ?
- Si. Bien sûr que si.
- Ou tu es peut-être trop obnubilé par cet Ezio et cette Saoirse ?

J'ouvris de grands yeux sous cette question remplie de sous-entendus. Comment savait-elle alors que je n'en avais jamais parlé ? Il est vrai qu'Ezio m'avait sauvé la vie en Albanie mais Saoirse ... Voyant qu'elle avait touché ma corde sensible, elle s'évertuait à continuer. Me faisant payer mon affront d'avoir disparu et en l’occurrence en me rendant grassement la monnaie de ma pièce.

Avec des sacrés intérêts, Gamin.

- Gwenäe ! Alexander ! Cessez de vous chamailler comme des enfants ! Reprit ma mère en souriant. C'est ma soirée et je veux en profiter !
- Bien sûr Maman.

Mon beau-père apporta un autre vin français, cadeau d'un ami de ma mère. Nous portâmes donc encore un toast, alors qu'une affirmation me fit manquer de recracher tout ce délicieux breuvage et d'en souiller la nappe si virginale.

- La pleine lune présente la semaine passée, nous a empêchés de dormir votre mère et moi. J'espère ne pas en être encore tributaire pendant longtemps ... Affirma mon beau-père.

S'ils savaient. S'ils savaient tous ...

Je blêmis. J'eus des sueurs froides. L'envie de vomir, des haut-le-cœur me retournèrent les entrailles. Il fallait que je sorte. Je me levais donc d'un bond sous le regard médusé de l'assistance et celui très soupçonneux de ma chère grande sœur.


- Qu'est-ce qu'il se passe Lex ?
- Rien.
- Tu t'enfuis encore ?
- MERDE ! TU ... TU NE COMPRENDRAIS PAS DE TOUTE FAÇON ! Ce furent sur ces paroles que je pris congé en claquant la porte et que je m'évanouis dans la nature.

Rassurante.


Dernière édition par Alexander Hamilton le Dim 28 Aoû - 17:19, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar


Sexy Menestrel

Messages : 924
Âge du Personnage : 33 ans
Lieu de vie : Un peu partout... (Je te jure, j'ai pas mieux)

MessageSujet: Re: Inverness 23/08/16 - Shade and darkness memories [PV] Ven 26 Aoû - 23:04


Pourquoi n'arrivait-il pas à s'en vouloir vraiment?
Non pas qu'il tienne à tout prix à s'autoflageller pour ce qu'il n'avait pas fait. Mais une pointe de regret, un soupçon de remord et un brin de culpabilité auraient été bienvenus.
En cherchant bien et en revoyant l'air blessé de Saoirse, il pouvait peut-être trouver un filament de culpabilité. Après tout, peut-être n'avait-il tout simplement pas envie de trouver.
Se masquant les yeux quelques jours encore, sous couvert d'avoir grapillé à nouveau quelques heures avec la troublante Anastasia, il s'imaginait à l'abri d'un quelconque revers de médaille qui pourtant, ne tarderait pas à venir. S'il s'asseyait aujourd'hui sur ses regrets, sa conscience bien dissimulée sur ces derniers jours plus heureux ne demeurerait pas muette éternellement et se rappelerait tôt ou tard à son bon plaisir.
Il avait fuit la discussion avec sa sœur, par faiblesse. Il n'en était pas bien fier mais n'aurait pu faire autrement. Il en avait fait de même avec Alexander, qui pourtant comptait sur lui. Il avait également planté là son maître qui n'avait quant à lui pas attendu bien longtemps pour lui faire connaître sa façon de penser.

Le lendemain même.

- Tu es décidément le barde le plus têtu qu'il m'ait été donné de rencontrer. Une vraie bourique.

Ils s'étaient retrouvés comme convenu pour échanger un point de vue qu'ils partageaint à l'encontre d'Adam Campbell et du philtre. Là, Beltrov lui avait appris les événements de la fin de soirée. Ils avaient ensuite longuement parlé de Saoirse, de lui-même – pour on plus grand inconfort – et d'Alexander.
Beltrov avait senti le changement en lui. Ils se connaissaient suffisamment pour que leurs comportements respectifs soient aussi limpides et clairs que de l'eau de source. C'était probablement la raison pour laquelle Beltrov n'avait pas abordé ce sujet-là. Mais il avait su faire passer son message. En douceur, comme toujours, mais diablement efficace.
Après un léger sermon, quelques haussements d'épaules et autres échanges fructueux, Ezio avait admis qu'il avait quelques excuses à faire. Il avait commencé par les présenter à Beltrov lui-même, qui lui pardonna instantanément. Ezio se demandait souvent ce qui lui valait tant de clémence de la part de ses supérieurs, lui qui avait tant de mal à rentrer dans le moule. Néanmoins, il prenait le bon. Ne pouvant se résoudre à une confrontation avec Saoirse qui le mettrait probablement face aux remords et à la culpabilité tant absents à ce jour, il avait opté pour Alexander sur la suite de sa liste.
Beltrov avait concocté pour lui une potion Tue-loup pour le cycle lunaire prochain, pensant qu'il ne devait pas être évident pour un jeune moldu de se la procurer.

- Je suppose qu'Aidan lui en a déjà fourni. Il ne laisse pas les jeunes dépourvus d'aide.
- Je le pense aussi. Mais toute aide est bonne à prendre. Et l'attention le touchera. Tu peux au moins faire ça pour lui.

Le trajet en train jusqu'à inverness lui laissa le confort et le temps nécessaire pour préparer ce qu'il avait à dire. Il vérifia encore une fois le calendrier lunaire qui lui assurait que la transformation d'Alexander était achevée et se rassit confortablement dans son siège. N'ayant aucune envie de se trouver à nouveau nez à nez avec un lycan dans toute sa splendeur, il avait attendu quelques jours que la peine lune du 18 ait fini sa redescente pour être certain de ne pas avoir d'ennuis. Il frissonna aux souvenirs de sa rencontre avec le jeune garçon en Albanie et de leur entrevue avec le lycan qui avait transformé Alexander. Il était depuis ce jour, devenu bien plus prudent sur ses errances nocturnes lorsque la lune était ronde. Le souvenir de cette nuit douloureuse revenait par flash et lui octroya un début de mal de tête qu'il tâcha d'enrayer en collant son front à la vitre fraîche du train. La pause de quelques minutes fut bénéfique et bientôt, il put à nouveau réfléchir sans ressentir le sourd martellement dans son crâne. Son compartiment était vide, le laissant seul avec ses pensées, ce qu'il apprécia.
Au creux de sa poche, le petit bout de papier confié par Saoirse quelques mois plus tôt laissait entrevoir l'écriture légèrement penchée, fine et ronde d'Alexander. Une adresse, laissée à son attention, qu'il avait laissé croupir des mois. Ezio la relu pour la centième fois et soupira en fermant les yeux à nouveau, gagné par la fatigue du voyage et une étincelle de lassitude.

Il dormi le reste du trajet et arriva quelques heures plus tard à Inverness. Il trouva – une fois n'est pas coutume - le moyen de traîner dans divers coins de la ville avant d'aller se planter devant la maison des Hamilton.

Inbhir Nis

Berceau de son enfance, dont il avait redécouvert au cours de l'après midi les moindres recoins.
Le château, la cathédrale Saint André, la Ness. Ayant abandonné son sac à la consigne de la gare, il avait erré dans les rues quelques heures durant, respirant l'odeur du fleuve, écoutant les conversations des pêcheurs, et s'enivrant de l'atmosphère magique d'une ville qu'il chérissait.
D'ici quelques jours, les rues vibreraient au son des cornemuses présentes pour l'une des plus prestigieuse compétition de sonneur de cornemuses du monde. L'envie de rester y assister était grande...
Ses pas le guidèrent également à l'écart de la ville vers la maisonnette qui l'avait vu naître. Il se posa un instant face à elle et sourit à la vision de la nouvelle famille qui l'habitait. Etrange de constater que les lieux n'appartenaient à personne. Nul doute que ces enfants-là auraient tout autant de souvenirs que lui derrière ces murs, considérant sa maison comme la leur, alors qu'elle abriterait encore bien d'autres rires d'enfants. Comment pouvait-on posséder un lieu ? Il haussa les épaules.
La façade avait été repeinte et la végétation lui paraissait différente, presque étrangère. Il supposa que ses souvenirs étaient trop lointains pour être aussi précis. Pourtant, la bâtisse en elle-même était fidèle à ce dont il se rappelait. Il ferma les yeux un instant pour s'emplir des odeurs que le temps n'altérait pas, écouta la musique du ruisseau qui bruissait et du vent dans les feuillages des cèdres avoisinant. Les sensations de son enfance insouciante lui revinrent en mémoire et il se surprit à sourire sans grande raison.
Après quelques minutes il tourna enfin les talons pour se rapprocher de son but premier.

Cela faisait maintenant une bonne dizaine de minutes qu'il était là, les bras le long du corps, hésitant à traverser une rue qui ne présentait pourtant aucun danger apparant. Il allait frapper et ensuite ? Ensuite il demanderait Alexander si ce dernier ne se présentait pas à la porte. Il lui proposerait un verre – restait à savoir où tant ils étaient en retrait de la ville - et s'excuserait platement d'avoir manqué à son appel de détresse la semaine précédente et d'avoir mis plus de trois ans à prendre de ses nouvelles. Il demanderait au jeune homme ce qu'il faisait de sa vie, même si Saoirse avait été plutôt loquace à ce sujet, s'enquererait de sa santé – et pas seulement physique- et lui offrirait la potion de Beltrov. Ils reviendraient également sur cette soirée visiblement éprouvante pour le jeune homme et il tâcherait d'être une oreille plus attentive que le jour-même. Et peut-être essaierait-il d'être de bons conseils, s'il le pouvait. C'était effectivement la moindre des choses.

Empli d'une assurance toute nouvelle il traversa enfin la rue et frappa franchement trois coups à la porte. Des bruits de voix – bien trop nombreuses à son goût – lui parvinrent aux oreilles, faisant voler sa belle assurance en éclat. Il y avait une fête là derrière. Il grimaça. S'excuser en publique était un cran au-dessus de ce qu'il avait prévu.

- Oui ? La porte s'ouvrit sur une jeune femme qu'il avait vu quelques années auparavant. Membre de la famille du jeune garçon à laquelle il adressa son sourire le plus poli.
- Bonjour, Ezio Shepherd une connaissance d'Alexander. Je passais dans le coin et je me demandais si il était … là... Derrière l'entrebaillement de la porte se massèrent soudainement trois autres têtes qui donnèrent à Ezio la sensation d'avoir à nouveau 10 ans et d'aller chercher un copain pour jouer. Les derniers mots furent à peine bredouillés lorsqu'il entendit murmurer son nom par une femme plus âgée. Je tombe mal peut-être ? Ce n'est pas grave, je repasserai. Lança-t-il, son pied gauche déjà une marche plus bas, prêt à battre en retraite.
- Non, non! Pas du tout ! Ravie de vous revoir Ezio! Il esquissa un léger sourire mal à l'aise, Entrez entrez ! qui mourut sur ses lèvres à ces mots.

Pitié.

- C'est gentil merci mais je ne veux pas... vous interrompre. Je repasserai, vraiment. Assura-t-il de son ton le plus convainquant.
La bouche de la jeune femme s'affaissa.
- Il n'est pas là. Lex. Il a … il est .. parti, tout à l'heure. Besoin d'air... il est … enfin..  Vous comprenez ?

Que trop bien. Songea-t-il en se remémorant son dernier repas en famille.

- Il est parti vers les bois. Ajouta-t-elle avec une note d'espoir qu'il ne put s'empêcher de relever.
Il aquiesca de la tête avant de tourner le regard en direction du petit bois qui jouxtait la ville par le sud. Deux nouvelles têtes avaient fait leur apparition derrière la porte. Il esquissa un sourire et fit un nouveau pas en arrière.

- Et bien merci, je vais essayer de le retrouver. Navré de vous avoir interrompus. Au plaisir de vous revoir !

Tournant les talons il entendit quelques voix lui répondre avec entrain et se hâta de traverser à nouveau la rue dans l'autre sens. Il ignorait totalement ce que pouvait savoir la famille d'Alexander de sa condition et se serait trouvé bien en peine de mener une conversation normale avec eux dans ces conditions.

Il prit la direction indiquée par la sœur du jeune homme et poursuivit sa route sur quelques mètres avant de pénétrer dans la forêt. Il avait plu quelques jours plus tôt ce qui lui facilita la tâche pour retrouver la trace d'Alexander qui avait laissé des empreintes bien distinctes sur le chemin terreux. Le calme régnait sur les bois, à des lieues de l'ambiance de la maisonnette. Ezio ne put que comprendre la fuite du jeune homme, compatissant entièrement à l'ambiance étouffante des réunions de familles où éclatent les secrets et se règlent les comptes.
Au détour d'un arbre, Ezio croisa une forme sombre qui attira son attention. Des tumulus. Courants dans cette région, mais non moins impressionnants. Inverness abritait un grand nombre de sites mégalithiques, ce qui n'était pas pour déplaire au barde. Il quitta un instant la piste du jeune homme pour se rapprocher des pierres, témoins d'un passé qui le fascinait. Il posa ses mains sur la surface rugueuse de l'une d'entre elle et murmura quelques mots en Gaélique pour rendre hommage à l'hôte de cette sépulture lithique. Il s'accroupit à côté du monticule et ramassa un petit galet particulièrement rond, qu'il observa un instant avant de le fourrer dans sa poche. Dans la quiétude du crépuscule, l'étrange sensation d'être épié lui fit froncer les sourcils. Il resta un instant accroupi, à tendre l'oreille, tâchant de deviner s'il s'agissait d'Alexander, d'un inconnu ou tout simplement d'un animal.


HJ: J'ai pris quelques libertés. Je peux éditer le cas échéant.


Scotland Homemade ...
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://poudredecheminette.harrypotterrpg.fr/t170-ezio-shepherd-poete-et-barde http://poudredecheminette.harrypotterrpg.fr/t135-ezio-shepherd-barde
avatar



Messages : 158
Âge du Personnage : 21 ans
Lieu de vie : Librairie Stanford - Londres

MessageSujet: Re: Inverness 23/08/16 - Shade and darkness memories [PV] Jeu 1 Sep - 18:58

Ils m'avaient énervé. Ils m'avaient tous énervé. Lui. Elle. Eux. Depuis cette soirée où je les avais tout les deux revus, je n'étais plus que Colère et Déception mêlées. Saoirse parce qu'elle n'avait pas daigné se défaire de son grand gaillard roux à qui j'avais refait une rhinoplastie avec un certain altruisme. Et une infinie bonté.
Mais je l'avais embrassée, geste témoignant cette Fureur que j'avais emmagasinée et qu'il me fallait rendre. Et je l'avais rendue. Par un baiser. Et puis lui Ezio, j'avais été si heureux de le revoir, que je n'avais point compris cette indifférence à mon encontre. Et Gwenäe, qui par des questions sous-jacentes et intrusives avait mis à mal le reste de mon humanité.

J'évoluais dans cette nature que je connaissais, car en étant enfant, je m'y rendais souvent. Surtout quand ma grande sœur était contrariante à mon égard. Comme aujourd'hui. Mais là c'était différent. Il y a un Autre qui n'est pas content et continuer ainsi à se taire, ne lui sied vraiment pas. Il fallait que ça sorte. Que tout sorte ! La Bête faisant partie de moi n'allait pas tarder à apparaître.

Elle était là. Il était là. Je n'étais plus.


J'avais pris la place du Gamin. Après lui avoir donné encore quelques maux notoires suite à ma venue. Ses muscles s'étaient tordus et étirés sous la douleur. Et une sacré envie de vomir lui retournait les tripes à chacune de mes apparitions. Surtout ces temps-ci, on se côtoyait souvent Lui et Moi. Pour son plus grand déplaisir.
Il s'était laissé gagner par cette Rage notoire qui le consumait depuis cette soirée où il avait du se rendre parce qu'il y était contraint. Là non plus, ce n'était pas pour me déplaire. Bien que la cohabitation était devenue difficile. Je n'avais pas "agi", lors de cet évènement, le Gamin s'était demmerdé tout seul. Comme un grand. Depuis lors, des questions récurrentes survenaient. "Etais-je devenu finalement une Bête ?". Ce à quoi je lui répondais chaque nuit de pleine lune.

Une odeur familière à quelques lieues d'ici, me fit retrousser les babines en un rictus carnassier. C'était l'Homme,-mon futur en-cas-, qui avait eu le don de mettre en rogne le Gamin. Mon regard bestial à la teinte de glacier, scrutait les alentours et effrayait la faune présente dans cette délicate forêt. J'évoluais lentement, mon pelage immaculé tranchant artistiquement avec la pénombre présente en ces lieux. Le désir de traquer cette proie faisait écho à mes instincts primaires. La perspective de la sacrifier sur l'autel d'une vendetta strictement personnelle me plaisait fort bien. Mais mon estomac criait à mon esprit de Bête enragée, de le bouffer.

Lui.

Lui. Elle. Lui, ce serait l'amuse-gueule, dont les os seraient sûrement d'agréables cure-dents pour mes futures proies. Et Elle, le plat de résistance. Bien que le Gamin avait d'autres projets en tête pour elle ... Ou l'inverse. Tant que je pouvais me les mettre sous les canines, peu m'importait dans quel sens finalement.
Ma vue acérée avait aperçu cet homme, tentant de comprendre ce qui était en train de se passer ou d'arriver à percevoir par je ne sais quels artifices, la Bête que j'étais. Il maintenait son rythme cardiaque avec une mélodie presque lancinante, bien qu'il avait peur. Je pouvais le sentir à l'intérieur de ses entrailles.
Et j'étais certain qu'il priait pour que ce soit le Gamin. Perdu.


Ezio.

Le Gamin éait en proie à des visions sordides où il voyait ce même homme, qui allait finir dans mon estomac, en train de lui porter secours. Je grognais, griffant la terre. Je n'étais qu'une Bête, et j'assouvissais mes désirs premiers. C'était ainsi, et ce depuis la nuit des temps. Ce n'était pas un petit con, qui allait m'en empêcher. Tandis que mes empreintes forgeaient cette clairière qui serait son tombeau, j'avais du mal à avancer. Le Gamin, était là.

Ne lui fais pas de mal, s'il te plait.
Pourquoi ?
Il est mon ami. Il m'a sauvé la vie.
Non. Parce que je suis là.

Le Gamin s'était tu. Il avait enfin compris.

L'odeur et le goût qu'avait cet Homme, avaient l'air trop appétissants pour que je le laisse s'échapper. La brise légère était en ma faveur, l'Homme ne parvenait pas à discerner mon odeur parmi toutes celles présentes. J'étais à quelques centimètres de lui, à la portée de ma mâchoire que je n'avais qu'à refermer pour en faire mon repas.
Mais la Traque était bien trop tentante, et la chair n'a d'égale que la Peur. Ce qui ressemblait à un sourire de satisfaction émergea sur mes babines, tandis que mon souffle chaud venait d'atterrir dans son cou.

La Traque pouvait commencer.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar


Sexy Menestrel

Messages : 924
Âge du Personnage : 33 ans
Lieu de vie : Un peu partout... (Je te jure, j'ai pas mieux)

MessageSujet: Re: Inverness 23/08/16 - Shade and darkness memories [PV] Ven 9 Sep - 22:18

Le souffle chaud sur sa nuque avait été précédé d'un bruit de pas rapides et puissants. Clouées sur place par la terreur ses jambes avaient refusé de se relever alors que son esprit tentait de comprendre. Il avait peur de se retourner pour voir qu'il avait raison. C'était impossible. Alors que son corps semblait vivre au ralenti jusque dans sa respiration suspendue, sa tête, elle, n'avait jamais réfléchit aussi rapidement.
Il ne pouvait pas s'être trompé. Il avait vérifié plusieurs fois. Il connaissait suffisamment le sujet. Ce n'était pas possible. Il devait s'agir d'un autre animal. Le grand combat entre sa raison et son instinct faisait rage alors que les cheveux sur sa nuque continuaient à se hérisser d'épouvante. La bête était à quelques centimètres, il pourrait la toucher uniquement en basculant la tête en arrière. Ce n'était pas un animal puisque ce dernier paraissait attendre. Son cœur battait la chamade quand sa tête suppliait « pas aujourd'hui ». Mais quel chance pouvait avoir un homme face à un lycan ?

Devant lui, ses mains tremblaient. Il posa lentement un genou à terre pour éviter de s'effondrer et déglutit péniblement. Fermer les yeux et attendre était tentant. Une mort rapide bien que douloureuse mais qui serait supportable, au sein d'une forêt avec ciel et arbres à observer jusqu'à la fin.
La vision fugace et effrayante d'un immense loup blanc passa devant ses yeux. Image rapide mais poignante. Impression de déjà vue ou … prévision. Il sut à l'instant même ce qui se trouvait derrière lui. Qui, se trouvait derrière lui.

  « Bouge, imbécile. »

Son cœur menaçait de s'échapper de sa poitrine, cognant plus fort à chaque seconde et lui laissant de moins en moins de répit entre chaque battement.
Pourquoi diable n'attaquait-il pas ?
Et la curiosité l'emporta. L'envie de vérifier.

Il était immense et son pelage albe luisait dans les premières lueurs de la nuit. A quelques centimètres du visage penaud d'Ezio, les crocs d'Alexander, babines retroussées le menaçaient sans esquisser le moindre mouvement. Bien trop proches de sa gorge ou goût du barde, ce dernier tâcha de détourner ses yeux de la dentition acérée du lycan.

Après son aventure en Albanie, le jeune barde avait commencé a peupler ses nuits d'un nouveau cauchemar mettant en scène un immense lycan blanc le pourchassant. Ayant toujours été attentif à ses rêves de par leurs natures un peu particulière, il avait pourtant mis ce dernier sur le compte du traumatisme de la nuit ou Alexander avait été transformé. Peut-être aurait-il dû le prendre plus au sérieux. Peu importait désormais, il était bien tard pour y penser.
A travers l'ombre de ses propres cils qui tentaient de barrer la route à la vision qui s'imposait à lui, il distingua l’œil clair de la créature. Du même ton que celui du jeune homme qu'il avait vu quelques jours plus tôt. Etait-il là ?
Constatant l'immobilité totale de la bête, il fut traversé par la stupide pensée que peut-être, tapis derrière la créature se trouvait encore le garçon et qu'il ne lui ferait aucun mal. Il se redressa lentement et pris immédiatement conscience du fait qu'il s 'était fourvoyé. En réponse à son mouvement, le lycan claqua des dents si prêt du visage du barde que ce dernier sentit quelques mèches de ses cheveux s'écarter sous le souffle rauque du Loup. Un rictus déformait la gueule du lycan. Ezio ne put s'empêcher de l'assimiler à un sourire mauvais.

- Alexander? Chuchota-t-il.

Et tout s'enchaîna à nouveau dans son esprit. Il se vit courant à travers cette même forêt, trébuchant dans l'obscurité, mais vivant, face à de hautes roches dont les cavités feraient un abri parfait. Une fois encore, il était incapable de faire le distinguo entre ce qu'il souhaitait voir se réaliser et ce que ses visions lui offraient. Il s'accrocha à la parcelle d'espoir qu'on lui accordait.
Déjà, ses yeux passaient au-dessus de la haute silhouette à la recherche d'un abri, d'un passage où il pourrait se faufiler, d'un échappatoire... d'une chance...

« De survie. »

Comme s'il lisait dans ses pensées, le lycan inclina un peu plus la tête pour plonger ses yeux dans ceux du barde et accrocher ainsi son regard.

« Bon sang, pourquoi tu n'attaques pas? »

Tétanisés par la peur et bandés dans l'attente du moment pour fuir, les muscles d'Ezio se faisaient douloureux. Jouant son va-tout, il essaya de gagner du temps.

– Je sais que vous m'entendez...

« bi sàmhach ! »

Si Lachesis daignait accorder encore un peu de fil à sa vie, il rirait plus tard d'avoir essayé de murmurer à l'oreille d'un lycan. Mais pour l'instant, sa préoccupation première était d'assurer sa survie.

- C'est Ezio...Je suis venu vous parler.

Autant pisser dans un violon. Et question violon, il en connaissait un rayon. Alors que les deux créatures se faisaient toujours face, l'une tout à son sadisme, l'autre sous l'emprise d'une terreur grandissante, un bruit au loin dans les fourrés détourna leurs attentions respectives. Alexander tendit rapidement le cou, sens aux aguets, alors qu'Ezio se contenta d'un bref regard qui ne lui apprit rien de plus. Il devait s'agir d'un animal. Quoi qu'il en soit, peut importait, il accueillait à bras ouvert cette diversion.

« A nis! »

Dans un souffle, il se retourna vivement et entreprit de courir aussi vite que le pouvaient ses jambes, dans la direction opposée au bruit. Réaction basique et sans grande chance de succès, mais il ne pouvait se résoudre à prolonger plus avant la confrontation dans laquelle le lycan semblait prendre plaisir.

A deux reprises, il trébucha, comme dans les images qui lui avaient traversé l'esprit. Aucun bruit de pas derrière lui. N'osant tourner la tête il se releva et reprit sa course effrénée vers la vie. Un peu plus loin, dans son champ de vision, de hautes masses noires.

- feuch!

Et soudain, derrière lui, la résonance fatale des pas de son poursuivant.

Pardonne-moi, ce n'est pas mon meilleur. Je suis un peu fatigué.  Rolling Eyes  


Scotland Homemade ...
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://poudredecheminette.harrypotterrpg.fr/t170-ezio-shepherd-poete-et-barde http://poudredecheminette.harrypotterrpg.fr/t135-ezio-shepherd-barde

Contenu sponsorisé



MessageSujet: Re: Inverness 23/08/16 - Shade and darkness memories [PV]

Revenir en haut Aller en bas
Inverness 23/08/16 - Shade and darkness memories [PV]
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut
Page 1 sur 1
Sujets similaires
-
» | When Darkness Falls
» Star Wars KotOR : Age Of Darkness V2
» mansion of darkness
» The Best Memories With Memories
» Présentation : Pierre, papa de Shade

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Poudre de Cheminette :: Royaume-Uni :: Ecosse-